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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 19:07

 

Le soutien à l’Iran subit un sérieux revers dans le monde arabe


Titre original : Iran loses clout in Arab world

Parmi les conséquences de ses élections controversées, l’Iran doit faire face à un soutien en baisse de la part de certains amis, qui constituent une opposition radicale au milieu même ses ennemis.

 

Par Scott Peterson | Rédacteur de l’équipe de :  The Christian Science Monitor

 

 

30/11/09Iran loses clout in Arab world

Parmi les multiples conséquences de ses élections controversées, l’Iran doit faire face à un soutien qui s'érode de la part de certains de ses amis, qui constituent une opposition radicale au milieu même de ses ennemis.

 

http://1.bp.blogspot.com/_LllwTpni5qc/SnpuO91txhI/AAAAAAAAIrw/8pWyZQ3xB2k/s320/Ahmadinedjad.jpg

Mahmoud Ahmadinejad a gagné les élections, lors d’une vague de fond controversée.

L’Iran s’est toujours présenté comme un modèle utopique, depuis la Révolution islamique de 1979. Dès le premier jour où il a établi le « Gouvernement de Dieu », l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny – le fondateur de la Révolution qui avait renversé le régime répressif pro-occidental du Shah Mohammed Reza Pahlavi – déclara que les Iraniens seraient « un exemple pour la globalité du monde opprimé ». Dans certaines régions du Moyen-Orient, Téhéran a représenté cet idéal – en offrant une résistance coriace face à Israël, d’abord, et en défiant un autre pays perçu comme l'autre « enfant terrible » : les Etats-Unis.


A présent, Presque six mois après une élection présidentielle controversée qui a déchiré le pays comme jamais depuis la naissance de la théocratie islamique, un nouveau discours apparaît à travers le monde arabe, selon lequel l’Iran n’est plus du tout considéré comme un demi-dieu politique. Assailli, durant les derniers mois, par le spectacle sanglant des nervis du régime écrasant les manifestations pour plus de démocratie, par des dizaines de morts, de tortures et les accusations de viols dans ses prisons secrètes, l’Iran perd en influence parmi certains de ses amis dans la région qui représentent une opposition tenace chez ses adversaires.


Beaucoup d’analystes pensent, en fait, que la répression autocratique en Iran pourrait bien marquer la fin des années d’expansion de la domination de l’arc iranien et chi’ite à travers de larges portions du monde arabe. Plus important, ils perçoivent que cette chute coïncide avec quelque chose de bien plus fondamental : la possibilité que la Révolution Islamique, 30 ans après son implantation, soit en train de perdre sa pureté et sa puissance – avec d’importantes implications pour l’Occident, notamment les Etats-Unis, dans une période de transition géopolitique au Moyen-Orient.


“Je pense que nous avons assisté au pic ascendant de la puissance de la République Islamique dans sa configuration actuelle”, dit Ali Ansari, directeur de l’Institut des Etudes Iraniennes à l’Université St. Andrew en Ecosse. L’influence iranienne a « décliné très gravement », explique M. Ansari. « Les états arabes ont savouré ce moment… Cela a des conséquences dramatiquement préjudiciables pour l’Iran. Dans le Golfe persique, les gens ont été sincèrement choqués – ils n’avaient jamais imaginé que le régime iranien traiterait sa propre population de cette façon. Ils pensaient que leurs propres gouvernements pourraient faire une chose pareille, mais là, il s’agissait d’un gouvernement révolutionnaire. Ils réalisaient brusquement qu’il n’y avait aucune différence. »


Peu de temps après le vote présidentiel controversé de juin, Sheikh Sayyed Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah au Liban, a envoyé une lettre de félicitations au dirigeant religieux suprême en Iran, l’Alyatollah Sayyed Ali Khamenei. Il était l’un des tous premiers à le faire.


Mais, dans les jours qui suivirent, le religieux libanais charismatique, l’un des politiciens les plus populaires au Moyen-Orient, a reconnu que l’Iran se trouvait au beau milieu d’une “crise” et apparut comme ne soutenant particulièrement aucun bord plus que l’autre. Ceci a ouvert une brèche dans les degrés  d’incertitude et d’ambiguïté ressentis à travers presque toute la région, à la suite de la « victoire écrasante » du Président Ahmadinedjad  officiellement proclamée et les troubles qui ont alors éclaté.

