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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 08:44

Le déterminant pour Romney

 

 

Par MARTIN SHERMAN

 
Jerusalem Post 26/07/2012

 

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=279083

 

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


 

Réinventer l’Amérique ou ne pas inventer l’Amérique : Voilà comment le choix entre Romney et Obama devrait être présenté.


 

  

 

Une démocratie continuera d’exister jusqu’au moment où les électeurs découvriront qu’ils peuvent se voter de généreux cadeaux du trésor Public. A partir de ce moment, la majorité votera toujours pour les candidats qui promettront les meilleurs bénéfices du trésor Public, avec pour résultat que toute démocratie s’effondrera finalement du fait d’une politique fiscale laxiste, qui est toujours suivie par une dictature – Un passage des « Origines disputées » fréquemment, mais apparemment faussement attibué à Alexander Fraser Tytler, Lord Woodhouselee (1743–1813).


 

"C’était l’époque la plus mémorable de ma vie. C’était un moment émouvant parce que je ne pensais pas qu’un tel jour arriverait jamais. Je n’aurai pas besoin de me soucier de mettre de l’essence dans ma voiture. Je n’aurai pas besoin de me soucier de payer mes amortissements. Vous voyez, si je l’aide, il m’aidera". – La sympathisante d’Obama Peggy Joseph, à une réunion électorale, sur la chaîne NBC Channel 6 News, le 30 octobre 2008.



"Toutes les personnes qui ont voté pour Obama ne pensent pas de cette façon [celle de Peggy Joseph] bien sûr. Mais un nombre suffisant d’Américains le pense, ne cessant de nous étonner sur la façon dont nous avons provoqué ce changement dans ces esprits" – Jim Geraghty, National Review Online, 26 mars 2012.

 

Ces trois extraits résument l’essence de ce que seront les élections présidentielles aux USA. Le choix sera bien plus fondamental que celui entre deux Partis. Il se situera entre deux visions profondément divergentes de l’avenir de l’Amérique.


Oui, les questions, face à l’électorat des USA, sont multiples et complexes. Peu d’entre elles sont sans nuance. Pour beaucoup d’ente elles, la différence de positions entre les deux concurrents à la présidence sont plus une affaire de nuance plutôt que de principe, parfois plus rhétoriques que de substance opérationnelle.

Discerner une différence dichotomique

Mais malgré la complexité, il n’y rien d’ambigu sur la décision que les électeurs seront appelés à prendre, ni sur l’impact historique qu’elle aura sur la destinée des USA. Dans une large mesure, elle déterminera selon toute probabilité l’évolution de l’Amérique pour les décennies à venir, aussi bien en politique intérieure qu’étrangère, y compris pour les relations avec Israël.


 

Sans tenir compte d’une ambiguïté, même de chevauchement, qui puisse exister dans les positions des deux concurrents sur des questions spécifiques, il y a peu de difficulté à discerner la dichotomie dans les « enveloppes » idéologiques de leur credo politique, qui, presque comme une enveloppe postale – détermine la destination – et la destinée – des contenus.


En ce qui concerne leurs concepts centraux, ces « enveloppes idéologiques » reflètent profondément les points d’opposition initiaux tels la conduite de la vie de l’Amérique et ses relations avec ses alliés.


La différence se situe entre une approche qui met l’accent sur la promotion de l’entreprise et celle qui met l’accent sur la fourniture de droits ; entre une attitude qui encourage l’industrie et celle qui induit l’indolence ; entre une conception clairement respectueuse du succès et celle qui a du ressentiment à son égard ; entre une croyance qui encourage la confiance en soi et la responsabilité individuelle, et celle qui encourage la dépendance et fait de la société un bouc émissaire.



Démagogie déformante ?

Sans aucun doute, cette catégorisation en noir et blanc (sans jeu de mots) fera jaillir des hurlements de protestations. Elle sera écartée comme superficielle, faite de stéréotypes simplistes, une démagogie déformante, une invective mal informée et sans nuance.

 

Mais une telle critique serait déplacée. Car la description crue des paramètres recouvrant des systèmes de croyance opposés des deux concurrents apporte une évaluation bien plus appropriée de ce qui est en jeu dans les élections à venir, qu’une analyse détaillée de la façon dont ils se proposent de traiter de questions spécifiques, bien que de poids, actuellement sur l’agenda national des USA.


L’Amérique est au tournant d’une métamorphose de son essence fondamentale. Elle bouillonne entre le choix de deux modèles irréconciliables pour l’avenir du pays. Cette élection est beaucoup plus qu’une différence de politiques.


Elle concerne la façon dont l’Amérique souhaite se voir – maintenant et dans l’avenir – et peut-être même plus important, sur la façon dont elle ne veut pas se voir elle-même.


C’est donc un choix entre non seulement ce que chaque concurrent symbolise, mais peut-être même encore plus important, ce qu’il n’est pas.


Revoyez la citation liminaire de la partisane passionnée de Barack Obama, Peggy Joseph, qui apercevait que son soutien pour lui apporterait un bouquet de bienfaits gratuits ou fournis par le gouvernement.


Clairement – comme le journaliste conservateur Jim Geraghty l’indique – tous les partisans d’Obama ne souscrivent pas à l’école de pensée de Peggy Joseph, mais un nombre significatif et apparemment croissant le fait. Par contraste, il est presque inconcevable qu’un électeur présumé de Romney adhèrerait à des sentiments de loin similaires à ceux adoptés par Mme Joseph, comme le combustible gratuit et le logement ne sont pas des composantes de leurs attentes politiques.


 

De même, il est aussi inconcevable que tout programme politique présenté par Mitt Romney attrape des électeurs du type de Mme Joseph, puisque, en toute probabilité, ils n’encourageraient pas la croyance en une utopie de dépense - gratuite est disponible – mais plutôt que les réservoirs doivent être remplis et les amortissements payés grâce au fruit d’un dur labeur.

 

Vous voyez ce que je veux dire sur la division entre « l’industrie versus l’indolence » mentionnée ci-dessus ? Pas convaincu ? Lisez la suite.



Rhétorique révélatrice ?


Il est inconcevable que quiconque adhèrant à « l’enveloppe idéologique » de Romney aurait déclaré, comme Obama l’a fait récemment lors d’une réunion en Virginie, que les propriétaires d’affaires doivent leur succès aux autres – et d’abord au gouvernement.

 

« Vous voyez, si vous avez réussi, vous n’y êtes pas parvenu par vous-même. Je suis toujours frappé par les gens qui pensent, eh bien, ça doit être parce que j’étais tout simplement si intelligent. Il y a beaucoup de gens intelligents. Ce doit être parce j’ai travaillé plus dur que tous les autres. Laissez-moi vous dire quelque chose – il y a une floppée de gens qui travaillent dur ici… Si vous avez eu une affaire, vous ne l’avez pas bâtie. Quelqu’un d’autre l’a fait », dit le président.

 

La réponse de Romney n’aurait pas pu être plus pertinente : « Je ne crois pas que quiconque aurait pu déclarer ce qu’il a dit s’il avait vraiment démarré une affaire ou même dans une affaire… Croyons-nous dans une Amérique qui est grande à cause du gouvernement ou croyons-nous dans une Amérique qui est grande grâce aux gens libres autorisés à réaliser leurs rêves et à construire leur avenir ? ».


 

Obama a bien sûr raison quand il dit que les affaires profitent des infrastructures construites par le gouvernement : « Quelqu’un a aidé à créer cet incroyable système américain que nous avons et qui vous permet de vous battre. Quelqu’un a investi dans les routes et les ponts » dit-il.

 

Cependant, l’Union soviétique a eu aussi un gouvernement qui a construit des routes et des ponts et des barrages, et a même été pionnière en matière d’homme dans l’espace, et tout cela ne l’a pas sauvée d’un effondrement total.

 

Dans une réponse incisive, l’ancien assistant du secrétaire adjoint David Cohen a fait cette remarque éloquente :


« Le président pense-t-il vraiment que cet ‘incroyable système américain’ est fondé sur le fait que nous utilisons les fonds publics pour construire des routes et des ponts ? Si je puis répondre au président en paraphrasant ses propres mots : « laissez-moi vous dire quelque chose – il existe tout un ensemble de pays hors d’ici qui utilisent des fonds publics pour construire des routes et des ponts. Mais aucun de ces autres pays n’a réussi aussi bien que les Etats-Unis d’Amérique, alors il doit y avoir quelque chose d’autre qui rend compte de cet incroyable système américain ».


Alors comme le demande Romney : « Croyons en une Amérique qui est grande à cause de son gouvernement ou croyons nous en une Amérique qui est grande grâce aux gens libres autorisés à réaliser leurs rêves et à construire leur avenir ? ».



Une question de contexte ?

Bien que les remarques d’Obama aient été reçues avec enthousiasme à la réunion de Virginie, il est vite apparu qu’elles étaient gravement insultantes pour les millions de propriétaires de petites affaires travaillant dur et dont les USA dépendent pour créer des emplois.

 

Sans surprise, le camp d’Obama a commencé de clamer que les critiques prenaient « ses mots sur le petit business hors de leur contexte ».

 

Mais ces efforts sont au mieux non persuasifs. Car comme Cohen l’observe, « il n’est pas important de savoir si « vous n’avez pas construit cela » se réfère à l’affaire d’un entrepreneur [l’interprétation la plus logique] ou sur les routes et les ponts utilisés par cette affaire ».


De quelque façon que vous les tranchiez, « Les remarques du président ont été clairement une remarque humiliante et méprisante pour les propriétaires de petites affaires qui, selon l’opinion du président, veulent s’accorder trop d’importance pour leur propre succès » dit Cohen.


Pour tout un chacun – autre que celui ayant ouvertement des préjugés – qui a observé l’enregistrement de la vidéo du discours, il est difficile de contredire l’appréciation de Cohen sur le fait qu’il « se moque des petits hommes d’affaire qui ont l’impudence de penser qu’ils ont réussi parce qu’ils étaient ‘si intelligents’ ou ‘ont travaillé plus dur que tous les autres’. »


il n’est pas facile d’échapper à sa conclusion caustique : « Le point des remarques du président n’était pas de célébrer le courage, le dur labeur et la vision qu’il faut pour réussir une affaire. Plutôt, le point était de sermonner les propriétaires de petites affaires ayant réussi pour qu'ils ne soient pas trop fiers d’eux-mêmes, ne pensent pas qu’ils sont tellement spéciaux. Et sur cette voie, il parvint à dénigrer l’importance de l’intelligence et du dur labeur ».


