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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:38
  • Londres expulse un diplomate israélien
Par AP
23.03.10




 

 

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1268045704086&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

 

Londres sévit. La Grande-Bretagne a décidé, mardi, d'expulser un diplomate israélien. Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'assassinat d'un responsable du Hamas à Dubaï par des membres présumés du Mossad ayant utilisé des passeports étrangers, notamment britanniques. Le diplomate en question ne sera pas l'ambassadeur Ron Prosor - convoqué lundi -, précisent des sources locales.

 

 

David Miliband.
Photo: AP , JPost

Le ministre anglais des Affaires étrangères, David Miliband, devait s'exprimer dans la journée devant le Parlement sur les conclusions de l'enquête menée par Londres sur cette affaire. Le cabinet de Miliband a refusé de fournir plus de détails, mais une source au gouvernement a confirmé que la Grande-Bretagne avait décidé d'expulser un diplomate israélien.

Huit citoyens israélo-britanniques

La Grande-Bretagne a envoyé, le mois dernier, des enquêteurs en Israël pour rencontrer huit citoyens israélo-britanniques dont les identités ont été utilisées par les auteurs présumés de l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, un haut responsable du Hamas, tué dans sa chambre d'hôtel à Dubaï le 19 janvier.

La police de l'émirat accuse le Mossad d'avoir mené l'opération, et a identifié 26 suspects, qui voyageaient avec des passeports étrangers - européens et australiens. Pour au moins six d'entre eux, les noms correspondent à des personnes ayant à la fois la nationalité britannique et la nationalité israélienne et qui résident en Israël.

Interpol a de son côté diffusé une liste de 27 suspects dans cette affaire.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:34
Pour aschkel.info et lessakele


Cliquez pour lire les analyses

Benilou


LE LOBBY AIPAC DANS LE SENS DU POIL

Par Jacques BENILLOUCHE

http://www.haaretz.com/hasite/images/iht_daily/D020307/obama_aipac248_ap.jpg

Les tensions entre israéliens et américains ne sont pas nouvelles. Elles ont déjà eu lieu dans le passé car les gouvernements, de droite en particulier, avaient du mal à supporter le statut de vassal des Etats-Unis et comme des adolescents vis-à-vis de leurs parents, ils avaient tendance à se rebeller. Mais parfois la situation prenait une tournure dramatique.

 

Eviter l’erreur de 1990

 

            L’épisode de 1990 est encore présent dans les mémoires lorsque le premier ministre Yitzhak Shamir avait réclamé, auprès de George Bush père, une garantie pour un prêt de dix milliards de dollars pour aider à l’installation des juifs qui arrivaient en masse d’URSS. Le président américain avait exigé, en contrepartie, qu’aucun juif russe ne puisse s’installer en Cisjordanie ou à Gaza. Shamir refusa ce diktat en espérant que le lobby pro-israélien, l’AIPAC (American Israel Public Affairs), ferait son travail habituel auprès du Congrès. Mais à la surprise générale, les lobbyistes n’avaient pas réussi à convaincre la majorité de l’opinion américaine qui avait alors appuyé Bush à 85%. L’AIPAC a dû se résoudre à prendre fait et cause pour son président. Le prêt ne fut pas consenti mais les conséquences ont été payées plus tard puisque George Bush manqua sa réélection en 1992 et que Shamir perdit les élections durant la même année. On avait alors critiqué le premier ministre israélien d’avoir agit avec légèreté avec un lobby qu’il faut en permanence caresser dans le sens du poil car rien n’était acquis d’avance.

          Contrairement à 1990, Benjamin Netanyahou a demandé le soutien de l’AIPAC qui vient de conseiller à Barack Obama de « prendre des mesures immédiates pour apaiser la tension avec l'Etat hébreu » et de mettre fin à « l'escalade rhétorique de ces derniers jours qui détourne des problèmes urgents que sont la volonté de l'Iran de se doter d'armes nucléaires ». Barack Obama avait clairement fait part, en juin 2008 à l’AIPAC, de son engagement à défendre les intérêts des Etats-Unis ainsi que d’Israël, tout en proposant un mélange de diplomatie, de menaces et de force militaire plus souple que celui utilisé par l’administration Bush.  Pour contrer cette position minimaliste et pour ne pas renouveler l’épisode maladroit d’Yitzhak Shamir, Netanyahou a décidé de se rendre personnellement aux Etats-Unis pour la conférence annuelle de l'AIPAC, au cours de laquelle son discours tendra à s’assurer que le lobby ne le laissera pas tomber dans son bras de fer avec Barack Obama.
 
Convergence de vue nationale israélienne
 

            Il a aussi obtenu de la chef de l’opposition, Tsipi Livni, qu’elle l’accompagne à Washington pour assister elle aussi au congrès. Il s’agissait de montrer aux américains que, face à ce problème, il n’y avait aucune divergence de vues  avec l’opposition qui acceptait de faire front uni face aux exigences américaines. Reçue à la Maison Blanche, Tsipi Livni a déclaré que « les citoyens israéliens devaient savoir que les Etats-Unis comprenaient les menaces qui planaient sur eux et les dangers que comporterait tout règlement diplomatique ». Elle devait aussi insister sur la nécessité de sévères sanctions à l’encontre d’un Iran volontairement hésitant. Elle a souligné que tous les israéliens étaient unis face à cette menace et qu'Israël pourrait s’entendre avec le monde libre afin d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Elle a ajouté que s’ouvrait à présent une opportunité de coopération avec certains pays arabes modérés de la région, sensibles eux-aussi à la menace nucléaire.

            Il est fort probable que le président américain sera impressionné par cette unité israélienne et qu’il comprendra la position de Netanyahou de ne pouvoir attendre indéfiniment le bon vouloir des iraniens.

 
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 14:18

Un texte tout-à-fait éclairant de l'école de pensée d'Obama et Hillary Clinton, qui m'a été confié par Nina. Il permet de discerner les stratégies et les "trucs de métiers" qui leur ont été enseignés, dans leur marche vers le pouvoir et la gestion des affaires du monde.

 

 

Etats-Unis

Saul Alinsky, la campagne présidentielle et l’histoire de la gauche américaine

par Michael C. Behrent [10-06-2008]


Domaine : Politique

Dossier(s) : Elections américaines 2008

Mots-clés : pouvoir | workfare | autogestion | États-Unis

 

Situé au croisement de la tradition du « self-made man » et de l’autogestion à l’américaine, Saul Alinsky est la figure de proue d’un mouvement qui a profondément marqué l’histoire du progressisme aux États-Unis. Michael C. Behrent dresse ici le portrait du père fondateur du community organizing, dont l’histoire a inspiré aussi bien Hillary Clinton que Barack Obama.

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Dossier :
Elections américaines 2008

Les primaires démocrates viennent de se terminer aux États-Unis. Elles ont permis à l’opinion publique de mesurer la distance qui sépare les deux candidats, distance qui a tant mobilisé – au risque de la diviser – la gauche américaine. Mais au moment où cet affrontement-là cède la place à celui qui opposera Obama à McCain, revenons sur un héritage intellectuel et politique que les deux candidats démocrates partagent : l’enseignement de Saul Alinsky.


Si Alinsky est quasiment inconnu en France, c’est parce qu’il fut un militant et un penseur résolument américain – dans ses croyances, ses références et ses méthodes. Aux États-Unis, il est généralement reconnu comme le père fondateur du community organizing, terme que l’on pourrait traduire de manière approximative par « animation de quartier » [1], mais dont le sens est à la fois plus politique et plus radical : il se réfère aux activités par lesquelles un animateur aide les habitants d’un quartier défavorisé à faire valoir leurs droits, que ce soit en exigeant de l’administration des HLM de mettre les logements sociaux aux normes sanitaires en vigueur, ou en demandant aux banques implantées dans le quartier d’offrir des taux d’intérêts plus raisonnables.