 

A l’intérieur du pays, la légitimité populaire, cultivée avec tant de précautions par le régime islamique depuis 30 ans, a commencé à se dissiper comme la vapeur d’une glace en train de sécher. La Police, les membres de la milice et les vigiles partisans du régime ont envahi les rues pour frapper les iraniens « ennemis » afin de les soumettre. Des dizaines sont morts, au beau milieu de proclamations de tortures et de viols, 4000 ont été arrêtés, et 140 ont fait l’objet de procès de masse de type stalinien et filmés dans des vidéos mettant en scène leurs confessions qui étaient toutes supposées révéler – conformément aux charges d’accusation – une vaste conspiration étrangère visant à renverser le régime au cours d’une « révolution de velours ».


Pour un régime qui a toujours claironné sa légitimité  comme quasi-démocratique, les tactiques postélectorales iraniennes ont pris la plupart des observateurs hors du pays par surprise.


“Les soutiens de l’Iran dans la région avaient parié avant et pendant les élections, que l’Etat islamique allait donner une leçon de démocratie et offrir un modèle de respect des règles islamistes », écrit le journal Al-Hayat, propriété saoudienne. « Ils ont perdu leur pari, et il est certain que les islamistes des pays arabes qui aspirent à participer au jeu politique pour monter au pouvoir ont perdu sur l’essentiel ».


Un autre récit d’al Hayat ne mâche pas, non plus, ses mots : « La vérité, en matière de mouvements révolutionnaires qui établissent une nouvelle légitimité à partir d’une illégitimité originelle, est qu'ils véhiculent très tôt en leur sein les semailles de leur propre déchéance ».


Le journal officiel du pouvoir égyptien, Al-Ahram a stigmatisé “l’outrage fait à la démocratie” et affirmé que le régime iranien devrait “ mettre fin à la vague de violence sanglante et écouter le point de vue de l’opposition iranienne qui rejette les résultats [des élections].


Beaucoup d’arabes, on peut en être sûr, n’ont jamais partagé la mystique iranienne, et leur indifférence ou même leur hostilité envers le régime de Téhéran n’a fait que se consolider depuis la « victoire éclatante » contestée de M. Ahmadinedjad.


“J’ai toujours été contre lui”, explique Omar Beydoun, en préparant une épaule d’agneau pour la faire griller dans son échoppe du quartier sunnite de Qasqas à Beyrouth. « Ahmedinedjad provoque beaucoup d’instabilité dans la région, ici au Liban avec le Hezbollah, en se mêlant des affaires palestiniennes, et parce qu’il tente de répandre le Chi’isme parmi les Arabes. Au fond, qu’est-ce que ça peut bien me faire, les luttes intestines en Iran ? Si ce n’est pas Ahmedinedjad, ce sera quelqu’un d’autre au moins aussi néfaste ».

 

L’avis de M. Beydoun est loin d’être isolé dans la région, où le soutien sporadique à l’Iran au sein des masses a rarement été encouragé par les Gouvernements arabes, qui sont, depuis fort longtemps, inquiets des motivations iraniennes, ainsi que de l’extension de l’influence chi’ite. A la vérité, cependant, depuis plusieurs années, l’étoile montante de la stratégie de l’Iran brillait au firmament, au moins autant que celle de l’Amérique apparaissait décliner. Cela a été particulièrement vrai après que le Hezbollah ait déclaré victoire contre Israël, soutenu par les Américains, lors de la guerre au Liban de 2006, et au moment où l’insurrection en Irak menaçait l’occupation américaine, en infligeant des pertes croissantes en vies américaines, en 2006 et 2007.


A l’époque, les responsables iraniens piaffaient à propos de l’impuissance des Etats-Unis, à l’article de la « mort ». Ils déclaraient que la démocratie occidentale avait « échoué ». On découvrait qu’Ahmedinedjad lui-même, lors d’un sondage égyptien, occupait la seconde place en tant que politicien le plus populaire de la région, après Nasrallah.


Cependant, la fascination pour l’Iran n’avait de rapport, directement, avec rien de particulièrement noble en provenance de Téhéran et, pour une part importante, elle a été de courte durée.


« Je crois que ce qui s’est passé en 2006 [avec ce sondage pro-Ahmadinedjad], c’est que les gens sont si anti-israéliens qu’ils auraient même pu, très brièvement, se considérer comme pro-iraniens, à cause du sort des Palestiniens, ou dans ce cas, celui des Libanais », explique Joost Hiltermann, le Directeur délégué au groupe de crise internationale dédié au programme Moyen-Orient à Washington. « Je pense qu’il n’existe pas de soutien spontané en faveur de l’Iran, dans la rue arabe ».