Tout cela souligne la distinction que j’ai tirée plus tôt entre les approches idéologiques qui « respectent le succès » et celle qui « ont du ressentiment à son égard ».


Influences formatrices, inclinations politiques

De nombreuses manières, l’élection d’Obama en 2008 a été un tournant. Mais cela ne l’a pas tant été parce que c’était la première fois qu’un homme de couleur était élu au poste le plus élevé des USA et dans la position la plus puissante dans le monde.

 

Plutôt, ça a été un tournant parce que, pour la première fois, la personne élue était quelqu’un dont le credo politique était en coïncidence avec un environnement où beaucoup des influences de sa formation (aussi bien en matière de personnalité et d’idéologies), et les allégeances résultantes et inclinations politiques, différaient profondément (sans doute de façon antithétique) en substance et en ressenti, de celles qui ont fait historiquement que l’Amérique devienne l’Amérique.


Il serait largement irréaliste, par conséquent, de faire l’hypothèse que ces différences ne se traduiraient pas en une interprétation des intérêts des USA, et de là du projet politique, aussi bien intérieur et à l’étranger, qui diffèrent profondément – et même de façon antithétique – en relation à la façon dont elles étaient perçues et se poursuivaient dans le passé.


Et en effet, il semble certainement qu’elles l’ont été. J’ai essayé d’illustrer cela brièvement dans la sphère intérieure ; dans la sphère des relations étrangères, les choses sont pour le moins bien plus troublantes.


Front de la politique étrangère

De profondes préoccupations sur la perspective d’Obama quant à la conduite de la politique étrangère des USA – certainement du point de vue israélien – ont été soulevées très tôt pendant sa présidence. Dans son discours destiné à un grand public musulman de juin 2009 au Caire, il déclara : « L’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs et n’ont pas besoin d’être en concurrence. Au lieu de cela, ils se rejoignent, et partagent des principes communs – principes de justice et de progrès, de tolérance et de dignité pour tous les êtres humains ».

 

Clairement, voilà une proclamation qu’il est extrêmement difficile de réconcilier avec la réalité. Après tout, la vie en Amérique,     telle qu’elle est gouvernée par la constitution des USA est à l’opposé de la vie sous l’islam gouvernée par la shar’ia – en particulier en ce qui concerne « la tolérance et la dignité des autres ».


C’est une parallèle qu’il serait hautement improbable de voir tirée par Romney

 

La visite prochaine bien en vue de Romney en Israël accentue les différences extrêmes avec Obama.


C’est vrai, Obama a fait une visite pré-présidentielle dans le pays en 2008, mais on se souvient qu’elle a été annulée par son absence ostensible depuis, en particulier à la lumière de ses fréquentes visites dans de nombreux pays arabes de la région et de sa relation aigre avec Benyamin Netanyahou.

 

C’est vrai, Obama peut pointer des exemples où son gouvernement a agi de façon affirmée pour préserver et promouvoir les intérêts israéliens sur un nombre de questions critiques.

 

Cependant, si l’on est plus circonspect – ou cynique – on peut suggérer que cette largesse pro-Israélienne ne doit pas être inscrite au moindre changement favorable de son sentiment envers Israël.


Plutôt, il doit être considéré comme le résultat d’un souci croissant concernant les conséquences d’un retour de bâton de l’électorat juif, alimenté par ce que beaucoup ont considéré comme une approche grossièrement biaisée à l’égard d’Israël.


Même l’inconditionnel partisan d’Obama, l’expert Peter Beinart s’est plaint qu’Obama ait abandonné son projet à l’origine « progressiste » (lisez « complaisant envers les palestiniens ») à l'encontre d'Israël à cause d’une pression des principaux groupes juifs des USA.

 

Ainsi pour Israël, la perspective d’un représentant à la Maison Blanche ayant une affinité inhérente pour les adversaires d’Israël et libéré des préoccupations de sa réélection, c’est celui qui doit être considéré avec la plus haute gravité.



Réinventer ou ne pas inventer l’Amérique

Voilà des heures sombres pour l’Amérique – taux de chômage élevés, infrastructures vieillissantes et de plus en plus non compétitives, déficits croissants, et taux d’intérêts à presque zéro pourcent. Toutes ces maladies réunies composent une situation difficile qui laissent les décisionnaires politiques presque « sans munitions ».

 

Des compétences managériales affûtées ne suffiront pas.


Ce dont l’Amérique a besoin maintenant c’est une vision nouvelle (ou plutôt renouvelée) d’elle-même. Au cours des quatre dernières années, l’Amérique a été sujette à des politiques qui apparaissent plus destinées à la défaire plutôt qu’à la refaire, à la déconstruire plutôt qu’à la reconstruire. Obama a laissé la nation avec une espérance amoindrie et un changement en échec.


L’Amérique est à une croisée 
fatidique des chemins. Elle peut choisir l’un des deux chemins : Se réinventer ou ne pas s’inventer. Mitt Romney doit saisir ce moment et conduire le pays vers le premier et loin du dernier.


www.martinsherman.net  

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 12:50

 

 

Pourquoi va-t-il là où il va ?


Par Charles Krauthammer,

Washington Post 26/07/2012 

https://ssl.washingtonpost.com/actmgmt/registration/login/long?appnid=opinions&destination=http://www.washingtonpost.com/opinions/charles-krauthammer-why-hes-going-where-hes-going/2012/07/26/gJQAGkzJCX_story.html


Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

Il y a une génération, c’étaient les trois ‘I’. Le voyage à l’étranger obligatoire d’un concurrent à la présidentielle comprenait l’Irlande, l’Italie et Israël. L’itinéraire de Mitt Romney est légèrement différent : Grande Bretagne, Pologne et Israël.

Ce n’est pas vraiment l’appel ethnique tout cru de jadis. Chaque destination suggère une affinité un peu plus subtile : la Grande Bretagne, jouant sur notre connexion culturelle avec l’Abbaye des gens de Downton qui ont été à nos côtés dans pratiquement chaque combat au cours de cent dernières années ; la Pologne, représentant la « nouvelle Europe », les habitants d’Europe centrale sans vergogne si proaméricains; Israël, attractif pour la majorité des Juifs américains mais aussi pour un nombre infiniment plus grand de Chrétiens évangéliques passionnément sympathisants.

A l’opposé d’Obama, Romney à l’étranger n’admonestera pas son propre pays, en critiquant son président ou en se déclarant un citoyen du monde. En fait, Romney ne devrait rien déclarer de substantiel, uniquement offrir des expressions chaleureuses à ses hôtes – et éviter un contretemps inutile, comme sa critique inexplicablement bête et gratuite sur la prise en charge des Jeux Olympiques par la Grande Bretagne. Tout ce qui compte est de montrer son estime aux plus proches alliés, une chose où le président actuel a remarquablement échoué.

Au contraire, Obama a entamé sa présidence en retournant à l’ambassade britannique le buste de Winston Churchill qui ornait le Bureau Ovale. Puis l’officiel du département d’Etat qui nia l’existence même d’une relation particulière entre les USA et la Grande-Bretagne, disant : « Il n’y a rien de spécial avec la Grande-Bretagne. Vous êtes simplement au même rang que les 190 autres pays dans le monde ».

Le sommet a été atteint pour les Britanniques avec la claque sur les Îles Falkland, question qu’ils avaient considérée résolue depuis qu’ils avaient repoussé l’invasion argentine il y a 30 ans. Ils ne furent pas amusés par la neutralité étudiée du gouvernement Obama entre la Grande Bretagne et l’Argentine, avec à la fois un porte-parole du département d’Etat et le président employant ostensiblement le mot « Malouines », le nom argentin politiquement connoté, de façon équivalente à « Falkland ». (Bien que le président le ratât, les désignant du nom de « Maldives », archipel d’îles de l’océan indien situé à 12.500 km).

De même pour la Pologne, elle fut stupéfiée de l’annulation unilatérale par Obama d’un accord sur un missile de défense signé par le gouvernement Bush (le 43ème président). Ayant défié les menaces vociférantes russes pour aider notre défense contre des missiles iraniens, les Polonais s’attendaient à un meilleur traitement qu’à se réveiller un matin – le 70ème anniversaire de l’invasion soviétique de la Pologne, pas moins – pour se retrouver victimes de la politique de « remise à zéro » d’arrangement avec la Russie. Tout cela pour se protéger d’une intimidation russe, quelque chose qu’ils croyaient avoir enfin gagné avec la fin de la guerre Froide.

Puis il y a Israël, l’exemple le plus flagrant du mépris par Obama pour des alliés traditionnels. Obama a pris ses fonctions avec l’intention explicite de faire entrer « la lumière du jour » entre lui et Israël, croyant qu’en s’inclinant face aux Arabes, ils seraient plus accommodants.

C’est le contraire qui arriva. (Surprise !) Quand Obama insista sur le gel de la construction à Jerusalem qu’aucun gouvernement des USA n’avait jamais exigé et qu’aucun gouvernement israélien n’accepterait jamais, l’Autorité Palestinienne vit clairement comment devenir totalement récalcitrante. Le président palestinien Mahmoud Abbas déclara ouvertement au ‘Washington Post’ qu’il se contenterait d’observer et d’attendre que l’Amérique lui livre Israël.

Résultat ? Abbas refusa de négocier. Pire, il essaya de saper le principe fondamental de la diplomatie des USA au Moyen-Orient – une solution négociée à deux Etats – en cherchant une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien à l’ONU, sans pourparlers ou accords bilatéraux.

En Israel, sans doute Romney ne dira-t-il rien de nouveau. Il répètera seulement son discours dur sur le programme nucléaire de l’Iran. Mais je soupçonne qu’il fera savoir en privé aux Israéliens que, contrairement à l’idée conventionnelle que son esprit belliciste montre qu’il est prêt à attaquer les installations nucléaires de l’Iran, sa véritable intention est de signaler que, à l’opposé d’Obama, il est vraiment engagé à permettre à Israël ce qu’il doit faire pour se défendre lui-même. Ce seront des nouvelles bienvenues pour une nation qui n’a jamais demandé à qui que ce soit se combattre en son nom, seulement un feu vert pour se défendre sans entraves ou menaces voilées de ses amis.

Le plus important cependant, est seulement de se montrer. Cela représente 80% dans la vie remarqua une fois Woody Allen. Il n’est pas nécessaire d’en dire beaucoup. La seule présence de Romney parlera d’elle-même.

