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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 23:06

 

 

Entretien publié dans Diplomatie magazine - Freddy Eytan sur la nouvelle géopolitique au Moyen-Orient

Freddy Eytan :

Il est essentiel de resituer les événements au sein d’un contexte géopolitique nouveau. Dans la course à l’hégémonie au Moyen-Orient, la donne a en effet changé. D’une part, l’Iran et la Turquie poussent leurs pions, Israël se trouvant au milieu. D’autre part – élément grave à la fois pour Israël et pour l’Occident en général – nous nous trouvons face à un nouvel axe Téhéran-Damas-Ankara. La visite de Dmitri Medvedev en Syrie le 10 mai dernier démontre de surcroמt la connivence qui entoure le retour de l’ex-Union soviétique dans la région.

 

Lire la suite de cet entretien dans le magazine Diplomatie  aff statégiques entretien F.Eytan doc AschkeletGad ICI 

 

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 17:28

 

 

Meiron Reouven, ambassadeur à l'ONU
Par JPOST.FR 
16.07.10


http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1278860672572&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

Meiron Reouven sera le nouvel ambassadeur d'Israël à l'ONU. L'ancien délégué d'Israël en Colombie a été nommé par le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, jeudi.


PHOTO: AP , JPOST

Selon Kol Israël, Lieberman préfère qualifier cette nomination de simple "remplacement", afin d'éviter la procédure plus longue qui consiste à soumettre sa décision à l'approbation du gouvernement. Le ministre n'aurait pas non plus averti Binyamin Netanyahou de son choix. Conformément au protocole habituel, le Premier ministre est chargé de la nomination des ambassadeurs permanents.

Réglements de comptes ?

Ces informations interviennent à la suite d'une récente dispute entre le chef du gouvernement et son ministre des Affaires étrangères. Le mois dernier, Netanyahou avait autorisé le ministre de l'Industrie, du Commerce et du Travail à s'entretenir avec le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu. Décision qui n'avait pas manqué de soulever la colère de Lieberman, estimant que son autorité diplomatique avait été outrepassée.

Reouven est attendu à New York dans trois semaines. Il prendra officiellement son poste le 1er septembre prochain. Avant la Colombie, il a rempli les fonctions d'ambassadeur en Bolivie et au Paraguay. A l'ONU, Meiron Reouven remplacera Gabriela Shalev, qui a récemment rendu sa démission pour diriger le conseil académique de l'Université d'Ono.

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 11:26

 

http://www.hamodia.fr/article.php?id=1243

Le Canossa d’Obama

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 No 130 14 juillet 2010, Politique

Aux États-Unis, Israël est plus populaire qu’Obama ! La Maison Blanche a fini par s’en apercevoir… Et ce, moins de quatre mois avant les importantes élections de la mi-mandat.

 
« Un lien spécial existe entre nos deux pays (…). Il est indestructible ! (…) Notre soutien à Israël est inébranlable (…). Je suis convaincu que le Premier ministre Nétanyaou veut la paix (…) » Ces mots insistants, c’est le président américain Barack Obama en personne qui les a prononcés à Washington le 6 juillet dernier, en présence du chef du gouvernement israélien qui venait de lui rendre visite à la Maison Blanche.


Or, la dernière fois que les deux hommes s’étaient rencontrés, le 23 mars dernier, le ton était bien différent : Obama et l’ensemble de son administration affichaient alors leur « colère » devant une prétendue « provocation israélienne », à savoir l’affaire - très montée en épingle - d’un projet urbanistique à Ramat-Chlomo, une banlieue juive de Jérusalem. Certes, le président n’avait alors pas osé annuler son entretien avec le chef du gouvernement israélien, mais il l’avait volontairement réduit au plus bas niveau protocolaire possible : ni conférence de presse conjointe, ni même de poignée de main sur le perron de la Maison Blanche ! Certains conseillers d’Obama recommandaient alors carrément de « jeter Israël sous un autobus ». D’autres attribuaient au commandant en chef de l'US. Army au le Proche et au Moyen-Orient, le général David Petraeus, une petite phrase – que l’intéressé devait démentir avec force à plusieurs reprises ! - disant que les liens avec Israël coûtaient " trop cher " à l’Amérique en termes stratégiques, à savoir en vies humaines et en budgets… 
Alors que s’est-il donc passé en quatre mois ? Nétanyaou a-t-il fait acte de soumission, donné à Obama des gages qu’il lui refusait auparavant ? Pas le moins du monde ! C’est Obama qui a révisé sa politique. Et à 180° ! Comme Barberousse allant à Canossa. Et ce, pour une raison bien simple, la seule qui compte pour les hommes politiques - du moins dans un pays démocratique : la peur de perdre les prochaines élections….
En effet, le 4 novembre prochain, l’Amérique procédera aux " midterms " : les élections de la mi-mandat se trouvant à mi-chemin entre deux scrutins présidentiels. À cette occasion, la Chambre des Représentants sera entièrement réélue, et ce sera également le cas du tiers du Sénat, d’une bonne partie des gouverneurs d’État et de nombreux maires de grandes villes. Or, depuis plusieurs semaines, les sondages sont mauvais pour le président et pour son parti, les démocrates. 
On se souvient qu'Obama avait bénéficié d’une popularité exceptionnelle lors de son installation à la Maison Blanche en janvier 2009 : 68 % selon un sondage Gallup d'alors. Le 7 juillet dernier, il était tombé - selon le même institut - à 46 % d’opinions favorables, contre 47 % d’opinions défavorables. Les analystes estiment qu’il ne descendra probablement jamais en-dessous de 40 % " à titre personnel ", en raison du soutien des minorités ethniques et religieuses qui se reconnaissent en lui, à commencer par les Afro-Américains. Mais il ne dispose plus d’une majorité viable. Ce que confirme un autre chiffre, lequel correspond probablement au vrai rapport de forces entre la droite et la gauche américaines : 62 % des Américains pensent que le pays va dans la mauvaise direction, 30 % seulement qu’il va dans la bonne direction !
Pour les démocrates en tant que parti, la chute n’est pas moins nette. 44 % des Américains s’apprêtent à voter républicain en novembre, et seulement 42 % démocrate. Les républicains pourraient donc se trouver à égalité avec les démocrates au Sénat, ou légèrement devant eux, et ils pourraient surtout les dépasser d’une trentaine de sièges à la Chambre des Représentants. Sans majorité au Congrès, Obama ne serait plus qu’un " lame president ", un « président boiteux » : il se retrouverait sans cesse contraint de négocier avec le pouvoir législatif pour exister en tant que chef de l’exécutif.
Or, au moment même où Obama s’effondre, la popularité d’Israël atteint une sorte de sommet historique aux États-Unis. De février 2009 à mai 2010, l’État hébreu a en effet recueilli en moyenne 61 % d’opinions positives, et ses ennemis (palestiniens) 16,50 % seulement. En d’autres termes, la politique pro-arabe, pro-palestinienne et pro-islamique affichée par le président actuel depuis son arrivée au pouvoir est allée à l’encontre des sentiments de la majorité des Américains, y compris d’une grande partie de ceux qui ont voté pour lui en 2008. Et il y a lieu de penser que l’ « illisibilité » d’Obama sur ce point a bel et bien catalysé la montée des opinions négatives. Les Juifs américains, qui - pour des raisons assez complexes - avaient voté à 77 % pour Obama en 2008 (le taux le plus élevé en dehors de la communauté noire) ne le soutiennent plus qu'à hauteur de 50 %. Et ce taux pourrait même descendre plus bas encore…
Obama est assez pragmatique pour en tirer les conséquences. Il se rapproche donc aujourd’hui d’Israël, en gestes et en paroles. Il faut souhaiter que les électeurs juifs et pro-israéliens américains soient assez pragmatiques, à leur manière, pour ne pas oublier comment il s’est comporté quand il croyait encore que l’opinion lui était acquise…

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 09:38

 

 

McChrystal limogé pour l’avoir ouverte

Un général ne doit-il dire que des généralités ?

 

http://www.causeur.fr/mcchrystal-limoge-pour-lavoir-ouverte,6896

 

Gil Mihaely

Gil Mihaely

Gil Mihaely, né en 1965 en Israël, est historien et journaliste. Après des études à l'Université de Tel-Aviv, il a soutenu une thèse d'Histoire (XIXe siècle) à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris. Depuis il associe travail de recherche journalisme et publie régulièrement en Israël et en France.

