Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 21:27

Les Démocrates mentent encore une fois à propos d'Israël

 

par Daniel Pipes
National Review Online
11 septembre 2012

http://fr.danielpipes.org/11950/democrates-mentent-israel

Version originale anglaise: Democrats Fib Again about Israel
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Soyez le premier de vos amis à indiquer que vous aimez ça.

La semaine dernière a vu un différend portant sur Jérusalem lors de la Convention nationale démocrate qui, dans le contexte d'incidents similaires, fournit des indications importantes sur le fait que le parti se distancie en secret d'Israël.

L'histoire a éclaté le 4 septembre, lorsque le Washington Free Beacon [un site web américain, tendance conservatrice, fondé le 7 février 2012 par Matthew Continetti (NDLT)] a rapporté que «Jérusalem est passée sous silence» dans la plate-forme de 2012 du parti démocrate. On en a parlé dans les journaux parce que, depuis que c'est devenu la la loi américaine en 1995 que «Jérusalem devait être reconnue comme la capitale de l'Etat d'Israël", chaque plate-forme des deux grands partis américains a réitéré ce point. La plate-forme républicaine de cette année, par exemple, se réfère à «Israël, avec Jérusalem comme capitale.»

Les réponses à ce silence des démocrates sont venues rapidement:Jennifer Rubin dans le Washington Post a appelé cela «la déclaration de politique la plus radicalement peu favorable à Israël par un parti important depuis la création de l'Etat d'Israël.» Nathan Diament de l'Union orthodoxe (juive) a jugé cela «extrêmement décevant." Paul Ryan a qualifié l'omission de «tragique». Mitt Romney (qui a parlé de «Jérusalem, capitale d'Israël» alors qu'il se tenait récemment à Jérusalem même) a regretté que tout le Parti démocrate ait fait sien le «refus honteux» d'Obama, «de reconnaître que Jérusalem est la capitale d'Israël»

Les Démocrates ont agi non moins rapidement. Le lendemain, le 5 septembre, les délégués à la Convention nationale démocrate ont dit que "le président Obama reconnaissait Jérusalem comme capitale d'Israël, et la plate-forme de notre parti le faisait aussi.» Le maire de Los Angeles Antonio Villaraigosa leur a demandé, par vote à main levée, d'approuver par 2-contre -1 un amendement à la plate-forme du même genre, ainsi qu'un autre amendement.

La parlementaire du Comité national démocrate Helen T. McFadden a donné des instructions à Villaraigosa, Tu dois édicter les règles et puis laisse-les faire ce qu'ils vont faire." Juste avant qu'il ne commence à parler, elle a répété son ordre: «règlemente !»

Puis, dans le seul moment improvisé de la convention, les non ont retenti aussi fort, sinon plus fort, que les oui. Un Villaraigosa perplexe en voyant cela a demandé un deuxième vote viva voce et a obtenu le même résultat. Comme il semblait ne pas savoir quoi faire, la parlementaire Helen T. McFadden s'est approchée et lui a donné l'ordre«Tu dois édicter les règles et puis laisse-les faire ce qu'ils vont faire." Consciencieusement, il a demandé un troisième tour de scrutin. Encore une fois, les non ont au moins égalé les oui. Mais cette fois Villaraigosa a lu ses instructions à partir du téléprompteur et a déclaré que «de l'avis de la présidence, les deux tiers ayant voté par l'affirmative, la motion était adoptée." Privés d'une victoire, les délégués l'ont hué.

Le prompteur du Comité démocrate National contenait l'expression «de l'avis de la présidence, les deux tiers ayant voté par l'affirmative ..." ce qui signifie que, quel que soit le vote de vive voix réel, le président de la convention avait des ordres pour ajouter Jérusalem pour la plate-forme du parti.

Alan Dershowitz d'Harvard a rejeté les huées comme venant d' «éléments incontrôlés». Le sénateur Charles Schumer (démocrate de New York) a déclaré que "chacun connaît" la "vaste majorité écrasante" des démocrates favorables à Jérusalem comme la capitale indivisible d'Israël. En revanche, l'activiste anti-israélien James Zogby a déclaré cela comme une victoire pour son équipe: «Quand j'entends toutes les huées, ... [cela] veut dire que nous ne sommes plus isolés en marge de la vie politique américaine " Quelle interprétation est la bonne?

Ni l'une ni l'autre. Dershowitz et Schumer ont tort de nier que les forces anti-israéliennes gagnent du terrain dans un parti de plus en plus chaleureux envers les islamistes et bénéficiant d'un président dont la compréhension du Moyen-Orient est, comme la National Review le dit, «Edward Said plus que Bernard Lewis." Le fait est que les délégués des partis sont divisés de manière égale sur Jérusalem comme capitale d'Israël. Mais, contrairement à Zogby, Obama a eu besoin personnellement d'intervenir et de changer la façon dont la plate-forme signale combien généralement le public américain soutient Israël et que cette froideur vis-à-vis d'Israël nuit lors des élections nationales. Les huées anti-Israël venant de délégués démocrates vont faire des dégâts sur les électeurs; révélateur est le fait que la campagne de Romney prévoit de rediffuser cet incident – que le New York Sun appelle à juste titre «l'histoire définissant la convention [démocratique] - dans les annonces de la campagne.

Debbie Wasserman Schultz, piégée pour fausses allégations par deux fois la semaine dernière sur le sujet d'Israël.

La chose normale et morale aurait été pour la parlementaire McFadden d'avoir dit à Villaraigosa de se prononcer pour l'amendement rejeté, plutôt que de lui commander de faire une erreur de calcul dans le décomptage des voix des délégués et de faire passer de force l'amendement pro-israélien. Malheureusement, cet étalage public de tromperie s'inscrit dans une tendance plus large de duplicité du parti démocrate vis-à-vis d'Israël. Considérons trois éléments:

  • La présidente du Comité national démocrate Debbie Wasserman Schultz,la semaine dernière, a accusé le quotidien Washington Examiner de «délibérément» l'avoir mal citée à propos de l'ambassadeur israélien ayant déclaré que les Républicains sont «dangereux pour Israël», en fait, elle a menti deux fois - la fabrication de déclaration de l'ambassadeur et ensuite elle a nié ce qu'elle avait dit à son sujet.
  • Une vidéo du Conseil National juif démocrate, "Ce que les Israéliens pensent d'Obama ?" a effectivement falsifié des déclarations anti-Obama par les Israéliens, les transformant en déclarations pro-Obama
  • La Maison Blanche a ré-étiqueté les légendes des photos il y a un an pour retirer l'utilisation d'une phrase incriminée, à savoir «Jérusalem, Israël».

Les Démocrates font semblant d'être pro-Israël (pour des raisons électorales), même s'ils restent froids par rapport à l'Etat juif (pour des raisons idéologiques). Leurs distorsions sont de plus en plus inefficaces, flagrantes et sordides.

Mises à jour du 11 septembre 2012:

(1) Sur les deux tromperies ci-dessus, interrogée sur CNN à propos du fiasco de l'amendement, Debbie Wasserman Schultz a insisté sur le fait que c'est «un peu d'opposition». Que quelqu'un lui donne un appareil acoustique, vite.

(2) Un autre exemple de distorsion, même si celui-ci est lié à Americans for Peace Now-(APN), pas au Parti démocrate: Lara Friedman, la directrice de l'APN, vient d'envoyer un appel de fonds stupéfiant. Sur la couverture, on trouve cette citation: «Parfois, les [George] Zimmermans du monde se révèlent être juifs et / ou israéliens Leurs actions nous font honte à nous tous et constituent une tache sur notre communauté, notre religion, et l'Etat juif.». (L'analyse complète peut être trouvée dans un article de juillet par Lara Friedman, "Où est la honte ?" Phyllis Chesler dissèque ce scandale dans «Les mensonges de Lara» -. Ou comment Peace now voit l'armée israélienne"[la Force de Défense d'Israël-IDF]

Thèmes connexes: Conservateurs & libéraux, Israël, Jérusalem Il est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:39

Le fossé de l’empathie

Par Charles Krauthammer,

Washington Post 09/09/2012

http://www.washingtonpost.com/opinions/charles-krauthammer-the-empathy-gap/2012/09/06/b0ec930a-f85c-11e1-8b93-c4f4ab1c8d13_story.html

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


Suivant l’état de l’économie, avec n’importe quel modèle historique, Barack Obama devrait être 15 points derrière Mitt Romney. Pourquoi est-il lié en tête ? Le fossé de l’empathie. « En prenant soin du citoyen moyen », Obama gagne 22 points. Maintenir ce fossé était l’un des principaux objectifs de la convention Démocrate. C’est le seul espoir du Parti de gagner en novembre.

George H.W. Bush, réservé comme Romney, s’était une fois vu remettre une fameuse carte rédigée ainsi « Message : je prends soin ». C’était supposé être une recommandation de discours. Bush lut la carte. A voix haute.

Sans surprise, il perdit contre Bill Clinton, un homme qui vit pour prendre soin, qui ressent votre peine mieux que vous – ou au moins vous le laisse penser. En politique, c’est une distinction insignifiante.

Dans la nuit de mercredi, Clinton s’est porté garant pour Obama comme d’un homme « qui est froid à l’extérieur mais qui brûle pour l’Amérique à l’intérieur ». Jolie phrase, mais pas vraiment persuasive. Le vrai boulot dans la ‘clintonisation’ d’Obama a été laissé à Mme Obama. Comme elle l’a dit dans le discours le plus brillamment cynique à la convention, son mari n’est pas seulement profondément compassionnel, mais proche de Gandhi dans ses sentiments.

D’autres ont parlé de ce que Obama avait fait. Le boulot de Michelle a été de donner le pourquoi : Parce qu’il prend soin. Son discours a été un syllogisme : Barack aime sa famille, il aime sa femme, il aime ses enfants – par conséquent il vous aime.