Aux Israéliens: « Nous comprenons votre détresse unique. Si et quand vous accomplissez ce que vous avez à faire, nous nous tiendrons à vos côtés ». Aux Polonais : « Vous pouvez compter sur le parapluie américain. Je ne vous laisserai jamais dans le froid ». Et aux Britanniques « Nous avons de la gratitude pour votre solidarité continue dans des lieux horribles comme l’Irak et l’Afghanistan. Notre relation est vraiment spéciale ».

« Et une chose de plus. Vous avez toujours ce buste de Churchill ? ».

En partance vers Londres jeudi dernier, Romney dit : Je veux Winnie* de retour dans le Bureau Ovale.

letters@charleskrauthammer.com  

Winnie* = Winston

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 16:50

Liberman: le transfert d’ADM* au Hezbollah est un 'casus belli'


Par HERB KEINON

Jerusalem Post 24/07/2012

http://www.jpost.com/DiplomacyAndPolitics/Article.aspx?id=278700


Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


Le ministre des affaires étrangères rencontre des officiels européens à Bruxelles et pousse à un engagement international pour se prémunir des réserves d’armes non conventionnelles de la Syrie ; l’UE : pas de consensus pour placer le Hezbollah sur une liste terroriste.


Le transfert d’armes chimiques de Syrie au Hezbollah est clairement un ‘casus belli’, et Israël agira « de façon décisive, sans hésitation et sans retenue », a déclaré le ministre des affaires étrangères Avigdor Liberman, mardi.


S’adressant à une conférence de presse à la réunion de Conseil de l’Association UE – Israël à Bruxelles, Liberman a dit que cela serait un match totalement différent, et nous espérons la compréhension et la coopération de la communauté internationale ».


Liberman a dit que la communauté internationale devrait s’engager pour empêcher la possibilité d’employer des armes biologiques et chimiques.


Concernant l’Iran, Liberman a déclaré qu’après trois rounds de négociations à Istanbul, Bagdad et Moscou, le temps est venu de tirer certaines conclusions.


« Nous ne pouvons pas négocier indéfiniment, à dit Liberman. Le temps viendra où des négociations devront prendre fin et où il faudra en venir à l’acte. Nous avons de la patience, nous attendons, nous suivons anxieusement ces pourparlers, mais nous espérons aussi voir des résultats substantiels ».


Les commentaires de Liberman sont intervenus le même jour que les pourparlers du groupe P5 + 1 se renouvelaient à Istanbul.


Liberman a aussi appelé l’UE à placer le Hezbollah sur la liste noire du terrorisme de l’UE, disant : « de notre point de vue, il est inacceptable que des terroristes du Hezbollah rencontrent et parlent avec des diplomates occidentaux à Beyrouth d’un côté, et poursuivent leur activité terroriste sur le sol européen de l’autre ».


Erato Kozakou-Marcoullis, la ministre des affaires étrangères de Chypre, qui détient actuellement la présidence tournante de l’UE, a dit clairement à Liberman que cela ne se produira pas si rapidement.


Elle a dit que la décision d’inclure le Hezbollah sur les listes du terrorisme de l’UE requiert l’unanimité chez l’ensemble de 27 pays de l’UE.


« Le Hezbollah libanais comprend un Parti politique, un réseau de services sociaux et une aile armée, dit-elle. Le Hezbollah est actif dans la politique libanaise, y compris au Parlement et dans le gouvernement, et il joue un rôle spécifique dans le statu quo au Liban ».


Si l’on tient compte de cela, dit-elle, il n’y a pas de consensus parmi les Etats membres de l’UE pour mettre le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. S’il existait une preuve tangible que le Hezbollah est engagé dans des actes de terrorisme, l’UE envisagerait de placer l’organisation sur sa liste ».


Chypre détient actuellement un suspect qui, selon des officiels israéliens, a reconnu pendant son interrogatoire être un agent du Hezbollah. Il a été arrêté là-bas le mois dernier alors qu’il aurait planifié une attaque contre des touristes israéliens.


Ndt : ADM* = Armes de Destruction Massive

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 18:29

L’échec spectaculaire d’Obama

The Jerusalem Post 12/07/2012  

 

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=277318

 

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

 

Il y a deux semaines, lors d’une cérémonie officieuse d’entrée en fonction au Square Tahrir au Caire, le nouveau président des ‘Frères Musulmans’ d’Egypte Mohamed Mursi a retiré son masque de modéré. Devant une foule de centaines de milliers de gens, Mursi a promis d’œuvrer à la libération d’une prison fédérale du sheikh Oman Abdel-Rahman.

 

Selon le compte-rendu de son discours par le ‘New York Times', Mursi a dit : « Je vois des signes [tenus pas les membres de la foule] des photos d’Omar Abdel Rahman et de ses co-détenus ». il est de mon devoir de faire tous les efforts  possibles pour les faire libérer, y compris Abdel Rahman ».

 

Egalement connu sous le nom de sheikh aveugle, Abdel Rahman a été le cerveau de la cellule jihadiste dans le New Jersey qui a perpétré l’attentat à la bombe du World Trade Center en 1993. Sa cellule a aussi assassiné le rabbi Meir Kahane à New York en 1990. Ils ont comploté l’assassinat du président de l’époque Hosni Moubarak. Ils ont projeté de bombarder les principaux lieux connus de New York dont les tunnels Lincoln et Holland et le QG des Nations Unies.

 

Rahman était le chef de la Gama'a al-Islamia – le groupe Islamique responsable, entre autres choses, de l’assassinat d’Anouar Sadate en 1981. Autorité sunnite renommée, Rahman a rédigé une fatwa, ou décision islamique, permettant le meurtre de Sadate en rétribution de sa signature du traité de paix avec Israël. Le groupe islamique est sur la liste du Département d’Etat des USA spécialement désigné comme organisation terroriste.

 

Après sa condamnation en liaison avec l’attentat à la bombe du World Trade Center de 1993, Abdel-Rahman a émis une autre fatwa appelant au jihad contre les USA. Après les attaques du 11 septembre 2001, Oussama ben Laden a cité Abdel-Rahman comme leur justification religieuse.

 

En appelant à la libération d’Abdel-Rahman, Mursi s’est aligné avec son gouvernement sur les pires ennemis des USA. En appelant à la libération d’Abdel-Rahman au cours de sa cérémonie officieuse de prise de fonction, Mursi a montré qu’il prend davantage soin de se gagner l’approbation des jihadistes les plus violents qui haïssent l’Amérique dans le monde, plutôt que de cultiver de bonnes relations avec l’Amérique.  

 

Et en réponse à l’acte suprême d’inimitié de Mursi, le président des USA Barack Obama a invité Mursi à lui rendre visite à la Maison Blanche.

 

Mursi n’est pas le seul partisan à jouir d’une chaleureuse hospitalité à la Maison Blanche.

 

Son organisation terroriste personnelle a aussi reçu du gouvernement des USA des largesses. Malgré le fait que la loi fédérale considère comme une trahison le fait d’aider des membres d’organisations terroristes particulièrement désignées, le mois dernier le Département d’Etat a invité un membre du groupe Hani Nour Eldin, membre récemment élu du parlement égyptien dominé par les islamistes, à visiter les USA pour y rencontrer des officiels américains de haut rang à la Maison blanche et au Département d’Etat, comme partie d’une délégation de parlementaires égyptiens.

 

La porte-parole du Département d’Etat Victoria Nuland a refusé de fournir la moindre explication à la décision du gouvernement de transgresser la loi fédérale pour accueillir Eldin a Washington. Nuland a seulement déclaré : «Nous avons intérêt à entamer des pourparlers sur un large échantillon d’Egyptiens qui recherchent la formation d’une Egypte pacifique dans l’avenir. Le but de cette délégation… était d’avoir des consultations aussi bien avec des organes de réflexion mais aussi avec des gens du gouvernement, avec un large spectre représentant toutes les couleurs politiques de l’Egypte ».

 

Mursi n’est pas le seul dirigeant arabe qui adopte des terroristes uniquement être adoubé par le gouvernement des USA. Dans une affaire d’apparence semblable, on a rapporté cette semaine que pour tenter de satisfaire l’urgent désir du gouvernement Obama de reprendre des négociations entre les Palestiniens et Israël, et pour satisfaire l’insatiable désir des Palestiniens de célébrer des terroristes, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a offert de libérer 124 assassins terroristes palestiniens des prisons israéliennes en échange d’une réunion avec le président de l’Autorité Palestinienne et chef du Fatah, Mahmoud Abbas.

 

Hélas, Abbas refusa. Il pensait que l’offre de Netanyahou n’était pas assez généreuse.

 

Et comment le gouvernement Obama répondit-il à l’exigence d’Abbas de libération en masse de terroristes et son refus obstiné de reprendre les négociations avec Israël ?

 

En attaquant Israël.

 

La cause alléguée par le gouvernement Obama de l’attaque la plus récente contre Israël est la publication de l’avis juridique d’un panel de juristes experts israéliens concernant la légalité des communautés israéliennes au-delà des lignes d’armistice de 1949. Netanyahou  a nommé le panel, conduit par le juge à la Cour Suprême en retraite Edmond Levy, pour enquêter sur le statut légal international de ces villes et villages et apporter au gouvernement les recommandations liées à la construction future de communautés israéliennes au-delà des lignes d’armistice.

 

Les conclusions du Comité, publiées cette semaine, ont été que selon la loi internationale, ces communautés sont totalement légales.

Il  n’y a absolument rien de révolutionnaire dans cette conclusion. Cela a été la position d’Israël depuis 1967, et sans doute depuis 1922.

 

La base légale internationale pour l’établissement de l’Etat juif en 1948 a été le Mandat pour la Palestine de la Ligue des Nations en 1922. Ce document a conféré au Peuple juif le droit légal de souveraineté sur la Judée, la Samarie et Jerusalem, ainsi que sur toute la terre dont Israël prit le contrôle pendant la guerre d’Indépendance de 1948-49.

 

Non seulement le Mandat conféra au Peuple juif le droit légal sur ces zones, mais il enjoignit aux Autorités Mandataires britanniques de « faciliter… une implantation dense sur cette terre par des Juifs, dont des terres d’Etat et des terres inutilisées non requises pour un usage publique ».

 

Ainsi, non seulement l’implantation juive n’était pas prohibée, mais elle était requise.

 

Bien que ceci ait été tout le temps la position d’Israël, Netanyahou sentit apparemment le besoin d’avoir la légitimité renouvelée à la lumière de l’attaque acharnée contre les droits légaux d’Israël menés par les Palestiniens, et rejoints avec enthousiasme par le gouvernement Obama.