Né lui-même dans un ghetto de Chicago en 1909, Alinsky est issu d’une famille juive originaire de la Russie. Après des études à l’université de Chicago, il s’intéresse à la criminologie et obtient une bourse lui permettant de suivre de près la vie des gangs urbains : il développera ainsi une grande estime pour celui d’Al Capone, qu’il considère comme un vaste service public informel. Mais surtout, à partir de 1938, il trouve sa vocation lorsqu’il décide d’« organiser » le quartier Back of the Yards, le fameux ghetto dont les conditions de vie atroces ont été portées au grand jour par le roman d’Upton Sinclair, La Jungleorganizers (« animateurs de quartier ») apprendront la « méthode Alinsky » pour l’appliquer un peu partout dans le pays. (1905). C’est là qu’Alinksy mettra pour la première fois en œuvre des méthodes dont il fera plus tard un système. Son idée fondamentale : pour s’attaquer aux problèmes sociaux, il faut bâtir des « organisations populaires » (« People’s Organizations ») permettant aux populations de se mobiliser. Ces méthodes s’avéreront fructueuses aussi lorsqu’il organisa - toujours à Chicago - aux débuts des années soixante « The Woodlawn Organization » (TWO), du nom d’un quartier noir menacé par les efforts dits de « rénovation urbaine » de l’université de Chicago. Il fonda aussi l’Industrial Areas Foundation (IAF), une association où de nombreux futurs


La « méthode Alinsky »

Bien qu’il fût avant tout un homme d’action, Alinsky tenta, dans plusieurs textes, d’expliquer les principes qui guident sa démarche. Son radicalisme puise ses racines dans l’histoire américaine – une histoire traversée avant tout par l’idée de la démocratie, qui a animé les penseurs radicaux américains depuis toujours, des révolutionnaires de Boston en 1776 jusqu’aux fondateurs du mouvement syndical, en passant par les jeffersoniens et les militants œuvrant pour l’abolition de l’esclavage. Citons-en trois principes qui constituent, pour lui, autant de tabous à lever :


1) Le pouvoir. Alinsky est loin d’épouser une vision irénique de la démocratie. Le principe primordial de l’organizer est celui du pouvoir. Le pouvoir, soutient-il, est « l’essence même, la dynamo de la vie » (dans certains textes, il ira jusqu’à citer Nietzsche) [2]. « Aucun individu, aucune organisation ne peut négocier sans le pouvoir d’imposer la négociation ». Ou encore : « Vouloir agir sur la base de la bonne foi plutôt que du pouvoir, c’est de tenter quelque chose dont le monde n’a pas encore fait l’expérience—n’oubliez pas que pour être efficace, même la bonne foi doit être mobilisée en tant qu’élément de pouvoir ». Malheureusement, poursuit-il, la culture moderne tend à faire de « pouvoir » un gros mot ; dès qu’on l’évoque, « c’est comme si on ouvrait les portes de l’enfer. » [3] Surmontant ce moralisme gênant, l’organizer identifie le pouvoir dont une communauté dispose, pour ensuite lui montrer le plaisir à l’éprouver – pour ensuite, enfin, le manier à ses propres fins.


2) L’intérêt propre. Si le pouvoir est le but de l’organizer, son point d’appui est l’intérêt propre (self-interest), un autre terme considéré souvent comme tabou. Pour organiser une communauté, il doit faire appel à ses intérêts (et les convaincre qu’il n’y a pas de honte à agir sur cette base) tout en identifiant ceux des personnes qui y ont font obstacle. « Douter de la force de l’intérêt particulier, qui pénètre tous les domaines de la politique, insistera Alinsky, c’est refuser de voir l’homme tel qu’il est, de le voir seulement comme on souhaiterait qu’il soit ». [4]


3) Le conflit. Mais puisque celui qui essaie de faire valoir son intérêt particulier se heurte souvent aux intérêts de quelqu’un d’autre, l’organizer doit accepter le conflit non seulement comme inéluctable, mais même comme désirable – car rien ne mobilise autant que l’antagonisme. Sa tâche doit être « de mettre du sel dans les plaies des gens de la communauté ; d’attiser les hostilités latentes de beaucoup, jusqu’au point où ils les expriment ouvertement ; de fournir un canal dans lequel ils puissent verser leurs frustrations passées… ». [5] Loin d’être un mal nécessaire, le conflit est « le noyau essentiel d’une société libre et ouverte ». Si la démocratie était un morceau de musique, selon Alinsky, « son thème majeur serait l’harmonie de la dissonance ». [6]


Ces principes ne font que traduire, dans un langage théorique, les tactiques utilisées par Alinsky et ses disciples à Chicago et ailleurs. Puisque l’organizer cherche avant tout à faire prendre conscience aux laissés-pour-compte de leur propre pouvoir, sa première tâche, lorsqu’il arrive dans une communauté, est de repérer ceux qui sont susceptibles de la mobiliser, en faisant appel aux « leaders locaux ». Alinsky travaillait ainsi beaucoup aussi avec les églises, qui constituent souvent la colonne vertébrale des quartiers défavorisés aux Etats-Unis, et entretenait notamment d’excellentes relations avec l’Eglise catholique (dans une lettre à Jacques Maritain, Alinsky ira jusqu’à dire, avec son sens d’humour habituel, qu’il est le deuxième juif le plus influent dans l’histoire du christianisme...).

L’organizer doit, d’autre part, écouter patiemment les habitants pour pouvoir identifier leurs problèmes. Une fois une tâche identifiée, plusieurs méthodes peuvent s’imposer. Pour faire bouger une administration, les habitants peuvent rassembler des informations gênantes et menacer de les distribuer à la presse, ou inviter un responsable municipal à une réunion de quartier pour lui faire part de leur grief. Mais ils peuvent également opter pour des méthodes plus rudes. Pour dénoncer l’insuffisance de l’administration, par exemple, ils peuvent faire pression sur la municipalité en organisant une grève d’impôts, ou encore débarquer en masse dans les bureaux d’un fonctionnaire, refusant de partir avant que celui-ci ne leur accorde, sur-le-champ, la réunion tant de fois reportée (de préférence, sous le regard des caméras de télévision locale). Ou encore : faire un sit-in dans les locaux d’une banque fréquentée par un propriétaire malhonnête ou dans ceux d’une compagnie d’assurances qui pénalise les quartiers défavorisés ; déposer des sacs d’ordures devant une agence de santé dont on estime qu’elle ne remplit pas ses obligations ; manifester devant la maison du propriétaire des taudis de banlieue ; ou encore, se coucher devant les bulldozers lorsque la municipalité se lance dans la rénovation urbaine sans l’approbation des personnes concernées...


La « méthode Alinsky » exerça une influence considérable sur le militantisme et les formes de contestation sociale aux Etats-Unis, tant par son propre travail (notamment à travers l’Industrial Areas Foundation et la Woodlawn Organization) que par les « organizers » qu’il a formés et les associations qui ont suivi son exemple. Parmi ceux passés par son école figure en particulier César Chávez, le militant pour les droits civiques et le fondateur des United Farm Workers, le syndicat qui a organisé la célèbre « grève des raisins » en Californie en 1965.


Cependant, Alinsky a toujours été un personnage controversé dans l’histoire du mouvement social américain - réputation, d’ailleurs, qu’il entretenait lui-même avec enthousiasme. Certains le considéraient comme trop radical et trop diviseur, tandis que d’autres — surtout le mouvement étudiant des années soixante — étaient gênés par son réformisme et son apathie idéologique. De son côté, il ne cachait pas son mépris pour des organisations comme Students for a Democratic Society (SDS) ou le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) : de Jerry Rubin et Abbie Hoffman, les leaders des « Yippies » (Youth International Party). Il disait qu’ils n’étaient « pas fichus d’organiser un déjeuner, encore moins une révolution ». [7] Surtout, Alinsky reconnaissait que les valeurs dénoncées par cette jeunesse en colère étaient justement celles auxquelles les pauvres pour lesquels il a milité aspiraient : en 1967, il remarquera : « Les gosses du SDS me disent : ‘Alinsky, tu sais ce que tu fais ? Tu organises les pauvres au nom de valeurs décadentes, ruinées, bourgeoises, et matérialistes.’ Et je me trouve en train de répondre : ‘Vous savez ce qu’ils veulent, les pauvres, dans ce pays ? Ils veulent une part plus grande dans ces valeurs décadentes, ruinées, bourgeoises ». [8] Les associations d’inspiration alinskienne travaillaient en collaboration avec les pouvoirs publics voire les chefs d’entreprise (Marshall Field III, le millionnaire de Chicago, siégea par exemple dans le conseil de direction de l’IAF) plutôt que s’engager dans une lutte « gauchiste ». Son héritage, partagé entre ses tactiques de dissident et des instincts foncièrement réformiste, est donc complexe.


Alinsky, Clinton et la critique du welfare

A l’automne 1968, alors que l’Amérique ne s’est pas encore remise des assassinats de Marin Luther King et de Robert Kennedy, et qu’elle a encore en tête les images des émeutes qui ont éclatées lors de la convention démocrate de Chicago, portant ainsi au grand jour l’opposition à la guerre au Vietnam, une étudiante de Wellesley College, âgée de vingt-deux ans, férue de politique et de justice sociale, décide de consacrer son mémoire de fin d’études à Saul Alinksy. Elle s’appelle encore Hillary Rodham. Dans son mémoire, qu’elle intitule (en citant T. S. Eliot) There is only the fight : an analysis of the Alinsky model, la future candidate à l’investiture démocrate médite la pensée et la carrière d’Alinsky – et, en passant, égrène quelques brins de sa propre vision politique, à l’époque encore en gestation. Au moins laisse-t-elle entrevoir ses préoccupations.


