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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 07:37



http://www.debka.com/article/8574/

 

Adaptation de DEG


Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré qu’Israël n’avait pas de plus grand ami en parlant de Silvio Berlusconi, qui entame une visite officielle en Israël avec une demi-douzaine de ministres lundi 1 février. Selon les contrats commerciaux en cours avec Téhéran, l'Italie semble plutôt être le « meilleur ami de l'Iran», du moins en Europe, où le gouvernement Berlusconi se bat aussi pour épargner des sanctions à la République islamique.


Le Premier ministre israélien en minimisant la face sombre des relations étrangères de Berlusconi nuit à la sa propre crédibilité ainsi qu’à celle d'Israël, à l’intérieur du pays et à l’étranger. La menace iranienne, dont parle Netanyahu dans chacun de ses discours, est considérablement renforcée, comme il le sait très bien, par le soutien dont Téhéran jouit de la part de ses grands partenaires commerciaux dont fait partie l'Italie. Voici une liste établie par
DEBKAfile de sept exemples flagrants concernant les relations florissantes entre l'Italie et l'Iran: 

 

  1. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a récemment demandé à l'Union européenne, sur les ordres directs de Berlusconi, de s'abstenir de renforcer les sanctions contre l'Iran pour ses violations nucléaire: "Nous ne devons pas brûler tous les ponts, a-t-il dit , « parce que l'Iran est un pays clé et nous devons éviter [avec des sanctions], de porter atteinte à la fierté nationale iranienne ». 

 

  1. Encouragés par le gouvernement de Rome, plus de 1.000 entreprises italiennes travaillent en Iran, y compris le géant de l'énergie Eni, Fiat Ansaldo, Danieli-Duferco et Maire Technimont. 

 

  1. Ce mois-ci, Maire Tecnimont vient de signer un contrat pour l'achat de 220 millions d'euros-dollars de gaz iranien à destination de l'Italie. Cette société fournit des équipements pour  l'armée iranienne, ainsi que pour le programme spatial et nucléaire. 

  2. Carlo Gavazzi Space aide l'Iran à construire son satellite de communication Mesbah, même si ce programme fournit la technologie des satellites de surveillance qui serviront à espionner Israël. 

  3. Iveco, une filiale de Fiat, fournit  l'armée iranienne et les Gardiens de la Révolution en camions lourds. On peut les voir à la fin de chaque défilé militaire à Téhéran, chargés de missiles balistiques. 

  4. Les vedettes rapides Levrievo, de la firme italienne FB, sont les modèle d’embarcations rapides utilisées par les unités maritimes des Gardiens de la Révolution et des commandos du Hezbollah, qui s’entrainent actuellement en Iran pour mettre sur pied des raids terroristes touchant en profondeur le territoire d’Israël. 

  5. La grande entreprise de construction italienne Seli fournit à l’Iran le matériel lourd de terrassement pour creuser des tunnels. Son personnel travaille en étroite collaboration avec la société iranienne Ghaem accusée par le Renseignement Américain d’être un bras des Gardiens de la Révolution. L'équipement lourd italien contribue donc à enterrer les bunkers fortifiés secrets où l'Iran dissimule les projets interdits de son programme nucléaire et qui sont pour les Etats-Unis ou Israël les cibles prioritaires en cas d'attaques. 

Les Italiens prétendent que tous ces contrats sont de nature civile et qu’ils ne sont absolument pas au courant de l’usage militaire que pourrait en faire l’Iran.

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 14:35
http://3.bp.blogspot.com/_1viKb66LC58/Siejw0k-aII/AAAAAAAAAE4/Uszo5zcj0EA/s400/iran_nucleaire.jpg
L’Iran défie le monde : Mahmoud Ahmadinedjad ordonne l’enrichissement de l’uranium


Téhéran franchit un point de non-retour

dimanche 7 février 2010 - 10h38, par Mediarabe.info
Logo MédiArabe.Info

L’inquiétude s’empare de la communauté internationale et des pays voisins de l’Iran, après la décision prise ce matin, par le président Mahmoud Ahmadinedjad, demandant à l’agence iranienne de l’énergie nucléaire d’accélérer l’enrichissement d’uranium à 20%.

Non seulement cette demande confirme que l’Iran détient les techniques d’enrichissement et les centrifugeuses nécessaires à cette opération, mais surtout, la décision iranienne est considérée comme une défiance supplémentaire à l’égard de la communauté internationale. Mais en décidant d’enrichir l’uranium sur place, l’Iran inquiète ses voisins et les pays occidentaux sur ses intentions. Bien que Téhéran ait souvent affirmé que son programme nucléaire est purement civil, la presse allemande a révélé hier qu’un expert nucléaire de l’ex-Union soviétique avait aidé les Iraniens à développer leur programme nucléaire, durant les années 1990 et au moins jusqu’en 2000. Grâce à ses apports, l’Iran aurait obtenu les plans et les techniques lui permettant de fabriquer des ogives nucléaires. Selon les journaux allemands, l’AIEA détiendrait tous les renseignements concernant ce dossier.

Mais au lieu de démentir ces propos, et de prouver que son programme nucléaire n’est pas militaire, l’Iran persiste à défier le monde. Hier samedi, Téhéran a inauguré deux lignes de production de missiles sol-air et sol-sol. Les premiers sont destinés à lutter contre les hélicoptères à basse altitude (les Apache), les seconds pour détruire les chars d’assaut. Le lancement de la fusée spatiale, cette semaine, ne rassure pas non plus.

De plus en plus d’observateurs font état de leur inquiétude quant à la réaction des Occidentaux. Car leur crédibilité est en jeu. Si les Six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité + l’Allemagne) acceptent le fait accompli et ne réagissent pas, l’Iran accédera à la bombe. Mais la question est de savoir si les Six ont les moyens de refuser le fait accompli ? Le plus grave est que dans ce dernier cas, c’est Israël qui serait tenté de s’en charger, au risque de provoquer une guerre régionale. A moins que les Israéliens, qui furent les premiers alliés du Shah n’aient gardé leur alliance avec la République islamique pour prendre les pays arabes à revers. Dans ce cas, l’hypocrisie israélienne risque de se retourner contre l’Etat hébreu qui continue à flirter avec le danger des mouvements terroristes financés par l’Iran.

MediArabe.info

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 10:06

Deux navires de la marine israélienne passent le Canal de Suez

Deux navires de la marine israélienne passent le Canal de Suez - © Juif.org
Deux navires israéliens lance-missiles ont passé le Canal de Suez en Egypte vers la Mer Rouge, selon des medias arabes. Le Caire a pris des mesures strictes pour assurer la sécurité des navires. Selon des sources égyptiennes, les navires de guerre se dirigent vers le Golfe Persique.
 
Les sources n’ont pas donné la destination exacte des navires lance-missiles. Toutefois, des responsables de la marine égyptienne, cités par des medias arabes, estiment que les deux bateaux se dirigent vers le Golfe Persique et pourraient y arriver dans quatre jours. La véracité de ces estimations reste incertaine.

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/83/Saar5-INS-Lahav001.jpg
 
La navigation à travers le Canal de Suez a été coordonnée avec les autorités égyptiennes, qui ont pris des mesures de sécurité draconiennes pour permettre le passage en toute sécurité des navires israéliens. Selon les medias arabes, les forces égyptiennes ont empêché tout navire de transiter par le Canal et ont même arrêté la circulation routière sur la route y menant lors du passage des navires israéliens.
 
Selon les mêmes informations, un navire lance-missiles israélien a déjà transité par le Canal de Suez en juin et juillet dernier. Dans le premier cas, le navire israélien était accompagné par un sous-marin de l’état hébreu.
 
La semaine dernière, le journal égyptien al-Shuruq, a signalé que les Etats-Unis ont tenu d’importantes manœuvres dans le Golfe Persique, y compris sur les rives de l’Iran. Ces informations étaient basées sur des sources provenant d’importants responsables égyptiens.
 
De plus, le journal a signalé que des navires israéliens ont cartographié les eaux du Golfe Persique lors des six derniers mois en coopération avec des navires de la cinquième flotte américaine. Il semble toutefois que cette information concernant Israël était sans fondement, et qu’elle pourrait être une tentative d’évaluer la réponse de Jérusalem.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 09:16



Bruit de bottes au Proche et Moyen-Orient

http://victor-perez.blogspot.com/2010/02/bruit-de-bottes-au-proche-et-moyen.html

 

Le chef d'état-major adjoint israélien, le général Benny Gantz, a déclaré il y a peu que« l'année 2009 a, certes, été très calme (pour Israël), mais il ne faut pas se méprendre, on peut se réjouir de ce calme mais non s'y fier ». « Le calme est un paradoxe qui peut s'avérer dangereux », a-t-il ajouté lors d'un entretien avec des journalistes. Pour ceux qui connaissent la situation géopolitique du Proche et Moyen-Orient, cet avertissement anodin ne laisse guère d’illusions pour les mois et années à venir dans cette région de la planète et principalement pour Israël.

 

On ne sera donc guère surpris de constater que du côté iranien les recherches balistiques et de la maîtrise complète de l’atome sont en ‘’bonne’’ voie. Deux nouveaux sites de productions de missiles contre les hélicoptères et les chars viennent d’être également inaugurés alors que des opposants au régime sont pendus et que la misère gagne en ampleur.

 

Du côté du Hezbollah la contrebande d’arme, malgré la résolution 1701 du Conseil de Sécurité, est en plein essor et les missiles pointés vers « l’entité sioniste » sont presque tous en place pour le prochain round.

 

Le Hamas, quant à lui, se bat pour garder ses tunnels transfrontaliers ouverts à l’import de missiles pouvant atteindre le centre d’Israël. Cela malgré la disparition ‘’tragique’’ à Dubaï de Mahmoud Al Mabhouh, le chargé de l'approvisionnement en armes du Hamas à Gaza en provenance d’Iran.

 

La Syrie, quant à elle, se contente de placer ses pions diplomatiques, de condamner la ‘’soldatesque’’ israélienne à toute occasion ou de ‘’parfaire’’ ses connaissances nucléaires, chimiques et bactériologiques sans le crier sur le toit et au détriment du bien être de centaines de milliers de Syriens de l’est, affamés par une sécheresse ayant causé une chute drastique de la production agricole.