Je n’ai aucun doute sur les trois premières propositions, mais la quatrième est un total ‘non sequitur ‘ (il ne s’ensuit pas). On nous a assuré cependant que le président est un homme saint, dispensant des secours – soins de santé (avec des contraceptifs gratuits), des autofinancements, l’équité des poursuites judiciaires – à son peuple. Le flot de larmes dans la salle a témoigné du pouvoir de l’hymne de son épouse. Son brio repose dans le succès de Michelle à soustraire Obama de tout soupçon de motivation idéologique ou personnelle.

Le problème en avalant la ligne « il prend soin par conséquent il fait » est qu’il contredit si manifestement ce que nous avons vu au cours des quatre années écoulées. Barack Obama est un social démocrate profondément engagé qui a déployé un projet de Gauche libérale sans vergogne au tout début de sa présidence puis il a essayé de le mettre en pratique.

Obama a fait adopter ‘Obamacare’, a régulé Wall Street, soutenu Solyndra parce que cela correspond à un projet de Gauche ambitieux développé pendant sa jeunesse, rendu aujourd’hui possible par son pouvoir : redistribution, centrage sur le gouvernement, mépris du succès [des autres], suspicion envers l’entreprise privée, engagement dans sa propre vision de la justice sociale.

Manquait aussi dans le premier discours de la Première dame, pas le moindre soupçon de son regard démesuré sur lui-même et son ambition personnelle. Il prend soin ? C’est la dernière justification de l’homme créé par lui-même venu de nulle part pour saisir la récompense ? Et dont la défaite le transformerait en un parenthèse historique ?

En 2008 et avec succès, Obama dit de façon suffisante que Ronald Reagan était historiquement important d’une manière où Bill Clinton ne l’était pas. Obama se voit clairement lui-même comme l’anti-Reagan, l’homme qui inversa les 30 années de trajectoire conservatrice que Reagan lança (d’où son importance), et Obama ramène l’Amérique vers les 50 années d’ascendance libérale qu’entama Franklin Delano Roosevelt (FDR) et auxquelles Reagan mit fin.

Cela vous rend historique mondialement. C’est ce qui motive l’homme qui continua d’insérer la phrase « Nouvelle Fondation » dans les discours majeurs faits dans les premiers mois de sa présidence. Le slogan était destiné à fa ire de lui l’héritier légitime des auteurs du « New Deal » et de la « Nouvelle Frontière ».

La phrase n’a jamais pris. Mais l’ambition était sans ambiguïté.

Tout cela ne rend pas Obama mauvais ou unique parmi les présidents. Mais il fait mentir le portrait lacrymal d’un homme de famille bon, décrit comme présidant avec grandeur et douceur son troupeau.

Sa promesse de 2008 de « transformer fondamentalement les Etats Unis d’Amérique » parle de la grandeur de son idéologie et du regard sur soi-même. C’est de loin l’explication la plus plausible de sa motivation pour gagner, caractérisée par une ténacité impitoyable qui a défait les Clinton en 2008 (et parfois déstabilisé Bill) et qui a si inexorablement diabolisé Romney en 2012.

Les millions de dollars dépensés pour cette diabolisation comptent pour quelques uns des 22 points du « fossé d’empathie ». La description de son mari dans le feuilleton à l’eau de rose de Michelle comme un homme si imprégné de bonté qu’elle déborde sur ses sujets reconnaissants était destinée à maintenir l’autre partie de ce fossé.

Je n’en n’ai pas cru un mot, mais dans son discours, Michelle a été très efficace. Après tout, que dites-vous d’autre quand vous concourez pour la réélection dans un pays – comme l’a décrit de façon si effrayante la nuit suivante Elizabeth Warren – tenaillé par la misère et le désespoir ?

letters@charleskrauthammer.com  

Partager cet article

Repost0
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:25

Romney contre Obama vis-à-vis d'Israël

par Daniel Pipes
National Review Online
5 septembre 2012

http://fr.danielpipes.org/11931/romney-obama-israel

Version originale anglaise: Romney vs. Obama vis-à-vis Israel
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Soyez le premier de vos amis à indiquer que vous aimez ça.

«Le président Obama a jeté des alliés comme Israël sous le bus.»[Expression idiomatique signifiant sacrifier une personne (souvent un ami ou un allié) qui ne mérite pas un tel traitement (NDLT)] C'est ce que Mitt Romney , candidat républicain à la présidentielle, a déclaré dans son discours très médiatisé d'acceptation de l'investiture de son parti, la semaine dernière, répétant une phrase d'argot pour parler de sacrifier un ami pour des raisons égoïstes. Romney avait utilisé cette phrase avant, par exemple en mai 2011 et en janvier 2012 . Cette critique d'Obama s'inscrit dans une critique républicaine qui ne cesse pas. Plus précisément, plusieurs autres candidats à la présidence récents ont utilisé ou approuvé cette même phrase du "bus" vis-à-vis d'Obama et Israël, y compris Herman Cain en mai 2011, Rick Perry,[gouverneur républicain du Texas (NDLT)] en septembre 2011, Newt Gingrich en janvier 2012, et Rick Santorum [sénateur républicain de Pennsylvanie (NDLT)] en février 2012.

Barack Obama a pointé un doigt vers Benyamin Netanyahou en 2008.

Ces attaques républicaines à propos des relations d'Obama avec Israël ont plusieurs implications importantes pour la politique étrangère américaine. Tout d'abord, en dehors des nombreuses questions liées au Moyen-Orient, Israël, et Israël seul, conserve un rôle permanent dans la politique électorale américaine, influençant la façon dont un nombre important d'électeurs - et pas seulement juifs mais aussi arabes, musulmans, chrétiens évangéliques, conservateurs et libéraux – feront leur choix de vote pour le président.

Deuxièmement, les attitudes envers Israël servent de test préliminaire pour les points de vue sur d'autres questions relatives au Moyen-Orient: Si je connais vos opinions sur Israël, j'ai déjà une idée de votre façon de penser sur des sujets tels que la politique énergétique, l'islamisme, les guerres en Irak et en Afghanistan, l'AKP [Adalet ve Kalkinma Partisi , parti de la justice et du développement, parti du centre droit au pouvoir en Turquie depuis 2002 (NDLT)] qui dirige la Turquie, l'accumulation du nucléaire iranien, l'intervention en Libye, la présidence de Mohamed Morsi en Egypte, et la guerre civile syrienne.

Troisièmement, la critique républicaine d'Obama montre un changement radical dans ce qui détermine les attitudes envers Israël. La religion était autrefois la clé, avec les juifs, ardents sionistes et les chrétiens moins engagés. Aujourd'hui, en revanche, le facteur déterminant est la vision politique. Pour discerner le point de vue de quelqu'un sur Israël, la meilleure question à poser n'est pas «Quelle est votre religion?" mais "Qui voulez-vous pour président?" En règle générale, les conservateurs réagissent plus chaleureusement à l'égard d'Israël et les libéraux plus froidement. Les sondages montrent que les républicains conservateurs sont les sionistes les plus ardents, suivis par les républicains en général, ensuite viennent les indépendants, les démocrates, et enfin les libéraux démocrates. Certes, Ed.Koch, l'ancien maire de New York, a également déclaré, en septembre 2011, que Mr. Obama "a jeté Israël sous le bus", mais Koch, 87 ans, représente la vieille garde qui n'existe plus du parti démocrate. La différence entre les partis s'agissant du conflit israélo-arabe est en train de devenir aussi profonde que le sont leurs divergences sur l'économie ou sur les questions culturelles.

De grands sourires entre Mitt Romney et Benyamin Netanyahou, amis depuis 1976, en juillet 2012.

Quatrièmement, comme Israël devient de plus en plus un problème qui sépare les démocrates des républicains, je prédis une réduction du soutien des deux partis à Israël –ce qui a fourni à Israël un statut unique dans la politique américaine et a soutenu des organisations comme le Comité des Affaires Publiques Israélo-Américaines (American Israel Public Affairs Committee -AIPAC). Je prédis également que Romney et Paul Ryan, en tant que conservateurs traditionnels, seront à la tête d'un gouvernement le plus chaudement partisan jamais connu d'Israël, surpassant de loin les deux gouvernements de Bill Clinton ou de George W. Bush. Au contraire, si Obama devait être réélu, s'ensuivra la façon la plus glaciale dont puisse être jamais traité Israël par un président américain.

Obama écoutant avec déférence Edward Saïd lors d'une manifestation de la communauté arabe à Chicago, mai 1998.

Le dossier constipé d'Obama ces trois ans et demi vis-à-vis d'Israël sur des sujets comme les Palestiniens et l'Iran aboutit à cette conclusion, mais c'est conforme à ce que nous savons à propos de son passé avant son entrée en haute politique électorale en 2004, en particulier son association avec les anti-sionistes radicaux. Par exemple, Obama a écouté avec déférence Edward Saïd en mai 1998 et il est resté sans réagir lors d 'une fête d'adieu en 2003 pour l'ex-attaché de presse de l'OLP [aux USA] Rashid Khalidi alors qu' Israël était accusé de terrorisme contre les Palestiniens. (En revanche, Romney est un ami de Benyamin Netanyahou depuis 1976.)

Révélateur aussi est ce que Ali Abunimah, [un journaliste américain palestinien co-fondateur d'electronic Itifada (NDLT)] un extrémiste anti-israël basé à Chicago, a écrit à propos de sa dernière conversation avec Barack Obama au début de 2004, alors que c'était au milieu de la campagne des primaires pour l'investiture démocrate au Sénat américain. Abunimah a écrit que Mr. Obama l'a chaleureusement accueilli et a ensuite ajouté: "Hé, je suis désolé, je n'en dirai pas plus sur la Palestine en ce moment, car nous sommes dans une course aux élections primaires qui est difficile .J 'espère que lorsque les choses seront plus calmes je pourrai être plus.franc. " Plus: se référant à des attaques d'Abunimah contre Israël dans le Chicago Tribune et ailleurs, Obama l'a encouragé avec [ces mots] «Continuez votre bon travail!"