Publié le 15 juillet 2010 à 06h30 • 14 réactions • Imprimer

Mots-clés :  · 

Barack Obama s'entretenant avec l'ambassadeur américain, Karl Eikenberry et le général Stanley McChrystal, 28 mars 2010

Barack Obama s'entretenant avec l'ambassadeur américain, Karl Eikenberry et le général Stanley McChrystal, 28 mars 2010. Photo Flickr / The U.S. Army

Avec 99 soldats tués, le mois de juin a été le plus meurtrier pour la coalition engagée en Afghanistan depuis neuf ans1. Aux pertes subies par FIAS (Force internationale d’assistance et de sécurité), il faut ajouter les déboires des généraux qui ont vue leurs carrières brisées. Le patron de la coalition, le général quatre étoiles américain Stanley McChrystal, a ouvert le bal. Son portrait-entretien publié par Rolling Stone a fortement déplu en hauts lieux, sa liberté de parole a été jugée excessive par le président Obama. Outre-Atlantique comme à Rome, la préséance de la toge sur le glaive est un principe sacré, et un général américain ça ferme sa gueule ou ça dégage.

Les propos de McChrystal et de certains membres de son état-major ne laissaient guère le choix au Pentagone et à la Maison blanche.  Remarques désobligeantes sur le vice-président Joe Biden, le conseiller en Sécurité nationale Jim Jones (général de Marines qui a pris sa retraite en 2007 avec quatre étoiles sur ses épaulettes), l’ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan Karl Eikenberry (lui aussi général à la retraite) ainsi que l’ambassadeur spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke (banquier d’investissement et diplomate) : à la lecture du reportage, on a l’impression que le général McChrystal a dessiné un cercle au milieu duquel se trouve le commandant en chef des forces armée des Etats-Unis, Barack Obama. Visiblement, le président a eu la même impression.

En France aussi, un militaire, ça ferme sa gueule

À peine dix jours plus tard, c’était le général français Vincent Desportes, commandant du collège interarmées de Défense, qui essuyait les foudres de sa hiérarchie pour excès de franchise publique. Le général Desportes œuvrait précisément pour que la Grande Muette soit un peu plus éloquente sans pour autant devenir bavarde et dire n’importe quoi. Pour ce chef militaire chargé de la formation des généraux et amiraux français de demain, un officier supérieur a le droit et le devoir de participer au débat public à trois conditions : que le sujet relève de ses compétences, que l’intervention soit faite dans un média et dans un ton appropriés et que son auteur assume ses positions. Son entretien au Monde semble répondre à tous ces critères. Or le chef d’état-major des Armées, l’amiral Edouard Guillaud, et sans doute ses supérieurs au ministère de la Défense voire à l’Elysée, n’ont pas apprécié. Ce qui leur a particulièrement déplu, c’est la petite phrase où le général Desportes qualifie les opérations militaires en Afghanistan de « guerre américaine » et explique, que la France qui, dans cet effort, représente un actionnaire à 1%, n’a pas son mot à dire.

C’est à la suite à l’affaire McChrystal que Le Monde a sollicité Desportes. Or, McChrystal montre à quel point les propos du général français relèvent de l’évidence. Car l’une des choses que nous apprend le franc-parler de l’ex-commandant de la FIAS est le peu de cas qu’il a fait de la composante française de sa coalition.

Rolling Stone a suivi McChrystal à Paris où il devait participer à un dîner et donner une conférence. Dans les termes du journaliste – c’est-à-dire du général – McChrystal devait vendre aux Français sa stratégie afghane pour maintenir l’illusion qu’ils sont, pour les Américains, des alliés d’importance. En clair, il était à Paris pour jouer la comédie d’un dialogue entre partenaire. McChrystal est mal à l’aise. Il n’aime pas Paris, déteste ses restaurants élégants et préfère la Budweiser au Bordeaux. Pour lui tout ce qui n’est pas l’équivalent d’Hippopotamus ou de Courte-Paille s’appelle « Gucci », un truc de femmelettes donc de Français. Le film favori du général traduit parfaitement cette allergie à tout ce qui est français. Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby, est une comédie américaine axé sur la confrontation des deux stéréotypes : l’Américain et le Frenchy. Hilarante (à ne pas regarder la bouche pleine), l’intrigue met aux prises deux pilotes de voiture de course, Rickey Bobby et Jean Girard. On imagine sans peine le ressort comique quand on sait que le personnage de Jean Girard est non seulement interprété par Sacha Baron Cohen (Borat) mais qu’il est arrogant, raffiné et… homosexuel. Quant à M. Bobby, pour ne pas vous encombrer disons seulement ceci : il a deux fils, l’un s’appelle Walker (le W de George Bush) et l’autre Texas Ranger… Le choc de stéréotypes opère sans doute au deuxième degré mais tout le long de son entretien à Rolling Stone, le général McChrystal donne de nombreux signes indiquant clairement que, pour lui, ça marche au premier degré : les stéréotypes sur les Français correspondent à la réalité telle que la voit un grand général américain.

  1. Pour le premier semestre 2010, les pertes s’élèvent à 319 morts (53 par mois en moyenne) contre 520 morts pour l’année 2009 (43 par mois en moyenne). 
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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 09:29

 

 

Les Israéliens, peu convaincus par Obama
Par GIL HOFFMAN 
16.07.10

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1278860672334&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

 

Barack Obama ne fait pas l'unanimité. Les efforts de rapprochement du président américain avec le public israélien - par une rencontre amicale avec le Premier ministre Binyamin Netanyahou, la semaine dernière, puis une interview sur la Chaîne 2 - ne semblent pas avoir porté leurs fruits. C'est ce que révèle un sondage Smith Research, vendredi.


PHOTO: AP , JPOST

Ainsi, ce que certains qualifient d'une "offensive de charme" de Barack Obama n'a pas séduit la majorité des Israéliens : seulement 1 % de personnes en plus estiment que l'administration Obama est plus pro-israéliennne que pro-palestinienne, depuis le dernier sondage d'opinion conduit en mars. Le nombre de Juifs israéliens qui considèrent l'actuel gouvernement américain comme favorable à l'Etat hébreu s'élève donc à 10 %. En revanche, 46 % estiment qu'il penche plus en faveur de l'Autorité palestinienne, 34 % pensent qu'il est neutre, et 10 % ne se sont pas exprimés.

Revirement d'opinion

La même question avait été posée avant la toute première rencontre Obama-Netanyahou et le grand discours du président américain au Caire en juin 2009. Alors, 31 % des Israéliens considéraient que l'administration américaine était pro-israélienne et 14 % la qualifiaient de pro-palestinienne. Seulement un mois plus tard, 50 % de la population estimait que la Maison Blanche favorisait les Palestiniens et 6 % pensaient qu'elle restait plus liée à Israël.

Par ailleurs, les personnes se qualifiant "de droite" ou d'"orthodoxes" seraient plus disposées à qualifier l'administration Obama de pro-palestinienne. Soixante-huit pour cent des sondés de la communauté haredi et 63 % des Israéliens votant à droite ont confirmé cette tendance. Parmi les électeurs Likoud, 52 % estiment que la Maison Blanche est pro-palestinienne, et 14 % la qualifient de pro-israélienne.

Interrogé sur la chaîne de télévision américaine CBS, la semaine dernière, Binyamin Netanyahou a confié son propre avis sur la question. Selon lui, les Israéliens n'ont pas toutes les cartes en mains. "Ils n'ont pas l'opportunité d'avoir les mêmes conversations avec lui [Barack Obama] que moi", a-t-il affirmé. "Ils ne sont peut-être pas non plus conscients de la coopération continue entre Israël et les Etats-Unis, dans les domaines de la sécurité et des renseignements notamment. Nous avons un objectif commun : parvenir à la paix. Et je suis très heureux d'avancer à ses côtés vers cet objectif."

L'enquête a été menée auprès de 515 Juifs israéliens, entre lundi et mercredi. Sa marge d'erreur est de 4,4 %.

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 06:09

http://www.israelvalley.com/news/2010/07/14/28057/

 

FRANCE ISRAËL – LE 14 JUILLET À JÉRUSALEM : GARDEN-PARTY, ACCORDÉON ET BAL DES POMPIERS; JÉRUSALEM SE FRANCOPHONISE.

JUL 201014

Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: France - Israël
Publié le 14 juillet 2010

 

14 juilletC’est un 14 juillet chargé qui est réservé, cette année, aux Français de Jérusalem. Le Consulat de France tiendra bien ce soir sa garden-party traditionnelle même si, économies obligent, le nombre des invités a été réduit. Dans le centre de la ville, différentes manifestations, organisées ou soutenues par les autorités françaises, vont rappeler aux Israéliens que la commémoration de la Prise de la Bastille n’a pas de frontière.