 

Dans une tentative précédente de se concilier l’appétit rapace d’Obama pour des concessions israéliennes, Netanyahou abrogea temporairement les droits légaux d’Israël en interdisant aux Juifs d’exercer leurs droits de propriété en Judée et en Samarie pendant 10 mois en 2010. Tout ce que fait l’avis légal publié cette semaine est de déclarer de nouveau ce que la position d’Israël a toujours été.

 

Alors que le gouvernement Obama a choisi d’adouber Mursi qui soutient Abdel-Rahman, le gouvernement Obama a condamné Israël avec véhémence pour avoir le culot de demander à un panel de juristes de haut niveau de donner son avis sur ses droits. Lors d’une réunion de presse, le porte-parole du Département d’Etat Patrick Ventrell frappa le marteau rhétorique.

 

Comme il le dit : « La position de USA sur les implantations est claire. Evidemment, nous avons vu les rapports où un panel nommé par le gouvernement israélien a recommandé la légalisation de dizaines d’implantations israéliennes sur la Rive Occidentale, mais nous n’acceptons pas la légitimité d’une activité continue s’implantation israélienne, et nous nous opposons à tout effort pour légaliser les implantations aux avant-postes ».

 

En bref, pour le gouvernement Obama, il est bel et bon pour le président nouvellement élu de ce qui était jusqu’à il y a deux ans l’allié arabe le plus important des USA d’adouber un cerveau du terrorisme  indirectement responsable de meurtre de 3000 Américains. Il est d’accord pour inviter des membres de groupes terroristes jihadistes à venir à Washington pour rencontrer des officiels américains de haut niveau lors d’un voyage financé par les contribuables. Il est même d’accord pour la direction d’un prétendu Etat que les USA essaient de créer pour protéger chaque terroriste palestinien, dont ceux qui ont assassiné des Américains.

 

Mais que le gouvernement élu d’Israël demande à un panel d’expert de déterminer si Israël agit en accord avec la loi internationale en permettant à des Juifs de vivre sur la terre où des Palestiniens insistent pour qu’elle soit ‘Judenrein’, voilà l’offense.

 

La disparité entre le traitement du gouvernement américain avec celui de Mursi d’un côté » et le gouvernement de Netanyahou d’autre part, met en fort relief la nature de sa politique au Moyen-Orient.

 

Obama est venu à son poste avec une théorie sur laquelle il a fondé sa politique au Moyen Orient. Sa théorie était que les jihadistes haïssent l’Amérique parce que les USA soutiennent Israël. En plaçant ce qu’Obama qualifiait de « jour » entre les USA et Israël, il croyait qu’il pourrait convaincre les jihadistes d’abandonner leur haine de l’Amérique.

 

Obama a exécuté cette politique depuis trois ans et demi. Et son record d’échecs spectaculaires est ininterrompu.

 

Les échecs d’Obama sont démontrés dans toutes ses conséquences dangereuses par un simple fait. Depuis sa prise de fonction, les Américains ont neutralisé bien moins de jihadistes qu’ils n’en ont renforcé.

 

Depuis janvier 2009, le monde musulman est devenu beaucoup plus radicalisé. Aucun gouvernement islamiste au pouvoir en 2009 n’a été renversé. Mais plusieurs Etats clés – d’abord et avant tout l’Egypte – conduits par des gouvernements pro-occidentaux, alliés des USA quand Obama a pris ses fonctions, sont maintenant dirigés par des islamistes.

 

Il est vrai que les résultats des élections en Egypte, Tunisie, Maroc et ailleurs ne sont pas la faute d’Obama. Mais ils montrent de nouveau la fausseté de sa politique. La politique d’Obama de mettre en conflit les USA et Israël, et de soutenir les ‘Frères Musulmans’ contre les alliés des USA comme Moubarak, implique d’être mauvais avec les amis de l’Amérique et bon avec ses ennemis. Cette politique ne peut pas aider mais elle renforce vos ennemis contre vous et vos amis.

 

Plutôt de se confronter aux conséquences amères de sa politique, Obama et ses adjoints ont choisi de nier simplement la dangereuse réalité qu’il a engendrée à travers ses actes. Pire, Ils en sont venus à des explications pour maintenir cette politique malgré son échec flagrant.

 

Nulle part cet effort n’a été aussi évident que dans une analyse de commande dans le ‘New York Times’ cette semaine intitulée : « Alors que les islamistes gagnent en l’influence, Washington réévalue quels sont ses amis ».

 

L’analyse adopte la notion qu’il est possible et raisonnable de se concilier les semblables de Mursi et de ses partisans jihadistes haïssant l’Amérique et de ses partenaires de coalition. Il cite Michele Dunn de ‘Atlantic Council’ qui proclamait que d’un côté, si les ‘Frères Musulmans’ et leurs camarades radicaux sont autorisés a gagner en Egypte, leur arrivée dans la politique dominante devrait réduire la menace terroriste. D’un autre côté, elle a prévenu : « Si les groupes islamistes comme les ‘Frères’ perdaient foi en la démocratie, c’est là qu’il pourrait y avoir de terribles conséquences ». 

 

En d’autres mots, l’analyse met en avant que les USA devraient répondre à l’ascension de se ennemis en prétendant que ses ennemis sont ses amis ».

 

En dehors de ce bavardage irresponsable, ce morceau de sophistication intellectuelle requiert un déni total de la réalité. Les Taliban étaient au pouvoir en Afghanistan en 2001. Leur pouvoir politique ne les a pas empêchés de coopérer avec al Qaïda. Le Hamas a été en charge de Gaza depuis 2007. cela ne l’a pas empêché de pratiquer le terrorisme contre Israël. Les mollahs sont à la tête de l’Iran depuis 33 ans. Cela ne les a pas empêchés d’être les plus grands parrains du terrorisme dans le monde. Le Hezbollah a été impliqué dans le courant politique dominant au Liban depuis 2000 et il est resté l’une des organisations terroristes les plus actives dans le monde. 

 

Et ainsi de suite.

 

Retour dans les années 1980, le gouvernement Reagan coopérait avec bonheur avec les précurseurs d’al Qaïda dans une guerre clandestine contre l’Union soviétique en Afghanistan. Il n’est jamais venu à l’esprit des Américains alors que ce même peuple travaillant avec eux à renverser les Soviétiques, suivrait un jour la direction d’un sheikh aveugle pour attaquer l’Amérique.

 

A l’opposé des moudjahidine en Afghanistan, les ‘Frères Musulmans’  n’ont jamais combattu un ennemi commun avec les Américains. Les USA soutiennent cela pour rien – tout en cherchant à obtenir leur soutien en s’opposant à l’Amérique en se tounant vers les alliés les plus stables de l’Amérique.

 

Y-a-t-il le moindre doute que cette politique finira mal ?



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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 14:36

 

L’Europe bipolaire

L’UE dans la spirale maniaco-dépressive

http://www.causeur.fr/l%E2%80%99europe-bipolaire,18193

 

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig


 

Il a travaillé pendant de nombreuses années à Libération, Le Monde & Arte.

Il collabore actuellement à la revue Politique Internationale, tient une chronique hebdomadaire à RCJ et produit des émissions pour France Culture.

Il est l'auteur de plusieurs essais parmi lesquels "Parfaits espions" (édition du Rocher), "Ariel Sharon" (Perrin), "Lettre à mes amis propalestiniens" (La Martinière).

Publié le 29 juin 2012 à 14:25 dans Monde

Mots-clés : 

Vendredi matin 29 juin, les auditeurs des radios matinales prenaient connaissance du résultat des activités nocturnes des vingt-sept chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union européenne réunis à Bruxelles pour un sommet estimé « crucial » par la plupart des observateurs. L’euro et, au delà, l’ensemble de la construction édifiée au cours des soixante dernières années allaient-ils survivre à la crise des dettes souveraines qui ébranle l’Espagne et l’Italie, après la Grèce, le Portugal et quelques autres ? Dans les jours précédant le sommet, un vent de panique, déclenché par quelques éditoriaux de la presse anglo-saxonne, soufflait sur le Vieux continent. A les entendre, l’euro serait déjà mort, et la réunion de Bruxelles ne serait qu’un simulacre destiné à éviter un « bank run » des épargnants désireux de sauver leur magot.

Le principal hebdomadaire allemand, Der Spiegel titrait, en couverture, « Quand l’Euro s’effondrera » avec, comme illustration, une pièce de 1€ côté face dépourvue de tout symbole renvoyant à son lieu d’émission. On ne manquait pas d’arguments pour fonder cet europessimisme : la crise bancaire espagnole serait un trop gros morceau à avaler par la zone euro, l’intransigeance d’Angela Merkel sur le volet « solidarité » de l’harmonisation fiscale et budgétaire des pays membres de cette zone et le rejet par les opinions publiques des transferts de souveraineté vers Bruxelles conduisaient droit à l’échec des négociations des 28 et 29 juin. Les Cassandre allaient même jusqu’à rappeler que ce sommet s’ouvrait le jour du 98ème anniversaire de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, dont on connaît les conséquences…

Vendredi matin, au contraire, on nageait en pleine euphorie : l’accord conclu au petit matin par les 27 renvoyait tous les prophètes de malheur dans leur coin sombre. L’Italie et l’Espagne avaient réussi à faire céder l’Allemagne en obtenant que le mécanisme européen de stabilité (MES) puisse financer directement les banques des pays soumis à la pression des marchés financiers et respectant leurs engagements relatif à l’assainissement de leurs finances publiques. Le plan de relance de 130 milliards d’euros était adopté dans la foulée, permettant à François Hollande de sortir la tête haute (du moins en apparence) de l’affrontement qu’il avait engagé avec la chancelière allemande. Les « eurobéats » triomphaient sans la moindre modestie, la palme de l’hyperbole revenant une fois de plus à Bernard Guetta de France Inter, regrettant qu’il n’existât pas sur notre continent un nouveau Victor Hugo capable de célébrer par des vers immortels cette avancée décisive vers l’Europe fédérale. Les marchés financiers, soulignent les mêmes, ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, en saluant l’accord de Bruxelles par une hausse significative des bourses européennes et une remontée du cours de l’euro face aux principales devises mondiales.