Alinsky la fascine autant par sa soif insatiable de la justice que par sa critique acerbe de la morale chrétienne version middle class, dans laquelle la jeune Hillary a baigné pendant son enfance et qui fait peu de place aux notions comme le pouvoir, le conflit et l’intérêt particulier. D’autre part, Alinsky est à la fois radical et réformiste. Elle remarque que ce qu’il professe « ne sonne pas très ‘radical.’ Ses paroles sont les mêmes que l’on entend dans nos écoles, chez nos parents et leurs amis, chez nos pairs ». Mais elle souligne : « La différence, c’est qu’Alinsky y croit vraiment ». [9] La possibilité de fonder une contestation sur des principes globalement reconnus est sans doute attirant pour une jeune femme tentée par les grandes luttes des sixties, mais qui choisit de rester dans le « système ». Enfin, Hillary porte un intérêt manifeste pour la place centrale qu’Alinsky accorde à la notion de « communauté ». Le problème qui hante sa pensée est celle « de la quête d’une communauté viable ». [10] En particulier, il nous oblige à penser ce que signifie une « communauté » à l’âge de l’industrialisation et de la société de masse – si, dans ce contexte, une communauté peut encore exister. Alinsky, qu’Hillary rencontre en complétant son mémoire, est impressionné par la jeune étudiante : il lui propose de venir travailler pour son association. Elle refusera, décidant plutôt de poursuivre des études de droit à Yale (où elle fera la connaissance d’un certain Bill Clinton…).


Alinsky n’aura-t-il été qu’un intérêt passager d’une jeune étudiante passionnée par la politique ? Peut-être. On peut néanmoins considérer la carrière d’Hillary Clinton à la lumière de cet engouement estudiantin pour le community organizer. Son intérêt pour la notion de communauté et les valeurs de solidarité qu’elle véhicule se retrouveront, par exemple, dans son militantisme en faveur des droits de l’enfant [11] et de l’assurance sociale. D’autre part, le pragmatisme d’Alinksy, ainsi que son allergie aux idéologies, rejoignent curieusement les valeurs de la « troisième voie » clintonienne. Clinton remarque ainsi dans son mémoire qu’Alinsky s’intéresse à l’idée d’appliquer ses méthodes à la classe moyenne américaine qui, elle aussi, éprouve un sentiment d’impuissance (powerlessness) devant « ces guerres que l’on suit sur les écrans de télévision ». [12] Mobilier la classe moyenne – n’est-ce pas ce que tentent les époux Clinton dans les années 1990, lorsqu’ils repartent à la conquête des couches sociales que leur parti semble avoir abandonné ? D’autre part, tout en militant pour les plus pauvres, Alinsky ne cache pas sa suspicion à l’égard de l’Etat-providence, surtout à l’égard de la « guerre contre la pauvreté » menée par le Président Lyndon Johnson dans les années 1960, qu’il qualifiera de « pornographie politique ». Alinsky se vantait de n’avoir jamais rien fait pour les pauvres, comme voulaient le faire les bureaucrates bien-pensants de Washington : il n’a fait que travailler avec eux, les aidant à chercher eux-mêmes des solutions à leurs problèmes.


Situé au croisement de la tradition du « self-made man  » et d’une sorte d’autogestion à l’américaine, Alinsky insiste toujours sur la nécessité des pauvres de pourvoir à leurs intérêts, mêmes « bourgeois » et « décadents », et nourrit un profond mépris pour les « libéraux  » (au sens américain du terme, donc la gauche) qui, en prétendant connaître les intérêts profonds des couches sociales démunies, ne font que les infantiliser. Mais de là à rejoindre les critiques libérales (au sens européen) de l’Etat-providence ? Rappelons qu’en 1996, le président Clinton, appuyé par les Républicains, adopta la loi sur la « responsabilité personnelle » (Personal Responsibility and Work Opportunity Reconciliation Act, PRWORA), qui supprima de nombreuses allocations destinées aux plus démunis (en particulier celles destinées aux enfants), en les remplaçant, au niveau des Etats fédérés, par une politique dite de « workfare », qui lie le droit aux prestations sociales à l’obligation de travailler (même dans des conditions indignes). Clinton annonça à cette occasion que « l’ère du big government  » est terminé aux Etats-Unis. En dépit de son engagement profond pour les pauvres, Alinsky et sa méthode ne constituent-ils pas, par le biais de leur critique des aides gouvernementales au nom du savoir-faire spontané de la communauté, la voie détournée vers le « workfare  » ?


La principale leçon que les Clinton retiendront d’Alinsky est cependant sa vision du pouvoir. L’analyse qu’ils font de l’expérience des années 1960, de l’ère Nixon et du scandale de Watergate, mais aussi du déclin du Parti démocrate à l’époque de Reagan, est précisément celle d’Alinsky : la noblesse des principes ne vaut strictement rien sans le pouvoir. Alinsky s’en prend à ceux qu’il appelle les « liberals » (et qu’il oppose aux « radicals »), c’est-à-dire ceux pour qui tous les moyens ne peuvent pas être justifiés par la noblesse du but. Railleur, Alinsky cite La Rochefoucauld : « Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui ». [13] Lorsque les Clinton se défendent contre ceux qui leur reprochent de vouloir accaparer le pouvoir à tout prix, on peut imaginer que ce proverbe est leur réplique secrète. Dans son mémoire, Hillary Clinton note avec intérêt que selon Alinsky, contrairement à l’idée reçue, rien n’est plus facile en politique que d’être moral : « Il y a deux voies qui mènent à tout : la voie basse et la voie haute. La voie haute est la plus facile. Il suffit à parler des principes et de se montrer angélique à l’égard des choses que l’on ne pratique point. La voie basse est plus la rude. C’est la tâche de faire ressortir une conduite morale de son intérêt personnel ». [14] Cela aurait pu être la devise de la campagne menée par Hillary Clinton contre Obama : il ne suffit pas d’inspirer les auditeurs par des belles phrases et par son éloquence ; la politique est l’art des résultats ; s’il faut être méchant et déshonnête pour faire un peu de bien, s’il faut être un peu démagogue pour mobiliser la rage des démunis, soit.


Alinsky dans le parcours d’Obama

Le paradoxe, pourtant, c’est que celui que Clinton accuse d’être trop idéaliste est passé par la même école qu’elle. En 1985, Barack Obama, ayant tout juste reçu son diplôme de Columbia, désirant participer au changement social dans le même esprit que les luttes pour les droits civiques des années 1960, mais ne sachant trop comment, répond à une publicité publiée dans le New York Times par le Calumet Community Religious Conference (CCRC). Cette association, qui cherche à faire des églises dans le South Side de Chicago, le célèbre ghetto noir, des forces militantes, est animée par plusieurs disciples d’Alinksy (Mike Kruglik, Gregory Galluzzo et Gerald Kellman) qui veulent recruter des jeunes noirs pour gagner la confiance d’une communauté qui les regarde (ils sont blancs et pour la plupart juifs) avec méfiance. [15] Agé tout juste de vingt-quatre ans, Obama arrive dans le South Side. Aussitôt, il reçoit son baptême du feu d’organizer, aidant une communauté à obtenir un bureau de placement pour les chômeurs, ou encore portant son soutien aux efforts des résidents d’un HLM pour obtenir le désamiantage de leurs logements.


Obama consacre presque deux cents pages à cet épisode dans ses mémoires, Dreams from my father. Certes, comme l’observe le journaliste Ryan Lizza, « il n’y aucune discussion de la théorie qui sous-tendait son travail et qui guida ses maîtres. Alinsky est la couche absente de ce récit ». [16] Mais Obama évoque le pouvoir de séduction qu’exerça sur lui le langage alinskien au cours de sa formation comme organizer : « L’action, le pouvoir, l’intérêt particulier. J’aimais ces concepts. Ils témoignaient d’un certain réalisme, d’un refus temporel pour le sentiment ; la politique, et non la religion ». [17] A son tour, Obama enseignera à d’autres la méthode que la CCRC lui a apprise.


Toutefois, même si son nom n’est jamais mentionné, les mémoires d’Obama contiennent une critique implicite d’Alinsky – partielle, sans doute, et pourtant claire. D’abord, Obama, dans le South Side, suggère qu’il arrive parfois aux organizers de surestimer l’importance de l’intérêt particulier – ou, du moins, qu’ils le conçoivent de manière trop étroite. Les motivations des résidents du South Side qu’il mobilisa dépassaient le simple intérêt matériel ; ils étaient aussi animés par un intérêt spirituel, ou plutôt un désir de sens, une capacité d’offrir un récit significatif de leur identité. Il apprend que « l’intérêt particulier que j’étais sensé chercher s’étendait bien au-delà des problèmes immédiats, qu’au delà des banalités, des biographies sommaires, et des idées reçues, les gens portent dans leur for intérieur une explication essentielle d’eux-mêmes. Des histoires pleines de terreur et de merveilles, clouées d’événements qui les hantent ou les inspirent encore. Des histoires sacrées ». [18] Ce qui commence, pour Alinsky, en politique, finit chez Obama en mystique.