C’est un jour plus tôt que les festivités de la fête nationale française ont commencé à Jérusalem: mardi soir, le 13 juillet, les Hiérosolymitains étaient invités au Bal des Pompiers, incontournable fête populaire française. La soirée a eu lieu dans un café de la ville, le Toy’s Bar, où les francophiles de Jérusalem sont venus écouter l’accordéoniste Boris Katz « pour un voyage musical en France ». Pour la troisième année consécutive, le Consulat de France à Jérusalem et le centre culturel Romain Gary ont apporté leur soutien cette soirée.

Cette année, d’autres bars et restaurants de Jérusalem ont proposé des « soirées françaises » pour célébrer la fête nationale. Les cafés Mia et Barod, dans le centre ville, ont attiré un public francophile en associant la gastronomie française à une ambiance francophone avec chansons, musique et projection de films.

Ce mercredi soir, à partir de 18 heures, le Consul général de France à Jérusalem, Fréderic Desagneaux, et son épouse donnent une réception dans les jardins du consulat, rue Emile Botta. Un millier d’invités, triés sur le volet, vont se presser autour d’un buffet géant; comme tous les ans, ils entonneront ensemble la Marseillaise pour clôturer la réception.

Ces festivités viennent rappeler que, depuis quelques années, on assiste à un renouveau de la vie culturelle francophone à Jérusalem: cinéma, chanson, littérature, etc., les manifestations culturelles en français se multiplient dans la capitale israélienne. Et ce n’est pas la déconfiture de la France au Mondial qui va dissuader les Hiérosolymitains, francophones ou non, d’apprécier la culture française.

Autre moment fort de la culture française à Jérusalem: la semaine dernière, c’est un film français qui a été projeté lors de l’ouverture du 27e Festival international du Film de Jérusalem. Le film « La Rafle » a été projeté sur grand écran, en plein air, en présence de l’acteur Jean Reno et du producteur Alain Goldman.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 17:18

 

 

MEMRI Middle East Media Research Institute

Dépêche   spéciale n° 3088

 

Fureur en Arabie saoudite au sujet des révélations du Figaro concernant le roi Abdallah

 

Dans une note du 29 juin 2010 parue sur le blog de Georges Malbrunot, le Figaro révèle que le roi Abdallah d´Arabie saoudite a déclaré au ministre français de la Défense Hervé Morin, le 5 juin lors d´une visite à Djedda : "Il y a deux pays au monde qui ne méritent pas d’exister : l’Iran et Israël", propos confirmés par des sources diplomatiques et militaires françaises. (1)

 

Un haut responsable saoudien a démenti l´information, notant que le Figaro n´avait pas nommé ses sources. Il a ajouté que la position saoudienne était claire et sans ambiguïté, réclamant un démenti de la part du Figaro. (2)

 

Le 3 juillet 2010, le quotidien en ligne Elaph annonce que le roi Abdallah a reporté sa visite du 12 juillet à Paris, prévue en 2006 lors d´une visite de l´ancien président Jacques Chirac en Arabie saoudite. Le roi "Abdallah devait rencontrer le président français Nicolas Sarkozy et inaugurer avec lui une exposition saoudienne au Louvres". (3)

 

Une autre note du Figaro (blog de Georges Malbrunot le 9 juillet) apporte deux explications supplémentaires à l´annulation de la visite : "Paris lui avait proposé [au roi] d’être ´invité d’honneur´ [du 14 Juillet]. Mais il n’était pas le seul à se voir ainsi mis en avant. Il y avait aussi les chefs d’Etat africains. Riyad a fait attendre sa réponse, avant de dire non. Visiblement, Abdallah ne tenait pas à être assis aux côtés des représentants africains.

 

´Inviter le roi Abdallah un 14 Juillet, jour anniversaire de la chute de la monarchie en France n’était pas non plus très adroit´, poursuit un diplomate arabe en poste à Paris (…)."

 

La presse saoudienne a réagi avec colère aux informations divulguées par le Figaro, les qualifiant de mensonges et d´inventions, soulignant qu´elles entrent en totale contradiction avec l´opinion et l´action du roi Abdallah et du gouvernement saoudien.

 

Extraits de deux articles parus dans la presse saoudienne :

 

Al-Watan : Le Figaro a failli au niveau professionnel et doit présenter des excuses

 

Un éditorial du quotidien Al-Watan intitulé "La chute du Figaro" accuse le quotidien français de publier des informations mensongères, en désaccord total avec les prises de position bien connues du roi Abdallah : "Quand un journal international respectable comme le Figaro français attribue une déclaration à une figure de l´éminence mondiale telle que le roi Abdallah, contredisant toute logique, vérité ainsi que les faits, cette publication ne peut être qu´une invention ou un mensonge. Cela signifie que le professionnalisme du journal a été compromis. L´un des fondements du journalisme est de baser ses rapports sur des sources [fiables], principe d´autant plus incontournable qu´il s´agissait d´un rapport de première importance (…)

 

Comment un roi qui appelle à la paix dans tous les forums, et dont les initiatives pour le rapprochement entre civilisations sont connues de tous, pourrait-il faire une déclaration pareille ? Ce rapport, qui est arrivé au journal par des sources biaisées – en admettant que sources il y ait eu, ce qui est une question en soi – ne correspond pas à l´orientation politique, aux principes et à la position que l´on connaît du roi Abdallah et de son gouvernement. On aurait pu attendre du Figaro qu´il considère avec suspicion ce rapport, le traitant comme un faux jusqu´à preuve du contraire. D´autant plus que ce rapport entre en contradiction avec ce que l´on sait d´une certaine figure, et représente un virage complet par rapport aux positions bien connues de cette figure, aux positions et stratégies de son pays sur un sujet donné. Le Figaro s´est montré paresseux au niveau professionnel, attribuant impudemment une fausse déclaration au roi.

 

Les positions du roi et du gouvernement saoudien sur l´Iran et Israël sont bien connues. La position du roi d´Arabie saoudite sur l´Iran est favorable aux relations de bon voisinage, [tout en tenant compte de] la nécessité pour l´Iran de coopérer avec la communauté internationale. La position de l´Arabie saoudite vis-à-vis d´Israël  est également connue et claire : l´Initiative de paix arabe est sur la table, bien qu´elle n´y restera pas indéfiniment ? Comment le Figaro a-t-il pu tomber aussi bas ? Des excuses seraient un signe de bonne volonté de sa part, tandis que le silence serait un signe  d´entêtement et de malveillance. Le choix du Figaro [révélera] son vrai v isage." (4)

 

Le directeur d´Al-Sharq Al-Awsat : cette publication est une tentative de sabotage de la visite d´Abdallah aux Etats-Unis

 

Tariq Alhomayed, directeur d´Al-Sharq Al-Awsat, a également affirmé que le roi Abdallah n´avait pas pu tenir de tels propos, soulignant que ceux-ci entraient en contradiction avec son style et ses convictions : "(…) Il ait inconcevable que le roi tienne un tel discours vu que, quand il était prince héritier, il fut l´initiateur du rapprochement entre Riyad et Téhéran." Alhomayed ajoute que le moment de la parution de la note du Figaro, si peu avant la visite du roi Abdallah aux Etats-Unis et sa rencontre avec le président Obama, indiquent que l´Iran et Israël sont à l´origine de la fuite et que celle-ci est venue en réaction aux discussions d´Abdallah et d´Obama sur la question de la paix. (5)

 

[1] Le Figaro (France), 30 juin 2010.

[2] www.spa.gov.sa, 1er juillet 2010.

[3] www.elaph.com, 3 juillet 2010.

[4] Al-Watan (Arabie saoudite), 3 juillet 2010.

[5] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 3 juillet 2010.

 

 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

 

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

Le MEMRI détient les droits d´auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu´avec mention de la source.

 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 09:55

 

En souvenir de notre ami, Laurent Murawiec z"l, décédé en octobre dernier, un texte toujours d'actualité, datant du printemps 2000, soit un an et demi avant le 11 septembre.