 

Dans le camp occidental, il semble que l’on ait pris conscience de cette montée d’adrénaline en cette région. Washington compte renforcer sa présence militaire dans le Golfe persique et prévoit de déployer un système d'armes anti-missiles sur la côte des Etats du Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Emirats Arabes-Unis. Initiative qui a pour objectif premier de décourager l’Iran de menacer directement par ses missiles les pays arabes alliés des USA ainsi que l’état d’Israël.

 

Du côté européen, le président roumain Traian Basescu a fait savoir que son pays accueillera des intercepteurs de missiles balistiques déployés dans le cadre du nouveau projet américain de bouclier antimissiles qui protégera aussi bien l'Europe que lesEtats-Unis des missiles iraniens.

 

Si les sanctions prennent trop lentement effet, on ne peut douter que les dirigeants occidentaux ont pris, dorénavant, la mesure du danger de la République Islamique.

 

Quant à Israël, l’un des premiers concernés par les avancées technologiques et les bruits de bottes, il a prévenu par le truchement médiatique la famille Assad de la perte de son pouvoir s’il lui prenait fantaisie d’attaquer son territoire et de la responsabilité totale libanaise dans une agression du Hezbollah.

 

Pour parer à toute éventualité catastrophique, les autorités israéliennes ont accéléré la distribution de masques à gaz à tous ses habitants qui débutera le 28 février, jour de la fête de Pourim. Probablement en clin d’œil à l’époque perse du peuple juif et à la pendaison d’Aman, le conseiller du roi Assuérus. Tout un symbole ! Diffusion qui laisse deviner, pour le moins, une menace chimique et/ou bactériologique à son encontre, pour les grands mais aussi les plus petits, les femmes et les vieillards.

 

Distribution que n’effectue, en revanche, nul autre pays de cette région et qui confirme que malgré le contexte oriental actuel, l’état juif ne représente aucun danger et que l’affubler d’accusations de crimes de guerre et contre l’humanité est grotesque sinon de l’hostilité gratuite.

 

Victor PEREZ ©

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 09:15

Sept mythes à propos de l’Iran

par Bret Stephens, Wall Street Journal
Thème : International


Publié le 2 février 2010

Titre original : Seven Myths About Iran

Traduction : Objectif-info



« Nous avons tenté de négocier [avec les iraniens] pendant cinq, six ans. Nous avons tout essayé. Nous avons rencontré tous les iraniens que nous pouvions rencontrer. Nous avons tenté d’ouvrir tous les canaux possibles. Nous avons eu des idées nouvelles et le résultat de ces efforts est celui-ci : néant »

Voila ce que m’a dit un diplomate occidental qui me décrivait les efforts de son pays pour parvenir à un règlement négocié avec Téhéran sur son programme nucléaire. Ce faisant, il exposait un mythe élaboré depuis une dizaine d’années, selon lequel l’Iran était prêt à abandonner ses programmes en échange d’un « grand marché » avec l’Occident.

Examinons un petit nombre d'autres mythes sur le même sujet et espérons qu’il ne faudra pas des années pour que la leçon entre dans les têtes :

(1) Les frappes militaires sur les installations nucléaires ne servent à rien.

C’est l’argument qu’a avancé le secréatire à la Défense Robert Gates qui disait l’an dernier devant la Commission du Sénat « qu’une attaque militaire ne permettra que de gagner du temps et elle rendra le programme plus opaque et dissimulé. »

Peut-être, mais est-il inutile de gagner du temps ? L’attaque d’Israël contre le réacteur Osirak en 1981 a donné du temps même s’il a conduit le programme de Saddam à devenir clandestin. Il a permis que l’Irak qui a envahi le Koweit et menacé l’Arabie saoudite soit un pays non nucléaire neuf ans plus tard. Ce point avait été reconnu par le Secrétaire à la Défense de l’époque, Dick Cheney, qui a remercié le chef israélien de l’opération Osirak d’avoir « rendu notre travail plus facile dans l’opération Désert Storm.*

(2) Une frappe rallierait le peuple iranien au régime.

Cette hypothèse serait plus convaincante si le régime avait conservé des revendications fondées sur le partiotisme iranien. Si ça a été le cas, cela n’a pas duré longtemps. Ce serait aussi plus convaincant si le programme nucléaire était plus populaire que ne le prétendent ceux qui veulent justifier le régime. Au contraire, l’un des chants les plus répandus des manifestants dit : « l’Iran est fertile et verdoyant, il n’a pas besoin de bombes nucléaires ».

Même si le programme nucléaire bénéficiait d’un vaste soutien, on ne sait pas vraiment comment les Iraniens réagiraient dans l’hypothèse de frappes militaires. Le dictateur argentin Leoplodo Galtieri déclencha une vague ferveur nationaliste quand il envahit les iles Falkland en 1982. Mais il fut débarqué une semaine à peine après la chute de Port Stanley entre les mains des Britanniques. Quand un régime joue son prestige sur une entreprise unique et controversée, il ne peut pas se permettre d’échouer.

(3) Les sanctions ne marchent pas, et général elles aboutisse à renforcer le régime au détriment du peuple.

Il en est ainsi à condition que les régimes soumis à des sanctions exercent un contrôle puissant sur la société, qu’ils aient des populations relativement soumises et qu’ils ne soucient pas le moins du monde de leur respectabilité internationale. Il est vrai aussi que les sanctions seules ne sont jamais des balles d’argent. (**) Mais comme l’a souligné Mark Dubowitz de la Fondation pour la Défense des Démocraties, elles peuvent être des « éclats d’obus d’argent », en particulier quand le pays cible est aussi vulnérable que l’Iran aujourd’hui, et quand il est aussi dépendant de ses importations d’essence

C’est pourquoi la Chambre des Représentants a eu raison d’approuver en décembre, à une majorité écrasante, la loi instaurant des sanctions sur le pétrole raffiné ; et le Sénat a bien fait d’adopter à l’unanimité un texte similaire jeudi dernier, malgré les objections de l’administration.Dans la durée, le régime trouvera certainement le moyen de contourner les sanctions qui interdisent aux entreprises qui travaillent avec l’Iran dans le secteur de l’énergie de travailler avec les États-unis. Mais à très court terme, ces sanctions peuvent provoquer des troubles de masse qui peuvent faire pencher la balance contre le régime.

(4) Le monde peut vivre avec un Iran nucléarisé, tout comme nous vivons avec d’autres puissance nucléaires peu ragoutantes.

Je suppose que c’est vrai. Pouvons-nous vivre aussi avec une Arabie saoudite, une Égypte et une Turquie nucléaires ? Le problème avec les visions « réalistes », c’est qu’elles ne parviennent pas à prendre en compte la peur que l’Iran nucléaire inspire aux régimes conservateurs de son voisinage. Pendant la guerre froide, la politique de « containment » *** [ou d’endiguement] était déjà difficile à mener. Imaginons à présent qu’il y ait quatre ou cinq courants divergents parmi les Arabes, les Perses, les Turcs et les Israéliens, certains d’entre eux étant des fanatiques religieux, dans la region du monde la plus instable.

(5) Le régime iranien va tout droit dans les poubelles de l’histoire. La meilleure politique est d’en faire le moins possible jusqu’à ce qu’il s’effondre de l’intérieur.

Les régimes communistes étaient aussi destinés à la poubelle de l’histoire. Malheureusement il a fallu des décennies pour y arriver, au cours desquelles il a tué des dizaines de millions de personnes. Qu’il y aille lentement est un enjeu d’importance pour le peuple iranien et ses voisins. Mais il est aussi important qu’il y aille vite, et rester à la traine des évènements n’est pas une politique.

(6) Plus nous affichons notre soutien aux manifestants plus nous portons préjudice à leur cause.

C’était l’opinion de l’administration après les élections du 12 juin : elle marchait sur la pointe des pieds pour éviter d’être accusée d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran. Le régime a néanmoins formulé l’accusation d’ingérence des États-Unis.

Mais les mouvement de protestation semblables à ceux de l'Iran (ceux des Polonais ou des Sud-africains) ont été renforcés par un sentiment de légitimité morale que le soutien international peut seul conférer. Quand la gauche américaine soutiendra-t-elle les droits des Iraniens comme elle l'a fait, admettons-le, pour ceux des Tibétains? Peut-être quand le président Obama le lui dira.

(7) En dernier recours, Israël liquidera les installations nucléaire iraniennes.

Plus les responsables politiques tomberont dans le panneau des six premiers mythes, moins le septième relèvera du mythe.


(*) Ndt « Tempête du désert » était le nom de campagne de la première guerre de la coalition contre l’Irak en 1991.
(**)Ndt Dans le folklore la balle d’argent est seule capable de tuer une créature anthropomorphe, le loup-garou ou lycanthrope.
(***)Ndt Politique du président américain Harry Truman visant à prévenir l’extension du communisme.
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 19:10

Iran, la confrontation

 

Par Aldo-Michel Mungo

Analyste en géostratégie

Directeur de la rédaction du magazine militaire Carnets de Vol

 

Négociations ou sanctions, et si rien ne fonctionne, l'option de dernier recours, celle de frappes aériennes contre les installations nucléaires et militaires iraniennes, est toujours à l'étude au Pentagone, en Israël et au Shape. Il y a trois mois, une réunion dont rien n'a filtré s'est tenue à Paris entre les chefs d'Etat-major des armées américaine, israélienne et française, et ce n’était certainement pas pour évoquer la culture des bégonias.

 

Deux options sont évoquées. Un raid unique avec une frappe ciblée, à l'instar du bombardement israélien sur la centrale irakienne d’Osirak, en 1981, mais qui ne ferait que retarder de quelques années le programme nucléaire iranien, pour autant qu’elle atteigne ses objectifs. Ou une campagne aérienne lourde et longue destinée à détruire complètement le potentiel iranien.

Autre solution : que la communauté internationale se résigne à vivre avec un Iran nucléaire. Le danger serait alors de voir d'autres pays de la région se lancer dans la course à l’arme atomique. «La possession de l'arme nucléaire par l'Iran serait le coup d'envoi de la prolifération nucléaire dans l'ensemble de la région», prévient Frédéric Tellier, spécialiste de l'Iran à l'International Crisis Group.