La méthode d’Alinsky est mise en question par Obama à un autre niveau encore. Alinsky, nous l’avons vu, assume sans regret le fait que la politique entraîne le conflit, et que la stigmatisation de l’autre peut être une puissante force de mobilisation. Mais quel sens cette idée peut-elle avoir pour une communauté qui vit quotidiennement la conséquence d’une telle stigmatisation - en l’occurrence, la communauté noire américaine ? Une réaction tout à fait logique, qu’Obama rencontre au South Side, est le nationalisme noir, qui assume la stigmatisation, mais en la projetant sur les blancs. Obama développera plus tard un certain respect pour cette attitude, surtout lorsqu’il se rendra compte à quel point les Noirs ont intégré le racisme dont ils sont victimes. La haine des Blancs constitue, pour les Noirs, un « contre-récit enfouit profondément à l’intérieur de chacun, au centre duquel se trouvent des Blancs : certains cruels, d’autres ignorants, parfois un seul visage, parfois l’image anonyme d’un système qui prétend contrôler nos vies. J’étais forcé de me demander si les liens de communauté pouvait être restauré sans un exorcisme collectif de la figure spectrale qui hantait les rêves noirs ». [19] Mais surtout, il finira par conclure que la haine, même justifiée, est sans issue. Il acceptera, en quelque sorte, la psychologie d’Alinsky, mais pas sa politique.

*

Ce qu’enseigne, en fin de compte, l’école d’Alinsky, est un mélange de romantisme et de rudesse, d’une soif pour la justice atteinte par des moyens impitoyables. Hillary Clinton semble y avoir puisé pour formuler sa vision non-idéologique du progrès social, tout en tenant fortement compte de sa leçon sur la centralité du pouvoir et de sa conquête, nécessaires à toute politique digne de son nom. Barack Obama, en appliquant la méthode d’Alinsky à Chicago, cherche à donner aux impuissants une preuve de leur propre puissance—tout en critiquant l’intérêt conçu en dehors de toute visée spirituelle, en même temps qu’il se méfie des conséquences de la stigmatisation d’autrui dans la poursuite du pouvoir.


Mais que se passe-t-il lorsque les enfants d’Alinsky passent à la politique politicienne ? Citons le maître : « Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu ». [20] Aux supporters d’Obama et d’Hillary de reconnaître leur candidat dans cette phrase…

par Michael C. Behrent [10-06-2008]

Dossier :
Elections américaines 2008

Aller plus loin


- L’association de Saul Alinsky : http://www.industrialareasfoundation.org/

- Le mémoire d’Hillary Rodham (Clinton) sur Alinsky
http://www.gopublius.com/HCT/HillaryClintonThesis.html

- Elections américaines 2008 (dossier)

Notes

[1] Ou « animateur social » : le seul livre d’Alinsky qui semble avoir été traduit en français s’intitule Manuel de l’animateur social : une action directe non violente (Seuil, 1976).

[2] Saul Alinksy, Rules for radicals : a practical primer for realistic radicals (Random House, 1971), 51, 50.

[3] Alinksy, Rules for radicals, 51.

[4] Idem, 54.

[5] Cité dans Hillary Rodham « There is only the fight » : an analysis of the Alinsky model, mémoire non-publiée (Wellesley College, 1969), 10. Disponible en ligne : http://www.gopublius.com/HCT/HillaryClintonThesis.html. 8-9

[6] Alinksy, Rules for radicals, 62.

[7] Donald C. Reitzes et Dietrich C. Reitzes, « Alinsky in the 1980s : two contemporary Chicago community organizations », The Sociological Quarterly, 28:2, 1986, 265.

[8] Cité dans Mike Miller, « The 60’s student movement & Saul Alinsky : an alliance that never happened », Social Policy 34 :2-3 (2003-2004), 107.

[9] Hillary Rodham, « There is only the fight », 10.

[10] Idem, 65-66.

[11] voir son livre Il faut tout un village pour élever un enfant, Denoël 1996

[12] Idem, 74.

[13] Alinksy, Rules for radicals, p. 26.

[14] Cité dans Rodham, There is only the fight, p. 14.

[15] Voir Ryan Lizza, « The agitator », The New Republic, March 19, 2007, http://www.pickensdemocrats.org/info/TheAgitator_070319.htm

[16] Idem.

[17] Barack Obama, Dreams from my father : a story of race and inheritance (Three Rivers Press, 1995, 2004), 155.

[18] Idem, 190.

[19] Idem, 195.

[20] Alinsky, Rules for radicals, 61.

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 00:25

 

Autre information concernant la Chine, ses importations de pétrole iranien auraient baissé de 40% pour ces deux premiers mois de l'année, ses commandes à l'Arabie Saoudite, la Russie auraient augmenté en conséquence. Mais l'on jure bien à Pékin que ceci n'est en rien motivé par des décisions liées au contexte politique, cela va de soi.

 

 

http://www.actu.co.il/2010/03/

 

Le porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale a entamé lundi une tournée de quatre jours en Israël où il est l’invité de son homologue israélien. Au cours de son séjour, l’officier chinois sera informé notamment des activités des services du porte-parole de Tsahal, que ce soit en temps normal ou en situation d’urgence. L’hôte chinois prendra également connaissance des leçons tirées par l’armée israélienne de la deuxième guerre du Liban et de  l’opération Plomb Durci, menée à Gaza l’an dernier.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 18:08
Merci à Hanna pour ses nombreuses traductions

 
        
 
Traduction et adaptation par Hanna pour sionisme.xooit.com de : President Peres meets with UN Sec-Gen Ban Ki-moon

Le Président Peres rencontre le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon.


20 mars 2010

Le président Peres a invité le Président Abbas à revenir à la table des négociations, immédiatement.
Ban Ki-moon : Je réitère mon appel vers les militants palestiniens, et leur demande de cesser immédiatement les tirs de roquettes, ainsi que, pour des raisons humanitaires, d'agir pour la libération de Gilad Shalit.



(Communiqué du porte-parole du Président)

 Le Président Peres a rencontré aujourd'hui (20 mars 2010), le secrétaire général Ban Ki-moon. Au début de la réunion, le Président Peres a déclaré :


"Monsieur le Secrétaire général, soyez chaleureusement le bienvenu, en Israël, et à Jérusalem. Nous avons une haute estime pour les différentes tâches réalisées par les Nations Unies au Moyen-Orient, telles que, les activités de l’UNRWA, les activités de maintien de la paix à la frontière libanaise, et votre implication dans la tentative globale, visant à apporter la paix au Moyen-Orient. Nous avons suivi de près les réunions du Quartet à Moscou et nous avons entendu votre résumé sur cette réunion. Je vous dis même, que nous sommes entièrement d’accord sur le fait qu’une date soit avancée, de manière à achever les négociations de paix dès que possible.

Je voudrais juste ajouter, que le problème n’est pas de savoir, comment accomplir, mais par où commencer, si vous voulez terminer en deux ans, nous devons commencer tout de suite. Je sais que notre gouvernement est prêt à commencer immédiatement. Si je peux, j’invite nos voisins palestiniens, et le Président Abbas, à commencer tout de suite. Ne perdons pas plus de temps. Le Président Peres a ajouté : " Je sais que les gens disent que rien n’a bougé. Je pense que malgré les difficultés et les obstacles, beaucoup de choses ont avancé dans les négociations de paix ".





En ce qui concerne Gaza, le Président a déclaré que : "Nous avons quitté Gaza. Gaza, n’est plus sous occupation. Il n’y a pas d’Israéliens là-bas. – ni soldats, ni civils -. Jusqu’à ce jour, nous ne comprenons pas pourquoi, ils tirent des roquettes de cet endroit. Avant-hier, nous avons perdu une autre vie, un civil innocent. Mais le fait est, que nous avons [quitté Gaza], unilatéralement et nous n’avons pas l’intention d’y revenir ". Le Président a ajouté : "Nous sommes très sensibles à la situation humanitaire à Gaza. Nous sommes attentifs au fait d’éviter au peuple de tombe malade, et qu’il ne manque pas d’eau ou de nourriture, ainsi que de fournitures médicales. Quant à la restauration de Gaza, nous sommes prêts à aider, à condition que nous restaurions un Gaza pacifique et non un Gaza belligérant.En ce qui concerne Gilad Shalit, le Président a déclaré, "Comment, ne pas permettre un contrôle médical à un homme qui est détenu, depuis trois ans en prison ? C’est incroyable ! Je pense que les Nations Unies devraient prendre une position sans équivoque à ce sujet. Cela n’a pas moins d’importance humaine, que tout autre question".