 

Merci à extrême-centre de l'avoir conservé en mémoire : http://extremecentre.org/2010/01/12/le-monde-fou-fou-fou-des-intellectuels-francais-par-laurent-murawiec/

 

Le monde fou fou fou des intellectuels français par Laurent Murawiec
Posté le Mardi 12 janvier 2010 par James

Laurent M

The Middle East Quarterly, Printemps 2000, vol. VIII, Nr 1

Original anglais

D’où vient ce phénomène appelé fondamentalisme musulman, ou islamisme ? Des analystes français en provenance de disciplines diverses (affaires internationales, orientalisme, sécurité, journalisme) sont tombés d’accord : il vient… des États-Unis. En dépit de l’invraisemblance intrinsèque qu’il y a à considérer un mouvement qui s’attaque constamment aux Américains comme un complot diabolique des USA, cet argument est extrêmement convaincant.Il présente l’islamisme comme une tentative américaine de freiner le progrès des pays musulmans et de les isoler de leurs alliés naturels en Europe.

Ces idées émanent tant de la droite que de la gauche, et témoignent, tout à la fois, d’une nostalgie de la suprématie française et d’un reste de Tiers-mondisme. Leur commun dénominateur est la haine des États-Unis et de tout ce qu’ils représentent. Quoique marginales, ces opinions sur l’islamisme ont rejailli sur le terrain politique et ont affecté les positions françaises sur le Moyen-Orient. 

La guerre de l’Amérique contre l’Europe

Pour ces analystes, l’Amérique est le dernier empire, et ceci expliquerait sa stratégie d’agression. Paul-Marie de la Gorce, auteur de gauche, mais gaulliste en politique internationale, pense que «l’empire américain est l’unique grande puissance mondiale aujourd’hui, sa suprématie est sans partage, et c’est la première fois qu’un phénomène si étrange se produit dans l’histoire» (1). Selon le sénateur Pierre Biarnès, dans son livre de géopolitique publié en 1998, il s’agit d’une «Amérique insupportable», un pays acharné à maintenir son «hégémonie morale et financière», obsédé par son propre «projet de domination.» (2)

Pire encore, les États-Unis seraient une « démocratie totalitaire », écrit Alexandre Del Valle (nom de plume d’un universitaire français). [L’Amérique] est une superpuissance solitaire appliquée à prévenir l’émergence de toute autre puissance rivale et résolue à contrôler l’Europe. L’Islamisme serait un aiguillon contre l’Europe, mais il y en aurait d’autres.

Washington aurait orchestré la crise financière asiatique pour terrasser son dangereux rival japonais, et utiliserait l’OTAN pour contrôler l’Europe, à l’encontre des intérêts européens. «Depuis la chute du mur de Berlin, il semble que la communauté d’intérêts géopolitiques et idéologiques qui unissait l’Amérique à l’Europe occidentale contre le bloc soviétique soit devenue en partie obsolète», écrit Del Valle, dans un style quelque peu enveloppé. De manière plus directe, il note que «les États-Unis ont entamé une guerre contre l’Ancien Monde.» (3)

Ce thème d’une guerre entre l’Ancien et le Nouveau Monde revient souvent. Pierre-Marie Gallois, général en retraite, l’un des inspirateurs de la doctrine gaulliste de la dissuasion nucléaire « tous azimuts » et figure bien connue des milieux militaires français, soutient que les USA ont pour stratégie de saper la souveraineté européenne (désouverainiser). De cette intention supposée découle le désir de Washington de placer l’Europe «sous contrôle militaire germano-américain». Les Allemands s’en accommodent, car, pour eux, l’Europe est une idée fixe, eux qui ont toujours voulu diriger le continent.

«Pour construire cet empire, les États-nations doivent être détruits», ajoute Gallois, qui explique pourquoi les Américains tenaient à démanteler l’union soviétique et la Yougoslavie. La France devrait rembarrer Allemands et Américains, et se rapprocher de «nos alliés traditionnels» que sont la Russie et la Serbie.

Le thème de la guerre américaine contre l’Europe a rencontré un succès étonnant au sein des élites françaises. On prête à François Mitterrand ces propos, en privé (selon son confident, Georges-Marc Benamou) : « La France l’ignore, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre pour la survie, une guerre sans victimes, du moins en apparence». (4)

Une tribune libre, en première page du plus prestigieux quotidien français, co-signée par deux membres du Parlement européen, résume les méfaits d’un monde dominé par les USA, dans lequel «le marché, totalitarisme triomphant» qui écrase le reste du monde «bien plus que dans les rêves les plus fous du Kremlin d’antan» a confisqué la souveraineté des nations. La planète est désormais aux mains d’un mondialisme mercantile qui est l’égal, écrivent-ils, du nazisme et du bolchevisme. Heureusement, des «signes forts», par exemple la prise de position de nos deux auteurs, attestent d’une résistance à l’uniformisation du monde imposée par l’ »American Way of Life ».» (5)

Ils se font les porte-parole d’une coalition nationaliste hétéroclite qui s’étend des populistes, de gauche ou de droite, aux gaullistes, socialistes et communistes, en passant par l’extrême gauche et l’extrême droite, ce courant de bric et de broc se désignant comme souverainisme.

En résumé, les États-Unis seraient dangereux, car ils se font les champions du capitalisme et de l’abaissement des frontières nationales dans l’intérêt de l’économie marchande. Les États-Unis seraient la patrie des «nouveaux maîtres du monde», en particulier des Multinationales qui «pillent la planète», lui imposent une «uniformisation stérile», ainsi qu’un «mode unique de pensée

Ignacio Ramonet, éditeur influent du Monde Diplomatique, développe cette conception dans son livre, Géopolitique du Chaos. Heureusement, dit-il, «le spectre du déclin guette la «néo-hégémonie américaine.» (6)

Les USA sont dépassés, ils se détruisent eux-mêmes. L’Amérique s’effondrera sous le poids de sa propre dette, et sera incapable de résoudre les problèmes insolubles du racisme, de la pauvreté et du chômage. C’est précisément à cause de cette menace de déclin que les États-Unis sont si pressés de consolider leur hégémonie.

L’alliance américano-islamiste

 » Les États-Unis… portent une responsabilité écrasante dans l’exacerbation de la menace islamiste anti-occidentale qui apparaît ici, là, partout dans le monde », écrit Del Valle, dans un important périodique parisien de questions stratégiques (7). «La progression de l’islam et de l’islamisme dans le monde est étroitement liée à l’action culturelle, politique, économique et géostratégique des États-Unis depuis le début du vingtième siècle», ajoute-t-il, dans une volumineuse étude sur le sujet. (8)

Aussi étrange que cela puisse paraître aux yeux des Américains, il ne s’agit nullement des théories d’un excentrique isolé. Au contraire, bien des auteurs parviennent aux mêmes conclusions en partant de présupposés totalement différents. Alors que Del Valle est foncièrement hostile aux musulmans, François Burgat, de l’université d’Aix-en-Provence, éprouve pour eux de la sympathie ; il perçoit une lutte de classes au sein de l’Islam, avec les États-Unis du côté des oppresseurs : «la stratégie israélo-américaine… vise partout à préserver le statu quo politique arabe et à paralyser jusqu’aux plus légitimes oppositions par des politiques de répression». Il faut noter que ces opposants «légitimes» dont parle Burgat incluent le Front Islamique du Salut (FIS) algérien et divers groupes terroristes égyptiens. (9)

Il ne reproche pas leur violence à ces groupes, mais en rejette la responsabilité sur la politique des USA ; l’impérialisme américain est au cœur d’un «terrible enchevêtrement de circonstances, qui produit non pas des bombes, mais des individus qui en viennent à croire à la nécessité des bombes, même au prix de leur propre vie.». En réaction, Burgat trouve légitime la révolte des Musulmans : «l’interminable succession de violence et d’humiliations, de mensonges des médias et de fraude électorale, d’arrestations et d’emprisonnements, de tortures et d’exécutions sommaires, ou de massacres à grande échelle, est ce qui engendre, à Alger ou à Naplouse, des monstres politiques capables de s’autodétruire pour leur cause.» (10)

Richard Labévière, journaliste de la télévision suisse romande, affirme la même chose, dans un livre récent, qui se veut un travail d’investigation.

Sans aller jusqu’à voir la main de la CIA derrière toute accélération de l’histoire, et sans sombrer dans la paranoïa du «grand complot», notre enquête aboutit toujours à des responsabilités américaines plus ou moins directes, des intérêts plus ou moins convergents, une instrumentalisation plus ou moins contrôlée dans beaucoup de théâtres d’opération des islamistes.