Quand on remet cela dans le contexte de ce qu'Obama a dit hors micro au président russe d'alors, Dmitri Medvedev, en mars 2012 ("Ceci est ma dernière élection. Et après mon élection, j'aurai plus de marge de manoeuvre») et dans le contexte d' aversion d'Obama pour Netanyahou, il serait sage de supposer que, si Obama gagne le 6 novembre, les choses vont «être plus calmes» pour lui et il pourra enfin «être plus franc» à propos de la soi-disant Palestine. Alors les problèmes d'Israël vont vraiment commencer.

Thèmes connexes: Israël, Politique étrangère américaine Il est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

Partager cet article

Repost0
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:10

VALEURS ACTUELLES, 30 AOUT 2012

 

USA/ Destin et déclin

La question de la décadence est au coeur de la campagne électorale américaine. Et renvoie au précédent historique de la chute de Rome. Un débat qui vaut également pour l'Europe.

PAR MICHEL GURFINKIEL.

L’Amérique a beau être la plus jeune des grandes puissances – trois cent quatre-vingt douze ans en prenant la traversée de la Mayflower, en 1620, comme point de départ, deux cent trente-six ans en ne retenant que la Déclaration d’Indépendance, en 1776 -, elle est hantée par l’idée du déclin. Sans doute en raison d’un abus de lectures bibliques. L’Ancien Testament, en effet, ne cesse de mettre en garde les heureux de ce monde : s’ils trahissent l’Alliance, leur chute sera à la mesure de leur ascension.

Jusqu’à présent, l’Amérique a toujours surmonté ses épreuves. Et déjoué ses rivaux. La Russie lui avait infligé en 1957 le « choc du spoutnik » mais en 1969, douze ans plus tard, c’est la mission Apollo qui se pose sur la Lune. Après le Vietnam, la stagflation, les années Carter : l’ère Reagan. La guerre froide ? Au bout de quatre décennies, elle la gagne. Le défi asiatique (« confucéen ») des années 1980 : effacé par la contre-attaque de la Silicon Valley dans les années 1990. Les attentats hyperterroristes du 11 septembre 2001 : vengés par des guerres éclair en Afghanistan et en Irak. Les enlisements dans ces deux pays, au milieu des années 2000 : corrigés par la stratégie du « Surge » et le recours aux drones.

Mais depuis 2008, le doute s’installe. Pour faire face à une crise financière subite, les Américains élisent pour la première fois un président noir, le démocrate Barack Obama. Il est jeune, élégant, éloquent : on veut voir en lui la synthèse de Franklin Roosevelt, John Kennedy et Martin Luther King. Las, il échoue. L’économie ne repart part, l’emploi s’effondre, la dette publique triple. Ses réformes sociales ne convainquent pas. Sa politique étrangère est minée par d’étranges contradictions : activisme militaire et passivité diplomatique ou géopolitique, maintien des priorités de l’ère Bush et main tendue aux ennemis, notamment dans le monde islamique. L’un dans l’autre, quatre « années perdues ».

Comment interpréter cette situation ? Effet mécanique des idées fausses ou approximatives que professe l’administration actuelle ? C’est ce qu’affirment officiellement les républicains. Ainsi que leur candidat, Mitt Romney, qui joue la carte des idées « vraies » et « claires » en choisissant pour colistier le congressman (député fédéral) Paul Ryan, théoricien et même « théologien » du conservatisme économique et stratégique.

De nombreux auteurs étaient cette analyse. Les plus radicaux : Aaron Klein et Brenda Elliot. Leurs ouvrages – The Manchurian President, Red Army (« Le président-robot », « L’Armée rouge américaine ») - figurent en permanence sur la liste des best-sellers du New York Times. Selon eux, Obama a été mis en orbite par des réseaux crypto-communistes infiltrés au sein du parti démocrate. Il aurait tenté de mettre en place une politique quasi-marxiste dès 2009. L’échec de son parti aux élections de la mi-mandat, en 2010, l’aurait contraint à une politique plus modérée, en vue d’une réélection en 2012 qui lui permettrait de reprendre son programme initial. C’est le scénario exposé dans Fool Me Twice (« Moque toi une seconde fois de moi »), le tout dernier livre du tandem, qui vient de paraître.

Hugh Hewitt, dans The Brief against Obama (« Le Dossier contre Obama »), met en cause la médiocrité personnelle du président actuel, personnage « sous-dimensionné » par rapport aux exigences du moment : « Obama disait en 2008 : Yes we can ! (Oui nous le pouvons). C’est triste à dire, mais non, il ne pouvait pas. » Le réquisitoire est précis, minutieux, implacable. Et plein d’humour.

Quant à James Mann, passé du Los Angeles Times à l’Ecole des Relations internationales de l’université Johns Hopkins, il s’en tient dans The Obamians (« Les Obamiens ») à une analyse plus classique. D’après lui, les contradictions et les échecs de l’administration Obama tiennent à son caractère composite. Il y aurait, d’une part, les proches d’Obama, issus de l’extrême-gauche démocrate, et d’autre part les caciques du parti, de sensibilité centriste, ralliés à lui par opportunisme. Après avoir suivi les premiers, avec des résultats négatifs, Obama aurait finu par se rapprocher des derniers – et de leur tête de file Hillary Clinton – depuis 2010.

Mais certains républicains pensent qu’Obama et son administration ont tellement aggravé la crise américaine qu’un simple retour à l’orthodoxie conservatrice en 2013 ne suffirait pas. Et un autre secteur de l’opinion américaine, républicains et démocrates confondus, ose poser la question d’un déclin structurel – indépendamment de ce qu’Obama fait ou ne fait pas.

Cette question est double : le succès d’une nation tient-il à des facteurs objectifs et quantifiables (la situation géographique, la masse critique humaine, la technologie) ou à des facteurs subjectifs et inquantifiables (la culture, les valeurs, l’identité) ?

Et d’autre part, si l’on souscrit au second point plutôt qu’au premier, l’Amérique des années 2010 est-elle encore l’Amérique ? Ou bien, dans une proportion croissante, un autre peuple ?

Au pays du Premier Amendement, cet addendum à la constitution qui prescrit une liberté totale d’opinion et d’expression, de telles questions sont aujourd’hui quasiment taboues. Victor Davis Hanson, professeur de lettres classiques et historien militaire, est l’un des rares intellectuels conservateurs ayant à la fois le courage et le talent de les poser. Dans Mexifornia, paru en 2003, il s’interrogeait par exemple sur la reconquête démographique de l’Ouest américain par le Mexique.

Le fait est que si Obama a été élu par une nette majorité d’Américains en 2008. Mais aussi que sa majorité était plus nette dans certaines communautés que d’autres. Il obtenait 95 % des suffrages au sein de la communauté noire (ce qui se comprend de soi-même). Mais il l’emportait également chez les Hispaniques (66 %), les Asiatiques (63 %), les Amérindiens (58 %). Les communautés hindoue et sikhe avaient voté démocrate à plus de 60 %. Chez les Américains originaires du Moyen-Orient islamique, il l’avait emporté à 60 %. On a pu parler d’un vote « non-blanc » massif en sa faveur. Chez les Blancs, il n’y a guère eu que les juifs non-orthodoxes pour le soutenir de la même façon.

Ces pesanteurs décideront peut-être également du scrutin présidentiel de 2012. De même qu’elles pèsent de plus en plus lourd dans les scrutins européens, notamment en France. Derrière la crise tout court, la crise d’identité.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2012

>>>>>>>>>>>>>>>

VALEURS ACTUELLES, 30 AOUT 2012

L’implosion de l’Empire romain

Effondrement démographique, immigration de masse, implosion politique : le cycle infernal qui frappé Rome entre les années 200 et 600 est-il en train de se répéter en Occident, sous nos yeux ?

PAR MICHEL GURFINKIEL.

A Ansignan, dans le massif des Fenouillèdes (Pyrénées-Orientales), un pont-aqueduc romain du IIIe siècle enjambe la rivière Agly. Haut d’une quinzaine de mètres, il est sans doute moins imposant que le pont du Gard, dont le troisième étage atteint 360 mètres. Mais à la différence de ce dernier, il est toujours en service, après dix huit cents ans. Ce qui plonge le visiteur dans un abîme de réflexions. Rome était, en somme, « immortelle » ; mais elle est pourtant morte. Pourquoi ? Comment ? Et quelles conclusions doit-on en tirer à propos de notre propre civilisation, l’Occident ? Plus puissante encore que Rome, est-elle menacée, elle aussi ?

Les Romains de la basse époque attribuaient leur déclin à l’abandon des « anciennes maximes » et des vertus ancestrales : piété, frugalité, discipline. Montesquieu et Rousseau, au XVIIIe siècle, reprennent cette explication. L’empereur Julien II, dit l’Apostat, qui régna au milieu du IVe siècle, mettait en cause, plus spécifiquement, le christianisme : ce sera plus tard, en 1776, la thèse d’Edward Gibbon. Les historiens marxisants du XXe siècle, notamment Vere Gordon Childe, insistent quant à eux sur les « contradictions » économiques d’une société reposant sur l’esclavage. Mais en fait, nous le savons aujourd’hui à la suite de Fernand Braudel et de William McNeill, Rome est morte de maladie. Le saturnisme a décimé l’aristocratie, dont la vaisselle d’or et d’argent était fixée au plomb. Et les épidémies ont englouti le peuple. Contrepartie terrifiante, mais quasi automatique, de l’expansion impériale : plus Rome a contrôlé de territoires, plus les populations se sont mélangées ; et plus ces dernières ont été exposées à des bactéries ou des virus destructeurs.