En ce qui concerne l’Iran, le Président a déclaré que : "l’Iran continue à jouer un rôle négatif au Moyen-Orient, en fournissant des armes, en encourageant le terrorisme, et en menaçant Israël de destruction, ce qui est à l’encontre de la Charte des Nations Unies – un membre ne peut pas menacer d’existence un autre membre – [En réponse à de tels actes ], nous attendons du Conseil de sécurité, une position très claire. "

Le Président a ajouté : "Je reste fidèle à mon avis optimiste, selon lequel, la paix est possible, et le plus tôt possible, nous ne devrions pas écouter tous les points de vue sceptiques et pessimistes. Commençons tout de suite, allons aussi vite que nous le pouvons, et apportons un terme au conflit, à ce danger,[et protégeons] la vie des jeunes gens innocents."

Le Secrétaire Général de l’ONU a commencé son discours en déclarant : "C’est un grand plaisir et un honneur pour moi d’être de retour en Israël. Je me souviens que j’étais debout, ici en compagnie de M. le Président une année plus tôt. J’étais ici, en janvier de l’année dernière. C’était une période très critique du conflit à Gaza. Ma visite, cette fois-ci est à un tournant décisif et important…. Je viens ici, vous faire part d’un message du Quartet qui s’est réuni hier à Moscou. Autrement dit, les négociations pour une solution à deux Etats sont le seul moyen pour les Israéliens et les Palestiniens de réaliser leurs droits et leurs aspirations.

Pour les Israéliens, les négociations doivent conclure à une sécurité réelle et permanente. Je suis très conscient et j’apprécie les défis de votre gouvernement pour la sécurité de votre peuple. En tant que Secrétaire Général, j’ai été et je continuerai toujours à être juste, objectif et disposé à collaborer avec la communauté internationale pour apporter la paix au Moyen-Orient, pour que Israël et les Palestiniens soient en mesure de vivre, côte à côte, dans la paix et la sécurité. Alors que nous cherchons une voie diplomatique pour aller de l’avant, il est indispensable d’atténuer les tensions sur le terrain. Il doit être mis en place, et immédiatement un terme à toute violence, calmer la situation et protéger les civils. J’accueille l’engagement pris par le gouvernement israélien à la solution pour deux Etats. L’accent principal doit être de créer des conditions favorables, dans lesquelles les efforts vers la paix peuvent réussir et s’abstenir d’actions qui sapent la confiance ou semblent préjuger ou hypothéquer l’issue des négociations, ce qui comprend un gel des constructions".





En ce qui concerne les négociations, le Secrétaire Général a ajouté : "Notre objectif commun, comme souligné par le Quartet, est d’accomplir des négociations sur 24 mois, afin de régler toutes les questions. Pour ce faire, nous devons obtenir des négociations en cours. Et, je suis entièrement d’accord avec votre point de vue, M. le Président, qui est, que les négociations devraient commencer. Je soutiens complètement les efforts des Etats-Unis, qui consiste à faciliter des pourparlers de proximité et les reprises éventuelles de pourparlers. Je conseille aux dirigeants, tant Israéliens que Palestiniens, de profiter de cette occasion. Je crois que ces pourparlers de proximité devraient aboutir à des accords bilatéraux, des pourparlers directs.

Aujourd’hui, en Cisjordanie, j’ai encouragé le Premier ministre palestinien Fayyad, à s’engager pleinement dans le processus de paix, et je ferai la même chose quand je rencontrerai le Président palestinien Abbas ainsi que d’autres dirigeants arabes à l’occasion du sommet de la Ligue arabe qui aura lieu en Libye la semaine prochaine. Ainsi qu’à l’occasion, au Conseil de Sécurité, dès que je retournerai à New York. L’Autorité palestinienne dispose d’un dirigeant engagé et compétent. Ils travaillent dur et ont progressé dans la concrétisation des engagements palestiniens. Je demande instamment à Israël d’en faire plus pour les soutenir. Ils peuvent être de bons partenaires pour travailler ensemble afin de parvenir à la paix."








En ce qui concerne Gaza, le Secrétaire Général a déclaré : "Demain, je visiterai Gaza où la situation est profondément inquiétante. J’apprécie les pas, les mesures positives, des dirigeants israéliens qui ont pu permettre aux Nations Unies de réaliser certains projets pour les civils. Cela va me permettre d’apporter à ces gens, un petit message d’espoir. Je comprends et partage l’inquiétude d’Israël pour sa sécurité mise en péril par le Hamas. Toutefois, Israël continue à imposer un blocus, accréditant les extrémistes. Je suis convaincu que le blocus ne peut être levé, sans réponse légitimes aux problèmes de sécurité d’Israël. A Gaza, je réitérerai également, mes demandes, appelant les militants palestiniens à cesser immédiatement les tirs de roquettes, ainsi que pour des raisons humanitaires, agir pour la libération de Gilad Shalit."
En ce qui concerne la Syrie, le Secrétaire général a déclaré : "Il y a un consensus international sur la nécessité d’aborder la question du nucléaire iranien".
Concernant, la paix dans la région, le Secrétaire général a déclaré : "Nous devons aborder également, la situation régionale, la paix entre les Arabes et Israël dont être compète. La situation entre Israël et le Liban reste une des priorités et j’apprécie l’engagement d’Israël à exécuter la Résolution 1701 du Conseil de sécurité. Je soutiens une reprise des négociations entre Israël et la Syrie ".

Enfin, sur la question d’Haïti, le Secrétaire général a déclaré : "Je voudrais exprimer ma sincère reconnaissance en tant que Secrétaire général des Nations Unies, au gouvernement israélien et aux Israéliens pour leur rapide, généreuse et très efficace action face au tremblement de terre qui a sévi en Haïti. Israël, par ses actions, a aidé de nombreux Haïtiens ainsi que la mission des Nations Unies. Votre soutien sur le terrain, ainsi que l’hôpital et vos équipes de recherche et de sauvetage, qui ont été très courageuses et efficaces. Je les ai rencontrés moi-même, et je vous applaudis pour un tel soutien si généreux. Ce fut une magnifique expression de solidarité mondiale d’une grande humanité. Merci beaucoup. Toda ".


Après ce discours, les deux hommes ont tenu une réunion de travail au cours du dîner à la résidence du Président. Ils ont discuté du problème iranien, de la situation à Gaza, de la situation géopolitique de la région, et du renforcement des relations entre Israël et l’ONU.


Au cours du repas, le Président a abordé le problème iranien et a dit :

"L’ONU doit adopter une approche plus sérieuse et plus ferme face à la menace iranienne. D’une part, l’Iran menace de destruction un autre Etat, et d’autre part, on lui déroule le tapis rouge à l’ONU. Pourquoi, ne faites-vous pas respecter les règles de l’ONU ? Pourquoi continuez-vous à accepter Ahmadinejad, en tant que membre de l’ONU, alors que ses actions et ses propos, violent systématiquement la Charte de l’ONU ? Cela doit s’arrêter. Vous devez faire respecter l’ONU, sa Charte et les Droits de l’Homme. Nous devons tous prendre les discours d’Ahmadinejad au sérieux. Nous suivons de très près son comportement, sa contrebande d’armes, son soutien au Hamas et au Hezbollah, son enrichissement d’uranium, ainsi que son développement de missiles à longue portée capable de frapper n’importe quel endroit."

Le Président s’est exprimé sur le traitement du Rapport Goldstone :

"Le Rapport Goldstone et son traitement par l’ONU sont simplement scandaleux. "Ce rapport est tendancieux, sans fondement sérieux se rapportant à la réalité des faits. Vous ne pouvez pas utiliser des méthodes désuètes, caduques, pour juger un pays démocratique qui lutte contre un groupe de terroristes sans foi ni loi. Israël a fait une enquête et a examiné chaque action militaire. Vous devez comprendre que la lutte contre les terroristes opérant parmi la population civile, n’a rien en commun avec une guerre conventionnelle".

________________________________

Hanna : webmaster


Rappeler que le racisme, l'injure antisémite, ce n'est pas une opinion, c'est une infraction
Ignorer les « arguments » et les menaces de nos ennemis procède de la politique de l’autruche.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 16:44
Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 01:42

Netanyahu invité ou convoqué par Obama ?



http://dabbag.over-blog.com/article-nvite-47149523.html

2697058088_c7e5a45e2b.jpg__Soyons francs, dans le climat qui règne actuellement entre Israël et les Etats-Unis l'invitation de Georges Mitchell au Premier ministre israélien a comme un arrière-goût de convocation.

D'accord, Binyamin Netanyahu sera déjà sur place pour le congrès annuel de l'AIPAC et cela pourrait être considéré comme un honneur que lui ferait l'hôte en chef américain. Seulement voilà, malgré beaucoup d'amicales assurances, deux points restent obscurs dans la position états-unienne.