L'atome a un pouvoir égalisateur, il permet au faible de jouer dans la cour du fort. C'est la raison pour laquelle, l'Iran souhaite s'en doter.

Certains prétendent que les Iraniens n'emploieront jamais la bombe. Mais, face aux Pasdaran et aux Bassidji qui hurlent leur haine de l'Occident, et alors que la faction messianique au pouvoir est omniprésente, ceux qui parient sur la dissuasion le font à nos risques et périls. Et c'est faire fi de la conséquence d'un Iran nucléaire : l’effondrement du système de non-prolifération.

Il n’y a qu’une chose plus dangereuse qu’une confrontation militaire avec l’Iran, c’est l’Iran disposant de l’arme atomique.

Festina lente, hâte-toi lentement, disait l’empereur Auguste. L’état actuel de l’Amérique ne permet pas ce luxe au président Obama. S’il n’agit pas rapidement, il sera bientôt trop tard.

Pour le Moyen-Orient et pour le monde entier.

Mais que faire maintenant qu’il est clair que la négociation ne fonctionne pas ?

L'heure tourne, les centrifugeuses aussi.

Que va-t-il se passer ? Personne n'est en mesure de le dire. Une chose est certaine, nous sommes arrivés à un carrefour où tout reste possible. La Paix ou la Guerre. C'est ce que les Grecs anciens appelaient le Kairos : le moment de vérité, lorsque le temps se densifie et que chacun doit choisir une voie et renoncer aux autres.

Etat des lieux et des options.

 

Le programme nucléaire iranien

 

Les ambitions nucléaires de l’Iran créent l’inquiétude depuis plusieurs années. Si le programme civil a une histoire quasiment ouverte, son pendant militaire est l’objet de toutes les interrogations.

Le programme civil est lancé avec la coopération des États-Unis dans les années ‘50, peu après l’Opération Ajax qui dépose le premier ministre Mossadegh, le régime apparait suffisamment amical envers l'Occident pour que la prolifération nucléaire ne devienne une menace. En 1959, est créé le Centre de Recherche National de Téhéran (CRNT), géré par l’Organisation de l’Énergie Atomique d’Iran (OEAI) dans le cadre du programme Atoms for Peace. Un premier réacteur de recherche fourni par Washington, d'une puissance de 5 MW, fonctionne au CRNT dès 1967 à des fins de recherche avec de l'uranium hautement enrichi ; il est alimenté d’abord par les USA, ensuite par la France et l’Argentine.

Le Shah Mohammed Reza Pahlavi acquiert très vite de grandes ambitions concernant le développement de l’atome, puisqu’il vise le nombre de 23 centrales de 1.000MW à l’horizon de l’an 2000 et la volonté de faire de l’Iran la quatrième puissance économique et militaire de la planète. Le Shah assure que le seul but du programme est de développer une capacité de production d’électricité, l’Iran possédant d’importants gisements de minerais d’uranium. En 1968, l’Iran signe le TNP (Traité de Non Prolifération) et, en 1975, les Allemands de Siemens remportent le projet de construction de la première centrale nucléaire à Bouchehr sur le Golfe Persique, soit deux réacteurs à eau pressurisée d’une puissance d’un peu plus d’un gigawatt. En 1974, la part suédoise de 10 % dans Eurodif (European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) revient à l'Iran à la suite d'un accord franco-iranien qui prévoit la vente par la France de cinq centrales américaines sous licence Framatome; l'approvisionnement de l'Iran en uranium enrichi ; la construction d'un centre nucléaire comportant trois réacteurs de recherche; l'exploitation en commun des gisements d'uranium découverts en Iran; la formation des scientifiques iraniens, ainsi que l'accès de l'Iran à l'industrie d'enrichissement de l'uranium. Parallèlement, les deux pays créent la Sofidif (Société franco-iranienne pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse) qui doit opérer une usine d’enrichissement basée en France. En retour, la Sofidif acquiert une part de 25 %  dans Eurodif, ce qui donne à l'Iran une minorité de blocage dans cette dernière. Le reste des 75% étant répartis entre la France (27,8%) et trois actionnaires minoritaires (l'Italie, l'Espagne et la Belgique). Le Shah prête un milliard de dollars US pour la construction de l'usine Eurodif au Tricastin, afin d'avoir le droit d'acheter 10 % de la production d'uranium enrichi du site. Cette usine d'enrichissement est absolument indispensable pour alimenter les 58 réacteurs nucléaires que la France va construire et que ses autres partenaires vont également mettre en service dans les années suivantes.

En 1976, le Shah et le président Gérald Ford signent un accord pour la livraison d’une usine de retraitement permettant l’extraction du plutonium dans le combustible nucléaire usagé. L'accord permet à l'Iran de parvenir à maîtriser le cycle complet de l'atome. Très vite le Shah ne cache plus qu’il s’agit pour lui d'acquérir la bombe atomique et simultanément le statut de grande puissance. Les USA, bienveillants jusque là, changent d'avis et aident, avec la France, la révolution islamique à renverser le régime en soutenant activement l’Ayatollah Khomeiny que très opportunément Saddam Hussein a expulsé d’Irak.

La révolution de 1979 met un coup d’arrêt provisoire au programme, qu’il s’agisse de la construction de Bouchehr, de l’acquisition de combustible ou de capacités de retraitement: le Guide Suprême, Khomeiny est hostile à l’énergie nucléaire, ce que ses amis de circonstance savaient. Il rompt tous les contrats de fourniture de centrales nucléaires, suspend les paiements et réclame le remboursement du prêt d’un milliard de dollars à Eurodif.

Les Occidentaux, USA, France et Allemagne (Siemens se retire du chantier de Bouchehr en 1979, alors que le projet est inachevé), reviennent sur leurs engagements et refusent d’honorer leurs obligations. Les alliés sont devenus ennemis. S’ensuit durant plus de dix ans la pire campagne terroriste que l’Occident ai connu, avec en toile de fond la récupération par l’Iran des remboursements et indemnités qu’elle réclame, ce qui sera normalisé en 1991/1992. A ce jour, l'Iran est toujours actionnaire d’Eurodif. Selon les termes de l'accord de 1991, l'Iran n'a aucun droit à enlever de l'uranium enrichi, ni accès aux technologies nucléaires. Seuls les gains financiers de sa part dans le consortium lui reviennent. Mais, en raison de la Résolution 1737 du Conseil de sécurité de 2006 qui gèle les avoirs de l'Organisation Iranienne à l'Energie Atomique, les fonds dus sont actuellement bloqués ; une cagnotte pour le prochain régime iranien.

La guerre Irak-Iran de 1980 à 1988 joue également le rôle de facteur bloquant pour le programme nucléaire, Bouchehr étant bombardé par l’aviation de Saddam Hussein.

La mort de Khomeiny en 1989 marque un regain de volonté perse. Les Iraniens s’adressent aux Russes car l’embargo les empêche de solliciter à nouveau Siemens. En 1995, un accord prévoyant la reconstruction d’un réacteur (sur les deux initiaux) à eau pressurisée d’un gigawatt à Bouchehr est signé pour un montant d’environ 1 milliard de dollars. Une somme non négligeable pour la Russie de Boris Eltsine et pour son économie chancelante. Mais les Russes vont devoir effectuer la transformation sans aucun document technique ni plan directeur, car les Allemands ne les ont pas fournis aux Iraniens dans les années ‘70. Devant initialement se terminer en 2000, le projet est cependant marqué par des problèmes techniques, (incompatibilité des infrastructures originelles de Siemens et du réacteur russe, transfert de compétences vers les Iraniens…) mais surtout géopolitiques. La Russie, qui ne veut pas se mettre à dos les Américains et les Européens inquiets de voir l’Iran développer en parallèle des capacités militaires, ralentit les travaux. Pour apaiser la situation, Vladimir Poutine impose que le réacteur utilise de l'uranium enrichi importé de Russie et que cette dernière récupère le combustible usagé pour garantir qu'il ne sera pas retraité en plutonium. Une mesure visant à ôter à Téhéran toute justification pour enrichir lui-même son uranium. D’année en année l’annonce de la mise en route de la centrale est reportée, alors que la Russie a commencé ses livraisons d'uranium à l'Iran en 2007, Bouchehr devrait finalement être mise en service en mars 2010. La Russie affirme que la centrale ne peut être détournée de son usage civil car elle sera placée sous supervision de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA). Mais cela n'éliminerait pas tout risque de détournement, car le combustible irradié passerait plusieurs années à refroidir dans des piscines, avant de quitter le pays. En outre, comme la Russie contrôle mal les matériaux et les techniques nucléaires, la circulation d'équipements et de techniciens augmente le risque que l'Iran ne se procure du plutonium. De plus, le projet de Bushehr donne à l'Iran des raisons légitimes de poursuivre les recherches et des formations dans le domaine du nucléaire, ce qui lui permet de mieux dissimuler un programme militaire.

 

La filière militaire

 

Au-delà des suspicions de la communauté internationale et des provocations à répétition des dirigeants iraniens, y a-t-il un programme militaire caché derrière son pendant civil ? Les installations d’enrichissement d’uranium et de retraitement que l’Iran a longtemps dissimulées et dont la finalité reste largement opaque, sont-elles utilisées pour servir à la fabrication d’une bombe ? En bref, l’Iran cherche-t-il à se doter de l’arme nucléaire ?

En 1984, face à l’armée de Saddam Hussein mieux équipée et préparée, Khomeiny change d’avis sur le nucléaire. D’autant que depuis 1974, la France aide l’Irak à maitriser le cycle nucléaire. Si Saddam Hussein n'a pas réussi à fabriquer de bombes atomiques, ce n'est pas faute d’avoir essayer. Mais, au début des années ‘80, personne ne sait s’il va réussir ou échouer.

En 1983, un accord de coopération est signé entre l’Iran et l’Argentine qui vient d’abandonner son projet de se doter de l’arme nucléaire, mais qui garde une excellente connaissance de la technologie. L’Argentine fournit l’uranium hautement enrichi nécessaire au réacteur de recherche de Téhéran.