Qu’en est-il exactement ? A-t-on procédé à un nouveau rafistolage dans l’urgence ou écrit le premier acte d’une mutation de l’UE vers un système fédéral à l’image de celui en vigueur en Allemagne et aux Etats-Unis ? Avant de tenter de répondre à ces questions, saluons d’abord l’habileté tactique de Mario Monti et Mariano Rajoy qui ont conditionné leur adoption du plan de relance à l’acceptation préalable par l’Allemagne et ses alliés de la possibilité pour les banques en difficultés de se refinancer directement auprès du MES, ce qui hérisse le poil de Mme Merkel. Si elle a été obligé de craquer, c’est parce que la ratification par le Bundestag du pacte budgétaire européen (la mise sous surveillance par l’UE des budgets nationaux) exige la majorité des deux tiers, donc l’approbation des sociaux-démocrates. Or le SPD fait de l’approbation du plan de relance la condition de son vote favorable au pacte budgétaire. Mais la chancelière n’en a pas pour autant levé son opposition à toute garantie automatique des dettes publiques des pays européens avant que le gendarme financier de la zone euro n’ait été mis en place. Elle n’a tout simplement pas confiance et s’avance même jusqu’à affirmer que « de son vivant » on ne verrait pas d’euro-obligations assurer aux pays du « Club med » des conditions de crédit comparables à celle dont bénéficie aujourd’hui la République fédérale. Comme elle est âgée de 58 ans et que l’espérance de vie des femmes allemandes est de 83 ans en moyenne, cela laisse pas mal de temps aux marchés financiers pour tourmenter les pays de la zone euro incapables de faire adopter à leurs sociétés les comportements germaniques. Angela Merkel vient d’ailleurs d’être sèchement rappelée à l’ordre dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, bible des milieux d’affaires outre-Rhin, pour qui le compromis de Bruxelles est « une attaque contre l’épargnant allemand », car celui-ci, au travers de l’Union bancaire qui doit voir le jour au sein de l’UE, se portera garant des dépôts des cigales méridionales. Une fois ratifié le pacte budgétaire, la chancelière entrera en campagne électorale face à une opinion publique réticente devant tout ce qui peut ressembler à une caution solidaire de ses partenaires.

L’union politique » proposée par Merkel, et que Le Monde presse François Hollande d’accepter, se limite à la constitution d’un conseil de discipline, alors que ses partenaires rêvent pour de l’avènement d’une Société de secours mutuels continentale à l’image de celles qui engendrèrent, aux XIXème siècle, l’essor du syndicalisme ouvrier. Et comme l’a montré Gil Mihaely, c’est s’illusionner de penser que les sociaux-démocrates allemands, s’ils revenaient au pouvoir, adopteraient une ligne radicalement différente. Personne en France n’a remarqué la proposition faite par la Finlande à l’ouverture du sommet de Bruxelles. Les pays du Sud ont du mal à se financer à des taux raisonnables sur le marché ? Eh bien qu’ils émettent des emprunts hypothécaires gagés sur le patrimoine national ou les entreprises publiques ! Si on avait appliqué cette recette à la Grèce, la Deutsche Bank serait peut-être aujourd’hui propriétaire du Parthénon et BNP-Paribas aurait hérité de Mykonos comme village de vacances pour son comité d’entreprise… Or les Finlandais sont réputés pour oser dire tout haut, car cela ne prête pas trop aux conséquences, ce que les Allemands pensent tout bas.

Alors gageons qu’à l’euphorie d’aujourd’hui succèdera bientôt une nouvelle déprime. Car l’Europe est devenu le malade bipolaire d’un monde multipolaire.

* Photo : Oxfam Italia

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 18:07

 

 

 

 

Des enregistrements dérobés au Kremlin démontrent comment les Soviétiques, y compris Gorbatchev, ont fomenté la plupart des conflits actuels au Moyen-Orient.

 

Par Claire Berlinski|20 juin 2012 7:00 AM|

 

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(Photo-illustration Tablet Magazine; photo originale Vitaly Armand/AFP/Getty Images et carte de l’Université du Texas Libraries.)

Le récit dominant concernant l’histoire moderne du Moyen-Orient insiste sur le pillage des richesses de la région par la colonisation européenne et accepte comme un truisme que les anciennes puissances coloniales ont priorisé la protection de leurs intérêts matériels –en pétrole, par-dessus tout- au détriment de la dignité et de l’auto-détermination des habitants de la région. Ainsi, la décolonisation ratée aurait eu pour conséquence une instabilité sans fin. Le plus insoluble des conflits régionaux auquel cela a donné lieu, celui entre Arabes et Israéliens, est attribué, dans ce récit, à l’absence de volonté d’Israël d’accepter les aspirations nationales palestiniennes. Ce serait donc ainsi que s’expliquerait que la région soit devenu le terreau fertile du radicalisme, s’intensifiant par les rivalités de la Guerre Froide entre les Superpuissances, qui ont remplacé les colonisateurs européens, en tant que suzerains y faisant de l’ingérence. Puis vint Mikhaël Gorbatchev – un réformateur occidentalisé. Finalement, il mit fin à la Guerre Froide. Un nouvel ordre du monde était à portée de main.

Que se passe t-il si jamais cette légende acceptée par convention s’avère fausse? C’est pourtant ce que soutient Pavel Stroilov, un Russe exilé, dans son livre à paraître : Sous l'écran de fumée deTempête du Désert. « Pas un mot de ce qui est dit là n’est vrai », écrit-il. « C’est bien l’Empire Soviétique – et non l’Empire britannique- qui fut le grand responsable de l’Instabilité au Moyen-Orient ».

 

L’historien Stroilov, qui vit aujourd’hui à Londres, a fui la Russie en 2003, après avoir dérobé 50 000 documents du Kremlin classés Top-Secret, aux archives de la Fondation Gorbatchev, où il travaillait en tant que chercheur. On lui a donné accès aux archives en 1999, mais Gorbatchev lui avait interdit de photocopier les documents les plus significatifs. Ayant observé l’administrateur du réseau quand il entrait le mot de passe dans le système, Stroilov a alors pu reproduire les archives et les répartir dans des localisations sécurisées partout à travers le monde.

Le trésor caché de Stroilov comprend des centaines de transcriptions de discussions entre Gorbatchev et des dirigeants, hommes politiques et diplomates étrangers (les originaux sont encore sous scellées, à cause des pressions du Kremlin). Il y a des notes émanant du Politburo et d’autres réunions sensibles et hautement décisionnelles, des notes rédigées par les aides de camp de Gorbatchev, Anatoly Chernyaev et Georgy Shakhnazarov, ainsi que par Vadim Medvedev, membre du Politburo.

 

Aucun n’a jamais été mis à la disposition de chercheurs indépendants, bien que quelques-uns ont été publiés par la Fondation Gorbatchev dans une version largement censurée. Stroilov a aussi volé le journal de bord de 1972 à 1986 d’Anatoly Chernyaev, chef-adjoint du Parti Communiste du Département International de l’Union Soviétique et principal conseiller de Gorbatchev sur les questions internationales, de 1986 à 1991. Il a dérobé des rapports datant des années 1960, écrits par Vadim Zagladin, chef adjoint du Département International jusqu’en 1987 et conseiller de Gorbatchev de 1987 à 1991. (Stroilov a également tiré parti de la vaste collection de documents volés par le dissident soviétique Vladimir Bukovsky, autant que des archives de Mitrokhin, un recueil de notes prises secrètement par Vasili Mitrokhin, au cours de ses trente ans en tant qu’archiviste du KGB dans les services de renseignement extérieurs et le Premier Directoire en Chef).

 

Le livre de Stroilov qui publie ces documents, dont beaucoup ne sont traduits qu’aujourd’hui en anglais, défie les croyances traditionnelles selon lesquelles on doit accuser les colonialistes occidentaux du chaos dans la région. Tous ses principaux conflits, argumente t-il, ont été provoqués par l’expansionnisme soviétique. Le terrorisme et l’agitation anti-israélienne enragée dans le monde arabe étaient d’inspiration soviétique. Et les révolutions auxquelles nous assistons aujourd’hui devenaient inévitables, pour les Etats clients des Soviétiques qui étaient des régimes socialistes, et tôt ou tard, le socialisme met les économies en état de surchauffe et exacerbe la patience des peuples qui y vivent.

 

Stroilov centre son attention autour des intrigues de Gorbatchev au Moyen-Orient, expliquant le Printemps Arabe comme représentant “l’acte final de la Guerre Froide”. Cette thèse est surestimée –Stroilov est un peu trop amoureux de sa propre collecte pour admettre la complexité de ces évènements – mais, il subsiste, néanmoins, de nombreux éléments émanant de ses archives qui soutiennent cette description. Les documents suggèrent clairement que de nombreux conflits contemporains au Moyen-Orient ont été fomentés par l’Empire Soviétique, particulièrement au cours des dernières années avant son effondrement. Et les évènements qu’il décrit ont eu un impact significatif sur l’état actuel de la région – depuis le conflit en Irak jusqu’au processus de paix israélo-palestinien, et au développement d’une alliance de facto entre l’Union Européenne et les Etats Arabes. Peut-être que, de façon la plus significative, il y a là de nombreuses raisons de suggérer qu’il est grand temps de réexaminer la réputation toute faite de Gorbatchev, en tant que réformateur et libéralisateur. Le livre de Stroilov suggère qu’au Moyen-Orient, la politique de Gorbatchev était conforme à la vieille école de l’impérialisme soviétique, tout au long de sa carrière et jusqu’à la fin.

***

Depuis l’approche de la Première Guerre Mondiale, la grande cause à laquelle attacher le prix le plus élevé, au Moyen-Orient, a toujours été le Golfe Persique. Au cours de la Guerre Froide, l’Amérique et ses alliés en Europe et en Asie dépendaient de son pétrole pour 90% de leurs besoins énergétiques ; les pays développés auraient instantanément été paralysés par des tarifs pétroliers trop élevés. Mais, pour les Soviétiques, prendre le contrôle du Golfe est un but qui ne peut être atteint que par une agression militaire. A la suite du retour des forces britanniques au Koweit en 1961, pour défendre l’Emirat contre Abd al-Karim Qasim d’Irak – dont les ambitions envers le Koweit ont été, par la suite, même si temporairement, réalisées par Saddam Hussein – il est devenu clair pour les Soviétiques que l’Occident volerait à la rescousse, à n’importe quel prix, pour défendre son pétrole. « C’est pourquoi les Camarades ont remis à plus tard la conquête du Golfe », écrit Stroilov, « bien que certains d’entre eux se sentaient cruellement déçus par cette décision ».

Quel était, alors le Plan B? Il s’agissait de « la subversion et de l’éventuelle destruction d’Israël ».