La façon dont l’Iran est perçu a, de tout temps, été crucial pour le Régime islamique. Il y a trente ans, il a décrété que « l’exportation » de la révolution constituait une priorité. Les grandes causes islamiques, comme l’état palestinien et le combat contre Israël –de même que combattre le « Grand Satan » d’Amérique et l’Union soviétique – devaient alors être systématiquement adoptées et soutenues.


Depuis lors, même si l’Iran chi’ite cherchait à soutenir les minorités locales chi’ites à travers la région, Téhéran a toujours pris la précaution de cultiver un message panislamique. Une analyse de la Rand Corporation réalisée pour le gouvernement américain et publiée en mai dernier, quelques semaines à peine avant l’élection[iranienne], faisait remarquer que l’Iran percevait l’opinion publique arabe comme un « vecteur important pour la projection de [son propre] pouvoir [d’influence] ». Peut-être avec une certaine préscience, elle ajoutait que le soutien populaire arabe était une "ressource stratégique inconstante » qui pourrait « rapidement basculer des louanges à la condamnation ».


Même au sein de la hiérarchie iranienne, plusieurs admettent le préjudice causé par le chaos postélectoral. Le Général-Major Mohammed Ali Jafari, commandant de l’élite de la force des Gardiens de la Révolution, qui a pris le contrôle de la sécurité à Téhéran, quelques jours après le vote, a reconnu que le désordre a conduit le système iranien « au bord de la chute » et « représente un revers à la crédibilité du régime ».


A l’extérieur du pays, les experts perçoivent la violence enclenchée comme le pic de l’iceberg d’une orientation autocratique qui minait déjà les fondations du gouvernement.

 

Massoumeh Torfeh, un expert iranien de l’Université de l’Ecole de Londres des études orientales et africaines, explique que «  l’influence de Téhéran peut s’évanouir, parce que l’Iran est, de plus en plus, perçu comme un régime islamiste fondamentaliste, autoritaire, et pas comme l’un de ceux qui protègent les droits des Musulmans. Après tout, les gens qui souffrent dans les prisons iraniennes sont également musulmans. Les gens qui ont été tués durant les manifestations sont aussi des musulmans… Aussi je pense que leur réputation est, pour le moins, ternie ».


Plus largement, fait-il savoir, l’objectif des radicaux –l'Ayatollah Khamenei, Ahmadinedjad et un groupe de politiciens néoconservateurs soutenus par les Gardiens de la Révolution et la milice idéologique des Bassidjis – est de détruire tous les courants réformistes en Iran, ainsi que toute approche plus « conciliante » de gouvernement islamique ».


M. Torfeh ajoute : “Après trente ans [le système iranien] perd du terrain, il est de plus en plus usé, il se fait vieux. Il n’a plus d’idées innovantes, de nouvelle stratégie à offrir. Il n’est plus qu’un long discours de haine fondamentaliste et rien d’autre que cela. Khomeiny était très créatif à sa façon, selon la manière dont il a présenté l’Islam au monde. Mais il ne s’agit plus désormais que de l’aile radicale d’un mouvement, sa fin fondamentaliste. Je pense que ce sont les étapes ultimes ; cela s’oriente de plus en plus à droite, pour autant que cette notion existe »


La rhétorique officielle qui émane du régime, depuis l’élection est restée virulente. Khamenei a déclaré que la victoire d’Ahmedinedjad résultait d’un « arbitrage divin ». L’accueil des plaintes concernant les irrigularités et le décompte des preuves de fraude massive – parallèlement à des  résultats officiels que les analystes de l’Iran considèrent comme virtuellement impossibles à réaliser, du fait de la mixité des composantes ethniques, sociales et politiques en Iran – n’ont pas réussi à provoquer un revirement du régime. Khamenei, en fait, a décrété tout refus d’accepter les résultats des élections comme étant « le plus grand crime ».


L’opposition demeure active et défiante. Elle a multiplié les occasions de se faire entendre avec des slogans supportant Mir Hossein Moussavi, le concurrent « modéré » qui a déclaré que l’élection avait été volée, en même temps qu'en arborant les photographies ensanglantées de Neda Soltan, la jeune étudiante de 19 ans tuée par un tireur du Basij. Les grafitis de l’opposition couvrent les murs des rues et des classes des écoles.


Le Hezbollah a été créé avec l’assistance de l’Iran en réponse à l’invasion du Liban en 1982. C’est l’unique organisation hors d’Iran qui adhère strictement au système de suprématie théologique d’un guide considéré comme infaillible, le Velayat-e-faqih de l’ayatollah Khomeny.