Mais à l’époque, le plus court chemin pour se doter d’un programme militaire est de solliciter le Pakistan du général Zia et du fameux Abdul Qadeer Khan. Alors que Les Iraniens se demandent si la centrale de Bouchehr pourrait être utilisée pour produire du plutonium en plus de celui récupéré sur le réacteur de recherche, Khan les persuade de s’engager sur la voie de l’uranium hautement enrichi. Un accord de coopération est signé en 1987, et ce malgré les rivalités régionales entre les deux états. Du côté iranien, les Pasdaran (Gardiens de la Révolution) mènent la danse, alors que chez les Pakistanais, Khan et son réseau international sont au cœur du programme, assurant la fourniture des plans de centrifugeuses et des composants nécessaires à la fabrication de plusieurs milliers d’entre elles. Il semble bien que Khan soit allé au-delà du mandat officiel que lui avait accordé Zia, soucieux de ne pas trop en faire pour l’Iran.

Après la mort de ce dernier en 1988, Benazir Bhutto, premier ministre, refuse aux militaires pakistanais l’autorisation d’exporter des technologies sensibles vers la Perse. Ils vont dès lors agir de leur propre chef, d’autant qu’en face, le nouveau président iranien, Rafsandjani est très favorable au programme. Nommé en 1990, le successeur de Bhutto, Nawaz Sharif, est lui aussi réticent au partenariat étendu qu’essaient de lui vendre les militaires, c’est la fin de la première phase de coopération entre Iran et Pakistan sur le nucléaire militaire.

La défaite de l'Irak, en 1991 à l’issue de Desert Storm, finit de convaincre le gouvernement iranien que le pays ne peut compter sur ses seules forces conventionnelles pour dissuader une intervention des Occidentaux dans la région du Golfe : les armes nucléaires permettraient d'éviter les ingérences Occidentales et, aussi, de lutter contre des ennemis plus proches. La deuxième guerre contre l’Irak, en 2003, finira de convaincre les dirigeants iraniens qu’il leur faut l’arme totale, d’autant qu’à ce moment là naît un véritable complexe d’encerclement, suite à l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak par l’Amérique et ses alliés.

En 1991, Téhéran achète à la société belge Ion Beam Applications un cyclotron pour son Centre de médecine nucléaire de Karaj. Dès cette époque les services de renseignements s’interrogent sur la possibilité que l'Iran lance un programme de recherche sur l'enrichissement de l'uranium. Karaj dispose également d'un petit calutron fourni par la Chine. Aucun de ces accélérateurs ne peut produire des quantités militaires d'uranium très enrichi, mais tous deux peuvent servir à la recherche et à la formation en matière de séparation d'isotopes.

Mais au début des années ‘90, l’Iran a du mal à avancer dans son programme d’enrichissement, malgré une coopération avec la Chine et une tentative avortée avec la Russie: approvisionnement problématique en pièces détachées et difficultés techniques s’accumulent.

En 1991, le président argentin Carlos Menem, sous pression de Washington, met fin unilatéralement à la coopération nucléaire irano-argentine, entamé en 1983. Néanmoins, l'Argentine continue à fournir de l'uranium enrichi à l'Iran, qui attend 1996 avant de déclarer qu'il prendra des mesures pour rupture de contrat, ce qui se concrétisera par des attentats.

Le contact est rétabli avec la filière pakistanaise, mais rapidement, en raison de la guerre civile en Afghanistan, les relations entre l’Iran, qui s’est tourné sans succès vers l’Afrique du Sud, et le Pakistan se tendent. Cette fois, le réseau de Khan agit de manière autonome et fournit des centrifugeuses et le  plan d’une arme. Le  programme militaire iranien prend son envol.

Mais dès la fin des années ’90, sous la présidence Clinton, les Etats-Unis prennent très au sérieux la menace d’un Iran militairement nucléarisé. Dans son ouvrage State of War, James Risen mentionne une opération clandestine de la CIA dénommée Merlin qui vise en 2000 à tromper l’Iran et retarder son programme militaire en lui fournissant les plans erronés d’une ogive. Cependant, l’opération est un échec, les Iraniens sont informés des erreurs volontaires par un intermédiaire russe. Merlin aurait même accéléré les choses car l’Iran en aurait extrait des informations capitales, notamment en comparant les plans à ceux fournis par Abdul Qadeer Khan.

D’autres opérations indirectes de ce genre (sabotages, fausses informations…) visant à ralentir le programme ou à l’égarer dans de fausses directions, ont été menées depuis, notamment grâce au retournement de certains membres du réseau Khan.

En 2002, des photos satellites révèlent l’existence de l’usine d’enrichissement de Natanz (centre du pays), dont une partie est enterrée, et de la centrale à eau lourde d’Arak (sud-ouest de Téhéran), dont la mise en service doit intervenir entre 2011 et 2013.

L’Iran a donc utilisé Bouchehr comme «honey pot» pour attirer et focaliser l’attention en disposant d’installations nettement plus sensibles et dangereuses ailleurs.

Le jeu du chat et de la souris autour de l’enrichissement commence dès cette époque.

Les techniques d'enrichissement telles que la centrifugation ne servent pas uniquement à la fabrication d'armes; elles peuvent également produire du combustible pour des réacteurs nucléaires. Cependant, tant d'uranium enrichi est disponible sur le marché mondial, à la suite du recyclage des ogives déclassées par la Russie et les USA dans le cadre des accords Salt et Start, que l'on comprend mal pourquoi l'Iran veut produire lui-même le combustible de ses futures centrales. Le développement d'une telle capacité d'enrichissement est extrêmement coûteux pour un pays non industrialisé qui, de surcroît, possède un des principaux gisements de gaz naturel du monde.

L'Iran justifie son site d’enrichissement de Natanz par le projet de construire une centrale de 360 mégawatts à Darkhovin, dans la province du Khuzestan (sud-ouest), qui fonctionnerait avec du combustible produit dans le pays et qui possède des mines d’uranium. Cette deuxième centrale est présentée comme de conception totalement nationale sans aide extérieure et dont les travaux doivent commencer en 2012 pour se terminer en 2017. Une gageure et un bluff.

Il n’en reste pas moins que la seule centrale nucléaire destinée à la production d’électricité est celle de Bouchehr toujours pas en service et alimentée par du combustible russe. Se pose la question de savoir à quelles fins les Iraniens tiennent-ils tellement à enrichir de l’uranium dont ils n’ont aucun usage.

En février 2003, l’AIEA visite les installations de Natanz et découvre des particules d’uranium hautement enrichi, les soupçons d’un programme militaire secret se confirment.

En 2004, l’Iran met en service l'usine de conversion d' Esfahan (centre de l'Iran) qui permet de transformer du Yellowcake (poudre de minerai d'uranium concentré) en tétrafluorure puis en hexafluorure d'uranium (UF4 et UF6). La même année l’Iran échappe aux sanctions en acceptant de cesser ses activités d’enrichissement.

L’ancien Pasdaran, Mahmoud Ahmadinejad arrive au pouvoir en 2005 et annonce la reprise des activités d’enrichissement en dénonçant l’injustice des propositions des puissances européennes. Toujours en 2005, pour justifier l’existence de la filière d’enrichissement, le parlement iranien ratifie la proposition de loi sur la construction de 20 centrales nucléaires d'une puissance globale de 20.000 MW. Un coup de bluff supplémentaire pour un pays incapable de financer et de concevoir une industrie de raffinage du pétrole alors qu’il en est le quatrième producteur.

La tension connaît une apogée en 2006 lorsque la Russie se joint aux autres membres du Conseil de Sécurité pour voter des sanctions dures contre l’Iran d’Ahmadinejad. La même année, l'ISIS (Institute for Science and International Security) publie une série de photos satellites des installations nucléaires iraniennes. Ces photos montrent un nouveau tunnel d'entrée dans l'installation de conversion d'uranium à Esfahan, et une construction contigüe au site d'enrichissement de Natanz. L’ISIS vient de révéler de façon encore plus nette la réalité du programme nucléaire militaire iranien: la situation se tend donc à nouveau. De plus, les images, comparées avec celles de 2002 montrent que les bâtiments sont progressivement couverts par de la terre et du béton. Les Iraniens s’enterrent. Les différents centres nucléaires sont par précaution dispersés dans le pays et situés près de régions à forte densité de population pour rendre plus délicat d’éventuels bombardements.

Vont suivre trois années de longues et fastidieuses discussions et plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité qui exigent l’arrêt de l’enrichissement. Mais rien n’avance et l’Iran joue la montre en installant chaque mois de nouvelles centrifugeuses à Natanz.

Pour calmer le jeu à la fin 2007, le gouvernement iranien annonce qu’il va lancer un appel d'offres (un de plus) pour la construction de 19 centrales nucléaires de 1.000 MW. Car tout le monde pose la même question : s’il n’y a pas de programme militaire clandestin, à quoi sert d’enrichir de l’uranium quand on ne possède pas de centrale de production d’électricité ?

Toujours pas de preuves formelles d’un programme secret, mais des incertitudes qui reposent sur des découvertes «étonnantes» réalisées par les inspecteurs de l’AIEA : des documents décrivant comment constituer des hémisphères d’uranium dont l’application unique est la fabrication d’une arme. Mais également sur le suivi assez scrupuleux des avancées réalisées par l’Iran, comme le projet censé permettre l’adaptation d’une arme nucléaire sur le missile Shahab-3. Tous les indices semblent démontrer que l’Iran cherche à se rapprocher du seuil nucléaire.

Pourquoi ces recherches iraniennes sur des têtes de missiles balistiques qui ne sont pas configurés pour des explosifs normaux ? Pourquoi ces travaux sur l'usinage des hémisphères d'uranium métal qui forment le cœur d'une bombe atomique ?

En trois ans, les dirigeants iraniens vont avoir une attitude parfois conciliante avec les Occidentaux, mais c’est pour gagner du temps et permettre l'avancement de sa technologie nucléaire. Rien n'indique pourtant que la crise entre Occidentaux et Iraniens puisse se dénouer. On continue dans un jeu du chat et de la souris, même si Pékin et Moscou, traditionnellement plus tolérants avec Téhéran, sont de plus en plus impatients.