La « peste antonine » , une épidémie venue de Mésopotamie se répand dans l’Empire d’est en ouest en 165, et subsiste à l’état endémique pendant une quinzaine d’années : il s’agit peut-être de la variole. En 251-266, une nouvelle « peste » éclate, particulièrement meurtrière. A Rome même, on fait état de cinq mille décès par jour : la capitale passe de plus d’un demi-million d’habitants à deux ou trois cents mille habitants. Une catastrophe dont elle ne se remet pas, et qui conduit Constantin, au début du IVe siècle, à transférer sa résidence et le gouvernement dans une nouvelle cité située à l’est de l’Empire, l’ancienne Byzance grecque rebaptisée Constantinople.

D’autres épidémies ou pandémies ravagent l’Empire aux Ve et VIe siècles : notamment la « peste de Justinien » de 542-543, qui décime d’abord l’est de l’Empire – jusqu’à dix mille morts par jour dans les grandes villes - puis atteint la Gaule en 580 et s’y maintient à l’état endémique jusqu’au VIIIe siècle. La description qu’en donne le philosophe Procope permet d’affirmer avec certitude qu’il s’agit cette fois de la peste au sens moderne du mot, la peste bubonique véhiculée par le bacille yersinia pestis.

Chacune de ces mortalités est le point de départ d’un « cycle vicieux », d’un enchaînement d’effets pervers qui, à son tour, provoque de nouveaux effondrements démographiques : le dépeuplement des villes entraîne la disparition d’un personnel capable de maintenir en état les acquis matériels du passé, comme le système routier, l’acheminement de l’eau potable sur de longues distances, l’irrigation, les moulins hydrauliques ; celui des campagnes entraîne une réduction de la production agricole ; la diminution des ressources en eau et en vivres aggrave la vulnérabilité devant la maladie ou une émigration vers des régions préservées. Enfin le déclin général diminue les capacités militaires ou sécuritaires de l’Empire : à partir de l’an 200, Rome ne peut plus mener de guerre de conquête et doit, au contraire, se défaire de certains territoires, la Dacie, la Mésopotamie, la Bretagne ; dans de nombreuses provinces, il n’est plus possible d’assurer la paix publique ou une administration régulière, ou de mettre les survivants à l’abri d’invasions …

L’Empire comptait une soixantaine de millions d’habitants sous Auguste, en l’an zéro, et était resté à ce niveau, au-delà de quelques oscillations, pendant les cent cinquante premières années de l’ère chrétienne. A partir de 165, la population diminue de manière abrupte : un quart des habitants disparaissent entre 200 et 400, puis un quart de la population restante entre 400 et 600. Les provinces occidentales, qui parlent latin, sont plus touchées que l’Orient, qui parle grec. La Gaule passe de 7,5 millions d’habitants en 200 à 5 millions en 600.

Comment faire face à cette crise ? La première réaction de l’Establishment romain est de sauvegarder l’économie en la « nationalisant » : l’Etat met en place un « plan » ; les paysans libres sont attachés à la terre qu’ils exploitent (une sorte de servage, appelé « colonat ») ; les professions urbaines sont rendues héréditaires (à travers les « collèges », qui tiennent à la fois de la corporation et de la caste). Sa seconde réaction est de remplacer les Romains disparus par des non-Romains.

Jusque là, on distinguait, au sein de l’Empire, entre le « peuple romain » - en gros, les Italiens, leurs proches voisins gaulois ou espagnols, quelques VIP prélevés sur les autres populations - et les peuples « alliés », « amis » ou soumis. Après la peste antonine, on tient tout homme libre pour Romain. Ce qui généralise l’accès aux « dignités » politiques, administratives et militaires. La dignité suprême, le trône impérial, passe lui-même en 193 à une dynastie d’origine berbère, les Sévères. Le quatrième souverain de cette famille, Héliogabale, est à demi Syrien. De 244 à 249, il y a un empereur arabe, Philippe. D’autres souverains sont d’origine anatolienne, thrace ou illyrienne. Du moins s’agit-il « d’étrangers de l’intérieur », profondément romanisés.

Mais cette première « intégration » ne suffit pas. On fait donc appel à des populations « barbares », nées hors de l’Empire. L’armée romaine avait toujours recruté en leur sein des troupes auxiliaires, notamment dans les zones frontalières. A partir du IIIe siècle, l’ « oliganthropie » (déficit en hommes) est telle qu’on installe des nations barbares entières au sein de l’Empire. Elles doivent obéissance et fidélité au pouvoir romain. Mais elles conservent leurs mœurs, leurs lois, leur religion, leur langue et même leurs rois. A l’ouest de l’Empire, on fait surtout appel aux Germains. A l’est, aux Arabes. Dès 250, cette immigration « communautaire » constitue un risque politique. La peste de 251 va le prouver.

Exsangue, Rome est vaincue en 260 par les Perses, qui ont reconstitué un immense Empire en Mésopotamie et en Iran. L’empereur Valérien est fait prisonnier, des avant-gardes perses pillent Antioche, sur la Méditerranée. Informés de ces déboires, les

Barbares germaniques, Francs, Alamans, Juthunges, Goths, lancent des raids en profondeur sur la Gaule, l’Espagne, l’Italie, la Thrace, la Grèce, l’Asie mineure. Les Francs pillent Tarragone en 260, les Goths ravagent Athènes en 268.

Prenant acte de ces défaillances, le légat de Basse-Germanie, Postumus, un Germain romanisé, institue un Empire des Gaules en 260, et obtient bientôt le ralliement de l’Espagne, de la Bretagne et de la Rhétie. Tandis qu’en Orient, la reine arabe Zénobie (Zunaïb), qui règne sur l’oasis de Palmyre en tant qu’ « alliée » de Rome, entreprend de créer un Empire à son profit : elle conquiert la Syrie, la Phénicie, la Palestine, l’Anatolie, l’Egypte. Finalement, le néo-Romain Aurélien, originaire de Sirmium (la Voïvodine serbe actuelle) écrase ces deux dissidences en 273 et restaure un Empire unitaire, fondé sur le culte du « Soleil invaincu » (Sol Invictus).

Un autre néo-Romain, le Dalmate Dioclétien poursuit son œuvre. A ceci près que l’unité, selon lui, doit désormais se conjuguer à une certaine décentralisation, pour des raisons purement logistiques : le déclin général des infrastructures ne permet plus de gouverner l’Empire à partir d’une capitale unique. Il institue donc en 294 la Tétrarchie. L’Empire est divisé en deux Co-Empires, dirigés par des Augustes : l’Occident et l’Orient. Ceux-ci, à leur tour, se fractionnent en six diocèses, dont trois au moins sont administrés par des Césars, adjoints des Augustes. Ce système, repris par le chrétien Constantin et ses successeurs, autres néo-Romains des Balkans, fonctionne plus ou moins bien pendant un siècle et demi. Il a même laissé quelques traces indélébiles. En Europe, la chrétienté catholique correspond à l’ancien Empire d’Occident ; et la chrétienté orthodoxe à l’Empire d’Orient. En Libye, l’ancienne frontière entre les deux Co-Empires sépare, de nos jours encore, la Tripolitaine, « occidentale », de la Cyrénaïque, « orientale ».

Mais l’oliganthropie s’aggrave. Et l’immigration barbare s’accélère. Au Ve siècle, « la carte n’est plus le territoire », ni en Occident, ni en Orient : les institutions romaines, inopérantes, sont doublées par des pouvoirs barbares autrement efficaces, monarchies germaniques ou commanderies arabes. Pour garder un semblant de préséance, les empereurs donnent aux chefs barbares des titres honorifiques romains. Notamment celui de « patrice », créé par Constantin : l’équivalent, en quelque sorte, de ce que sera beaucoup plus tard le duché-pairie français, ou la lordship anglaise. Clovis en est, selon les chroniquers, « extrêmement fier ». En Orient, le titre est prononcé à l’arabe : batrik.

Au VIe siècle, ces ultimes simulacres disparaissent en Occident. Il n’y a plus d’Augustes ni de Césars, mais des Etats barbares convertis au christianisme : les royaumes franc, burgonde, ostrogoth, visigoth et vandale. En Orient, un siècle plus tard, les chefs arabes font sécession dans les deux tiers de l’Empire : une révolution qui se confondra bientôt avec une nouvelle religion, l’islam.

La chute de l’ancienne Rome peut-elle préfigurer celle de l’Occident moderne ? Entre les années 200-600 et le début du XXIe siècle, les différences sont a priori trop nombreuses. Mais il y a aussi des parallèles. Notamment sur le point crucial de la démographie.

L’Occident est entré lui aussi dans un cycle oliganthropique : la natalité, au sein des populations de souche, n’assure plus le renouvellement des générations. Ce phénomène est pour l’instant masqué par l’augmentation de l’espérance de vie : les vieilles générations « pleines » coexistent avec les jeunes générations « creuses ». Mais cela ne peut durer. La génération du « baby boom », née entre 1941 et 1965, quitte la vie active et commence à être laminée par les décès. Il se pourrait également que, d’une manière plus générale, l’Occident soit menacé par de nouvelles épidémies ou pandémies, du fait de l’épuisement graduel des remèdes chimiques (malaria, grippe), de l’émergence de maladies tenues jusqu’à présent pour exotiques (sida, fièvres hémorragiques) ou de la réémergence de maladies tenues à tort pour « éradiquées » (tuberculose, MST, voire variole).

D’ores et déjà, l’Occident compense son déficit démographique par le recrutement ou l’accueil de populations non-occidentales. Celles-ci ne constituent pour l’instant que des minorités en termes absolus ou relatifs. Mais le coefficient décisif, en l’occurrence, c’est la part qu’elle représentent au sein des générations les plus jeunes (moins de 25 ans), susceptibles de mener une vie sexuelle active et donc d’enfanter pendant les trente ans à venir. Or sous cet angle, les immigrés non-occidentaux sont en situation de force, et capables d’imposer rapidement une parité avec les autochtones.