 

L’Iran fournit encore des financements et un armement significatifs au Hezbollah et tous ses membres jurent allégeance au système islamique aujourd’hui dirigé par Khamenei. Encore un exemple des dommages causés à l’image de l’Iran, Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah, a dû admettre publiquement les « problèmes internes » de l’Iran. Egalement significatif le dirigeant ultraconservateur de la prière à Téhéran le vendredi, l’Ayatollah Ahmad Jannati, relatait dans un sermon de la mi-octobre, comment Nasrallah lui avait dit « qu’à la suite [des violences postélectorales], il avait reçu de nombreux appels du monde entier. Ils exprimaient leur désagrément et lui ont posé des questions. Ils lui ont dit à quel point tous les opprimés du monde et toutes les personnes d’esprit libéral avaient mis leurs espoirs en l’Iran ».

 

Une semaine avant le vote en Iran de juin, le Hezbollah lui-même subissait un revers lors de l’élection générale libanaise. On s’attendait à ce que le bloc qu’il dirige gagne une majorité de sièges au Parlement, mais en fait, il plafonnait à 45 %, contre le bloc soutenu par les Etats-Unis, qui conservait la majorité. Un autre revers a frappé la bonne réputation d’incorruptibilité de la milice, lorsqu’un homme d’affaire libanais proche du Hezbollah s’est fait prendre dans une vaste affaire financière de type Bernard Madoff, ayant consisté à tromper ses investisseurs.


“Je pense que vous pouvez, sommairement – et je serais très prudent quant au fait de pousser ce raisonnement trop loin- situer sur une carte les bouleversements et retournements subis par l’Iran, durant ces dernières années, et les mettre en parallèle avec ceux que le Hezbollah a, lui-même, subi, parce que nous avons constaté des dynamiques similaires », explique Nicholas Noe, l’éditeur en chef de Mideastwire.com, basé à Beyrouth.

 

Lui-même et d’autres pensent que, tout comme la crédibilité iranienne s’est érodée depuis les élections, il en va de même, -mais à un moindre degré- quant au rôle que le Hezbollah s’est assigné en tant que dirigeant légitime des chi’ites musulmans et comme membre essentiel de « l’axe de la résistance » qui tient tête à Israël et aux Etats-Unis.

 

C’est ainsi que le journal gauchiste As Safir de Beyrouth a prédit que “le patriotisme du Hezbollah  allait s’amplifier plus que jamais, fondé sur un besoin croissant d’élargir sa base populaire et afin de compenser la perte d’un allié iranien décisif. »

 

L’impact des dégâts subis par “l’estampille « made in Iran” –pour reprendre l’expression de Mr Noe – peut encore s’en trouver limité, aussi bien au Liban que dans le monde arabe, plus largement. D’un côté, il n’y a seulement qu’une minorité de gens au Liban, même parmi les chi’ites, qui se tournent vers l’Iran pour s’inspirer de sa guidance spirituelle. D’un autre côté, beaucoup des alliés les plus proches de Téhéran – le Hezbollah, les partis chi’ites en Irak, le Hamas – sont déjà bien établis militairement et politiquement.

 

De plus, aussi longtemps que l’Iran continuera à envoyer de l’argent et des armes, les liens resteront puissants, sans considération pour ce qui se passe dans les rues de Téhéran. « La situation politique interne à l’Iran nous est égale », explique Abu Hassan, un commandant d’unité de la branche militaire du Hezbollah, en sirotant une tasse de thé sucré, dans la banlieue sud de Beyrouth. « Cela nous importe peu de savoir qui est le Président, tant qu’ils nous soutiennent. Nous n’interférons pas dans leur débat politique ».


Dans la Bande Occidentale de Cisjordanie, on peut même dire que l’admiration pour l’Iran se resserre. Malgré l’hostilité officielle de l’Autorité Palestinienne soutenue par l’Occident, à cause du renfort de l’Iran au Hamas, la perception de la crise électorale, pour un grand nombre, apparaît presque être un facsimilé de la vision de la ligne radicale à Téhéran. «  Ahmadinedjad veut fonder la puissance  pour son pays et lui-même. Et je pense qu’il est dans son droit », prétend le Sheikh Mahmoud Musleh, un membre du parlement à Ramallah, qui a été emprisonné durant deux ans après son élection en 2006.


"Les dirigeants comme Ahmadinedjad devraient servir de “modèle” au nations arabes », ajoute M. Musleh, en tripotant deux bandes de caoutchouc comme s’il s’agissait de pierres précieuses. Il blâme les « intérêts » étrangers comme étant responsables d’avoir fomenté les troubles. « Je sens à quel pointl e renseignement occidental transpire à travers les rues d’Iran et brise l’harmonie », dit-il. « Cela n’est pas dans nos intérêts de prendre position pour un côté ou l’autre… Notre intérêt est de conserver de bonnes relations avec qui que ce soit qui dirige l’Iran ».