Premièrement, il faut se demander si le fait de vouloir favoriser des négociations indirectes entre israéliens et palestiniens n'est pas une manière de vouloir conduire les premiers à accorder, ou subir, des concessions qu'une négociation directe aurait pu faire entrer dans le cadre d'un accord définitif. Il faut bien l'avouer, il y a quelque chose de foncièrement étrange à favoriser la reprise d'un dialogue par pays interposé pour la seule raison que l'une des parties a démocratiquement changé de gouvernement.

Car, après tout, Abbas n'est pas Assad, il s'était déjà assis à la même table que l'interlocuteur hébreu. Et, à ce que tout le monde pensait, il suffisait de quelques petits pas, d'un côté comme de l'autre, pour parvenir à un arrangement. Etrange. D'où notre inquiétude à propos des pas de géants que l'administration américaine pourrait exiger d'Israël face à un adversaire dont le sur-place finit par devenir agaçant.

Sans parler de la dernière déclaration, à propos d'un Etat unique, de Dahlan dont nous pouvons légitimement deviner qu'elle lui fut suggérée et que peu d'entre nous,apparemment, ont jugé dangereusement révélatrice. 

Il ne serait pas normal que l'Etat Hébreu mette tant de perles dans la corbeille d'une mariée absente. Une mariée qui, par ailleurs, ne cesse de faire du pied à un Hamas qui ne reconnaîtra pas ses noces quoi qu'il en soit.

Mais ni Barak Obama, ni Madame Clinton ne semblent s'émouvoir du fait que les dures concessions israéliennes risquent d'être, une fois de plus, payée en monnaie de singe.

Deuxième anomalie, celle concernant la libération de prisonniers palestiniens que réclame les USA. En vertu de quel droit nouveau, un Etat doit-il rendre à la liberté ceux qui se proclament encore ses ennemis et qui ont été capturés les armes à la main ou en voie de commettre des actes de guerre ? En échange de qui ? En échange de quoi ? De Guilad Shalit ? Non. De la paix ? Non, puisque ce pseudo-dialogue qui repartirait d'en-dessous de zéro ressemble à tout sauf à une entente.

Voilà pour quelles raisons il n'est pas si déplacé de voir dans cette invitation de Netanyahu une forme de convocation dont l'issue, ne l'excluons pas, pourrait déboucher sur une autre épreuve de force entre les deux pays.

Evidemment, les deux amis parleront encore de l'Iran...comme s'ils ne s'étaient pas déjà tout dit sur la question.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 16:29
Clinton renouvelle son "soutien critique" à Israël
Par AP
22.03.10

Hillary Clinton essaie d'apaiser les tensions. La secrétaire d'Etat américaine devait assurer lundi Israël que l'engagement de l'administration Obama vis-à-vis de sa sécurité et de son avenir était "solide comme un roc", tout en réaffirmant l'opposition de Washington à la construction de logements à Jérusalem-Est. Dans un discours qu'elle devait prononcer devant l'AIPAC (Comité des affaires publiques américano-israéliennes), Hillary Clinton devait défendre la position critique de l'administration Obama, au nom de l'amitié de l'Amérique.

Hillary Clinton.
Photo: AP , JPost

L'annonce de la construction des nouveaux logements dans la partie orientale de la Ville sainte, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat indépendant, avait sonné comme un camouflet pour Washington, au moment où le vice-président américain Joe Biden se trouvait en visite dans l'Etat hébreu. Il venait d'obtenir l'engagement officiel des Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations de paix indirectes, sous l'égide des Etats-Unis, après 14 mois d'impasse, mais cette reprise est désormais remise en question.

L'"autre chemin"

Dans le texte de son discours de lundi, Hillary Clinton qualifie ces constructions d'insulte préjudiciable aux efforts engagés par Barack Obama pour relancer le processus de paix. Elle insiste sur le fait que les Etats-Unis sont déterminés à parvenir à une paix durable au Proche-Orient, mais que toutes les parties doivent réaliser des efforts car la situation actuelle "ne peut pas continuer" et n'engendre que violence.

"Il y a un autre chemin", dit-elle. "Un chemin qui mène vers la sécurité et la prospérité pour tous les gens de la région. Cela demandera à toutes les parties, dont Israël, de faire des choix difficiles, mais nécessaires." Hillary Clinton demande au Premier ministre Binyamin Netanyahou, qui devait s'adresser un peu plus tard lundi devant le même comité et sera reçu par Barack Obama mardi, de rétablir la confiance dans le processus de paix, ce qui passe notamment par l'arrêt des projets de construction à Jérusalem-Est.

Appel à la "retenue"

Netanyahou a rencontré, dimanche en Israël, l'émissaire américain au Proche-Orient George Mitchell et a de nouveau présenté des excuses pour le moment choisi pour l'annonce, mais pas pour sa teneur. Et avant de partir pour Washington, il a réaffirmé qu'Israël ne gèlerait pas les constructions à Jérusalem-Est.

Aucune annonce publique n'a été faite, mais certains responsables déclarent qu'il existe aussi un accord pour discuter de tous les problèmes non résolus, sous la médiation de George Mitchell. Cela inclurait l'avenir de Jérusalem, des frontières, des implantations juives et des réfugiés palestiniens. Mitchell, qui a rencontré lundi à Amman (Jordanie) le négociateur palestinien Saëb Erakat, a appelé Israël et les Palestiniens à la "retenue". "Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est une période de calme qui nous permette d'avancer", a-t-il déclaré. Erakat a, lui, réaffirmé que les Palestiniens étaient prêts à donner "une chance" aux pourparlers indirects.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 09:46

Poignées de main par-dessus la Mer Noire

Le récent et vacillant réchauffement des liens turco-arméniens, consacré par les accords de Zürich du 10 octobre 2009 devant être ratifiés par les parlements nationaux respectifs entre de plain-pied dans la géopolitique de la Mer Noire. Si les temps changent, les positions stratégiques aussi, et il n’est pas improbable que Turcs et Russes en arrivent à dégager un front commun pour s’assurer d’une stabilité régionale favorable non seulement au commerce mais aussi à la pacification des rivalités interethniques.


 

medvedev-erdogan

 

Si ce scénario devait être confirmé les mois et années à venir, il ne manquerait d’interagir avec la politique étrangère de l’Union Européenne, et ce, sur les plans politiques comme énergétiques.


L’éternelle candidate Européenne


 

La Turquie est en effet une très ancienne connaissance des chancelleries européennes. Depuis 1959 pour être exact lorsque les autorités turques posèrent officiellement le dossier de candidature de membre associé sur le bureau de la CEE (Communauté Economique Européenne) de l’époque. Il lui fallut cependant attendre octobre 2005 pour que débutent les négociations d’adhésion en tant que membre à part entière par la Commission Européenne.


 

Les tergiversations diplomatiques qui avaient autrefois retardé l’éventualité d’étudier le dossier turc ne cessèrent pas pour autant après cette date clef puisque certains hommes politiques nationaux de premier plan exposèrent leur réticence à voir la Turquie rentrer dans les instances européennes.


 

Les raisons de ces atermoiements nécessiteraient une longue étude qui n’est pas le propos de cet article, sans omettre qu’ils ne sont pas tous clairement énoncés, comme le poids démographique qui modifierait singulièrement la répartition des eurodéputés par pays en vertu du Traité de Lisbonne et le principe de proportionnalité dégressive. Il faut surtout retenir que la patience des responsables turcs a été repoussée très loin bien que ces derniers aient effectué des efforts manifestes en vue d’un rapprochement avec l’Europe, intégrant dans leur droit national de nombreuses références communautaires (ce que l’on nomme juridiquement l’acquis communautaire, l’un des trois critères de Copenhague) afin de se rapprocher le plus possible des exigences en la matière. La tergiversation est d’autant plus étonnante et difficilement compréhensible, si ce n’est pour retarder l’inéluctable aveu aux peuples européens, que les aides de l’Union de 2002 jusqu’à 2013 aboutissent au coquet total de 6 milliards d’euros à travers les programmes APT (aide de pré-adhésion pour la Turquie) puis IAP (instrument d’aide de pré-adhésion) depuis 2007.


 

Or, l’Europe doit en outre prendre en grande considération un facteur de prime importance : l’approvisionnement énergétique !


 

La Turquie, partenaire énergétique incontournable


 

Dans le jeu géoéconomique du maillage des réseaux de distribution d’énergie, la Turquie se place assurément en première ligne. Le projet Nabucco, déjà évoqué au sein d’un autre article, est une pièce maîtresse de la volonté d’indépendance en matière d’approvisionnement de gaz pour le vieux continent.