Ces «théâtres d’opération» sont l’Égypte, l’Algérie et la France ; Labévière fait également référence à des fiefs islamiques en Bosnie, Tchétchénie, Albanie, aux Philippines, à Madagascar, en Afrique du Sud et même au Brésil. (11)

Gallois pense que les États-Unis, par leur nature même, ne peuvent être que du côté des islamistes : «l’Islam ressemble beaucoup au modèle de société capitaliste qui prévaut aux Etats-Unis», affirme-t-il dans un livre récent (12). Labévière aussi voit une convergence entre l’inclination américaine à l’hégémonie et l’islam radical :

« L’islamisme est en totale cohérence avec l’économie de marché. L’ordre politico-théologique auquel aspire l’Islam est pleinement conforme aux exigences du capitalisme américain. Le projet impérialiste de l’Amérique se nourrit de l’affaiblissement de tout principe de souveraineté et d’élaboration des politiques au niveau national. Cet effacement de la souveraineté politique annonce la domination sans limites d’une mondialisation incontrôlable impulsée par des affairistes mafieux et des fanatiques religieux. » (13)

Ainsi, en France, un groupe significatif d’intellectuels croient fermement que l’islamisme, jusque dans ces activités terroristes, serait l’instrument des intérêts des États-Unis et la création de stratèges américains.

Le réseau américain

«L’implication des États-Unis dans l’émergence, l’expansion et la radicalisation de l’islamisme est un fait… La responsabilité des États-Unis dans nombre d’actes terroristes ou d’autres activités criminelles est établie et incontestable», écrit Labévière. (14)

Sa démonstration «incontestable» repose sur trois assertions :

1/ Pour assurer leur contrôle des réserves de pétrole mondiales, les États-Unis ont longtemps soutenu l’État saoudien. Puisque le royaume saoudien est wahhabite, Washington soutient la politique wahhabite qui a, en fait, les mêmes ressorts que la leur. Del Valle impute ces politiques «aux fondements religieux traditionnels de la diplomatie anglo-saxonne» (15) tandis que Labévière retrouve cette tendance au plus loin de l’histoire de l’Amérique : « L’expression «In God We Trust» sur le billet vert — la devise du monde capitaliste — nous rappelle que les Pères fondateurs, bien qu’étant des laïcs, invoquaient constamment la divine providence pour tout ce qu’ils entreprenaient. La diplomatie américaine a toujours utilisé les mouvements religieux contre le communisme et toute autre opposition aux desseins hégémoniques des USA. » (16) Dans le même esprit, Del Valle rappelle le soutien des États-Unis aux Saoudiens contre la croisade panarabe de Gamal Abd en-Nasser, et leur soutien à Anouar es-Sadate, un «ancien membre des Frères musulmans» (17)
 

2/ Les États-Unis ont appuyé les moudjahidins afghans dans leur lutte contre les Soviétiques, tout au long des années 80 : obnubilés par les Soviétiques, les stratèges du Pentagone ont compté sur la religion musulmane et créé une redoutable machine de guerre contre l’Armée rouge : cette machine de guerre est l’islamisme armé. (18)Del Valle ajoute qu’une partie du gouvernement américain, menée par le conseiller national à la sécurité de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, conspira pour piéger les Soviétiques en Afghanistan. Aidés par les luttes à Kaboul entre factions rivales, et que son complot réussit : L’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique, en décembre 1979… fit pencher la balance en faveur du camp Brzezinski et à l’encontre des dirigeants américains qui désapprouvaient sa stratégie islamiste. (19)

3/ Le gouvernement américain a créé et fait vivre une «Internationale wahhabite» appuyée sur l’Arabie saoudite, à laquelle appartiennent tous les mouvements terroristes sunnites. Par exemple, la CIA a soutenu le Front Islamique du Salut (FIS) algérien depuis 1991 car «le Département d’État ne partage pas la méfiance des diplomates européens, et en particulier français, envers l’islamisme.» (20) Cette politique pro-islamiste est mondiale : quatre années d’enquête ont montré que la véritable menace venait d’ailleurs [que d’Iran, elle vient] d’Arabie saoudite et des autres pétro-mornarchies alliées des États-Unis. La première puissance mondiale le sait parfaitement. En fait, ses services secrets l’ont encouragée. En plusieurs endroits du monde, la CIA et ses homologues saoudiens et pakistanais continuent de sponsoriser l’islamisme. (21)

Cette Internationale wahhabite cherche à éliminer les régimes arabes qui manquent d’enracinement religieux – y compris ceux que Del Valle qualifie de réformistes, ou révolutionnaires : l’Iraq, la Libye et le Soudan (nonobstant sa direction islamiste). (22)À l’opposé, le gouvernement américain n’est pas aussi hostile qu’il le prétend aux «régimes extrémistes, tel l’Iran», observe Del Valle. Au contraire, si de tels régimes devaient l’emporter, les USA tireraient profit de leur «compréhension» et «même de leur soutien financier et militaire» (23), référence à l’Irangate insensé du milieu des années 80. Washington soutient aussi le FIS en Algérie, et a besoin de « contrôler la Méditerranée et d’apparaître en protecteur de l’Islam. » Ceci explique pourquoi il est intervenu pour défendre les musulmans bosniaques et kossovars.

Les motivations américaines

Pourquoi les Américains s’impliqueraient-ils tant dans un complot pour étendre l’islam radical ? Les raisons dérisoires invoquées par notre groupe de théoriciens seraient :

1/ Accéder au marché musulman, non seulement fort d’un milliard de consommateurs, mais aussi idéal, car sans concurrence. (24)

2/ Offrir une contrepartie à la politique pro-israélienne de l’Amérique. (25)

3/ Apaiser les «deux grands lobbies musulmans des USA, le Conseil Musulman des Affaires Publiques (Muslim Public Affairs Council) et le Conseil des Relations Islamo-Américaines (Council on American Islamic Relations).» (26) (Ce qui ne manquera pas d’étonner ces deux organisations).

4/ Plus sérieusement, conserver sous leur contrôle exclusif les principales sources et réserves d’énergie du globe.

5/ Assurer la sécurité d’Israël. Pour les États-Unis, écrit Labévière, «la défense de l’État juif demeure une priorité… et une majorité d’observateurs considèrent Israël comme une question de politique intérieure des États-Unis. Elle affecte les campagnes électorales et influence en permanence les décisions politiques et économiques de la première puissance mondiale.» (27) En d’autres termes, la politique américaine est contrôlée par le lobby juif pour le compte d’Israël. Et Israël, poursuit l’intrépide commentateur suisse, est un État théocratique.

De là, il est parfaitement logique que les dirigeants juifs, tirant les ficelles du fondamentalisme protestant en Amérique, soutiennent les extrémistes musulmans : «ennemis complémentaires, islamisme et sionisme oeuvrent au même objectif», à savoir «démanteler les États arabes», détruire «les États-nations de tout le monde musulman». À dire vrai, «l’islamisme et le sionisme sont des frères ennemis qui agissent de concert pour empêcher une juste paix au Moyen-Orient et le commencement d’un règlement équitable du problème des Palestiniens (victimes d’un nettoyage ethnique sans équivoque).» Cela découle logiquement des «fondations théocratiques de l’État juif, qui n’a pas abandonné son projet du Grand Israël.» (28)

6/ Conjurer la peur de l’Iraq et de ses liens avec l’Europe. L’Iraq occupe une place spéciale dans les conceptions de Del Valle et de ses collègues :

« Pour Tel Aviv, l’État iraquien et les mouvements nationalistes arabes socialisants étaient plus dangereux que l’Iran islamiste. Bagdad était en voie d’acquérir la première industrie nucléaire civile du monde arabe, grâce à la coopération scientifique de la France, qui s’apprêtait à lui vendre une centrale de 700-mégawatts. Les deux pays insistaient sur le caractère purement civil de cette centrale nucléaire, destinée à approvisionner Bagdad en électricité, mais Israël a craint son utilisation pour confectionner des armes atomiques visant à sa destruction. Aussi les services de renseignement militaires israéliens, Aman, décidèrent-ils de briser les projets nucléaires de Saddam Hussein par la force brutale… Américains et Israéliens refusèrent à l’Iraq laïc ce qu’ils toléraient du Pakistan fondamentaliste. » (29)

Cette vision édulcorée des projets de Saddam s’accompagne d’une description touchante de sa stratégie : indépendamment du caractère dictatorial du régime de Saddam Hussein, il n’est pas erroné de dire que ce dirigeant, au travers de l’idéologie du Baas et de ses conceptions, en partie pré-islamiques, de l’Iraq et de la nation arabe, a tenté de créer les conditions d’une ouverture philosophique et scientifique du monde arabo-islamique. (30)