 

Ce message est même porté plus clairement encore dans le labyrinthe du camp de réfugiés de Jalazoun, au sommet de Ramallah, où fleurissent les grafitis illustrant des mitrailleuses lourdes que surplombe le drapeau palestinien. Les hommes se rassemblent autour d’une télévision chantant les louanges de l’Iran. « Tout ennemi d’Israël est un ami des Palestiniens », explique Abu Mohammed. « De toute façon, aucun pays arabe n’est capable de combattre Israël de la façon dont l’Iran le fait ».


Avec toutes ces dissensions internes en Iran, tout ceci pose une question centrale pour ceux qui dirigent, à Téhéran : combien de temps encore pourraient-ils continuer à concentrer leurs efforts sur l’exportation de la Révolution ? Durant le chaos postélectoral, les manifestants ont clairement fait connaître leur exaspération concernant le soutien coûteux du régime à la résistance contre les Etats-Unis, Israël et l’Occident sur des champs de bataille lointains – spécialement en période de ralentissement de l’économie iranienne.

 

Leur slogan : “Pas plus Gaza que le Liban. Ma vie doit-elle être sacrifiée pour l’Iran ? »


Mais il demeure autant de raisons politiques que stratégiques pour que le régime continue d’envoyer de l’argent et des armes au-delà de ses propres frontières. Khamenei, concernant l’une d’entre elles, est connu pour avoir apprécié les manifestations de  bonne volonté en provenance de  la rue arabe durant les quatre premières années de la présidence Ahmadinedjad.


Un analyste qui a une longue expérience à Téhéran, explique qu’alors qu’il comprend la volonté de beaucoup d’Iraniens mécontents de se concentrer sur les problèmes internes, le régime s'appuie également sur une logique forte consistant à continuer d’exporter son influence. « Ils pensent que nous avons beaucoup d’ennemis dans le monde, et qu’il est préférable de déplacer les points chauds en dehors des frontières nationales, et de tenir ainsi nos ennemis occupés loin de chez nous », explique t-il.


Avec le blocage du processus de paix israélo-palestinien, l’Iran est aussi susceptible de trouver une nouvelle écoute dans toute la région, de façon à revitaliser l’axe de la « résistance », qui peut servir à maintenir l'attention loin de son propre fiasco électoral. Le président syrien Bachar al-Assad a suggéré que la « résistance » devrait rester la seule voie possible, pendant qu’on citait récemment Nasrallah, qui aurait précisé : « Ce à quoi nous assistons, c’est à un engagement absolu des Américains pour favoriser les intérêts d’Israël… alors qu’ils déconsidèrent la dignité des sentiments des peuples arabes et musulmans ».

 

Plusieurs sites internet conservateurs, à l’intérieur et à l’extérieur du pays pressent, en fait, l’Iran de revivifier son bellicisme contre Israël et l’Occident. « Ils revisitent cette idée qu'il faut exporter la révolution », explique Torfeh, à l’Université de Londres. « De nombreux individus disent que « Nous devrions impulser un second souffle à l’exportation de la révolution vers le monde, et travailler à régénérer le contenu de notre message. Ainsi, de toute évidence, il n’y a pas à se faire de souci à cause de l’impact [négatif] des derniers mois ».


La question la plus préoccupante reste : dans quelle direction le pays devrait-il aller globalement ? En Iran, même la signification de l’héritage de Khomeiny –souvent appelé « imam » par ses disciples en Iran –fait l’objet d’un débat houleux. Le père de la révolution iranienne aurait-il accepté une « évolution » naturelle et modérée, pour qu’elle [larévolution] demeure vibrante et viable, ainsi que les réformistes et de nombreux protestataires le pensent ?


Ou est-ce que ce sont les valeurs héritées de la guerre Iran-Irak des années 80 et une interprétation spirituelle stricte – des croyances qui excluent les "infidèles" du gouvernement et autorisent le matraquage des “ennemis”, même si ce sont des Iraniens fidèles – qu’il faut suivre ?


Paradoxalement, aussi bien un côté que l’autre perçoit que ce sont ses propres positions qui disposent de la logique la plus imparable. « De tous ces gens en prison, la plupart se considère  comme les dignes disciples de l’Imam [ Khomeini] », remarque l’analyste de Téhéran. « Et tous ceux qui les torturent se considèrent également comme les mêmes dignes successeurs de l’Imam ».