L’oliganthropie et son corollaire, l’appel aux non-Occidentaux, pèse d’ores et déjà sur l’économie, la vie politique, la culture, la religion, les capacités militaires. Moins d’hommes, pour paraphraser Jean Bodin, c’est moins de richesses, moins de puissance. Mais faire appel à des hommes marqués par d’autres valeurs, d’autres mémoires, d’autres loyautés, c’est se préparer nécessairement à des compromis, sinon à des capitulations, sur sa propre identité. Les derniers Romains voulaient croire à la pérennité des structures impériales, alors que d’autres structures se mettaient en place sous leurs yeux. Les Occidentaux du XXIe siècle sont peut-être atteints de la même myopie.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2012

 

Partager cet article

Repost0
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 18:09

 

 

Obama 2016, le brûlot qui enflamme les républicains

 

Dinesh D'Souza affirme que l'objectif de Barack Obama est d'affaiblir l'Amérique pour qu'elle ne domine plus le reste du monde. Une thèse qui ravit les troupes républicaines. Crédits photo : Pablo Martinez Monsivais/AP

Avec ce documentaire, violente attaque contre Barack Obama, Dinesh D'Souza entend devenir le Michael Moore des conservateurs.

Si Mitt Romney n'arrive pas à enflammer les foules républicaines cette semaine à Tampa, 2016 Obama's America y parviendra. En attendant le début de la convention républicaine repoussée à mardi en raison du passage d'une tempête, les délégués désœuvrés s'occupent en allant au cinéma et ce qu'ils y voient semble les exciter. 2016 Obama's America, le documentaire anti-Obama de Dinesh D'Souza, auteur d'essais politiques d'origine indienne, est un peu le Fahrenheit 9/11 (le film critiquant la guerre en Irak signé Michael Moore) des conservateurs. L'auteur dit s'être inspiré du réalisateur de gauche.

2016 Obama's America, brûlot partisan présentant Barack Obama comme un ennemi de l'Amérique, a débuté très discrètement en juillet dans une seule salle de cinéma à Houston, au Texas. Trois semaines plus tard, il était diffusé dans 10 salles. Et ce week-end, il a ouvert dans 1090 salles à travers le pays dont près d'une dizaine à Tampa. En six semaines, il a enregistré 9,2 millions de dollars de recette. Le record de l'année pour un film documentaire. Il est encore très loin du succès de Fahrenheit 9/11 qui avait réalisé 119,2 millions de dollars de recette en 2004, mais aucun documentaire du camp conservateur n'avait jamais connu un tel succès. Pour réaliser son film, Dinesh D'Souza a reçu le soutien financier de Gerald Molen, producteur du film La Liste de Schindler de Steven Spielberg.

Antiamércain, antisioniste

À l'en croire, l'antiaméricanisme supposé du président trouve ses racines dans l'anticolonialisme de son père. «Tout est dans son autobiographie Rêves de mon père», affirme-t-il. Pour créditer sa théorie, il interroge experts, psychologues et même des proches du président, dont son frère George, au Kenya.

D'Souza soulève des questions intéressantes comme celle évoquant la complaisance des médias en 2008 à l'égard de Barack Obama. Mais les ficelles sont un peu grosses. Pour expliquer l'antiaméricanisme présumé du président, il cite encore son refus supposé d'empêcher que l'Iran n'obtienne la bombe nucléaire. D'Souza affirme que le président est un pur produit de l'antisionisme et pour le prouver, il reprend son discours du Caire en 2009. Il y parlait de «respect» et de «compréhension mutuelle» entre l'Amérique et l'Islam.

L'effet recherché est immédiat. Dans les salles, des voix s'élèvent, outrées par ce qu'elles viennent d'entendre. Selon Dinesh D'Souza, Barack Obama n'aurait qu'une idée en tête: affaiblir l'Amérique pour qu'elle ne domine plus le reste du monde. L'absence de mesures pour réduire la dette colossale du pays s'inscrirait parfaitement dans cette stratégie. «La dette est une arme de destruction massive», assure D'Souza. Jouant avec la peur des spectateurs, il affirme que si le locataire de la Maison-Blanche est réélu, il transformera radicalement l'Amérique (Barack Obama emploie d'ailleurs un argument semblable à l'égard de Mitt Romney). Dans la salle, les délégués applaudissent. «J'ai retrouvé mon inspiration. Je suis prête à acheter un billet à tous les jeunes que je connais pour qu'ils aillent voir ce film, c'est un document unique», s'enflamme Pam Pollard, nouvelle venue de l'État d'Oklahoma. «Ce film est le premier qui nous dit la vérité, poursuit une autre convertie, nous voulons rester le leader au monde plutôt qu'être égaux avec les Européens, or si on continue comme cela, personne n'aura plus peur de nous.»

Partager cet article

Repost0
20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 07:12

 

 

Le nouveau Président d’Egypte, Muhammed Morsi (Copier)

Qui a perdu l’Egypte ?

 

Jerusalem Post 18/08/2012


 

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


 
Si les évènements régionaux n’évoluaient pas si rapidement, la question « qui a perdu l’Egypte ? » aurait certainement eu son importance sous le projecteur de Washington.

 

En 1949, la prise de pouvoir des Communistes en Chine remua la politique étrangère des USA jusqu’au cœur. La chute de la Chine dans le camp communiste fut convenablement perçue comme une défaite stratégique massive pour les USA. Mao Tse Tung, en triomphant, plaça fermement la Chine dans le camp soviétique et exécuta une politique étrangère antithétique aux intérêts des USA.

Pour l’Establishment de la politique étrangère américaine, la chute de la Chine l’obligea à reconsidérer les axiomes de base de la politique étrangère des USA. Jusqu’à ce que la Chine vire au Rouge, l’opinion résonante parmi les spécialistes de la politique étrangère était que les USA pouvaient coexister pacifiquement et même soient des alliés stratégiques des Communistes.


Avec l’adoption par Mao de Staline, cette position était discréditée. La reconnaissance consécutive par les USA qu’il était impossible pour l’Amérique de parvenir à un arrangement avec les Communistes servit d’architecture intellectuelle à nombre de stratégies que les USA adoptèrent pour combattre pendant la Guerre Froide dans les années qui suivirent.



Aujourd’hui, le principal aspect de la réponse de l’Amérique à la révolution communiste en Chine dont on se souvienne est la chasse politique revancharde de boucs émissaires. Les officiers des services étrangers et les journalistes qui avaient conseillé au gouvernement des USA de soutenir Mao contre Tchang Kaï Tchek et les Nationalistes étaient considérés comme des traîtres.

Mais alors que la « peur des Rouges » est ce dont on se souvient le plus au sujet de cette période, la conséquence la plus significative de l’ascension de la Chine communiste a été l’impact qu’elle eut sur la compréhension par les USA de la nature des forces communistes. Même Theodore White, le journaliste peut-être le plus proéminent qui se fit le champion de Mao et des communistes, reconnut plus tard qu’il avait été trompé par leur machine de propagande de façon à croire que Mao et ses camarades étaient intéressés par une alliance avec les USA.

Comme Joyce Hoffmann l’a montré dans son livre « Theodore White and Journalism as Illusion » [‘Theodore White et le journalisme comme illusion’], White reconnut que son rapport en temps de guerre depuis le QG de Mao dans le Yunan louant les communistes comme alliés volontaires des USA et recherchant leur amitié, « non comme un mendiant demandant la charité, mais à la recherche d’une aide et de l’approfondissement d’une cause commune », était complètement fausse.

Comme il l’écrivait, le rapport était « improvisé dans l’espoir et la passion totalement irréels ». 

Ce qu’on lui avait montré dans le Yunan - Hoffmann cite les écrits de White - était la « vitrine des pièces de théâtre démocratiques que eux (les Communistes) mettaient en scène pour les correspondants américains [et] était uniquement un matériel de propagande.

Contrairement à l’acceptation par les USA de l’échec en Chine en 1949, et à leur volonté de tirer les leçons de la perte de la Chine, il y a le déni par les USA de leur échec et de la perte de l’Egypte aujourd’hui.

Dimanche, le nouveau président Mohammed Morsi a achevé la transformation de l’Egypte en un Etat islamiste. En l’espace d’une semaine, Morsi a viré les commandants en chef de l’armée égyptienne et les a remplacés par des loyalistes des ‘Frères Musulmans’ ; et il a viré tous les rédacteurs des media détenus par l’Etat et les a remplacés par des loyalistes des Frères Musulmans.

Il a aussi mis en place une politique d’intimidation, de censure et de fermeture des organisations médiatiques indépendantes, qui osent publier une critique sur lui.

Morsi a révoqué le rôle constitutionnel de l’armée dans le règlement de la politique étrangère et militaire de l’Egypte. Mais il a maintenu la décision de la junte soutenue par la Cour de renvoyer le Parlement. Ce faisant, Morsi s’est conféré un contrôle total sur la rédaction de la nouvelle constitution de l’Egypte.

Comme l’ancien ambassadeur en Egypte Tsvi Mazel l’a écrit mardi dans le ‘Jerusalem Post’ , les décisions de Morsi signifient qu’il « détient désormais des pouvoirs surpassant de loin ceux du précédent président Hosni Moubarak ».

En d’autres termes, les actes de Morsi ont transformé l’Egypte de dictature militaire en une dictature islamiste.

L’impact de la prise de pouvoir de Morsi sur la politique étrangère de l’Egypte devient déjà clair. Lundi, ‘Al-Masri al-Youm’ a cité Mohamed Gadallah, le conseiller juridique de Morsi, déclarant que celui-ci envisage de revoir l’accord de paix avec Israël. Gadallah a expliqué que Morsi a l’intention « d’assurer la pleine souveraineté et le contrôle de l’Egypte sur chaque pouce du Sinaï ».

En d’autres termes, Morsi a l’intention de remilitariser le Sinaï et de faire de l’armée égyptienne une menace claire et présente à l’égard de la sécurité d’Israël. En effet, selon ‘Haaretz’, l’Egypte a déjà transgressé l’accord de paix et déployé des forces et un arsenal lourd dans le Sinaï sans la permission israélienne.