 

Le double jeu dévoilé

 

L’année 2009 va être celle de tous les rebondissements et de la fin du théâtre d’ombre.

En avril de cette année, le président Amhadinedjad inaugure une usine de fabrication de combustible nucléaire à Ispahan, la deuxième étape du cycle après l’enrichissement. L’installation a une capacité de production de 10 tonnes de combustible nucléaire par an pour alimenter le réacteur de recherche à eau lourde de 40 mégawatts d'Arak, et de 30 tonnes de combustible pour de futurs hypothétiques réacteurs à eau légère dont les Iraniens ne possèdent aucuns plans et dont le premier coup de pioche n’est pas programmé. Cette nouvelle crispe un peu plus les Occidentaux.

Le coup de tonnerre va éclater en septembre, lorsqu’est révélé l’existence d’une deuxième usine d’enrichissement à Fordoo, près de la ville sainte de Qom. L'installation secrète, creusée dans une montagne sur une base militaire relevant des Pasdaran, a été détectée depuis des années par les services de renseignements Occidentaux. Ce site destiné à l'enrichissement d'uranium constitue une violation flagrante des obligations de l'Iran au regard des normes de non-prolifération. Paris avait pressé Washington de dénoncer l'existence de ce site clandestin, mais l'administration américaine n'y consent que lorsque les Iraniens avouent d’eux-mêmes. Moscou a été tenu dans l'ignorance de la découverte de ce site. Pour les Russes, les révélations constituent un choc à plus d'un titre. Tout cela trahit au minimum un "trou" dans le renseignement russe en Iran, alors que, depuis les années ‘90, Moscou a ses entrées dans le secteur nucléaire de la République islamique. La Russie n'était pas consultée, de peur qu'elle ne renseigne les Iraniens. Téhéran indique que le premier coup de pioche de cette usine date de 2007, mais l'AIEA détient la preuve que les fondations du bunker ont été coulées en 2002. La capacité prévue de l'usine de Qom, soit 3.000 centrifugeuses, la rend inapte à enrichir de grandes quantités d'uranium, nécessaires à l'alimentation d’une centrale électrique fonctionnant 24 heures sur 24. En revanche, elle pourrait enrichir, à un degré militaire, de petites quantités d'uranium pour une ou deux bombes atomiques par an. La révélation tardive de cette usine soulève la question de l'éventuelle existence d'autres installations secrètes du régime islamique.

Alors que se prépare une ultime proposition à l’Iran pour sortir de la crise, un rapport secret de l’AIEA, divulgué en octobre, révèle aux grandes puissances que les Iraniens ont procédé à des tests de détonateurs à très haute intensité, pièces ultrasophistiquées indispensables pour mener à bien une explosion atomique. Cette technique, connue sous le nom de «Two point implosion» («amorçage en deux points»), consiste à provoquer simultanément deux détonations aux extrémités d'une ogive de forme ovoïde, composée de deux demi-sphères abritant la matière fissile dont le rapprochement par compression déclenche la réaction en chaîne et l’explosion thermonucléaire. Cette technologie permet de réduire la taille de l’arme et facilite son adaptation aux missiles balistiques. L’Iran affirme que toutes ses expérimentations ont des applications purement civiles, sans pour autant indiquer lesquelles. Les diplomates avalent la couleuvre, comme d’habitude. Les militaires affinent les plans.

Les inspecteurs de l’AIEA ont également découvert que l'Iran a enrichi en octobre 2009 de l'uranium avec encore plus de centrifugeuses à Natanz, qui en comptait 8.692 ce mois là. Selon le dernier décompte de l'AIEA, Téhéran y a déjà produit (novembre 2009) un total de 1.763 kilos d'uranium faiblement enrichi à 3,5%, soit 255 kilos de plus que le chiffre cité en août par l'agence, chaque mois donc ce sont 85 kilos qui s’ajoutent aux stocks iraniens et la progression est exponentielle avec la mise en service de nouvelles centrifugeuses. Cette quantité est suffisante pour produire la quantité d'uranium enrichi à plus de 90% nécessaire pour fabriquer une bombe atomique.

Autre source de préoccupation, pour les experts de l'AIEA, les activités minières de Téhéran semblent redoubler : d'après des photos satellites prises en avril et octobre 2009, la mine d'uranium de Gchine et le centre de Bandar Abbas, qui produit du Yellowcake tourneraient désormais à plein régime.

Désormais, preuve est faite du double jeu de Téhéran et de ses réelles ambitions

A Moscou et à Pékin, en cette fin 2009, c’est le sort de l’Iran qui se joue dans les coulisses du pouvoir. Ces deux pays vont basculer de camps.

 

L’escalade iranienne

 

Les 6 grandes puissances qui négocient depuis des années avec l’Iran (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, Russie, Allemagne) font à cette dernière une proposition qui va mettre à plat les incertitudes sur les intentions réelles de l’ancien Empire Perse.

L'offre prévoit que l'Iran se sépare de la majeure partie de son stock déclaré d'uranium enrichi (1.200 kg), qui serait enrichi à 19,5% en Russie puis transformé en France en combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran. Cela priverait l'Iran, pendant environ un an, de la capacité à fabriquer de la matière fissile utilisable dans l'arme atomique, le temps de relancer des négociations sur le fond ; car dans les chancelleries, tout le monde sait que le temps presse. Ce schéma de circuit d'uranium, conçu durant l'été par les Etats-Unis, puis endossé par l'AIEA, vise à répondre à une demande iranienne transmise en juin à l'Agence de Vienne. L'Iran demandait en effet d'être fourni en uranium enrichi pour son réacteur de recherches à Téhéran ; à défaut de quoi, la main sur le cœur, les Iraniens se verraient obligés à l’enrichir à près de 20% eux-mêmes.

L'Iran pose ses propres conditions, accepte de transférer seulement une partie de son stock d'uranium, et au coup par coup, vers la Russie et souhaite en plus pouvoir se fournir en uranium auprès d'un pays tiers de son choix. Il veut le beurre et l'argent du beurre.

Face au refus des six puissances, le 29 novembre Mahmoud Ahmadinejad annonce qu'il compte lancer la construction de 10 usines d'enrichissement d'uranium supplémentaires à des emplacements déjà mis à l'étude. Deux jours plus tôt, l’AIEA, avait adopté une résolution dénonçant le programme nucléaire iranien. Ahmadinejad annonce que les futurs sites auront tous les mêmes dimensions que l'usine de Natanz destinée à recevoir 50.000 centrifugeuses.

L’Iran franchi une nouvelle étape dans la provocation envers la communauté internationale

Cette décision de démultiplier son programme nucléaire prend de front la planète entière.

L'Iran fait en outre une deuxième annonce, susceptible d'aggraver considérablement la crise autour de ses activités. Il envisage de produire de l'uranium enrichi à 20 %, la limite entre le nucléaire civil et le nucléaire à caractère militaire, en dépit des engagements pris précédemment, ce qui constitue une fuite en avant technologique. Jusqu'ici, officiellement, l'Iran n'a jamais dépassé le niveau de 4,8 %.

Selon le président iranien, l'Iran a besoin de 500.000 centrifugeuses semblables à celles de Natanz, et il évoque aussi l’utilisation d'appareils plus sophistiqués qui permettraient d'enrichir l'uranium à plus grande vitesse.

Pourquoi, cette annonce de dix nouveaux sites d'enrichissement, alors que l'Iran n'a pas une seule centrale nucléaire pour brûler ce combustible ?

Pourquoi l’Iran fait-il cela? Parce qu’elle a l’œil dans une seule direction: la bombe. Sachant que dès qu’elle la possèdera, elle sera la superpuissance régionale et aura l’hégémonie sur le Golfe persique.

La fin de 2009 aura vraiment été riche en évènements, le 16 décembre les Iraniens testent, pour la troisième fois de l’année, une nouvelle génération de missiles balistiques, le Sejil-2, dérivé (ou nouvelle appellation) du Shahab-3, d’une portée de plus de près de 2.500km et comportant deux étages avec des moteurs à combustible solide, ce qui le rend moins détectable. Cet essai survient au lendemain du vote par la Chambre américaine des représentants d'une loi prônant des sanctions contre les entreprises étrangères qui participent à l'approvisionnement en carburants de l'Iran.

Les Iraniens ne sont plus sur la recherche unique de pouvoir frapper Israël distant de 1.000km. Installé sur des lanceurs mobiles, la portée du nouveau missile balistique lui permet d’atteindre le territoire de l’Union Européenne (donc de pays membres de l’Otan), des villes comme Bucarest, Sofia et Athènes sont à portée. La Russie est sous le feu et Moscou à la lisière de portée. L’ouest de la Chine est sous la menace. Au sud, c’est Djibouti et son complexe militaire. En Asie du sud, le Pakistan et le nord-ouest de l'Inde, dont les villes de New-Dehli et de Bombay. La menace est d’autant plus réelle à moyen terme que sa précision étant nulle (erreur circulaire de 5km), puisque n’ayant aucun système de guidage terminal, son utilisation est sans intérêt pour des charges conventionnelles, sa seule finalité ne pouvant être liée qu’aux armes de destructions massives. Il s’agit d’une arme stratégique. Dans le même temps les services de renseignements annoncent que l’Iran travaille ardemment, avec l’aide active des nord-coréens, à un missile de 4.000km de portée, un cauchemar pour tous les stratèges de la planète : Londres, Paris, Bruxelles, Berlin, Moscou … sous la menace du feu nucléaire des illuminés de Téhéran…..

Les masques sont tombés, l’Iran a bel et bien un programme nucléaire militaire.

Dans toutes les chancelleries, désormais, chacun sait que la confrontation est inévitable.