Bien que ne représentant pas une carte aussi valable que les champs pétroliers du Golfe, Israël était aussi un atout précieux. C’était la seule démocratie dans la région, la plus grande puissance militaire du Camp pro-occidental et, effectivement la tête de pont du monde occidental. Mais plus important, lancer un processus de croisade (ou de Jihad) contre Israël offrait des opportunités politiques fantastiques. Israël assiégé signifiait effectivement que des millions de Juifs étaient des otages entre les mains des Camarades, et que la menace de génocide pouvait intimider l’Occident, au point de l’amener à faire d’énormes concessions dans le Golfe ou n’importe où ailleurs. D’un autre côté, en faisant du conflit israélo-palestinien le problème central du Moyen-Orient, les Soviétiques pouvaient exploiter le nationalisme arabe, l’antisémitisme et même les sentiments religieux islamiques, afin de mobiliser un soutien à leurs politiques. Effectivement, sous la bannière de la solidarité arabe, l’influence socialiste dans la région s’est accrue et étendue bien au-delà des régimes et des partis socialistes.

“SIG” – pour Sionistskiye Gosudarstva, ou “Gouvernements Sionistes”, était le nom de code de cette opération contre Israël, selon le Général Ion Mihaï Pacepa,  le transfuge le plus haut gradé du bloc soviétique. Dans un article de National Review , Pacepa rappelle une conversation qu’il a eu avec le Président-Directeur du KGB, Yuri Andropov, qui envisageait de fomenter « une haine de type Nazie envers les Juifs à travers le monde islamique… Il ne nous reste qu’à continuer à répéter indéfiniment nos mantras et thèmes centraux – que les Etats-Unis et Israël sont « des pays fascistes, impérial-Sionistes financés par la ploutocratie juive ».

 

Au milieu des années 70, se souvient Pacepa, le KGB a ordonné à ses petites sœurs, les agences d’espionnage d’Europe de l’Est, d’écumer le Moyen-Orient pour y placer des agents de confiance, de les former à la désinformation et au terrorisme, et d’y exporter une « haine enragée et démentielle contre le Sionisme Américain ». Ils ont inondé la région de la traduction en arabe du « Protocole des Sages de Sion » et de documents fabriqués par le KGB, affirmant qu’Israël et les Etats-Unis se consacraient à convertir le monde islamique en une vaste colonie juive.

A la suite de la défaite des Egyptiens durant la guerre des Six Jours, les Soviétiques en sont venus à un second type de réalisation : une confrontation militaire conventionnelle avec Israël, et, par extension avec l’Occident, véhiculait bien trop de risques très élevés de provoquer une escalade jusqu’à la guerre nucléaire. Un changement de tactique était vivement requis. Le Général Alexander Sakharovsky, alors chef de la branche du renseignement au KGB, expliquait ainsi les choses à ses collègues d’Europe de l’Est : « Le Terrorisme doit devenir notre arme principale ». Sakharovsky se vantait du fait que les détournements d’avions étaient le fruit de sa propre invention ; il décorait son bureau avec une carte du monde, couverte de petits drapeaux, chacun d’entre eux marquant un détournement d’avion victorieux. Bien que l’OLP se soit employée à unifier les organisations terroristes diverses et variées, « les quartiers-généraux suprêmes du réseau tout entier se trouvaient, bien entendu, au Kremlin », écrit Stroilov et « les preuves accumulées sur ce point ne laissent aucun doute sur le fait que l’ensemble du système ait été inventé par Moscou comme une arme contre l’Occident, et que l’OLP était le joyau de cette couronne ».

Pacepa fait la liste des exemples d’actes de terrorisme parrainés par le KGB :

Novembre 1969 : l’attaque à mains armées du bureau d’El Al à Athènes, faisant un mort et 14 blessés ; 30 mai 1972 : l’attentat contre l’aéroport Ben Gurion, faisant 22 morts et 76 blessés ; décembre 1974 : l’attentat à la bombe contre le théâtre et cinéma de Tel Aviv, faisant deux morts et 66 blessés ; mars 1975 : l’attentat contre un hôtel de Tel Aviv, faisant 25 morts et 6 blessés ; mai 1975 : l’attentat à la bombe de Jérusalem, faisant un mort et 3 blessés ; 4 juillet 1975 : attentat à la bombe au Square Zion de Jérusalem, faisant 15 morts et 62 blessés ; avril 1978 : l’attentat à l’aéroport de Bruxelles, faisant douze blessés ; mai 1978 : l’attentat contre un avion d’El Al à Paris, faisant 12 blessés.

Les documents de Stroilov indiquent qu’on peut aussi créditer les Soviétiques et les Syriens pour l’explosion des baraquements de Marine's au Liban en 1983.

Deux des documents de Bukovsky apparaissent en anglais pour la première fois dans : "Derrière l'écran de fumée de tempête du Désert ». Le premier correspond à un memo de Yuri Andropov à l’adresse de Léonid Brejnev, en 1974, détaillant une rencontre du KGB avec le terroriste palestinien Wadie Haddad. Il recommande que le gouvernement soviétique fournisse un soutien logistique au Front Populaire de Libération de la Palestine de W. Haddad. Le second est la transcription d’une rencontre du Politburo en 1984, approuvant le convoyage d’armes et de munitions d’une valeur de 15 millions de roubles en direction du Front Démocratique de Libération de la Palestine, en échange d’une collection d’art antique. L’invention du terrorisme moderne : on en doit tout le crédit au Kremlin.

Puis vint la Révolution Iranienne de 1979. Stroilov suggère, une fois encore, que le récit admis par convention se trompe. Il ne s’agissait pas d’un soulèvement islamiste spontané, mais d’une révolution communiste bien organisée qui a tournée de travers. Elle était planifiée depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque les forces soviétiques se sont retirées d’Iran sous la pression occidentale, mais qu’elles ont laissées derrière elles un vaste réseau d’espionnage massif. Le ratio moyen de centres résidentiels du KGB était d’un par pays, en Iran les Soviets en disposaient de près de 40. Ils ont travaillé durant les 33 années suivantes à fomenter cette révolution, en formant des illégaux des républiques soviétiques à passer pour des membres de groupes ethniques d’Iran. Malheureusement pour eux, ils ne savaient pas que Vladimir Kuzichkin, leur maître-espion essentiel à Téhéran, avait été recruté par le MI 6. Les Britanniques ont partagé l’information sur la révolution en préparation avec le SAVAK – mais trop tard. A ce moment-là, la révolution battait déjà son plein. Les Mollahs ont saisi les enregistrements de la SAVAK et, tirant partie de ce savoir, ont encerclé jusqu’au tout dernier agent soviétique.

Une étrange anecdote apparaît dans le compte-rendu de Stroilov des derniers jours de la guerre Iran-Irak. Khomeiny avait pris connaissance par la presse occidentale, que Gorbatchev était un homme avec lequel on pouvait faire des affaires, un grand réformateur. Assurément confus, il envoya alors un Ayatollah pour apporter une lettre manuscrite à Gorbatchev. « Ce texte, hélas, est encore ignoré des historiens », écrit Stroilov, « mais la totalité du Politburo est enregistrée en train de rire aux éclats, au moment de la lire » On peut en déduire le contenu, dit-il, à partir des retranscriptions du Politburo qui y ont fait suite. Khomeiny avait proposé à Gorbatchev qu’il abandonne le Marxisme et se convertisse à l’Islam ».

Cela dit, remarque Stroilov, “tout ceci n’était guère plus stupide que l’attitude de la plupart des faiseurs d’opinion occidentaux, qui espérait que Gorbatchev se serait miraculeusement transformé de communiste en démocrate ».

L’envoyé fut poliment dissuadé quant à cette idée, mais on pris soin de le rassurer sur le fait que le Kremlin et les Ayatollahs trouveraient un terrain d’entente correspondant à leurs objectifs partagés de détruire le Grand Satan :

“Sans mondanités diplomatiques”, comme disait Gorbatchev, il expliqua à l’Ayatollah comment les Américains et les Pakistanais minaient les efforts bien connus des Soviétiques pour ramener la paix en Afghanistan, et, faisant allusion à cela, quoi qu’il en soit de la détente et du désarment, il ne croyait absolument pas dans les assurances d’amitiés américaines. Il opposait cela à la sincérité des relations soviéto-iraniennes. Bientôt, les Camarades et les Ayatollahs découvriraient qu’ils étaient en parfait accord, non seulement concernant la situation au Moyen-Orient, mais aussi, à propos de l’Afrique du Sud, de l’Amérique Latine, sur le désarmement Est-Ouest, et particulièrement, sur la façon de « transformer l’Océan Indien en une zone de paix », ce qui signifiait d’en chasser les Américains. Des comités conjoints soviéto-iraniens travaillant sur ces sujets proliféraient en 1989, alors que les Ministres des Affaires étrangères Shevardnadze et Velayati se rencontraient 4 fois en moins de six mois.

L’énergie nucléaire était en tête de liste des domaines majeurs de coopération :

Les “Arabes Rouges”, comme les appelle Stroilov – l’Egypte, la Libye, la Syrie – étaient des régimes socialistes et des clients soviétiques ; même le Président égyptien démis Hosni Moubarak, argumente t-il, n’a jamais totalement répudié ses liens avec l’Union Soviétique et devrait plus proprement être interprété comme le successeur de Nasser, plutôt que comme un réformiste occidentalisé. Par exemple, en décrivant fièrement les fruits de l’un de ses plans sur cinq ans à Gorbatchev, Moubarak lui dépeignait aussi bien son attitude réelle envers les Etats-Unis et sa conception étonnement moderne sur le remboursement des dettes :

GORBATCHEV. Mais, d’où obtenez-vous de l’argent ? Est-ce qu’il en flotte sur le Nil ?

MOUBARAK. Nous devions en emprunter beaucoup. […]. Tout le monde a des dettes dans le monde d’aujourd’hui. […]. Les Américains empruntent de l’argent aux Japonais, mais Bush ne leur rembourse rien. Et alors quoi ? Est-ce que le Japon déclare pour autant la guerre aux Etats-Unis ? […]. J’ai dit à Reagan que l’Union Soviétique n’avait jamais appliqué de taux d’intérêts pour les prêts qu’elle nous a accordés. Nous n’empruntons plus du tout d’argent aux Etats-Unis. Nous acceptons seulement une aide non-remboursable, lorsqu’ils sont prêts à en accorder une. […].

GORBATCHEV. A combien s’élève votre dette totale?