La vitesse des décisions de Morsi a surpris la plupart des observateurs. Mais plus surprenante que ses décisions, il y a la réponse des USA à celles-ci.

Les officiels du gouvernement Obama se sont comportés comme si rien ne s’était passé, ou même comme si les décisions de Morsi étaient des développements positifs.

Par exemple, dans un entretien avec le ‘The Wall Street Journal’, un officiel du gouvernement a rejeté la signification de la purge par Morsi des chefs militaires, disant : « Ce que je pense de cela, franchement, c’est que Morsi cherche un changement de génération dans la direction militaire ».

The Journal’ a rapporté que le nouveau ministre de la défense de l’Egypte, le général Abdul-Fattah el-Sissi, est connu comme un sympathisant des ‘Frères Musulmans’. Mais le gouvernement Obama a vite fait d’écarter les rapports comme de simples rumeurs sans signification. Sissi, ont déclaré des sources du gouvernement au ‘Journal’, a dîné avec John Brennan, le conseiller en chef du contre-terrorisme du président des USA Barack Obama, pendant la visite de celui-ci au Caire en octobre dernier. A côté de cela, disent-ils, les gens déclarent tout le temps que les nominations de Morsi ont des liaisons avec les ‘Frères Musulmans’.

Une évaluation légèrement moins rose est venue de Steven Cook dans la revue ‘Foreign Affairs’. Selon Cook, au pire, la décision de Morsi n’était probablement rien de plus qu’une remise en vigueur actuelle par Abdul-Fattah el-Sissi de la décision Gamal Abel Nasser d’écarter l’Egypte de l’Occident pour aller vers le camp soviétique en 1954.

Plus probablement, Cook a mis en avant que Morsi faisait seulement ce que Sadate fit quand, en 1971, il vira d’autres généraux avec lesquels il avait été obligé de partager le pouvoir quand il succéda à Nasser en 1969.

Les analogies avec Nasser et Sadate sont sûrement pertinentes. Mais tout en les citant convenablement, Cook n’a pas expliqué ce que ces analogies nous disent de la signification des actes de Morsi. Il a tracé les points mais a échoué à voir la forme qu’ils prennent.

L’islamisme de Morsi, comme le communisme le Mao, est profondément hostile aux USA et à ses alliés et à leurs intérêts aux Moyen-Orient. Par conséquent, le repositionnement stratégique de l’Egypte par Morsi comme pays islamiste signifie que l’Egypte – qui a servi d’ancre du système d’alliance des USA dans le monde arabe depuis trente ans – met de côté son alliance avec les USA et cherche à reprendre le rôle de meneur régional.

L’Egypte est en voie rapide de réinitialiser sa guerre contre Israël en menaçant le transport maritime international dans le Canal de Suez. Et comme Etat islamiste, l’Egypte cherchera sûrement exporter sa révolution islamique dans d’autres pays. Sans doute, la crainte de cette perspective est ce qui a conduit l’Arabie saoudite à arroser l’Egypte de milliards de dollars d’aide.

Il faut rappeler que les Saoudiens craignaient tellement l’ascension d’une Egypte dirigée par les ‘Frères Musulmans’ qu’en février 2011, quand le président des USA Barack Obama ordonna publiquement au président d’alors Hosni Moubarak da quitter le pouvoir immédiatement, les dirigeants saoudiens l’ont supplié de défier Obama. Ils promirent à Moubarak un soutien financier illimité à l’Egypte s’il était d’accord pour s’accrocher au pouvoir.

L’optimisme stupéfiant de USA en regard de l’achèvement par Morsi de l’islamisation de l’Egypte est une illustration de tout ce qui est mauvais et dangereux dans la politique des USA au Moyen-Orient aujourd’hui.

Prenez la politique des USA à l’égard de la Syrie.

La Syrie est en possession de l’un des plus grands arsenaux d’armes chimiques et biologiques dans le monde. La barbarie avec laquelle le régime assassine ses opposants est un rappel quotidien – en vérité un signe avertisseur au néon éblouissant – que l’arsenal non conventionnel de la Syrie constitue un danger clair et présent pour la sécurité internationale. Et pourtant, le gouvernement Obama insiste pour considérer le comportement meurtrier du président syrien Bashar Assad comme s’il était une variété du jardin dans la crise des droits de l’homme.

Pendant sa visite avec le ministre des affaires étrangères islamiste de Turquie Ahmet Davutoglu samedi dernier, la secrétaire d’Etat des USA Hillary Clinton n’a même pas mentionné la question des armes chimiques et biologiques de la Syrie. Au lieu de cela, elle a continué de soutenir le parrainage par la Turquie de l’opposition dominée par les islamistes et déclaré que les USA travailleront avec la Turquie pour mettre ensemble de nouveaux moyens pour aider l’opposition islamiste à renverser le régime d’Assad.

Entre autres, elle n’a pas exclu la mise en place d’une zone d’interdiction aérienne de la Syrie.

La partie qui sera le plus probablement touchée par une telle décision serait Israël, qui perdrait sa capacité de bombarder les sites des armes de destruction massive syriennes par voie aérienne.

Ensuite bien sûr, il y a l’Iran et son programme d’armes nucléaires ouvertement génocidaire. Cette semaine, ‘The New York Times’ a rapporté une nouvelle torsion dans la stratégie du gouvernement Obama dans le traitement de cette menace. Il essaie de convaincre les Etats du Golfe Persique d’accepter de la part des USA des systèmes de défense avancés de missiles.

Cette nouvelle politique montre clairement que le gouvernement Obama n’a pas l’intention d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. Au lieu de cela, ses actes sur le terrain sont tournés vers l’accomplissement d’un but : convaincre les voisins arabes d’accepter l’Iran comme une puissance nucléaire et empêcher Israël d’agir militairement pour s’opposer à cette évolution. Les boucliers anti-missiles sont des aspects d’une politique de contention, pas de prévention. Et les tentatives des USA de saboter par des fuites la pression politique, la capacité de frappe par Israël des sites nucléaires de l’Iran, et les efforts pour affaiblir le gouvernement Netanyahou, montrent clairement qu’en ce qui concerne les USA, l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran n’est pas le problème.

C’est la perspective d’Israël d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires qui est le problème.

Plusieurs commentateurs américains mettent en avant que la politique du gouvernement Obama est la conséquence rationnelle de la divergence des évaluations des USA et d’Israël sur les menaces posées par les développements régionaux. Par exemple, dans un article de la revue online ‘Tablet’, Lee Smith argumente que les USA ne considèrent pas les développements en Egypte, en Iran et en Syrie comme menaçant les intérêts des  USA. Du point de vue de Washington, la perspective d’une attaque israélienne contre l’Iran est plus menaçante qu’un Iran doté de l’arme nucléaire, parce qu’une frappe israélienne déstabiliserait immédiatement la région.

Le problème de cette évaluation est son absurdité. Il est vrai qu’Israël est la première cible sur la liste de l ’Iran, et l’Egypte place Israël, pas les USA, dans son viseur. De même, la Syrie et ses alliés voyous utiliseront leurs armes chimiques contre Israël d’abord.

Mais cela ne signifie pas que les USA seront en sécurité. Les bénéficiaires probables des armes chimiques de la Syrie, les organisations terroristes sunnites et shiites – ont attaqué les USA par le passé. L’Iran a toute une histoire passée d’attaques de bateaux des USA voyageant sans parapluie nucléaire.


L’Iran serait sûrement plus agressif dans le Golfe Persique et le Détroit d’Ormuz, après avoir défié Washington en développant illégalement un arsenal nucléaire. Les USA sont beaucoup plus vulnérables à une interruption des voies d’expédition dans le Canal de Suez que ne l’est Israël.

La raison pour laquelle Israël et les USA sont alliés, c’est qu’Israël est la première ligne de défense des USA dans la région.

Si des évènements régionaux ne se produisaient pas aussi vite, la question « qui a perdu l’Egypte ? » aurait certainement eu son importance sous le projecteur de Washington. 


Mais il est clair, à partir du déni des USA de la signification du rapide achèvement par Morsi de la transformation islamique de l’Egypte ; de leur aveuglement aux dangers des armes chimiques et biologiques syriennes ; et de leur complaisance envers le programme nucléaire de l’Iran, au moment où l’Establishment de la politique étrangère des USA réalise qu’il a perdu l’Egypte, la question qui se posera ne sera pas “qui a perdu l’Egypte”. Elle sera : « Qui a perdu le Moyen-Orient ?”

caroline@carolineglick.com

Partager cet article

Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 12:08

 

netanyahouobama5mars2012 (Copier)

Le problème juif pour Barack Obama  

Par Wesley Pruden

http://www.jewishworldreview.com/cols/pruden073012.php3

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


Les Démocrates ont un problème, et son nom est Barack Obama. Avec réticence, beaucoup de Juifs, Démocrates loyaux par naissance et par tradition, ont conclu qu’il n’est pas CELUI qu’ils croyaient être.

Avec une réticence plus grande encore, la Maison Blanche a conclu que son problème juif est réel, croissant, et qu’elle ferait bien de faire quelque pour cela.

La déclaration importante de Mitt Romney dimanche à Jerusalem : empêcher l’Iran de fabriquer une arme nucléaire est « la plus haute priorité de sécurité nationale » de l’Amérique et la force militaire ne doit pas être exclue, et il considère Jerusalem comme la capitale d’Israël, met en puissant contraste la différence entre ce que les deux candidats pensent du seul véritable allié de l’Amérique au Moyen-Orient.

M. Romney veut, il est même impatient de donner un soutien sincère, empathique, pur, à pleine gorge à l’Etat juif à l’heure de son plus grand péril depuis sa fondation. M. Obama ne peut pas le faire parce qu’il ne « ressent pas cet amour ». Il vient d’une culture de radicalisme où Israël était considéré comme illégitime, si ce n’est diabolique. Il donne vraiment l’impression qu’il n’aime pas beaucoup les Juifs.