Un tel soutien à Saddam est très répandu en France. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur (et, à ce titre, responsable de la police et de la sécurité civile), insiste sur le fait qu’en frappant l’Iraq, «les Américains font le lit d’une rébellion fondamentaliste hostile à l’Occident… le maintien de l’embargo contre l’Iraq est une honte.» (31) (ancien président des Amitiés franco-irakiennes, Chevènement a longtemps défendu le rôle de Saddam dans la modernisation et l’occidentalisation [de son pays] ; il démissionna de son poste de ministre de la Défense, en janvier 1991, pour protester contre l’opération Tempête du Désert). Gallois partage ces vues et s’en est fait l’écho pendant près d’une décennie. Il peut sermonner Saddam Hussein («d’accord, Bagdad n’aurait pas dû envahir le Koweït, ni chercher à se doter d’armes de destruction massive »), mais les petits défauts du dirigeant iraquien sont peu de chose comparés aux mérites de son régime. (32)

7/ Ecraser l’Europe, la Russie et l’Orthodoxie slave. Depuis la chute du mur de Berlin, affaiblir l’Europe est devenu l’objectif principal de la politique étrangère des États-Unis. Pour endiguer la «démocratie totalitaire» made in USA, mélange de fondamentalisme religieux et de cupidité capitaliste, l’Europe doit s’allier avec la Russie et le monde orthodoxe. Européens et Musulmans sont des alliés naturels, et les Américains ont inventé l’islamisme pour semer la discorde entre eux.

De plus, Washington soutient les «guérillas islamo-nationalistes et irrédentistes, qui entretiennent la nostalgie de l’Empire ottoman et ont des liens avec le terrorisme international, le crime organisé, et, bien sûr avec les riches producteurs de pétrole qui financent le terrorisme islamique depuis cinquante ans.» Il les encourage à «chasser l’infidèle envahisseur, les régimes yougoslave, macédonien, grec (en Thrace et à Chypre), au nom d’une politique d’endiguement – contre le monde slave orthodoxe et les nations qui refusent l’hégémonie américaine.» (33).

Graduellement, le projet de Washington se révèle : créer, au travers du programme «Partenariat pour la Paix» (Partnership for Peace), une «force [militaire] néo-ottomane», que Del Valle décrit comme composée d’Azéris, de Turcs, de Géorgiens, d’Albanais et de Macédoniens. (34)

Empire déchu

Les empires déchus sont jaloux et vindicatifs, et du haut de leur petitesse, ils nourrissent un ressentiment envers ceux qui leur ont succédé. En ce qui concerne le monde arabe, certains, en France, souffrent encore de ce que l’on pourrait appeler le «syndrome de Sykes-Picot» et rêvent que leur pré carré en Méditerranée et au Moyen –Orient soit demeuré inviolé, sous protectorat français. Ce ressentiment connaît parfois des regains de fièvre. L’analyse de Biarnès l’entraîne parfois à un crescendo rhétorique extraordinaire : Il y a, dans le monde d’aujourd’hui, «tant de nations, grandes ou petites, qui sont de plus en plus tentées (un peu excessivement, admettons-le) par le slogan fameux de Caton l’Ancien ’Delenda est America!’» (il faut détruire l’Amérique !). (35)

Dans le même esprit, Richard Labévière affirme, en conclusion de son livre, que l’intoxication au dollar — In God We Trust — balaye tout sur son passage : frontières, institutions, cultures, États et nations. Le futur appartient à McDonald et aux prophètes armés. (36)

La référence à McDonald n’est pas fortuite, car beaucoup de restaurants McDonald, en France, ont été saccagés, en 1999, par des bandes de paysans en colère. L’arrestation d’un de leurs dirigeants fournit à une alliance informelle entre paysans, syndicalistes de gauche, politiciens populistes, communistes, écolos, néo-gaullistes (comme Charles Pasqua), et traditionalistes catholiques (Philippe de Villiers), l’occasion de se réunir pour rejeter le «diktat américain», une expression souvent utilisée par le principal dirigeant fasciste français, Jean-Marie Le Pen. Les États-Unis sont devenus le symbole de tout ce qui est mauvais, dangereux et menaçant. La France s’insurge contre Walt Disney, les hamburgers et, comme Gallois le confia un jour à cet auteur, dans une conversation privée, la «culture afro-américanisée» du rock et de la pop.

L’idée d’une conspiration de l’argent cosmopolite en vue d’affaiblir les vieilles nations d’Europe n’est pas nouvelle : elle est apparue dans les Protocoles des Sages de Sion et dans leurs innombrables variantes. Cet antisémitisme virulent entre en résonance avec une longue tradition intellectuelle d’anti-américanisme de gauche. Une grande partie de la gauche et de l’extrême gauche partage cette vision d’une Amérique capitaliste, impérialiste et dégénérée(37) Jean-Paul Sartre, en son temps, et Jean Baudrillard, de nos jours («dans le monde d’aujourd’hui, chaque pays est coincé entre deux ennemis : ses propres minorités et l’Amérique»), avancent le même genre d’arguments. (38)

Alexandre Del Valle écrit que la culture américaine est «une culture de subversion, conçue pour déraciner et affaiblir les peuples qui la subissent passivement. La désintégration morale et culturelle des nations européennes causée par l’américanisation des esprits et des mœurs» (39) est le problème fondamental. Du fait qu’elle n’est ni autochtone, ni homogène, ni naturelle, l’Amérique est une nation dégénérée. La «culture épicurienne nord-américaine» est entièrement destructrice ; elle favorise «la désintégration sociale et morale» de l’Europe.

Que peut faire l’Ancien Monde pour se protéger du «matérialisme et de l’américanisation de la culture» ? Il a des idées précises sur une «renaissance de l’identité spirituelle de l’Europe» qui sera rendue possible du fait que la culture McDo est vouée, tôt ou tard, à la destruction, compte tenu de son caractère intrinsèquement fragile, hétérogène et contre-nature, Le nihilisme [de cette culture] est source de stérilité, dans tous les sens du terme, elle apparaît fondamentalement comme une culture en décomposition, terreau indispensable de l’impérialisme américain. En bref, c’est «une culture de mort.» (40)

Haïr les États-Unis est une consolation au déclin de la France. C’est aussi un moyen de redonner du sens à un monde que les intellectuels français perçoivent en termes manichéens. Les idées ici débattues sont manifestement une application de la notion si pertinente, introduite par Léon Poliakov, de «causalité diabolique», le principe satanique omnipotent qui explique tout, et en particulier les grandes conspirations qui mènent le monde, mais seront finalement vaincues par le Juste. (41)

Y a-t-il quelqu’un pour les écouter ?

Quelle est la représentativité des Labévière, Del Valle, Burgat, Gallois et autres ? Leurs ouvrages ne sont pas des best-sellers; leurs noms ne sont pas célèbres. La plupart des Français, s’ils découvraient ces idées à l’état brut, les trouveraient bizarres.

Cependant, leurs opinions sont publiées et reproduites. Ce ne sont pas des individus isolés prêchant dans le désert, mais un courant de pensée authentique. Chacun d’eux fait référence aux autres pour étayer sa crédibilité. Ces théories resteraient confinées en marge des affaires publiques françaises, si elles n’alimentaient le courant souverainiste, qui jouit d’un incontestable impact politique. Leurs écrits sont souvent publiés par les mêmes publications et maisons d’édition. (42)

Ils sont aussi diffusés, sous une forme édulcorée, dans des périodiques influents (commeLe Monde diplomatique), aussi bien que dans des journaux de gauche, de droite ou d’extrême droite, de notoriétés diverses. Certaines de leurs idées, débattues dans les milieux universitaires et intellectuels, trouvent un écho dans les services diplomatiques ou d’autres secteurs gouvernementaux.

Tout ou partie de cet éventail d’idées se fraie un chemin dans les débats politiques au grand jour, par le truchement de porte-parole plus connus, sinon moins extrémistes, tels que l’homme politique de gauche Jean-Pierre Chevènement, le critique Régis Debray, ou le philosophe, ancien communiste reconverti dans l’islamisme (et violemment antisémite), Roger Garaudy.

Chose plus importante que leur impact politique effectif, ces idées entretiennent le regain de sentiments anti-américains dans la France d’aujourd’hui. Les généralisations hasardeuses et les inepties catégoriques décrites ci-dessus proviennent principalement d’un ressentiment à l’égard de la toute-puissance américaine. Les États-Unis ont démasqué sans ambages la conception gaullienne grandiose et exagérée de la puissance et du rôle international de la France, qui a toujours largement reposé sur des faux-semblants, mais a pu faire illusion quelques années.