Ont contribué à ce reportage, Nicholas Blanford à Beyrouth, au Liban et Josh Mitnick, depuis Ramallah, en Cisjordanie.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 09:42
On se demandera, invariablement, si ce type de petites annonces explicites sont bien à l'épreuve des contrecoups médiatiques, le pouvoir en Iran cherchant tout prétexte pour fustiger telle main extérieure dans les activités qu'il juge subversives à l'interne...

Courrier international

vendredi 11 décembre 2009, sélectionné par Spyworld
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"Le Shin Beth (service de la sécurité intérieure) a publié une annonce inhabituelle dans la presse cette semaine, pour recruter ’un coordinateur iranophone pour travailler sur le terrain’. L’embauche est ouverte aux hommes et aux femmes, et l’entraînement pourrait commencer en avril", rapporte Ha’Aretz. Le quotidien souligne que l’annonce contient des détails sur le profil du poste et qu’elle est beaucoup plus précise que ne le sont habituellement ce genre d’annonces, qui se contentent du terme général de "postes intéressants dans la sécurité". "Les infiltrations dans les Territoires palestiniens ou les opérations d’espionnage contre le Hezbollah se font généralement avec des personnes arabophones. Pourquoi le Shin Beth a-t-il besoin de personnes parlant le persan ?" se demande le quotidien.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 22:07




Iran : réactions contre les réformateurs L'opposition iranienne a accusé dimanche les autorités d'organiser des actions "non-conventionnelles pour liquider le mouvement des réformateurs, après la parution dans les médias officiels de nouvelles selon lesquelles des étudiants auraient détruit des portraits de dirigeants religieux.

http://www.guysen.com/news_Iran-reactions-contre-les-reformateurs_255621.html



Les adeptes de Al Hussein Ben Ali contre le régime iranien

מנציחי אלחוסיין נגד השלטון האירני



http://www.maraah-magazine.co.il/show_item.asp?levelId=64836&itemId=27&katavaId=1220&itemType=0


http://api.ning.com/files/-YhaqR6n0X1FqTDprt99Ycnsp8MiUMjL9oLTdUTX1HkaT3KlfzkGNaSedySJaQHMe9CySGFBMK2wacPhuuQuvmw9EUiAFFN5/KedarMordechai21.jpg

par Mordechai Kedar

Adapté par Danielle Elinor GUEZ


Cette semaine, à l'occasion de la journée de l'étudiant, une foule de jeunes Iraniens a manifesté dans les rues des grandes villes, cette fois, non pas pour contester les élections, mais l'existence même du régime des ayatollahs. Le slogan qui a caractérisé les manifestations était « mort au dictateur » c'est-à-dire contre le chef suprême de l'Iran, Ali Khaménei, celui qui a décidé il y a cinq mois que la victoire électorale revenait à Ahmadinejad.

 

http://www.lexpress.fr/medias/327/iran-policier_412.jpg


Cette fois encore durant deux jours, le pouvoir a tiré pour disperser les manifestants et des blessés et des tués sont restés à terre. Nous pouvons être sûrs que ce ne sera pas la dernière vague de protestations contre le régime, puisque la prochaine vague est prévue dans une vingtaine de jours, le jour où les chiites commémorent l'assassinat de Al Hussein Ben Ali en 680 de notre ère par les émissaires du gouvernement des Omeyyades à Damas. Les étudiants iraniens vont, sans aucun doute, s'identifier à Al Hussein Ben Ali, pauvre opprimé exécuté par les émissaires d'un tyran cruel, le calife, et le gouvernement iranien sera identifié au bourreau qui exécute sa victime.

 

http://www.tdg.ch/files/imagecache/468x312/story/manifIran1.jpg

Ces cérémonies sont une tradition chiite ancienne et respectée et donc, le problème du gouvernement, c'est qu'il n'a aucune raison de les interdire. Par conséquent, il faudra qu'il trouve un très bon pretexte, s'il décide quand même d'interdire au public iranien de descendre dans les rues, de peur que cela ne dégénère en une grande protestation contre le régime. La prochaine vague de manifestations, si elle est importante par l'ampleur du nombre des participants et la diversité de leur répartition géographique et sociale, risque d'ébranler la légitimité et la stabilité du régime des ayatollahs. Certains observateurs parlent de la fin du régime iranien d'ici un an maximum, mais rien n'est sur.