M. Obama répète seulement des assurances insipides et vides : tout est OK, les amis d’Israël ne doivent pas s’en faire parce que le messie de Chicago a l'oeil. Il a déclaré à une réunion à Palm Beach l’autre jour que les liens entre les USA et Israël sont plus forts que jamais. Fadaises, comme le Sénateur John McCain l’a dit franchement à un journaliste dans un entretien télévisé : « Tout le monde sait que les relations avec Israël n’ont jamais été pires ».

Des assurances insipides ne sont plus suffisantes pour satisfaire les vrais croyants trahis ; le soutien juif monolithique aux Démocrates, à tout Démocrate, s’effiloche sur les bords. Dire seulement que les électeurs juifs septiques et suspicieux n’en croient pas leurs yeux et leurs oreilles n’est plus efficace. Personne ne s’attend à ce que Mitt Romney gagne la majorité des électeurs juifs le 6 novembre prochain, ou quelque chose d’approchant. Il n’en n’a pas besoin. S’il peut grignoter trois à quatre pourcents dans certains Etats ‘bascules’, notamment en Floride et dans l’Ohio, cela changerait le jeu.

John McCain a consacré beaucoup de temps, d’attention et d’argent à tenter cela il y a quatre ans. George W. Bush a fait cette tentative en 2004. aucune n’a marché. Mais 2012 est un autre match.

Les électeurs juifs, comme d’autres ayant des passions et des convictions diverses, ont eu quatre années pour faire face au ‘remords de l’acheteur’. Quatre années de Barack Obama ont appris, même à ceux qui apprennent lentement, à prêter attention.

La preuve est qu’un groupe d’apprenants lents, juifs libéraux encore amoureux de M. Obama même si lui ne les aime pas, montent ensemble une campagne pour répondre au travail réussi de la Coalition Juive Républicaine pour obtenir le réveil des amis d’Israël et renifler l’odeur de la dure réalité. Cela n’est pas un agent Démocrate, a dit le magazine ‘Politico’, le journal quotidien de la colline du Capitole, un exemple où Obama est « mis dans un bateau rapide ». Personne ne raconte des histoires sur le président. Ses critiques juifs exposent seulement ce que tout un chacun à moitié réveillé pendant les quatre années écoulées, sait déjà.

Aaron David Miller, qui a travaillé pour plusieurs présidents Démocrates depuis un quart de siècle prévient les Démocrates d’une « turbulence à venir » dans un commentaire du magazine ‘Foreign Policy’ qui a secoué les assomptions juives. « J’ai observé peu de présidents hésiter sur cette question, écrit-il. Et Obama est vraiment différent. A l’opposé de Bill Clinton et de George W. Bush, Obama n’aime pas l’idée d’Israël. Il a un temps plus dur pour permettre à Israël un comportement qu’il n’aime pas… Le président ne fait pas de sentiment sur beaucoup de questions politiques, à l’exception possible des soins de santé. Mais sur Israël, il ne rachète pas le ‘petit Etat vivant sur la tranche du couteau' avec l’argument du passé sombre ».

Hélas, la tranche du couteau, c’est exactement là que vivent les Israéliens, que vous l’appréciiez ou pas, et Israël doit vivre en conséquence. Mitt Romney, comme son électorat, certains Juifs, la plupart non, et beaucoup d’entre eux Chrétiens évangéliques – comprend cela. M. Romney, comme son électorat, n’est pas embarrassé pour « faire du sentiment » à ce sujet. Barack Obama ne peut pas « faire de sentiment » parce que pour lui Israël n’est pas un ami et un allié naturel, lié à l’Amérique par des considérations de sang, de foi et de circonstance, mais une nuisance. Pourquoi Israël ne peut-il pas simplement disparaître ?

Cela est dur pour les Juifs, qui ont voté pour le Parti Démocrate depuis que leurs grands-parents se sont ralliés à Franck Delano Roosevelt et au ‘New Deal’, pour l’accepter comme la nouvelle réalité. Il a été plus facile de prétendre qu’il n’y a pas de problème. Mais maintenant il y a un problème, et il est trop gros pour le cacher par un simulacre commode. 

Partager cet article

Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:22

L’UE ou la diplomatie de l’échec

Israël et l’Union européenne entretiennent des relations contrastées, marquées tant par une importante coopération scientifique et économique que par des divergences profondes dans leur approche du conflit entre l’Etat juif et ses voisins arabes.  Dernier épisode en date, le refus du Conseil de l’Union européenne[1] d’accéder à la requête d’Avigdor Lieberman d’inclure le Hezbollah sur sa liste noire des organisations terroristes à la suite de l’attentat de Burgas qui a coûté la vie à cinq touristes israéliens. Motif : l’implication du mouvement shiite en politique[2] et dans le secteur caritatif. Le 24 juillet dernier, Erato Kozakou-Marcoullis, la ministre des affaires étrangères de la république de Chypre[3], déclarait : « Il n’y a pas de consensus [au sein de l’UE] pour placer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes ». Il n’y aurait même pas selon elle de « preuve tangible de l’implication du Hezbollah dans des activités terroristes ».

Ironie de l’histoire, c’est à Chypre que deux semaines auparavant était arrêté un libano-suédois qui préparait un attentat  à Limassol contre des  cibles israéliennes similaire à celui réussi peu après à Burgas. Le suspect s’est avéré être un agent du Hezbollah.

Ces développements ne sont pas nouveaux : en 2008, lors de l’assassinat d’Imad Moughnyeh, chef des opérations du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a accusé Israël et a juré vengeance. Depuis, avec le soutien financier et technique des Gardiens de la Révolution iranienne, le Hezbollah s’est lancé dans une vaste campagne visant les diplomates et touristes israéliens à l’étranger, comme l’ont montré cette année les attentats partiellement manqués en Inde et en Géorgie lors de l’anniversaire de la mort de Moughnyeh, puis ceux déjoués en Azerbaïdjan, en Bulgarie et en Thaïlande. Cette vague de violence shiite n’est que la dernière en date d’une longue série : soulignons que l’attentat de Burgas s’est produit au 18e anniversaire de l’explosion du centre communautaire juif AMIA de Buenos Aires qui avait coûté la vie à 85 personnes, attentat commis par le Hezbollah et commandité par Téhéran selon la justice argentine.

Ces faits, reconnus et étayés par les services de renseignement occidentaux, ne sont pas inconnus de l’Union européenne : les parlements hollandais, italien et européen ont tous trois ces dernières années adoptés des résolutions liant le Hezbollah ainsi que les Gardiens de la Révolution au terrorisme. Pourquoi donc ce refus obstiné de la diplomatie européenne de se ranger sur la position plus ferme notamment tenue par les Etats-Unis ?

Plusieurs éléments de réponse doivent être apportés. Tout d’abord, le principal poids diplomatique au sein de l’UE est la France, qui craint qu’une telle résolution ne nuise à son influence traditionnelle dans la politique libanaise alors que le clan pro-syrien, qui comporte le Hezbollah, y est en position de force. Par ailleurs, la fragilité de la FINUL au sud-Liban, dont la direction ainsi que près de la moitié des soldats sont issus de l’Union européenne, incite ses ministres des Affaires étrangères à la prudence. Menaces et intimidations régulières de la part des miliciens shiites empêchent déjà la réalisation de son mandat explicité par la résolution 1701 du conseil de sécurité des Nations Unies[4].Il est clair que le Hezbollah recourrait à la violence contre ces Casques bleus si l’Union européenne en venait à le classer comme organisation terroriste. Un des avantages pratiques ce geste serait en effet d’interdire tout transfert de fond de la part de personnes ou d’entités résidant au sein de l’Union européenne, ce qui gênerait l’organisation dans la mesure où les banques européennes sont des intermédiaires importants de ces transferts.

Mais, ce refus de la diplomatie européenne révèle une divergence profonde dans l’approche de la résolution de conflit. Contrairement à Israël, et dans une certaine mesure aux Etats-Unis, l’UE se base sur l’expérience historique de la construction européenne. Elle compte répéter hors de l’Europe la « success story » de la reconstruction économique et politique de l’Allemagne de l’après-guerre et de l’Europe de l’Est après la guerre froide. Selon cette conception, une batterie d’incitations de toutes sortes assorties d’une aidé économique conséquente suffiraient à mettre un pays sur la voie du développement et de la démocratisation. La négociation et le compromis prévalent donc toujours sur la condamnation. D’où l’injection de millions d’euros issus du budget européen dans la  « réforme du système éducatif » libanais alors même que le ministre de l’éducation inclut l’enseignement de la « résistance », c’est-à-dire du terrorisme commis par le Hezbollah avec le soutien de l’Iran.[5]

La raison de cet échec, au-delà des profondes différences historiques avec les « modèles » avancés, consiste en ce que le Liban peut compter sur d’autres sources de financement. Téhéran inonde en effet le « parti de Dieu » de dizaines de millions de dollars[6]  servant tant à son réarmement qu’à l’accroissement de son influence par la (re)construction d’infrastructures publiques. Un suivi de l’argent versé par l’UE suffirait à se rendre compte que cette politique de conciliation est vouée à l’échec. Mais l’absence de transparence dans la prise de décision et d’évaluation indépendante expliquent la perpétuation de cette incapacité de la communauté européenne à traiter des réalités au Moyen-Orient.

Comment nier l’implication du Hezbollah dans le terrorisme alors même que le mouvement vient de diffuser une vidéo de l’embuscade contre une patrouille israélienne en territoire israélien en 2006 ayant conduit à l’enlèvement d’Eldad Reguev et d’Ehoud Goldwasser et au déclenchement de la seconde guerre du Liban ? Il y a dans la position européenne une incapacité à défendre ses propres intérêts : c’est le même Hezbollah qui tuait en 1983 58 parachutistes français et 241 américains à Beyrouth. C’est le même Hezbollah qui est responsable de l’assassinat en 2005 de l’ancien Premier ministre libanais et ami personnel de Jacques Chirac Rakif Hariri. C’est le même Hezbollah (en la personne de Nasrallah) qui appelait en 2006 au djihad contre le Danemark suite à la publication des caricatures de Mahomet.