 

Signalons utilement que la Turquie dispose d’une voix prépondérante quant aux décisions stratégiques y étant liées et qu’elle n’a pas manqué de s’en servir à l’encontre de Gaz de France en début d’année. Officiellement en réponse au vote des parlementaires hexagonaux en faveur de la reconnaissance du génocide Arménien [1]. Echaudé par le refus infligé à GDF Suez, EDF a préféré nouer pour sa part un partenariat avec South Stream en lieu et place de Nabucco. Et la Turquie en est une fois sortie grand vainqueur puisque le tracé initialement à destination de la Bulgarie s’orientera désormais sur son territoire pour pallier la défection des autorités Bulgares qui ont préféré opter pour Nabucco.


 

Car Nabucco est LE projet d’avenir supporté à bout de bras par plusieurs pays européens, et en sous-main par les instances bruxelloises, afin de contourner la mainmise russe sur l’acheminement énergétique à destination de l’Europe. Encore que les avis de spécialistes diffèrent quant à l’approvisionnement continu et suffisant pour alimenter le vieux continent puisque l’Azerbaïdjan à lui seul ne pourrait fournir suffisamment de mètres cube par an (31 milliards selon les voeux des défenseurs du projet) et en outre, l’accord du Turkménistan n’est pas encore acquis (les négociations traînant en longueur depuis 2008). L’Iran serait une solution envisageable de par ses richesses gazières, classé quatrième exportateur mondial, toutefois ce choix se heurterait inévitablement au veto américain comme Israélien.


 

Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie, a très récemment surpris nombre d’observateurs en proposant le soutien de son institution au projet de Gazprom moyennant le respect de certaines conditions tout en débloquant peu après 200 millions d’euros de financement par la Commission de Bruxelles en faveur de Nabucco. L’on ne peut que se permettre de conjecturer sur cette politique peu amène à rassurer les investisseurs.


 

En terme de richesse pétrolifère, difficile aussi de passer sous silence le fameux tracéBakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui défraya grandement la chronique il y a quelques mois lors du conflit Géorgeo-Russe. La peur d’une perte d’approvisionnement via cet oléoduc rendit les occidentaux particulièrement nerveux pendant et après la guerre [2]. La Turquie, outre son investissement financier, sait pertinemment que le long transit (1 076 kilomètres) sur son territoire ainsi que le terminal portuaire de Ceyhan lui confère un poids déterminant vis-à-vis de l’Europe et des Etats-Unis.


 

Pour finir, et toujours dans le domaine des pipelines, précisons que le tracé Samsun-Ceyhan permettra de relier la Mer Noire à la Méditerranée, offrant une alternative séduisante aux pays riverains dans le cadre de futurs prolongements du réseau.


 

On imagine dès lors sans peine ce qu’il pourrait advenir si la Turquie devait ébaucher un rapprochement ferme avec la Russie à plus ou moins brève échéance.


 

Géopolitique-fiction ? Pas si sûr…


 

Entre désappointement et nouvelle donne géopolitique


 

Des cartes ont en effet été abattues ces derniers mois, et elles n’ont guère été favorables aux alliés occidentaux de la Turquie.


 

Tout d’abord il faut souligner que sitôt l’effondrement de l’URSS, la Turquie s’est avisée de prendre rapidement contact avec d’anciens pays de l’ex-Union Soviétique, à commencer par les républiques turcophones dont les liens culturels apparaissent patents. Ainsi l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan (et un peu plus loin à l’est, les Ouïgours du Xinjiang en territoire Chinois) bénéficièrent d’un intérêt marqué par les autorités d’Ankara. Ce panturquisme fut une forme de soft power de la part des héritiers de Mustafa Kemal et eut des résultats mitigés puisque Moscou, un temps affaiblie, amorça un contrôle plus renforcé de son proche étranger. Ce qui n’empêcha pas pour autant Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre turc, d’énoncer pendant le Congrès de Bakou de 2007 la création d’un secrétariat général permanent des chefs d’États turcophones [3].


 

Cependant, le retour en force de la Russie sur la scène internationale soit par ses coups financiers (introduction au sein du capital d’EADS, tentative de rachat d’Opel), industriels (lancement du nouveau jet d’affaires moderne Sukhoï Superjet 100), militaires (réponse à l’agression géorgienne en Alanie du sud) ou diplomatiques (resserrement des liens avec les Etats les plus influents de l’Union Européenne après le refroidissement des relations à l’été 2008) donna à la Turquie à réfléchir tout en l’incitant à réorienter ses priorités. Avec d’autant moins de remords que la porte de l’Europe ne s’était pas plus entrebaillée qu’auparavant et qu’elle pouvait se permettre de lorgner vers d’autres horizons. Ajoutons en outre que la Russie était devenue au fil du temps un partenaire commercial de premier plan pour le pays [4], ce qui était et reste une donnée à prendre conséquemment en compte en matière diplomatique.


 

Ainsi,dès le 8 septembre l’année 2008, Russes et Turcs se sont entendus pour envisager une plateforme de sécurité et de stabilité dans le Caucase. L’initiative avait déjà été évoquée quelques semaines auparavant à Moscou en liaison avec Ankara, prouvant par là l’intérêt réel qu’elle suscite de part et d’autre de la Mer Noire. Le 18 novembre de la même année, le ministre russe de la défense, Anatoli Serdioukov, n’a pas tari d’éloges sur les velléités de la Sublime Porte de s’immiscer dans le jeu caucasien à l’issue d’une rencontre avec son homologue turc, le tout en confirmant avoir établi les bases contractuelles de cette coopération.


 

Plus récemment encore, le 5 mars 2010, le ministre turc des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu a donné un satisfecit à la Russie pour sa bonne volonté dans le réglement des conflits et la coopération bilatérale, une façon de préparer le terrain diplomatique pour la prochaine venue du Président de la Fédération de Russie en mai à Ankara après la rencontre en janvier à Moscou entre le Premier Ministre turc Tayyip Erdogan et le président russe Dmitri Medvedev. Cette dernière visite fut par ailleurs d’importance puisqu’elle fut le prélude à une négociation visant à la fin très prochaine du régime des visas pour les ressortissants des deux États : un rêve inaccessible pour les Européens du fait du veto inflexible polono-lituanien et de l’alignement réclamé sur les coûteux passeports biométriques.


 

Plus prégnant encore, un haut responsable du parti au pouvoir, l’AKP, a très clairement et surtout publiquement déclaré vouloir la signature d’un nouveau Yalta en Europe avec la formation d’un glacis territorial propre à apaiser les inquiétudes Russes portées à leur pinacle lors des velléités américaines d’installer un bouclier antimissile en République Tchèque et Pologne [5]. Les propos étaient sans trop de fard destinés à complaire au Kremlin. Et il put d’autant plus se le permettre que l’OTAN gela l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine en décembre 2008, proposant un statut iconoclaste (MAP pour Membership Action Plan) ayant surtout pour objectif de rasséréner Moscou et ne pas détériorer davantage les relations entre elle et l’organisation militaire.


 

De plus, la question du Haut-Karabagh implique pour la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan, et la Russie, alliée de l’Arménie à s’entendre de façon profitable afin de réchauffer les liens entre les différentes parties au conflit. A ce titre, l’Azerbaïdjan pointée du doigt par l’Occident pour avoir fait avorter une tentative de révolution de couleur lors des élections de 2005, s’est rapprochée ostensiblement de l’orbite de Moscou ces dernières années. Les intérêts convergent comme il est permis le relever.


 

L’axe de la Mer Noire ?


 

L’Histoire a souvent été conflictuelle entre l’Empire Tsariste et l’Empire Ottoman, et froidement neutre tout au long de l’époque soviétique. Il parait surprenant par voie de conséquence de constater un net réchauffement entre ces deux pays. Loin d’être un épisode international éphémère, les signes continus donnés de part et d’autre des capitales laissent entendre qu’il existe désormais une réelle volonté de partenariat et de partage d’influence régionale.


 

Si cet axe devait se formaliser à l’avenir, il aurait une grande probabilité de trouver son substrat dans la défiance à l’égard des Occidentaux et rendrait caduc toutes les tentatives d’indépendance énergétique de ces derniers à l’égard de la Russie. Le tout en compliquant la présence et l’approvisionnement Européens dans les territoires d’Asie Centrale qui ont déjà commencé à négocier avec la Russie et la Chine l’acheminement de leurs ressources naturelles [6].


 

Sur ce plan, Moscou peut se vanter de reprendre tout doucement la main après sa mise à l’index lors des évènements du Caucase en août 2008. Son opportunisme mâtiné de réalisme pourrait se révéler autrement plus payant que les vociférations inconséquentes de certains chefs d’États européens ces dernières années. Dans le grand jeu géopolitique de l’après-crise, la Russie et la Turquie escomptent bien y faire entendre leur voix en devenant incontournables à la croisée des chemins énergétiques et diplomatiques.


