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Panarmenian.net première agence d’informations en ligne d’Arménie, titre aujourd’hui que la Turquie ne peut plus compter sur le soutien du lobby juif américain, pour bloquer la reconnaissance du génocide arménien au Congrès. Panarmenian se fonde sur un long article d’analyse publié par le Washington Times sous la plume du journaliste Eli Lake.

Si Lake rappelle le soutien historique apporté à la Turquie par l’Aipac , c’est pour mieux mettre en lumière la dégradation des relations depuis 4 ans. Pour le journaliste américain l’affaire de la Flottille marque le point d’arrêt d’une alliance de 20 ans entre Israël et la Turquie, avec en corolaire la perte du soutien de la communauté juive américaine.

La Turquie dotée d’une constitution laïque fut le premier Etat musulman  à reconnaître Israël en 1949. En 1982, l’armée israélienne a neutralisé au Sud Liban les camps d’entraînement de l’ASALA, l’armée secrète de libération de l’Arménie, qui menait des opérations terroristes contre la Turquie. Les relations civiles et militaires entre Israël et la Turquie se sont par la suite resserrées et Ankara a même accordé l’usage de son espace aérien à Jérusalem pour effectuer des exercices. La Turquie a pu compter en parallèle sur la communauté juive américaine pour améliorer ses relations avec Washington et contrer les lobbies grecs et arméniens.

 Les choses ont commencé à se gâter avec l’arrivée au pouvoir à Ankara en 2002 du Parti pour la justice et le développement, l’AKP, un parti islamo-conservateur. La deuxième guerre du Liban en 2006 a marqué un tournant important avec le soutien inconditionnel apporté par la Turquie au Hezbollah. Le point d’orgue est arrivé au moment du sommet de Davos en 2009 lorsque le Premier ministre turc a pris publiquement à parti le Président israélien à propos de la guerre de Gaza.

D’après Lake, aujourd’hui la communauté juive américaine non seulement ne soutient plus la Turquie mais pourrait jouer en sa défaveur auprès de Washington. Ainsi au début du mois,  l’Anti Diffamation League a demandé au Département d’Etat de lister l’IHH parmi les organisations terroristes étrangères. Alors qu’Ankara considère l’IHH comme une organisation humanitaire. Le Washington Times cite également un ancien directeur de l’AIPAC autrefois très proche de la Turquie: si quelqu’un me demandait de soutenir la Turquie au Congrès ma réponse serait: “You’ve got to be kidding”. Lake conclut en mentionnant que les organisations de gauche “J Street” et “La paix maintenant” n’ont pas souhaité faire de commentaire sur la détérioration des relations entre Israël et la Turquie.

Dominique Bourra, CEO NanoJV.

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