La dure réalité — mise en évidence par les États-Unis — est déplaisante et, par conséquent, détestée. De Gaulle, lui au moins, bénéficiait de succès historiques pour appuyer ses revendications. Ses héritiers putatifs en sont dépourvus. Il pouvait formuler des exigences, même exorbitantes. Ils ne peuvent que plastronner, niaisement. Comme le faisait remarquer Talleyrand avec son acuité caractéristique : «Tout ce qui est exagéré est insignifiant

Laurent Murawiec

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 Notes

1. Paul-Marie de la Gorce, cité par Ignacio Ramonet, Géopolitique du chaos (Paris : Galilée, 1997), p. 45.

2. Pierre Biarnès, Le XXIe siècle ne sera pas Américain (Paris : Éditions du Rocher, 1998), p. 9.

3. Alexandre Del Valle, « Genèse et actualité de la ’stratégie’ pro-islamiste des Etats-Unis« , Stratégique, février-mars 1998, p. 32.

4. Cité par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz dans sa postface au livre de Del Valle, Islamisme et États-Unis: Une alliance contre l’Europe (Lausanne: l’Âge d’Homme, 1999), p. 345.

5. William Abitbol et Paul-Marie Coûteaux, « Souverainisme, j’écris ton nom« , Le Monde, 30 sept. 1999.

6. Ignacio Ramonet, Géopolitique du chaos, p. 40.

7. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 42.

8. Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, p. 316.

9. François Burgat, L’Islamisme en face (Paris: La Découverte, 1996)

10. François Burgat, L’Islamisme en face (Paris: La Découverte, 1996)

11. Richard Labévière, Les dollars de la terreur: les Etats-Unis et l’Islamisme (Paris: Grasset, 1999), p. 16.

12. Pierre-Marie Gallois, La France sort-elle de l’Histoire ? (Lausanne: l’Âge d’Homme, 1998), p. 40.

13. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 23.

14. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 222.

15. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 32.

16. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 15.

17. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 34.

18. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 15.

19. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 39.

20. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 44.

21. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, pp. 8-9.

22. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 31.

23. Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, p. 14.

24. Pierre-Marie Gallois, La France, p. 40.

25. Pierre-Marie Gallois, La France. L’auteur attribue le démembrement de la République Fédérale Socialiste de Yougoslavie à une conspiration associant les États-Unis, l’Allemagne, le Vatican et la Croatie.

26. Del Valle, Genèse et actualité, p. 47.

27. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 222.

28. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 432.

29. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 37.

30. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 61.

31. Cité par Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 62.

32. Pierre-Marie Gallois, La France, p. 21.

33. Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, p. 7.

34. Alexandre Del Valle, Genèse et actualité, p. 62.

35. Pierre Biarnès, Le XXIe siècle, p. 85.

36. Richard Labévière, Les dollars de la terreur, p. 433.

37. James Ceaser, Reconstructing America: The Symbol of America in Modern Thought(New Haven: Yale University Press, 1997).

38. Jean Baudrillard, « Duplicité totale de cette guerre« , Libération, 29 avril 1999.

39. Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, p. 312.

40. Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, p. 316.

41. Léon Poliakov, La causalité diabolique (Paris: Calmann-Lévy, c1980-c1985).

42. L’Âge d’Homme, Lausanne, Suisse, est un cas intéressant. Auparavant éditeur des chefs-d’œuvre de la littérature slave, cette société devint, vers la fin des années 80, le foyer d’une agitation ultra-nationaliste pro-serbe. Vladimir Dmitrievitch, son directeur serbe, est lié à des institutions férocement anti-occidentales, à Moscou, ainsi qu’à l’écrivain fasciste Alexander Zinoviev.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 20:29

 

http://www.israelvalley.com/news/2010/07/13/28054/

FRANCE ISRAËL - INTERVIEW EXCLUSIVE - CHRISTOPHE BIGOT, AMBASSADEUR DE FRANCE EN ISRAËL : "NOS DEUX PAYS ONT RETROUVÉ DES LIENS PRIVILÉGIÉS, À TOUS LES NIVEAUX"

JUL 201013

Par Maxime Perez, à Tel Aviv
Rubrique: France - Israël
Publié le 13 juillet 2010

 

Christophe BigotA la veille du 14 juillet, l’ambassadeur de France en Israël revient sur les temps forts de son action. Nommé depuis tout juste un an, il analyse avec clairvoyance tous les dossiers liés à Israël : ses relations avec la France, la coopération bilatérale, l’Iran et le processus de paix avec les Palestiniens.

IsraelValley – Monsieur l’ambassadeur, vous êtes en fonction à Tel Aviv depuis l’été dernier. Quel bilan personnel tirez-vous de votre première année de mandat ?

C.B – L’année écoulée a été particulièrement riche car, à défaut de découvrir Israël, j’exerce pour la première fois la fonction d’ambassadeur. C’est un travail de tous les instants, très prenant mais néanmoins exaltant. Je garde en mémoire un certain nombre de moments forts marqués par des visites ministérielles, la tenue d’un forum franco-israélien sur la démocratie et le déplacement d’entreprises françaises. Un travail de communication, moins visible, a également été effectué pour expliquer la position de la France aux Israéliens et inversement. L’actualité étant chargée dans la région, cela n’a pas facilité cette démarche. Pour moi, il est indispensable de faire entendre la voix de la France ici même. Bien entendu, il ne s’agit pas de donner des leçons mais de se comporter comme un ami auprès d’Israël, y compris dans les moments de crise.

On dit justement que l’amitié franco-israélienne a retrouvé ces dernières années un second souffle. Mais sur le plan politique, le positionnement de l’Elysée ne semble pas toujours être bien perçu du coté israélien. Partagez-vous ce constat ?

Très franchement, ce n’est pas mon sentiment. Nos deux pays entretiennent des liens privilégiés, notre relation est chaleureuse. J’ai effectivement connu des périodes plus délicates, comme en 2003, ponctuées de tensions et de malentendus, parfois même d’un climat de suspicion. Mais aujourd’hui, la vision de la France est extrêmement positive ici, et ce au plus haut niveau. Selon moi, cela tient notamment à la sympathie qu’éprouvent bon nombre d’Israéliens pour le président de la république Nicolas Sarkozy. Et puis, il convient de rappeler l’action énergique de la France contre l’antisémitisme. A l’occasion du dernier dîner du CRIF, le Premier ministre François Fillon a exposé une série de mesures importantes qui concernent la Justice, l’éducation et la Police.

Et la politique étrangère ?

Prenez le cas de l’Iran dont le programme nucléaire pose, aux yeux des Israéliens, une menace existentielle. Ce dossier est d’une extrême complexité et figure au coeur des discussions entre la France et Israël. Tous les aspects du problème sont traités. La France a toujours dénoncé avec la plus grande fermeté les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Ensuite, nous sommes assurément l’un des pays les plus engagés en faveur de sanctions contre Téhéran. Sur ce point, Israël sait qu’elle peut compter sur l’appui de la France. Au Conseil de sécurité, nous avons été très actifs pour faciliter l’adoption de la résolution 1929. Aujourd’hui, nous souhaitons aller au-delà des sanctions votées à l’ONU et proposer des sanctions « européennes » dès la fin du mois de juillet. Ces mesures vont jouer un rôle déterminant.

Croyez-vous à l’efficacité des sanctions ?

Absolument. Si la France a mobilisé toute sa diplomatie pour obtenir l’adoption d’un nouveau volet de sanctions, c’est que nous y croyons. Vous savez, les Israéliens souhaitent eux aussi que les sanctions fonctionnent. D’autres options existent mais elles sont extrêmement dangereuses.

Quel peut être le prochain scénario ?

Même si nous sommes engagés dans une course contre la montre, je crois qu’il faut laisser le temps aux sanctions d’avoir un impact. Les Iraniens, au niveau politique, doivent comprendre quelles sont les conséquences de leur refus d’appliquer les décisions de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et du Conseil de sécurité. Nous disposons d’outils de pression pour faire comprendre aux Iraniens qu’ils font fausse route.

Christophe Bigot

Voilà quatre ans que le soldat franco-israélien Gilad Shalit se trouve aux mains du Hamas à Gaza. La semaine dernière, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a rappelé publiquement à quelles conditions Israël était prêt à accepter un échange de prisonniers. Que peut faire aujourd’hui la France ?