 

Yannick HarrelCyberstratégie


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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 09:40

Victor-Perez

 


perez

Netanyahou, Obama et le conflit proche-oriental

 

Le quotidien Yediot Aharonot à publié dans son tirage du week-end un sondage (1) fort instructif et venant à point après le différend américano-israélien concernant la construction de 1600 logements à Jérusalem.

 

Si les élections avaient lieu en ce moment même, le parti Kadima avec Tzipi Livni à sa direction arriverait en tête avec 32 élus (soit 4 de plus que la session actuelle). Le partiTravailliste d’Ehud Barak obtiendrait 8 sièges (5 de moins). Le parti d’extrême gaucheMeretz parviendrait à 6 mandats (+ 3).

 

Si ces trois partis décideraient de monter une coalition tout en restant cohérents avec leurs critiques du gouvernement actuel, il leur faudrait à tout prix s’associer avec les 11 députés arabes (=), mais aussi rechercher l’appui, au moins, du parti religieux Yehadout Hatora 6 sièges (+1). Ce qui composera une majorité de 63 sièges. Il ne restera plus, alors, qu’à trouver le mode de fonctionnement d’une telle association et les projets communs possibles entre, d’une part, les partis arabes et la droite de Kadima -Shaoul Mofaz en tête- ou entre les religieux et l’extrême gauche.

 

Pour ce qui est du Likoud, il obtiendrait selon ce même sondage 29 élus (+2), Israël Beiteinou recueillerait 13 mandats (-2), le parti religieux Shas récolterait 10 sièges (-1),Union nationale 3 députés (-1) et Habayit Hayehoudi 2 (-1). Si l’on y ajoute le parti précédemment cité Yehadout Hatora, déjà dans l’actuelle majorité, et qui disposerait de 6 sièges, l’actuel gouvernement serait, en conséquence, reconduit sans aucun problème avec 63 députés sur 120. Ce qui constituerait un gouvernement homogène et apte à gouverner.

 

Ceci constaté, on imagine sans peine toute la douleur d’Ehud Barak et de son parti de se retrouver dans l’opposition, mais celle aussi d’une bonne dizaine de députés de Kadimarefusant de passer une nouvelle fois à côté de la possibilité de gouverner. Il y a fort à parier que si des élections avaient lieu en ce moment, Benjamin Netanyahou serait reconduit au poste de Premier ministre avec une majorité beaucoup plus large que la présente, tout en ayant un même programme politique.

 

Ce qui serait une première réponse négative de la part du peuple israélien à la tentative d’Obama de renverser leur choix précédent.

 

Pour ce qui est de la position du Président américain au regard de ses propres concitoyens, la situation est différente. Le 13 mars dernier, jour où Hillary Clinton à conduit sa charge anti- Netanyahou, la cote de popularité (2) de son mentor s’élevait à 49% de satisfaits et 44% de mécontents. Le 16 mars, elle fut négative pour la première fois de son mandat : 48% contre 46% pour. S’il l’on ne peut être sûr que le différend israélo-américain à jouer principalement sur cette chute, Barak Obama n’a pas moins raisonné qu’il était utile de rappeler via la chaîne Fox aux électeurs américains, appréciant l’état des Juifs à 63%, qu’entre ce dernier et son pays il n’y avait pas de « crise » mais une simple « divergence », et que les liens ente les deux pays étaient « profonds, solides et durables ». Appréciations qui ne semblent pas être réciproques entre le peuple israélien etBarak Hussein Obama

 

Tout ceci, Benjamin Netanyahou le sait pertinemment. Gageons que sa réponse aux demandes us sera réduite au minimum mais inclura tout de même des gestes concrets prouvant le réel désir de l’état d’Israël d’arriver à une paix juste et durable. Ce qui, au final, se révélera n’être pas encore suffisant pour l’Autorité palestinienne qui ne peut négocier avec le gouvernement actuel sans être contrainte d’accéder aux exigences de sécurité et de reconnaissance de l’état juif. D’où son refus continu de reprendre les négociations, mais aussi ses tentatives répétées de contraindre la communauté internationale à une intervention dans le conflit afin d’imposer la création d’un état de ‘’Palestine’’ sans passer par aucune exigence israélienne.

 

Il semblerait donc que le Président Barak Obama ne sera pas l’hôte de la maison blanche lorsque la fin du conflit sera signée.

 

 

Victor PEREZ ©

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 09:37
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DE L'URGENCE ET DU BESOIN IMPERIEUX D'UN ETAT Pour aschkel.info et lessakele




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DE L'URGENCE ET DU BESOIN IMPERIEUX D'UN ETAT AUTONOME ET INDEPENDANT...

Les demandes des Etats-Unis à Israël de ne rien faire contre le pouvoir en Iran (afin de répondre aux intérêts économiques US dans la région) ainsi que la récente crise entre les Etats-Unis et Israël, l'humiliation doublée d'une claque et d'une menace infligées par les premiers au second, rappelle combien il est impératif qu'Israël s'organise pour être totalement autonome.

Israël a besoin des Etats-Unis pour recevoir des armes et donc se défendre contre les attaques répétées de ses ennemis.
Les Etats-Unis ont aidé Israël depuis sa création financièrement et militairement, se sont invités comme médiateurs entre Israël et les Arabes palestiniens dans le cadre du processus de paix, mais toute cette aide n'est pas purement altruiste ou motivée par ce qui est juste (dans l'après guerre, l'Operation Overcast dans laquelle les Etats-Unis ont aidé et protégé de très nombreux Nazis après la Shoah en échange de leurs connaissances militaires, stratégiques et scientifiques (à partir des expériences faites sur les déportés), les ont aidé à fuir vers l'Amérique du Sud avec de faux papiers pour certains et leur ont donné une nouvelle identité et des postes très prestigieux, tout ceci nous le rappelle).

Si les Etats-Unis proposent de l'aide à Israël, ce n'est pas non plus par amour pour le peuple Juif. S'ils viennent en aide, c'est en contre-partie de quelque chose, c'est donnant-donnant.

Et aujourd'hui, avec les demandes des Etats-Unis à Israël de ne pas intervenir contre le pouvoir en Iran (militairement ou par infiltration) ainsi que par la crise qui a éclaté entre Israël et les Etats-Unis, on découvre l'esquisse du tableau sur lequel les USA aident Israël à condition que celui-ci se plient à la ligne politique des Etats-Unis et que s'il ne le fait pas, tout peut s'arrêter soudainement : livraison d'armes, financements, soutien médiatique (quoi que bien relatif !) et que les USA peuvent donc se permettre d'humilier Israël, de le condamner pour vouloir construire 1 600 logements... en bref, les Etats-Unis démontrent qu'ils ne sont pas un allié et encore moins un ami d'Israël et qu'ils peuvent le trahir à tout moment.
  Dans ces conditions, il est fondamental, et même vital, qu'Israël s'arrange pour devenir totalement indépendant et autonome sans pour autant refuser les aides spontanées qui lui seraient apportées de l'extérieur, mais en restant suffisamment autonome pour que les chantages, les menaces et les humiliations ne puissent plus jamais se produire à son encontre.

Le peuple hébreu (le peuple juif, au cas où certains s'imagineraient  qu'il ne s'agit pas du même, n'est-ce pas Monsieur Sand ?) a été pendant plus de 2 000 ans tributaire des choix des autres peuples sur sa destinée, pendant plus de 2000 ans, il a été sous tutelle de ceux-ci, il est temps aujourd'hui que cela cesse. Les Hébreux sur leur terre doivent être debouts et libres.

Israël est un Etat souverain, les Etats-Unis n'ont pas à s'ingérer dans les affaires de ce pays. Les Etats-Unis n'ont d'ailleurs pas à s'ingérer dans les affaires de quelque pays que ce soit. Barak Obama avait annoncé, peu de temps après son élection, que les Etats-Unis allaient désormais cesser de s'ingérer dans les affaires des autres pays. Avec les derniers agissements des Etats-Unis envers Israël, ainsi qu'avec l'ACTA (qui a été crée aux USA et qui engage les pays du monde entier), Obama a prouvé que cette déclaration était un pur mensonge.

Israël doit vivre. Et sa survie dépend de son autonomie tout autant que de son indépendance.

Si cela nécessite qu'il soit précurseur et qu'il remettre en cause l'ensemble du système capitaliste en inventant un nouveau système, un système juste, équitable, humain et écologiste dévoué au service de la population israélienne, et totalement autonome et indépendant, c'est alors un choix fondamental et vital qu'il devra prendre. N'en déplaise aux Etats-Unis et au reste des autres pays de la planète qui n'auraient alors plus d'emprise sur lui.

"Israël serait isolé", pensez-vous ? Pas forcément. Il peut aussi montrer l'exemple. Mais quand bien même il le serait, ne l'est-il pas déjà ? En d'autres termes, Israël n'a rien à y perdre mais, au contraire, tout à y gagner.

Aestilli Ellie @ FFT - Fight For Truth, le 17 mars 2010.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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