 

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2009/06/26/v_8_ill_1212269_a66d_neda.jpg

Neda Agha Soltan


Les développements politiques au Moyen-Orient sont imprévisibles et à n'importe quel moment, il peut se produire un évènement inattendu ou bien une catastrophe naturelle* dont les conséquences sont susceptibles d'apporter les changements souhaités. Il faut seulement espérer que ces vagues explosives de changement n'arrivent pas jusqu'à nous.


Le Dr Mordechai Kedar, enseigne au département d'arabe de l'université Bar – Ilan et est chercheur pour le centre Begin-Sadate d'études stratégiques



[ndt : allusions à la colère des habitants de Djeddah en Arabie Saoudite, suite aux inondations qui ont dévasté leur ville négligée par les autorités alors qu'il n'y a pas eu de dégâts à La Mecque pourtant proche] 

 

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 20:22
Amnesty : le rapport sur l'Iran est le pire en 20 ans


Par TALI MINSBERG
10.12.09
I


 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1260439873793&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

 

Le nouveau rapport d'Amnesty International est affligeant. Il concerne les nombreuses violations des droits de l'Homme commises par l'Iran. Les conclusions : il s'agit du "pire rapport en 20 ans".

 

 

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.
Photo: AP , JPost

Le document cite les abus constatés avant, durant, et après les élections présidentielles de juin dernier. Divers témoignages et cas d'études à l'appui. Il exhorte la direction iranienne à permettre aux experts des droits de l'Homme de l'ONU de se rendre en Iran et de les aider à enquêter d'une manière indépendante.

Les témoignages proviennent d'individus qui, comme l'ancien détenu Ali Kheradnejad, ont fui l'Iran et dénoncé les exactions menées dans leur pays. Kheradnejad a notamment cité l'exemple de deux étudiants : l'un d'eux, Amir Javadifar, est mort en détention suite à de mauvais traitements. L'autre, dont le nom n'a pas été cité, est arrivé à la prison Evin dans un état critique. "Son nez était cassé et ses vêtements couverts de sang, mais personne n'est venu à son aide", rapporte Kheradnejad.

Le rapport de 80 pages d'Amnesty cite également le cas d'un détenu qui relate la manière dont il a été traité au centre de détention de Kahrizak, où il a été retenu environ 58 jours dans un container.
"Pendant une séance d'interrogatoire ils m'ont montré les images de mon fils dans les rues de Téhéran", raconte le détenu. "On m'a dit qu'il était en détention et qu'il serait violé si je n'avouais pas. Après avoir vu les images, j'ai perdu le contrôle et commencé à pleurer. Je leur ai supplié de ne pas faire de mal à mon fils. J'ai été battu avec un bâton jusqu'à perdre connaissance et ai été ramené dans le container."

Le gouvernement iranien a créé deux organismes chargés d'enquêter sur la crise qui a suivi les élections. Or, le rapport d'Amnesty International note : "Le niveau d'investigations du gouvernement semble davantage destiné à cacher qu'à exposer la vérité."

Les autorités iraniennes empêchent Amnesty International de se rendre en Iran pour enquêter sur les violations des droits de l'Homme depuis trente ans.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 10:10


Les "révélations", aussi soudaines qu'opportunes, de la présence de "la bête de Kandahar", drone mystérieux et sophistiqué quant à ses fonctions et potentialités multiples, sur la base américaine de Bagam, interviennent au moment, bien sûr, de la prise de décision d'Obama sur le renforcement de ses troupes en Afghanistan. Mais on peut douter de son "utilité" comme uniquement liée au repérage de groupes terroristes dissimulés dans les montagnes. Ses fonctions se prêtent mieux à l'observation, voire plus si affinités, des vaines tentatives iraniennes pour assurer la défense aérienne de ses sites nucléaires et à en programmer de nouveaux, au moment où l'Iran s'entête à aller toujours un pont trop loin, contre les mises en garde successives de la Communauté internationale.


L'US Air Force dévoile son drone secret : c'est un RQ-170 Sentinel !


http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/12/lus-air-force-d%C3%A9voile-son-drone-secret-cest-un-rq-170-sentinel-.html

Sentinel 

 

 

La photo d'un drone secret, publiée mardi sur ce blog, a fait le tour du monde des passionnés d'aviation. Le magazine américain Aviation Week a fini par obtenir hier soir cette information auprès de l'US Air Force : ce drone est un RQ 170 Sentinel de Lockheed-Martin qui opère à partir de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan.

L'USAF reconnait "développer un drone furtif pour fournir des capacités de reconnaissance et de surveillance aux forces déployées". Le RQ-170 est mis en oeuvre par le 30ème escadron de reconnaissance de Tonopah Test Range, dans le Nevada. Ce programme est ce que les spécialistes appellent un Skunk Work, l'un des programmes secrets de la firme Lockheed. Cet engin avait été observé, de loin et dans de mauvaises conditions, en 2007.