 

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Quelques données complémentaires pour mieux maîtriser la problématique iranienne

 

 

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Un vecteur nécessaire

 

Si l’on exclut le cas de la valise nucléaire, il faut pour transporter l’arme un vecteur, avion ou missile. Et c’est là que depuis peu l’on est arrivé au point de bascule dans la crise iranienne. L’Iran possède bien quelques bombardiers capables de transporter l’arme nucléaire, encore faudrait-il qu’ils soient câblés pour cette mission et dotés des logiciels spécifiques au tir d’armes nucléaires. On se souvient des tentatives de l’Iran à se procurer les MiG-29 nucléarisés mis en vente par la Moldavie en 1997 et qui seront finalement rachetés par les USA (voir Carnets de Vol N°14, octobre 2009). L’état de la flotte iranienne d’avions de combat est tellement déliquescent que la menace du vecteur aérien est minime. En tout état de cause, compte tenu de la situation tactique locale, aucun raid iranien ne serait envisageable sérieusement contre l’un de ses voisins et certainement pas contre Israël. La moindre tentative verrait les agresseurs immédiatement repérés et détruits. Ne reste à l’Iran qu’une seule option pour transporter et délivrer l’arme : le missile balistique.

 

 

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Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires

 

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a été conclu en 1968 et vise à réduire le risque que l'arme nucléaire se répande à travers le monde. Son application est garantie par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Dès le début des années ‘50, la communauté internationale, commence à prendre conscience du risque de voir proliférer les armes nucléaires à travers le monde. C'est ce qui l'incite à créer l'AIEA en 1956, afin de promouvoir l'usage du nucléaire civil. L'élaboration d'un traité visant à garantir la non-prolifération des armes nucléaires est la suite logique de la création de l'AIEA. Il est élaboré à l'initiative des États-Unis et de l'Union Soviétique.

Le principe du TNP repose sur la discrimination opérée entre les États dotés de l'arme nucléaire ayant fait exploser un engin nucléaire avant le 1er janvier 1967 (EDAN), et les autres États, non dotés de l'arme nucléaire (ENDAN) : les premiers (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine), également membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, s'engagent à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires; les seconds s'engagent à ne pas fabriquer d'armes nucléaires et à ne pas essayer de s'en procurer. Le traité est censé favoriser les usages pacifiques de l'atome, en affirmant le droit inaliénable de toutes les parties au traité à développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques. Tous les pays signataires, et notamment les États les plus avancés dans le domaine nucléaire civil, s'engagent ainsi à faciliter un échange aussi large que possible d'informations, d'équipements et de matières nucléaires pour les utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire. Le dispositif du protocole additionnel du 22 septembre 1998 complète les mesures de l'accord de garanties fondé sur la vérification par l'AIEA de la comptabilité des matières nucléaires déclarées, 58 des 189 États membres du TNP appliquent le protocole additionnel. La conférence d’examen du TNP prévue en mai 2010 constitue un rendez-vous crucial.

 

 

 

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Le combustible des centrales nucléaires

 

Après enrichissement, l’hexafluorure d’uranium est converti en oxyde d’uranium sous la forme d’une poudre noire. Celle-ci est comprimée puis frittée (cuite au four) pour donner des petits cylindres d’environ 1 cm de long et gros comme des petits morceaux de craie, appelés pastilles. Chaque pastille, qui ne pèse que 7 g, peut libérer autant d’énergie qu’une tonne de charbon (1 million de grammes). Les pastilles sont enfilées dans de longs tubes métalliques de 4 m de long en alliage de zirconium, les gaines, dont les extrémités sont bouchées de manière étanche pour constituer les crayons de combustible. Pour une centrale, plus de 40.000 crayons sont préparés pour être rassemblés en fagots de section carrée, appelés assemblages ou cartouches. Chaque assemblage contient 264 crayons. Le chargement d’un réacteur nucléaire de 900 mégawatts nécessite 157 assemblages contenant en tout 11 millions de pastilles. La livraison de ces énormes cartouches ne comporte aucune difficulté technique car le combustible est faiblement enrichi. Une fois cette opération de livraison achevée, pour mettre en marche la centrale, les ingénieurs doivent introduire une par une ces cartouches de presque 2 tonnes dans le réacteur. Une centrale nécessite un entretien permanent surtout au moment du remplacement du combustible usager du réacteur et son acheminement vers les caissons de stockages, car le combustible est hautement radioactif.

 

 

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Les laboratoires secrets iraniens

 

En avril 2007, le régime des mollahs crée un centre de commandement opérationnel pour les activités nucléaires. Ce site, dénommé Mojdeh, est situé à Lavizan et est dirigé par Mohsen Fakhrizadeh Mahabadi, un ingénieur nucléaire placé sous l'autorité directe du ministre de la défense, Mostafa Mohammad Najar. Le centre Mojdeh coordonne l'activité d'autres installations, dont celle de Khojir, une zone militaire ultra secrète de 120 km² située à une trentaine de kilomètre au sud-est de Téhéran et qui est dédiée à la production d’ogives. Le principal site de recherche en armement nucléaire est camouflé au sein du campus universitaire Malek Ashtar de Téhéran sous la direction des Pasdaran. Une douzaine d'unités différentes travaillent à élaborer l'arme nucléaire. Les noms de code des programmes et le nom des scientifiques spécialisés dans la robotique, les nanotechnologies, l'enrichissement de l'uranium, les radiations, l'informatique et qui œuvrent au programme nucléaire sont connus des services de renseignements. Des techniciens nord-coréens sont également impliqués dans le projet. Ils sont logés dans une Guest-house à Khojir repérée sur images satellites.

 

 

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La filière du plutonium iranien

 

 

Deux réacteurs iraniens peuvent produire du plutonium. L'un est le réacteur de recherche Amirabad à Téhéran. En plus du réacteur, le Centre dispose d'un petit laboratoire permettant de séparer le plutonium combustible irradié qui est récupéré à la sortie du réacteur. Cependant ce laboratoire ne peut séparer que 600 grammes de plutonium par an, alors qu'il faut cinq à sept kilos de plutonium pour construire une bombe (à titre de comparaison, les réacteurs de Bushehr produiront plus de 180 kilos de plutonium par an). Les ingénieurs du Centre nucléaire d'Amirabad pourraient accumuler secrètement assez de matériau pour une bombe, mais un tel détournement ne serait pas facile, car Amirabad est surveillé par l'AIEA. Le seul autre réacteur iranien capable de produire du plutonium ne fournirait que des quantités insignifiantes. Situé au Centre de recherche nucléaire d'Esfahan, il a été commencé vers 1975 par une entreprise française et terminé après le renversement du Shah, grâce à la Chine. L'activité intense du centre a incité l'AIEA à y effectuer des inspections régulières, dont aucune n'a toutefois démontré qu'un programme clandestin était en cours. Mais les Iraniens sont passés maîtres de la dissimulation ; l’existence d’un petit stock de plutonium militaire n’est donc pas à exclure.

 

 

 

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Et si l'Iran avait déjà l'arme nucléaire?

 

Un nombre grandissant d'experts militaires considère que l'Iran a sans doute déjà quelques armes nucléaires rudimentaires dans son arsenal. Les gesticulations iraniennes pourraient être un leurre. Les rodomontades et provocations permanentes de Téhéran n'auraient pas pour objectif principal d'intimider Israël. Elles sont une constante sur laquelle se fonde le régime des Mollahs. Et surtout en se posant en rival mortel d'Israël, l'Iran peut faire accepter progressivement au monde arabe le fait qu'il possède déjà, ou qu'il possèdera bientôt, l'arme nucléaire. Téhéran ne peut confirmer son appartenance au cercle nucléaire sans générer une réaction incontrôlée de la part des pays arabes, de l'Inde et du Pakistan qui ne peuvent évidemment pas tolérer de se faire menacer par un Etat voisin prosélyte et agressif. L'hostilité entre Arabes, Perses et Turcs et entre les Sunnites et les Chiites est une constante historique. Elle s'est traduite, entre autre, par la guerre Irak-Iran et la guerre civile en Irak après l'invasion américaine de mars 2003. Voilà notamment pourquoi l'Iran se sent en permanence menacé et cherche depuis des décennies à se doter de l'arme nucléaire. Les Iraniens poursuivent aujourd'hui deux buts: d'une part faire progressivement admettre l'existence de leur arme de destruction massive sans s'attirer les foudres proche-orientales et d'autre part faire comprendre à Israël qu'ils sont à présent à égalité de moyens: le propre de la dissuasion.

 

 

 

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La production d’électricité en Iran

 

Malgré ses atouts énergétiques, l'Iran manque cruellement d'électricité. Sa capacité de production actuelle est d'environ 20.000 mégawatts, dont 78% sont produits par des centrales au gaz, le reste l’étant au charbon et au fioul. L'augmentation de la demande est de six à huit pour cent par an. On imagine souvent que l'énergie nucléaire est moins coûteuse que l'énergie fournie par les centrales thermiques, mais, en Iran, l'abondance du gaz naturel rend les centrales thermiques bien plus rentables que les centrales nucléaires. Le choix iranien d'une solution antiéconomique rend le pays d’autant plus suspect sur ses intentions réelles. Dans le cas de l'Iran, le nucléaire lui coutera 2 fois plus cher que le gaz. L’Iran peut s'éviter les dépenses exorbitantes d'un programme nucléaire... si ses intentions sont vraiment pacifiques.

 

 

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L’enrichissement de l'uranium

 

L'uranium à l’état naturel est composé à 99,3% d'uranium 238 et à 0,7% d'uranium 235, le seul permettant de produire de l'énergie nucléaire. Le processus d'enrichissement permet d'augmenter le taux d'U235 en le séparant de l'U238 par centrifugation. L'uranium à l'état gazeux est introduit dans la centrifugeuse. La centrifugeuse permet de séparer, grâce à la différence de masse, l’U235 des autres isotopes d’uranium (des atomes ayant le même nombre de protons mais un nombre de neutrons différent). L'U235, plus léger remonte tandis que l'U238, plus lourd descend et est enlevé. Le gaz enrichi en U235 est envoyé dans une deuxième centrifugeuse et ainsi de suite. Le processus est répété dans une cascade de centrifugeuse jusqu'à obtention du taux d'enrichissement désiré. L'utilisation civile requiert de l'uranium enrichi à 4,5% pour le carburant des centrales électriques nucléaires; tandis qu'une utilisation militaire requiert un uranium enrichi à 90% nécessaire à la fabrication d'armes atomiques.