Dans ce  contexte, il est illusoire d’entretenir une distinction artificielle entre « branche armée » et « mouvement politique »comme le fait Kozakou-Marcoullis. Le Hezbollah, comme le Hamas palestinien qui est pourtant lui considéré par l’UE comme un groupe terroriste, incite à la haine et à la violence par l’intermédiaire de sa chaîne de télévision, al-Manar [le Phare], et entretient un vivier de recrues potentielles à travers son réseau caritatif qui permet également de lever des fonds à toutes fins et de justifier de remplacer l’Etat dans de larges zones du Liban. Ce dernier est  littéralement phagocyté par cette omniprésence du Hezbollah qui, avec sa participation au gouvernement de coalition, n’est plus simplement un Etat dans l’Etat possédant une milice conséquente ; il est en passe de prendre le contrôle de l’essentiel du pays. Il est donc temps que l’Union européenne cesse d’encourager voire de légitimer le Hezbollah et le classe comme organisation terroriste.


 


[1] Regroupement des 27 ministres des Affaires étrangères.

[2] Il compte 12 représentants sur 128 au parlement et est présent dans l’actuel gouvernement de coalition.

[3]  Actuellement à la tête de la présidence tournante de l’UE.

[4] Qui mentionne notamment « l’établissement, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnels armés, biens et armes, autres que ceux du Gouvernement libanais et des forces de la FINUL déployés dans la zone. »

[5] Selon  Gerald Steinberg, président de NGO Monitor qui effectue notamment un suivi des dons européens dans la région.

[6] Autour de 50 millions de dollars par an.

Partager cet article

Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:20

Le remarquable discours de Mitt Romney à Jérusalem

par Daniel Pipes
29 juillet 2012

http://fr.danielpipes.org/blog/2012/07/mitt-romney-jerusalem

Version originale anglaise: Romney's Remarkable Speech in Jerusalem
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Soyez le premier de vos amis à indiquer que vous aimez ça.

Mitt Romney, pratiquement le candidat officiel républicain à la présidentielle, a prononcé un discours passionné à la Fondation de Jérusalem aujourd'hui, enveloppant d'un soutien affectif les déclarations de franche politique. Le contraste avec le président Obama pourrait difficilement être plus spectaculaire. En effet, on pourrait éplucher le discours et noter les nombreuses assertions qui réfutent Obama. Par exemple, le commentaire d'ouverture que «mettre les pieds en Israël c'est mettre les pieds dans une nation qui a commencé avec une ancienne promesse faite dans cette terre» contraste directement avec la déclaration dure d'Obama au Caire sur «l'aspiration à une patrie juive [étant] enracinée dans une histoire tragique.»

Mitt Romney parlant avec en toile de fond Jérusalem.

En outre, contrairement à la position absurde de l'administration Obama sur Jérusalem –effectuant sournoisement les changements de légendes qui l'identifiaient comme telle [capitale d'Israël (NDLT)] et en passant par la gymnastique verbale pour éviter de la nommer - Romney s'est dévoilé et a clairement appelé Jérusalem « la capitale d'Israël»

Plusieurs de ses déclarations sont un hymne à l'Etat juif et aux liens extraordinaires qui l'unissent aux États-Unis. Quelques citations, avec des mots-clés que j'ai mis en italique dans chaque citation:

Nos deux nations sont séparées par plus de 8000 kms. Mais pour un Américain à l'étranger, on ne peut pas être plus proche des idéaux et des convictions de mon propre pays qu'on ne l'est en Israël.

J'ai la ferme conviction que la sécurité d'Israël est vitale pour les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis.

Nous avons vu les horreurs de l'histoire. Nous ne resterons pas là sans rien faire. Nous n'allons pas les regarder jouer à nouveau. Il serait insensé de ne pas prendre les dirigeants iraniens au mot. Ils sont, après tout, le produit d'une théocratie radicale. ... Nous avons un devoir solennel et un impératif moral de refuser aux dirigeants iraniens les moyens de donner suite à leurs intentions malveillantes.

Notre alliance est plus profonde que les modèles de stratégie ou le poids des intérêts. L'histoire de la façon dont l'Amérique - une nation encore si nouvelle dans le monde du point de vue de cette ancienne région - se leva pour devenir le cher ami du peuple d'Israël est parmi les plus beaux et le plus prometteurs [exemples] dans l'histoire de notre nation. Aussi différents que nos chemins aient été, nous voyons les mêmes qualités dans l'autre. Israël et l'Amérique sont à bien des égards le miroir l'un de l'autre.

L'alliance durable entre l'Etat d'Israël et les États-Unis d'Amérique est plus qu'une alliance stratégique: c'est une force au service du bien dans le monde. Le soutien de l'Amérique à Israël devrait rendre tout Américain fier. Nous ne devrions pas permettre aux complexités inévitables de la géopolitique moderne d'occulter les pierres de touche fondamentales. Une ... Amérique libre et forte se tiendra toujours à côté d'un Israël libre et fort.

Par l'histoire et par conviction, nos deux pays sont liés entre eux. Aucun individu, aucune nation, aucune organisation mondiale, ne nous séparera. Et tant que nous restons ensemble et solidaires, il n'y a pas de menace que nous ne puissions pas surmonter et très peu de chose que nous ne puissions pas réaliser.

Mais de tout le discours, ce sont les derniers mots qui m'ont le plus frappé . «Fasse que Dieu bénisse l'Amérique, et qu'Il bénisse et protège la nation d'Israël ». Depuis quand un politicien a-t-il demandé au Seigneur de protéger un autre pays et pas uniquement le sien propre?

Commentaires: (1) Obama et Romney se présentent comme étant autant en désaccord sur Israël qu'ils le sont sur les sources de la croissance économique. (2) A maintes reprises, Romney est revenu à la question des obligations morales existant entre les deux pays ; oui, il y a des avantages mutuels à notre relation, mais finalement cela reflète quelque chose de supérieur et de plus grand que n'importe lequel d'entre nous. (3) S'il est élu, il sera fascinant de voir dans quelle mesure les perspectives exprimées aujourd'hui se transmettront aux questions de politique courante. Je m'attends à ce qu'il les transmette en grande partie.

Mise à jour du 29 juillet 2012: (1) Josh Katzen du service de JNS.org news note le contraste entre les dires de Romney: «Je suis impatient que ma famille se joigne à lui [c.-à-Netanyahu] ce soir, comme ils observent la clôture de ce jour de jeûne de Ticha B'Av »[le jeûne du neuvième jour du mois d'Av, jeûne du cinquième mois (NDLT)]et l'attitude d' Obama snobant Netanyahu à la Maison Blanche quand Obama s'en alla dîner avec sa famille en mars 2010, laissant le Premier ministre israélien poireauter.

(2) Le Centre « Menachem Begin Heritage » fait remarquer que Romney a cité Begin trois fois dans son discours, ce n'est pas quelque chose qu'un candidat à la présidence fait chaque jour.

Thèmes connexes: Israël, Jérusalem, Politique étrangère américaine Il est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

Partager cet article

Repost0
29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 09:08

 

Rudy Guiliani attaque le passé d’Obama envers Israël

 

Par le Comité de Rédaction du Jerusalem Post, 28/07/2012

http://www.jpost.com/USPresidentialrace/Article.aspx?id=279198

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


En soutien à Mitt Romney, l’ancien maire de New York déclare que le président des USA essaie de pousser Israël vers les frontières « indéfendables » de 1967.


Dans un soutien élogieux au candidat Républicain présumé Mitt Romney en Floride, considéré comme un « Etat du champ de bataille » pour l’élection présidentielle américaine à venir, l’ancien maire de la ville de New York Rudy Giuliani a décrit le président des USA Barack Obama comme un « faux ami » d’Israël.


« Mitt Romney est en route vers l’Etat d’Israël », a dit Giuliani à une foule enthousiaste de Républicains à Baco Raton, en Floride. « Le président Obama n’a pas posé le pied dans l’Etat d’Israël depuis qu’il est président des Etats-Unis. Il a eu le temps d’aller en Egypte. Il a eu le temps de baiser la main et de se courber devant le roi d’Arabie saoudite. Il a eu le temps d’écrire des lettres à l’ayatollah iranien, suppliant l’ayatollah de négocier avec lui… Mais il n’a pas eu le temps d’aller dans l’Etat d’Israël ».


L’arrivée de Mitt Romney était prévue en Israël samedi pour des entretiens de haut niveau avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président Shimon Peres, le chef de l’opposition Shaul Mofaz et le chef du Parti Travailliste Shelly Yeshimovitch.


« Une chose encore doit changer avec ce président : ce président est meilleur avec nos ennemis qu’il ne l’est avec nos amis » dit-il. Debbie Wasserman-Schultz a dit que « Barack Obama est un ami d’Israël. J’ai dit que cela est une plaisanterie » Wasserman-Schultz a été la première femme juive de Floride élue à la Chambre des Représentants et elle est une militante enthousiaste du président des USA.


Guiliani a attaqué l’idée qu’Israël devrait revenir aux frontières d’avant 1967, les qualifiant « d’indéfendables » et déclarant qu’Obama « met la vie d’Israéliens en jeu » en les soutenant. « Désormais, avec l’Egypte sous le contrôle des ‘Frères Musulmans’ et la Syrie sous le contrôle d’un fou [le président Bashar Assad], elles sont encore plus indéfendables qu’elles ne l’étaient en 1967 ». 

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
  • Contact

Traducteur

English German Spanish Portuguese Italian Dutch
Russian Polish Hebrew Czech Greek Hindi

Recherche

Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

Les news de blogs amis