MOUBARAK. 50 milliards de $. […]. Mais nous pouvons toujours renégocier ces dettes et obtenir des reports de remboursement encore et encore. De nos jours, presque plus personne ne rembourse ses dettes. Je vous en parle tout-à-fait franchement.

A la suite de quoi, Moubarak ajoutait :

J’aimerais aussi vous dire que nous poursuivons notre coopération militaire avec les USA. Ils nous offrent une aide pour un montant de 1, 3 milliard de $. Nous ne pouvons pas encore faire sans cela. Nous avons besoin de pièces détachées pour nos équipements militaires, et ainsi de suite. Mais le temps viendra où les choses changeront de direction. Je vous le dis de façon absolument franche.

Enchanté par ce qu’il avait entendu, par la suite, Gorbatchev le garda bien à l’esprit, avec l’idée que de détourner l’Egypte de l’influence des Etats-Unis restait tout-à-fait faisable. Pendant ce temps, il travaillait avec acharnement afin d’unir les « Arabes Rouges », dans le but d’expulser complètement les Etats-Unis  de la Région. Page après page de ces retranscriptions, nous ne voyons s’efforcer d’atteindre son but, particulièrement au cours de ses rencontres avec Hafez al Assad :

GORBACHEV. […] L’Union Soviétique, étant données les capacités dont elle dispose, est aussi prête à contribuer à l’unification des rangs arabes. Bien entendu, nos ennemis ne manqueront pas l’occasion de présenter nos efforts sincères comme une « conspiration moscovite », aussi devrons nous agir de façon précise et prudente. En tout état de cause, vous pouvez compter sur notre soutien […]. Le succès de cette cause serait une grande victoire historique porteuse de conséquences formidables.

En 1986, comme le montre une série de memos émanant du Politburo, les Syriens ont fièrement rapport qu’ils avaient détruit les perspectives de paix entre Israël et la Jordanie, « anéanti » la coopération entre la Jordanie et les Palestiniens, « et effectivement bloqué » le Plan de Paix du Président Reagan. Gorbatchev les encouragea à poursuivre leurs efforts, en faisant l’éloge de la Défense Syrienne des forces « progressistes » au Moyen-Orient. Gorbatchev pourrait, à juste titre, prétendre avoir pu miner toute perspective de paix régionale, dans les années 1980.

La réalisation dont les Soviétiques sont le plus fier à l’époque, cependant, c’est la Première Intifada. En avril 1988, Yasser Arafat se rendit à Moscou pour expliquer son plan et en obtenir l’approbation. « Gorbatchev recolnnaissait qu’il comprenait totalement les tactiques de l’OLP, consistant à utiliser différentes méthodes de combat ». Arafat était parfaitement clair sur ce qu’il entendait par là :

ARAFAT. Nous poursuivons la lute sous d’autres formes, sur d’autres fronts. La lutte armée ne s’arrête pas au Sud Liban. Les tirs d’artillerie, les raids aériens, d’autres actions encore se déroulent quotidiennement.

Moscou approuvait.

Mais le but ultime serti d’or demeurait le même : le Golfe – la ligne de vie de l’Occident. Dans le « discours officiel », selon les termes de Stroilov, la coopération américano-russe pour évincer Saddam du Koweit marquait la fin de la Guerre Froide et le commencement d’un Nouvel Ordre Mondial. En réalité, commente Stroilov, le plan de Gorbatchev «  consistait à emprunter le côté occidental, en s’assurant qu’il aurait son mot à dire dans la résolution de la crise. Ensuite, il pourrait utiliser cette position pour minimiser les dégâts causés par Saddam, et pour faire progresser son propre agenda au Moyen-Orient ». Parmi les objectifs de cet agenda : remplacer le pouvoir de Washington par un « gouvernement mondial » qui éprouverait de la sympathie pour les aspirations communistes. Les dirigeants du Parti Communiste italien se sentaient particulièrement inspirés par cette idée :

OKKETTO. L’ONU doit devenir un instrument du Gouvernement Mondial :

RUBBI. Berlinguer a parlé du gouvernement mondial dès le 15 ème Congrès du Parti Communiste International

OKKETTO. A l’époque, la plupart des gens présents à cette conférence ont souri à cette seule idée.

GORBACHEV. Chez nous aussi, beaucoup de gens trouvent cette idée fantaisiste. Peut-être, effectivement, est-il préférable de penser mettre sur pied des façons, pour les Communistes, les Sociaux-Démocrates et quelques autres, de travailler sur une proposition constructive et concertée. Il ne s’agirait alors plus de propagande, mais de politique réelle.

OKKETTO. [Le dirigeant des Démocrates Sociaux d’Allemagne de l’Ouest, Willie] Brandt veut impliquer des représentants des partis, des hommes d’Etat et d’autres personnalités de premier plan dans ce travail, pour discuter des problèmes au cours de séminaires et de conférences.

GORBACHEV. OK, mettons tout cela en place, et consultons Brandt et d’autres.

Les archives de Stroilov détaillent par le menu la mediation soviétique de négociations secrètes entre Washington et Bagdad au cours de la fin de l’année 1990. Les superpuissances étaient apparemment parvenues à un accord en des termes assez extraordinaires : Saddam se retirerait du Koweit en échange d’un schéma, proposé par les Soviétiques, de la tenue d’une conférence internationale parrainée par les instances mondiales, déstinée à conduire au désarmement et au démembrement d’Israël.

Les documents démontrent que George H.W. Bush était d’accord sur le principe de cet accord – aussi longtemps que le lien entre les deux affaires resterait secret.

G. BUSH. Je suis parfaitement d’accord avec tout ce que vous venez de dire. Vous n’êtes pas en quête de lauriers pour une victoire individuelle ou collective dans le combat contre Saddam Hussein. Mais autant vous que moi voulons qu’un nouvel ordre prévale pour l’avenir du monde. Pour cela, nous devons trouver une réponse telle qu’elle fournisse des garanties contre une agression dans l’avenir. Aussi loin que je puisse voir, c’est exactement ce pour quoi beaucoup des propositions de votre plan ont été conçues.

Il voulait que Saddam se retire inconditionnellement du Koweit ; les Etats-Unis auraient alors fait pression sur Israël pour qu’il se joigne à un « processus de paix » apparemment sans rapport avec ce qui précède. Bush a demandé à Gorbatchev de voir ce que Saddam en pensait. Saddam objecta : il ne serait seulement d’accord que si l’accord était conclu ouvertement.

Il est fascinant de comparer les retranscriptions de Stroilov avec les mémoires écrites par Bush, Brent Scrowcroft et James Baker. Ces dernières mémoires suggèrent que Gorbatchev voulait mentionner Israël et les Palestiniens dans une déclaration publique conjointe, mais qu’il finit par faire des concessions sur ce point. En fait, l’argumentaire portait sur un accord secret, et non pas sur une déclaration publique.

***

Tôt ou tard, comme le Remarque très justement Stroilov, tous les régimes socialistes s’effondrent. Il développe que ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à l’effondrement de l’Empire Soviétique au Moyen-Orient – un processus identique à ce qu’on a pu voir en Europe, dans les années 1989-1991. Mais, à la grande différence de la chute des despotes de l’Europe de l’Est, les Arabes Rouges ont été autorisés à survivre. Plutôt que de chasser Saddam et faire pression sur l’Union Soviétique – qui n’a plus que quelques mois encore à vivre – pour qu’elle réduise son influence du Moyen-Orient, Bush a mis comme priorité d’apaiser Gorbatchev pour le dissuader de faire pression contre l’avantage obtenu par les Etats-Unis. Selon le point de vue de Stroilov, ces régimes pouvaient et auraient dû être renversés il y a 20 ans. La raison pour laquelle ils ne l’ont pas été, explique t-il, c’était parce que le Moyen-Orient était le domaine que Gorbatchev avait déterminé de conserver et parce que les Américains, naïvement enchantés par son charisme se sont permis de se laisser bernés.

Si Tempête du Désert avait été jusqu’à Bagdad, le paysage de la région en aurait été entièrement modifié, aujourd’hui. « Le plus grand (bien que connu) secret de l’Opération Tempête du Désert, c’est qu’elle a échoué à atteindre ses objectifs », écrit Stroilov. Selon la Directive 54 de la Sécurité Nationale, qui a autorisé l’action militaire, puisque l’Irak cherchait à détruire les champs de pétrole du Koweit, « cela devenait un objectif explicite des Etats-Unis de remplacer l’actuelle caste dirigeante en Irak ». Le 22 février 1991, Saddam a mis le feu aux puits de pétrole du Koweit. Aussi, pourquoi est-ce que cela a pris douze ans de plus pour se débarrasser de lui ? Parce que Gorbatchev et Mitterrand craignaient que la chute de son régime laisserait trop d’influence aux Etats-Unis dans la région et ont alors choisi de se retirer de la coalition. « Sans hésitation », écrit Stroilov, « Bush plaçait le nouvel ordre du monde au-dessus de tout. Les rebelles furent massacrés, le régime de Saddam survécut et les forces américaines se retirèrent ».

Lorsque, douze ans plus tard, elles sont revenues,

Les Experts au sein du Département de l’Etat ont conclu : “quelle surprise, le régime de Saddam était plutôt populaire, après tout ! D’autres experts accusaient la main invisible d’Al Qaeda. Une autre école encore insistait sur le manque de tradition démocratique dans l’histoire du monde islamique en général et en Irak en particulier.

Mais, si vous répétez la même expérience dans n’importe quel autre pays, le résultat sera exactement le même. Dites aux citoyens de s’élever contre la tyrannie, promettez-leur le soutien des forces américaines, et lorsque le massacre commence, retirez-vous tranquillement. Revenez douze ans plus tard et voyez par vous-mêmes, si les locaux seront d’humeur pro-américaine ou anti-américaine.

Il est impossible de dire s’il a entièrement raison, mais cela reste certainement une thèse qui mérite toute la considération nécessaire.

Une Remarque finale : alors que cela n’est pas suffisamment exposé dans ce livre, les archives de Bukovsky démontrent clairement que les campagnes pour le désarmement nucléaire, à travers l’Europe, ont largement été financées par le bloc soviétique. L’argent était transféré par l’entremise des partis communistes et d’autres organisations pro-soviétiques.