 

 

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Les énormes stocks d’uranium enrichis

 

Depuis la fin de la Guerre froide, les Russes et les Américains ont signé plusieurs traités sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires: les traités START I, START II et SORT de diminution des armes stratégiques. La mise en œuvre de ces accords de désarmement a entraîné une réduction considérable du nombre de têtes nucléaires. Le démantèlement de ces  ogives a conduit à la constitution d'importants stocks de matières fissiles excédentaires, de l'uranium hautement enrichi et du plutonium de qualité militaire. Des deux matériaux clefs utilisés pour la fabrication des armes nucléaires, c'est l'uranium qui pose le moins de problème puisqu'il peut être transformé par dilution en uranium faiblement enrichi, utilisé dans les réacteurs nucléaires. En 1993, les États-Unis se sont engagés à acheter, en 20 ans, 500 tonnes d'uranium russe hautement enrichi à 90% (sur un stock de 1.000 tonnes), diluées en Russie, pour être utilisable comme combustible pour réacteurs. Afin de ne pas déstabiliser trop fortement le marché de l'uranium déjà abondant et bon marché, la mise en œuvre de cet accord se fait lentement. Des quantités importantes d'uranium d'origine militaire sont donc stockées pour des périodes relativement longues. Ces stocks vont encore augmenter avec le nouveau démantèlement qui va intervenir à la suite du nouvel accord négocié entre les USA et la Russie et qui doit prendre le relais de START 1, conclu en 1991 et arrivé à échéance le 5 décembre 2009. Le recyclage civil des stocks mondiaux d’uranium militaire permettrait de produire l’équivalent de 3 fois la production mondiale d’électricité en 2009, tous circuits confondus.

 

 

 

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Le recyclage du plutonium nucléaire

 

Le plutonium n’étant pas une matière naturelle, mais le résultat de l’activité humaine, le recyclage du PU239 militaire ne peut s’effectuer par dilution l’uranium. Il doit donc être transformé en combustible pour les réacteurs nucléaires de production électrique. Pour ce faire, il est converti en oxyde, mélangé à de l'oxyde d'uranium et transformé en pastilles de combustible céramique. Le combustible MOX (Mixed uranium OXyde) ainsi formé peut être chargé dans les réacteurs comme substitut partiel ou complet du combustible à l'uranium actuellement utilisé. Il est à noter que le plutonium civil n'a pas les mêmes caractéristiques que le militaire. En 2002, les États-Unis ont sollicité la Belgique pour réaliser, dans les installations de la Belgo-Nucléaire de Dessel (Limbourg), quatre assemblages de démonstration de MOX utilisant du plutonium de qualité militaire plutôt que le plutonium séparé du combustible usé des centrales nucléaires. Le gouvernement belge a refusé sous la pression des écologistes agissants pour des raisons idéologiques. Les quantités de plutonium militaires, à transformer en combustible, permettraient de produire à bas prix deux fois la production électrique annuelle de la France, toutes filières confondues.

 

 

 

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 13:38

USA: Un Épouvantail militaire qui n'Effraie Plus  

 

Par

 

Thérèse ZRIHEN-DVIR

 

Pour : http://lessakele.over-blog et www.aschkel.info

 

 

Dans le temps, à l'énonciation seule du mot USA, le visage des populations exprimait l'admiration, la sympathie et surtout une crainte mélangée de respect. Or, durant ces récentes années, tous ces peuples qui hésitaient à braver, à défier ce géant au cœur immense et tendre, sont les premiers à réaliser que ce colosse, n'apparaît plus en être un, et qu'il est même très aisé de l'insulter, de le blesser et de s'en sortir sans la moindre égratignure.

En écoutant les paroles étrangement sensées, mais indubitablement arrogantes et dédaigneuses du président Ahmadinejad, on se rend compte de la déchéance énorme que le prestige de cette puissance a subi depuis la montée à la présidence du président Obama.

Il n'y a qu'à observer ses demi-sourires, sa morgue devant les progrès et les réussites dans son projet nucléaire et spatial pour comprendre que les différences, dans la conception de son propre rang à l’échelle mondiale, se sont considérablement atténuées.

Il n'y a plus aucun doute quant à ses prétentions d'envahir et de dominer le monde libre, à commencer par Israël. La découverte et la publication de ses plans stratégiques d’intrusion par le Hezbollah, qui s'étendent et se ramifient jusqu'au cœur de la population israélienne, ne sont que des preuves potentielles mais déterminantes que ses menaces ne sont pas sans fondement et qu'il faut les envisager sérieusement et se mettre immédiatement au labeur afin de déjouer ses plans.

La placidité du Président Obama devant tant d'arrogance, allant jusqu'au sarcasme franc et ouvert, n'est pas attribuée à sa maîtrise des enjeux, mais plutôt considérée comme le signe d’une déficience, allant, qui sait jusqu'à l'effroi de devoir, un jour, relever le gant et affronter l'Iran.

Ce qu'Obama ignore peut-être, à moins que cela ne soit intentionnel, est que son silence et son calme, imités par toutes les puissances d'Europe, sont assimilés par l'ennemi comme un repli. Le monde entier semble avoir atteint un point de non retour, comme dans un jeu de roulette quand les mises sont déjà placées et qu'il faut seulement attendre que la boule s’arrête sur une case noire ou blanche, ou cette étincelle qui mettra le feu aux poudres.

 

La Chine sait, depuis Mao Tse Toung, qu’elle peut bien sacrifier quelques centaines de millions d’individus, mais gagner une guerre nucléaire et n’a rien à redouter de l’Iran, avec laquelle elle continuera certainement à entretenir des rapports politiques, énergétiques et économiques ; l'Europe hésite à renoncer à ses profits dans ses ventes et ses achats avec l'Iran, rendant inopérantes toutes les sanctions énoncées, dans la foison de discours. Et l'ennemi qui connaît parfaitement les faiblesses du monde libre, ne cesse de les titiller et de s’en servir comme un appât, afin d'atteindre son objectif qui n'est autre que celui d'anéantir la démocratie.

 

 

Thérèse Zrihen-Dvir.

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/

 

 

 

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 05:35
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 13:20

Personnellement, il me semble que le journal se fait beaucoup d'illusion sur la volonté des Etats-Unis de frapper l'Iran, dans la mesure, notamment, où les dernières "gesticulations" consistant à fournir de missiles balistiques aux pays du Golfe, même l'opération Juniper Cobra avec Israël, ou les dernières manoeuvres sur le territoire américain, sont toutes orientées à la défensive. Il s'agit, pour Obama, d'affirmer qu'il a tiré des conclusions des provocations des Mollahs durant le "timing" propice à une "négociation" introuvable, tout en rassurant ses alliés régionaux. Reste l'usage des "cluster bombs"... Là où nous sommes bien d'accord, est que les Etats-Unis, s'ils veulent conserver un quasi-monopole de "gendarmes du monde", sont dans l'obligation d'agir avec la plus haute responsabilité. Y sont-ils prêts? Le doute s'insinue...



 

L'ECHO

avenue du port, 86C boîte 309 - B1000 Bruxelles

Tel: +32 2 4231766 - Mail: Philippe.Degouy@lecho.be

 

http://www.lecho.be/actualite/par_ailleurs/LECTURE-_Iran-_la_confrontation_(Carnets_de_vol).8292167-621.art

 

LECTURE: Iran, la confrontation (Carnets de vol)

Le mensuel aéronautique Carnets de vol consacre son dernier numéro au dossier iranien en dressant un état des lieux des matériels et des stratégies possibles pour faire plier le gouvernement iranien.

(l’écho) - Si l’actualité chargée a quelque peu occulté le danger, le dossier du nucléaire iranien est loin d’être clos. Le magazine Carnets de vol consacre tout un numéro au sujet.
Comme le souligne Aldo-Michel Mungo, directeur de la publication, « si rien ne marche, l’option de dernier recours, celle de frappes aériennes contre les installations nucléaires et militaires iraniennes, est toujours à l’étude au Pentagone, en Israël et au Shape. Deux options sont évoquées. Une frappe ciblée ou une campagne aérienne lourde


Après de longs chapitres dédiés au programme nucléaire iranien et aux techniques que l’Iran pourrait utiliser pour fabriquer une bombe atomique, l’auteur souligne pourquoi Israël n’attaquera pas l’Iran. « Une opération politiquement dangereuse, certes, mais qui présente surtout des risques importants pour les escadrilles engagées dans un assaut aérien.  Plusieurs espaces aériens étrangers (musulmans de surcroît) se doivent d’être survolés par les avions israéliens.» Il y a ensuite les défenses anti-aériennes à neutraliser, les chasseurs iraniens à affronter. Même si la flotte iranienne date quelque peu. 
Autre danger à envisager, les représailles à assumer par Israël sur son propre territoire. Attaquer l’Iran ne sera pas aussi aisé que le raid sur Osirak en Irak ou l’assaut de la base syrienne de Daïra az-Zwar en septembre 2007.


Pour Carnets de vol, la solution au problème iranien ne viendra que des Etats-Unis. Les seuls à détenir la capacité militaire capable d’ébranler le pouvoir iranien. « L’Iran cherche la guerre. Il finira par l’avoir. Si les USA veulent garder leur rang de superpuissance, ils doivent assumer la lourde mission de résoudre définitivement la question iranienne.» Tout le dispositif aéronaval américain est présenté par le magazine, y compris les nouvelles armes anti-bunkers.

Philippe Degouy

Journaliste-secrétaire de rédaction

philippe.degouy@lecho.be

Carnets de vol n°17. 52 pages. 5 euros


11:59 - 03/02/2010 Copyright © L'Echo.be

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:17




02-02-2010 http://canuckjihad.files.wordpress.com/2009/01/jpg_tariq_ramadan-600-c74d6-6fdf4.jpgQuelle est la nature des liens entre Tariq Ramadan et l’Iran ? Des événements récents incitent à s’interroger sur les affinités de l’intellectuel genevois, qui se présente comme le défenseur d’un islam moderne et d’une intégration réussie des musulmans en Europe, avec le régime islamique de Téhéran.

En août dernier, la mairie de Rotterdam avait licencié Tariq Ramadan quand elle avait appris qu’il animait une émission, L’Islam et la Vie, sur la chaîne de télévision iranienne Press TV depuis avril 2008. Celle-ci l’avait engagé en janvier 2007 en qualité de conseiller en intégration et en multiculturalisme.