Pour moi, cette affaire revêt avant tout un problème humain. Dès ma prise de fonction, je me suis rendu à Mitzpé Hila, auprès des parents du jeune Gilad Shalit. Nous nous connaissons depuis l’époque où j’étais un proche collaborateur de Bernard Kouchner. J’ai un profond respect pour leur modestie et leur détermination à tout faire pour obtenir la libération de leur fils. Le 25 juin dernier, j’ai personnellement transmis à Noam Shalit une lettre du président Nicolas Sarkozy. Montrer notre solidarité à la famille de ce soldat est important. La France multiplie les efforts pour obtenir de nouvelles preuves de vie de Gilad et que le CICR puisse lui rendre visite.

A l’instar de l’Allemagne, la France pourrait-elle s’impliquer dans de futures négociations ?

Soyons clairs. Il y a aujourd’hui un médiateur allemand qui est l’un des responsables des services du BND(renseignements allemands). Il a été choisi d’un commun accord par Israël et le Hamas du fait du travail remarquable qu’il avait effectué lors de précédentes négociations avec le Hezbollah. Le rôle de la France consiste à lui apporter un soutien inconditionnel dès lors qu’il nous sollicite. Comme vous le savez, nous n’avons aucun contact avec le Hamas. En revanche, je m’entretiens régulièrement avec le négociateur israélien Hagay Hadas. Nos échanges se font dans une parfaite transparence, il partage avec nous toutes les évolutions du dossier. Mais la confidentialité reste le maître mot de ces tractations.

Pour aller régulièrement à sa rencontre, vous connaissez bien la communauté francophone d’Israël, sa diversité et la place qu’elle occupe ici. Bien que la question se pose depuis de nombreuses années, Israël continue toujours d’être écarté de la francophonie. Selon vous, s’agit-il uniquement d’un problème politique ? Quel rôle peut jouer la France pour y remédier ?

La France soutient sans ambiguïté l’adhésion d’Israël à l’organisation internationale de la francophonie. Certes, il y a des obstacles politiques liés à l’absence de consensus sur cette candidature, plusieurs pays continuant de s’y opposer. Cela est d’autant plus regrettable que nous recensons en Israël près de 700 000 francophones, dont 100 000 Français. Cette communauté est active. Par conséquent, notre politique consiste à agir comme si Israël faisait partie de cette organisation. Nous faisons en sorte d’intégrer Israël dans un maximum d’initiatives qui ne nécessitent pas une adhésion. A ce titre, nous nous félicitons de l’intégration à l’AUF (Agence universitaire de la Francophonie) de l’Université de Tel Aviv et du Collège universitaire de Netanya. N’oublions pas non plus que le rôle de la francophonie consiste aussi à transmettre le bagage culturel et linguistique français. Nous construisons à cet effet des établissements scolaires comme le lycée Mikvé Israël qui accueille déjà 200 élèves. La connaissance du français est une qualité reconnue et notre culture est appréciée dans le monde entier.

Justement, on assiste, sous votre égide, à une floraison d’évènements culturels franco-israéliens…

Oui, cela rejoint cette même volonté de répandre la culture française et de la partager avec d’autres pays. La société française est extrêmement créative et nous avons souhaité exporter des concepts comme la fête de la musique et la nuit blanche. Récemment, nous avons également organisé un festival du film français. Tout cela contribue à nourrir les échanges avec Israël.

Israël s’est dernièrement rapproché de plusieurs instances internationales comme l’OTAN et l’OCDE dont il est devenu un membre à part entière. L’Etat hébreu assure également depuis peu la présidence du projet EUREKA. En avril denier, vous aviez participé à Paris au lancement de la Maison commune Europe-Israël. Selon vous, ces différentes initiatives permettent-elles également de renforcer la coopération avec la France ?

D’abord, la France a toujours soutenu l’entrée d’Israël à l’OCDE. Etant donné les performances économiques de ce pays, cette adhésion m’apparaît tout à fait logique. Concernant la création d’une Maison commune Europe-Israël, l’objectif est d’élargir à l’Union européenne une structure similaire à celle de la Fondation France Israël, qui est dirigée par l’ancienne ministre Nicole Guedj. Il est important de rapprocher les opinions publiques européennes et israéliennes. Naturellement, ce type de démarche offre un nouvel outil de coopération entre la France et Israël.

Comparativement à d’autres pays européens (Allemagne, Espagne), les échanges commerciaux entre la France et Israël sont à la traîne. En revanche, la coopération technologique et scientifique est au beau fixe. Qu’en est-il précisément ?

Au niveau de la coopération technologique et scientifique avec Israël, la France se situe au troisième rang derrière les Etats-Unis et l’Allemagne. Nous finançons chaque année des recherches menées conjointement par des laboratoires français et israéliens. Dans un pays comme Israël où 5% du PIB est investi dans la recherche, je considère que la France a un intérêt majeur à être plus présente dans ce secteur. Mais même si 60% de notre budget de coopération est consacré aux échanges entre laboratoires, l’obstacle reste toujours financier. A ce jour, deux laboratoires du CNRS et un de l’INCERM sont partenaires de laboratoires israéliens. Rappelons aussi qu’un accord institutionnel lie, depuis 1975, l’institut Weizmann à l’Institut Pasteur. Ce que je souhaite, c’est que cette action se décline et qu’on assiste, par la suite, à la création de startups. C’est sur ce plan qu’il faut renforcer le lien entre le scientifique et le monde de l’entreprise, booster davantage le secteur de l’innovation. Mon rôle consiste donc à convaincre les investisseurs d’exploiter ce formidable potentiel que concentre Israël sur le plan de la recherche.

La France s’implique également beaucoup dans les territoires palestiniens. La création d’un parc industriel à Bethléem a constitué l’un des évènements forts de votre première année de mandat. En quoi cette implication peut être profitable à Israël et à la paix ?

En même temps qu’une reprise des négociations de paix, il est indispensable que la situation des Palestiniens s’améliore en Cisjordanie. Cela passe par des mesures d’allégements sur le terrain, comme la levée des barrages, mais également par un renforcement des activités économiques. Le projet français de parc industriel est aujourd’hui à un stade très avancé grâce à l’efficacité et à la détermination de Valérie Hoffenberg. Nous avons également pu bénéficier de la coopération du Premier ministre palestinien Salam Fayyad et d’un certain nombre de dirigeants israéliens comme Sylvan Shalom et Ehoud Barak. Désormais, notre objectif est d’attirer des entreprises et d’obtenir de la part des Israéliens un libre passage des marchandises.

L’arrivée de Salam Fayyad à la tête de l’Autorité palestinienne a-t-elle changé la donne ?

C’est un interlocuteur de grande qualité. Il réalise d’abord un excellent travail sur le plan de l’économie et des finances publiques palestiniennes. Ensuite, les Israéliens sont les premiers à le reconnaître, il est très efficace sur le plan de la sécurité. S’il n’y a pas d’attentats en Israël, c’est grâce à l’action des services de renseignements israéliens mais aussi à celle de Salam Fayyad sur ce terrain là. Sa présence actuelle est une chance pour Israël.

Comment jugez-vous l’état du processus de paix ?

La France souhaite qu’Israéliens et Palestiniens puissent rapidement passer à des négociations directes. Il faut également que des efforts soient menés pour rétablir la confiance et permettre d’aborder tous les points sensibles du dossier. Il en va de l’intérêt d’Israël et de sa sécurité d’arriver au plus vite à un règlement de ce conflit. Incontestablement, la création d’un Etat palestinien y participera. Benyamin Netanyahou a clairement indiqué dans son discours de Bar Ilan que la solution au conflit passait par la création d’un Etat palestinien vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël.

Que peut apporter la France ?

Au Moyen-Orient, la France dispose de relations particulières avec l’Autorité palestinienne comme avec des pays comme l’Egypte et le Liban. Nous avons également des contacts avec la Syrie. Tout cela peut être profitable à Israël. Les choses doivent être analysées de façon globale.

p>. Propos recueillis par Maxime Perez

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 17:13

 

Pour ceux qui auraient raté le direct, cliquer pour voir l'extrait de 12 minutes.

lundi 12 juillet 2010

GUYSEN-TV : ETATS-UNIS ET ISRAEL, INTERVENTION DU 11 juillet 2010



EXTRAIT DE 12MN DE L'INTERVENTION AU JOURNAL TELEVISE DE GUYSEN-TV du 11 JUILLET 2010

THEME : LES RELATIONS ISRAELO-AMERICAINES FACE A L'IRAN ET LA SYRIE



 
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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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