La Baronne Catherine Ashton était la trésorière de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire, entre 1980 et 1982. Cette CDN restait notoirement secrète, en ce qui concerne ses sources de financement et refusait de soumettre ses livres de compte à une audit indépendante ; quand elle fut finalement contrainte de le faire sous le poids d’énormes pressions, les auditeurs ont découvert que 38% de leur revenus annuels ne pouvaient pas être retracés jusqu’à leurs donateurs d’origine. Will Howard, un membre du Parti Communiste de Grande-Bretagne, était responsable de cette partie des caisses de financement.

La Baronne Ashton est désormais la cheffe de la politique étrangère de l’Union Européenne, c’est elle qui mène les négociations entre le P5+1et l’Iran.

 

Quel qu’en soit le résultat, nous devrions sûrement remercier le Kremlin pour cela, également…

http://www.tabletmag.com/jewish-news-and-politics/103576/the-cold-wars-arab-spring?all=1

Adaptation : Marc Brzustowski

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:59

 

 

Turquie/France (suite) : Ankara lève les sanctions contre Paris et tourne la « page des années Sarkozy »

jeudi 21 juin 2012 - 16h05
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La Turquie a annoncé la levée de sanctions contre la France à propos de la question du génocide arménien, manifestant sa volonté de tourner la page des mauvaises relations bilatérales qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. D’après le ministre turc des Affaires Étrangères Ahmet Davutoglou, le premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan a donné les instructions nécessaires après son entrevue avec le président Hollande. « Les sanctions ne seront plus d’actualité en raison de la nouvelle position de la France », a-t-il précisé lors d’une déclaration à une chaine de télévision turque.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 14:52

Syrie : rencontre glaciaire entre Obama et Poutine

mardi 19 juin 2012 - 14h15
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Les deux chefs d’Etat se sont retrouvés au Mexique, en marge du G20, pour évoquer le dossier syrien. Une rencontre tendue, comme en témoignent les journalistes sur place et les photographies, à l’issue de laquelle le président américain et son homologue russe ont tout de même trouvé un terrain d’entente. Dans un communiqué commun publié à l’issue de deux heures de discussions, ils ont « appelé à un arrêt immédiat de la violence » et se sont dits « unis dans l’idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique ». Ce mardi, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se pencher mardi sur l’avenir de la mission d’observation en Syrie, suspendue en raison des violences. Sur le terrain, 14 personnes ont péri dans les violences ce mardi au lendemain d’une journée sanglante au cours de laquelle 94 personnes, dont 63 civils, ont trouvé la mort dans les bombardements et les combats entre soldats et insurgés, alors que le plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan préconisant notamment un cessez-le-feu et un dialogue politique est dans l’impasse. (Agences).

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 09:53

La crise syrienne et le rôle insignifiant de l’ONU

La crise syrienne est la troisième preuve d’une série d’échecs de l’ONU. Durant ces deux dernières décennies, l’Organisation des Nations-Unies a  échoué dans ses tentatives  d’empêcher des massacres. Son incapacité flagrante d’intervenir au moment voulu dans les crises au Rwanda et en Bosnie. De nombreux éditorialistes évoquent même la faillite de l’organisation en raison de son cuisant échec d’accomplir l’un de ces principaux objectifs pour lesquels elle a été créée.

En 1994, le commandant des forces onusiennes au Rwanda, le général Romeo Delair, a expédié un message urgent au siège de l’ONU à New York. S’appuyant sur des informations crédibles, il alarmait que les dirigeants du pays, originaires de la tribu Hutu, avaient l’intention de commettre des massacres contre les Tutsis. Kofi Annan, alors chargé des Forces de la paix au sein de l’ONU, avait répondu en priant le commandant Delair de s’abstenir de toute ingérence. .. Et quelques mois plus tard…plus de 800 mille Rwandais sont massacrés!

L’échec de l’ONU se poursuivra  avec le déclenchement de la guerre en Bosnie, le cœur de l’Europe. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait créé « une zone de sécurité » située dans les environs de la ville Srebrenica afin de garantir la sécurité aux musulmans bosniaques. Le Commandant local des Forces de l’ONU a assuré sa protection en ces termes: « croyez-moi, je vous promets de ne plus jamais vous quitter ». .. Et quelques tempsplus tard, en juillet 1995, l’armée serbe- bosniaque  attaque l’enclave de Srebrenica et massacre plus de 8000 musulmans!

Ainsi, à chaque fois que l’ONU est mise à l’épreuve, à chaque fois que ses forces pour le maintien de la paix dans le monde souhaitent protéger des populations en détresse elles échouent dans leur mission.

Aujourd’hui, l’ONU affronte une « nouvelle Srebrenica »…Depuis mars 2011, une guerre civile se déchaîne en Syrie, mais en raison du veto imposé par les Russes et par les Chinois ce n’est qu’en mai 2012, seulement après  le massacre d’une centaine de civils dont de nombreux enfants à Houla, que le Conseil de Sécurité  condamne le régime d’Assad sans toutefois prendre des mesures adéquates.

En février 2012, une nouvelle initiative de l’ONU dirigée par l’ancien Secrétaire général Kofi Annan et mandatée par la Ligue arabe échoue également et embarrasse fortement l’Occident.

Dans ce contexte, il est clair que la raison principale de tous ces échecs   découle des intérêts des pays membres de l’organisation. L’ONU refuse d’adopter la morale et de condamner vigoureusement les responsables des massacres ou prendre contre eux des mesures efficaces.

Le 28 mai dernier, le Wall Street Journal a même qualifié l’ONU « de collaborateur » pour avoir permis le massacre de Houla, et celui de Srebrenica en 1995. C’est sans doute une sévère critique, mais elle est justifiée par un argument essentiel que nous ne pouvons ignorer : l’ONU est une organisation dont les attentes de protection au sein des populations en détresse et regardant la mort en face sont quasiment immenses. En réalité, la déception est si profonde que l’impuissance de l’organisation onusienne.

Si l’ONU est incapable de prendre des décisions pour éviter des génocides, et ne distingue pas entre assassins et victimes, est-il juste et possible  de lui attribuer  sérieusement un poids moral quelconque à ces déclarations au sujet du conflit israélo-palestinien ? La crise syrienne n’est-elle pas éloquente? N’illustre-t-elle pas la perte d’autorité morale qu’avait jadis l’ONU? Israël doit réaliser la situation néfaste et répliquer dans ce sens à chaque fois qu’un fonctionnaire officiel de cette organisation ose nous condamner injustement.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 18:01

Mitt Romney courtise les chrétiens évangéliques

http://www.lefigaro.fr/international/

Mots clés : 

Par Adèle SmithMis à jour le 14/05/2012 à 09:17 | publié le 13/05/2012 à 19:56 Réactions (5)
Mitt Romney, lors de son discours, samedi, à la Liberty University, en Virginie.
Mitt Romney, lors de son discours, samedi, à la Liberty University, en Virginie. Crédits photo : KEVIN LAMARQUE/REUTERS

Le candidat républicain a réaffirmé son hostilité au mariage gay devant la frange conservatrice de son électorat.

C'est un rituel des campagnes présidentielles: comme Ronald Reagan,George Bush père et John McCain avant lui, Mitt Romney est allé courtiser les évangélistes dans la plus grande université chrétienne des États-Unis, samedi, en Virginie. Seule différence avec ses prédécesseurs: Mitt Romney est le premier candidat républicain mormon à s'exprimer à la Liberty University. Or celle-ci enseigne à ses étudiants en théologie que le mormonisme est une secte. La venue du candidat, qui n'a jamais réussi à enthousiasmer les évangélistes durant les primaires, a d'ailleurs suscité la controverse.

Mitt Romney a habilement abordé la question. Sans jamais prononcer le mot en six lettres, il a joué la carte de l'unité. «Les adeptes de différentes confessions comme la vôtre et la mienne se demandent parfois où trouver une cause commune lorsqu'il y a autant de différences de croyance et de théologie», a-t-il déclaré, revêtu de la toge de l'université devant un stade de 35.000 personnes. «La réponse est sûrement que nous partageons les mêmes valeurs morales (…) les traditions judéo-chrétiennes sont au cœur du leadership mondial des États-Unis», a-t-il assuré, mettant l'accent sur les valeurs américaines de la responsabilité personnelle, du travail, de l'éducation, du ser­vice communautaire, de l'altruisme et de la famille. Il a aussi pris soin de mentionner son ex-adversaire Rick Santorum, favori des chrétiens évangéliques bien que catholique, et, pour appuyer son message d'unité, a évoqué des personnages aussi divers que le pape Jean-Paul II, Martin Luther King et l'auteur C. S. Lewis.

À en croire les réactions des principaux leaders conservateurs, tel Tony Perkins, président du Family Research Council, Mitt Romney a fait un sans-faute. «Je pense qu'il a abordé toutes les questions prioritaires des conservateurs», a souligné ce dernier. L'entourage du candidat a prévenu toutefois qu'il ne prononcerait pas de discours sur sa religion d'ici à ­novembre, comme John Kennedy l'avait fait sur le catholicisme en 1960. Mitt Romney veut rester focalisé sur l'économie, point faible de Barack Obama.

Bizutage homophobe

Trois jours après le soutien du président au mariage homosexuel, qui a revigoré la base de l'électorat démocrate, le candidat républicain a également répété son opposition à cette proposition, revigorant l'électorat conservateur. «Le mariage est une relation entre un homme et une femme», a-t-il déclaré, provoquant la seule véritable ovation de la foule pendant son discours. Tout comme Barack Obama avec son propre camp, le candidat républicain sait qu'il devra multiplier les ­efforts pour mobiliser les chrétiens évangéliques le 6 novembre prochain. Reste à voir si la controverse sur ses écarts de jeunesse peut lui jouer des tours auprès des modérés, si l'image d'un candidat «intolérant» venait à s'installer dans l'opinion. Mitt Romney a présenté ses excuses à deux reprises après les révélations du Washington Post, jeudi, sur un épisode de bizutage homophobe auquel il aurait participé quand il avait 18 ans dans l'établissement privé qu'il fréquentait. L'élève pris pour cible, John Lauber, plaqué au sol par un groupe dont Mitt Romney était le leader, a révélé plus tard son homosexualité. «Alors que John Lauber, les larmes aux yeux, hurlait au secours, Mitt Romney a coupé ses mèches blondes à l'aide de ciseaux», raconte le quotidien. Le candidat assure ne se souvenir de rien, mais s'est excusé pour les «idioties» de sa jeunesse.

Il est encore trop tôt pour savoir si la question gay jouera un rôle important le jour de l'élection. Un sondage Gallup indique que pour la majorité des Américains la position de Barack Obama ne changera rien.

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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