La décision de Rotterdam de rompre les ponts en août dernier n’est pas restée sans conséquence. Porte-parole de la mairie de la ville néerlandaise, Ineke Barendregt juge pour l’heure trop délicat de répondre aux questions du Temps sur les raisons de ce renvoi. Apparemment, un problème juridique est apparu entre Tariq Ramadan et la ville.

Dans son émission animée depuis Londres, le professeur d’islamologie, qui enseigne à l’Université d’Oxford, invite avant tout des personnalités du monde islamique et aborde les problèmes que les musulmans rencontrent en Occident.

L’une d’entre elles, diffusée en décembre, s’intitulait: «Les minarets menacent-ils la démocratie suisse ?» Dans une autre émission consacrée à la question «Que représente la Palestine pour les musulmans ?», Tariq Ramadan montre qu’il ne parle pas seulement de religion: «On ne peut pas nier [que la question de la Palestine] est un conflit politique», explique-t-il à ses auditeurs.

Or Press TV, fondée en 2007 et diffusée en anglais, est une télévision «publiquement et officiellement affiliée au guide suprême Ali Khamenei», souligne Mehdi Khalaji, expert iranien au Washington Institute for Near East Policy.

«Le financement de Press TV figure dans le budget de l’Etat iranien.» Mehdi Khalaji relève que pour le guide suprême et pour le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, la diplomatie publique «est le principal champ de bataille de l’Iran contre l’Occident. Et la multitude de radios (dans près de trente langues différentes) et les 2-3 chaînes de TV satellitaires ont pour but d’accroître la popularité de l’Iran dans le monde.» Tariq Ramadan s’est-il mis au service du guide suprême Ali Khamenei ?

Dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien néerlandais NRC Handelsblad, il réfute toute allégeance au régime iranien: «Ma méthode, dès le début, a été d’explorer [différents] problèmes sans apporter mon soutien au régime iranien et sans me compromettre.» Simple coïncidence ? Quand Tariq Ramadan est engagé par Press TV, le rédacteur en chef du site internet de la télévision est Hassan Abdulrahman. Or ce dernier connaît bien la famille Ramadan. Il était notamment en contact avec Saïd Ramadan, père de Tariq, décédé en 1995 à Genève.

Ayant fui l’Egypte de Nasser, Saïd Ramadan «est l’un des principaux architectes du redéploiement des (Frères musulmans) à l’étranger après 1954», relève le dictionnaire mondial de l’islamisme d’Antoine Sfeir. Il créa le Centre islamique de Genève en 1961 avec l’aide financière du roi Fayçal d’Arabie saoudite.

A propos du père de Tariq Ramadan, Abdulrahman déclare en 2002: «Je pense qu’aucune autre personne, même pas mes parents biologiques, ne me connaissait aussi bien que lui.» Journaliste américain, Ira Silverman a publié une vaste enquête sur ce personnage controversé en août 2002 dans l’hebdomadaire américain The New Yorker.

Il l’avait rencontré la même année en Iran. On y apprend qu’Hassan Abdulrahman est en réalité né sous le nom de David Theodore Belfield. Afro-Américain, il se convertit à l’islam et se rebaptise Dawud Salahuddin, nom d’un fameux guerrier du XIIe siècle qui se battait contre les croisés.

Le passé de Dawud Salahuddin nous conduit vers l’assassinat politique d’Ali Akbar Tabatabai, ex-attaché de presse de l’ambassade d’Iran à Washington, le 21 juillet 1980.

Ce dernier était le président de la Iran Freedom Foundation, un organisme d’opposition à la jeune République islamique proclamée le 12 février 1979. Cet assassinat politique d’un opposant à l’Iran de l’ayatollah Khomeiny sera le premier d’une série qui fera notamment pour victimes l’ex-premier ministre du chah Chapour Bakhtiar et l’opposant iranien Kazem Radjavi. Au New Yorker, Salahuddin l’avoue sans détour: «Je l’ai tué. […]

C’était un acte de guerre et […] un devoir religieux.» Dawud Salahuddin, alias Hassan Abdulrahman, rencontra Saïd Ramadan au Centre islamique de Washington en mai 1975. Durant l’été de la même année, les deux hommes séjournèrent dans la même maison dans la capitale américaine et conversaient parfois toute la nuit. En décembre 1979, le premier demanda conseil au second à propos de son intention de travailler comme agent de sécurité pour les Iraniens.

A Téhéran, Salahuddin a déclaré au journaliste du New Yorker que Saïd Ramadan n’était pas au courant de son intention de tuer le diplomate iranien. Mais dans un article du Washington Post daté du 8 août 1980 intitulé «Un fugitif appelle son mentor à Genève après le meurtre», le fondateur du Centre islamique de Genève confirme qu’il avait reçu plusieurs appels de Salahuddin au cours des dernières semaines précédant l’assassinat. Selon le Washington Post qui a analysé les données téléphoniques, les appels de ce dernier à Saïd Ramadan sont datés du 22 juin et du 20 juillet, soit deux jours avant le meurtre.

Le 22 juillet, Salahuddin donne un coup de téléphone à Saïd Ramadan environ deux heures après l’assassinat d’Ali Akkbar Tabatabai. Après le meurtre, il s’enfuit par le Canada. Il fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international. Malgré l’écho médiatique donné à son acte dont un article publié le 24 juillet dans l’International Herald Tribune dans lequel le FBI identifie l’auteur présumé du meurtre, David Theodore Belfield, il passe sept jours à Genève sans être inquiété. Aucun hôtel de la place n’enregistra un tel nom dans son registre. Il y aquit un visa pour l’Iran.

En août 1980, expliquait en 2002 l’Office fédéral de la police, la Confédération fut même saisie d’une demande des Etats-Unis pour tenter de débusquer Belfield alias Salahuddin. Sollicité à plusieurs reprises par

Le Temps, Tariq Ramadan nous a finalement déclaré, par l’intermédiaire de sa secrétaire à Paris, n’avoir «jamais entendu parler» d’Abdulrahman. Avant de rajouter: «Aucune personne portant ce nom n’a de poste à Press TV.» Pourtant, Abdulrah man a bien travaillé comme rédacteur en chef du site internet de Press TV jusqu’en juillet 2009 avant de démissionner.

L’intellectuel genevois précise qu’il n’a traité qu’avec les responsables anglais de Press TV pour animer l’émission L’Islam et la Vie. Le 18 août 2009, Tariq Ramadan s’exprimait dans le quotidien néerlandais NRC, où il entendait lever toute ambiguïté en rappelant qu’il avait été l’un des premiers penseurs musulmans d’Occident à s’opposer à la fatwa décrétée par l’ayatollah Khomeiny contre l’écrivain Salman Rushdie.

Au sujet de l’Iran, il y soulignait les progrès substantiels réalisés en matière de droits de la femme en comparaison avec les pays arabes. Mais il y condamnait la Conférence négationniste sur l’Holocauste organisée à Téhéran en 2006 ou plus récemment la mort de plusieurs manifestants après l’élection présidentielle iranienne du 12 juin 2009.

Tariq Ramadan refusait la vision simpliste qui opposerait les conservateurs fondamentalistes et les réformateurs démocratiques. Le contrat de l’intellectuel genevois avec Press TV, que même Abdulrahman décrit dans le New York Times comme une chaîne pratiquant du «journalisme d’Etat et non pas du vrai journalisme», soulève néanmoins des interrogations.

Comment Tariq Ramadan peut-il travailler pour une télévision soutenue par les pontes du régime à un moment où le gouvernement de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad et les sbires du guide suprême répriment l’opposition jusqu’à pratiquer la torture ?

Comment peut-il animer une émission sans jouer le jeu de la propagande «douce» destinée à l’étranger ? Petit-fils d’Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans en 1928, un mouvement panislamique sunnite dont la philosophie est de lutter contre l’influence de l’Occident laïque et d’appliquer la charia, Tariq Ramadan a plus d’affinités avec l’Iran qu’il n’y paraît.

La journaliste Caroline Fourest, qui s’est intéressée de près à son parcours (en lui consacrant un livre, Frère Tariq, Grasset, 2004) l’explique ainsi: «Tariq Ramadan a toujours dit du bien de l’Iran, même au pire de la répression de ces derniers temps. De plus, même si l’intellectuel genevois est inconnu en Iran, son émission sur Press TV, jugée utile par le régime iranien, est très suivie.» La convergence d’intérêts entre Tariq Ramadan et l’Iran ne paraît pas incongrue.

Les sunnites Frères musulmans et certains mouvements khomeinistes ont des liens qui remontent loin dans l’histoire. Comme l’explique Israel Elad Altman dans un article intitulé «The Brotherhood and the Shiite Question», les premiers n’ont pas caché leur admiration pour la Révolution islamique en Iran en 1979. Auparavant, ils avaient déjà des contacts avec les Fedayins de l’islam, une organisation dirigée par Navab Safavi qui orchestra plusieurs assassinats en Iran dans les années 1950 pour «purifier» l’islam.

S’il y a bien convergence entre les Frères musulmans et certaines mouvances islamiques chiites iraniennes, peut-on considérer que Tariq Ramadan est proche des Frères musulmans ? En développant une thèse de doctorat «trop apologétique» au sujet de son grand-père Hassan al-Banna, qui sera refusée par trois professeurs de l’Université de Genève, Tariq Ramadan a montré une allégeance claire aux idées de son grand-père. Selon Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient, il «ne fait aucun doute» qu’il appartient à la confrérie des Frères musulmans.

Pour Caroline Fourest, le seul islam que Tariq Ramadan défende est celui des Frères musulmans, celui de son grand-père Hassan al-Banna qui s’est évertué à combattre l’islam libéral. «C’est sa famille politique de base. Il en était de même avec son père Saïd.»

Si des doutes existent sur les vrais liens de Tariq Ramadan avec l’Iran, la meilleure manière pour un intellectuel de sa trempe de les lever et de prouver son indépendance vis-à-vis de Téhéran sera sa capacité à se prononcer clairement dans les médias sur les récents événements qui caractérisent l’une des plus graves crises que connaît le monde musulman d’aujourd’hui, à savoir celle qui déchire l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

Source: Stéphane Bussard,Le Temps - par Cicad

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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