La designation RQ signifie Reconnaissance (R) et Drone (Q). La Sentinel ne semble donc pas être armé (indicatif M) comme le sont les Predator ou Reaper. Son envergure serait d'une vingtaine de mètres.

Ses formes en font, comme le reconnait l'USAF, un engin furtif. Quel intérêt d'utiliser un appareil discret au dessus de l'Afghanistan ? A priori aucun, dans la mesure où les insurgés ne possèdent aucun système de détection radar et de capacités d'interception d'appareils volant à haute altitude. Il est donc probable qu'il soit destiné à d'autres théâtres d'opérations à partir de Kandahar. Regardez une carte : les pays intéressants ne manquent pas dans la région...

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 23:13
Manifestations iraniennes
Par AP 
07.12.09

Des affrontements ont éclaté lundi entre forces de l'ordre et des milliers de manifestants de l'opposition près de l'université de Téhéran, qui avait été encerclée par des policiers anti-émeute et gardes révolutionnaires pour empêcher des manifestations d'étudiants soutenues par l'opposition.

 


Manifestations à Téhéran, lundi 7 décembre. 
PHOTO: AP , JPOST

Des policiers et miliciens pro-gouvernementaux ont fait usage de gaz lacrymogène et de matraques pour réprimer la manifestation, a-t-on appris auprès de témoins. Ces derniers ont raconté que les miliciens de l'organisation Basiji avaient frappé hommes et femmes à la tête et aux épaules avec leurs matraques. Les forces de l'ordre avaient encerclé l'université quelques heures avant les affrontements, prenant également des mesures pour éviter que la population n'aperçoive l'intérieur du campus. Elles avaient ainsi recouvert l'entrée principale et la clôture de banderoles portant notamment des messages de l'Ayatollah Ali Khameini. De nombreux commerces situés à proximité de l'université avaient baissé leurs rideaux lundi alors que la vie suivait son cours dans le reste de la capitale.

Le régime a interdit aux journalistes travaillant pour des organisations étrangères de couvrir les manifestations prévues lundi. Leurs accréditations ont été suspendues pour trois jours à partir de lundi par le ministère de la Culture.

La date de lundi est l'anniversaire de la mort de trois étudiants, tués en 1953 lors d'une manifestation anti-américaine. Depuis les années 90, elle est l'occasion de manifestations en faveur des réformes. Les étudiants sont le fer de lance du mouvement actuel ayant suivi la réélection considérée comme frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence en juin dernier.

Dimanche soir, des opposants ont bravé la pluie pour grimper sur les toits de Téhéran et crier "Allahou Akbar" et "A bas le dictateur". Les autorités ont par ailleurs fortement ralenti les connexions à Internet pour priver l'opposition d'un moyen de communication vital.


http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/Asie/Iran-des-manifestations-anti-Ahmadinejad-degenerent/(gid)/258454





Des affrontements entre policiers et manifestants
 ont secoué la capitale iranienne lundi matin. La police a tiré du gaz lacrymogène pour disperser la foule qui s’était massée près de l’université de Téhéran, alors que des groupes de manifestants lançaient des slogans contre le président Mahmoud Ahmadinejad.

L'AFP n'a pas pu confirmer ces incidents, rapportés à l’agence de presse par un témoin sur place, dans la mesure où la presse étrangère est interdite de couvrir les manifestations de l'opposition. Les cartes de presse des journalistes travaillant pour les médias étrangers ont été déclaré "non valables" par les autorités pendant 48 heures.

Voici une vidéo amateur qui montre l'ampleur du rassemblement :
 
 http://www.youtube.com/watch?v=SwoBFDQxoVI&feature=player_embedded


D'autres vidéos sont disponibles sur internet.

A l’occasion des traditionnelles manifestations anti-américaines de la "journée nationale des étudiants", qui commémore la mort de trois étudiants tués en 1953 lors d'une manifestation anti-américaine, l'opposition avait appelé à des rassemblements contre la réélection contestée Mahmoud Ahmadinejad en juin.

Ces rassemblements ont été interdits par les autorités iraniennes, qui avaient sévèrement réprimé plusieurs manifestations de l'opposition depuis la réélection du président Ahmadinejad. La police a mis en garde ceux qui violeraient cette interdiction, et a bloqué la plupart des sites internet de l'opposition.

Mir Hossein Moussavi, leader de l'opposition et candidat malheureux à la présidentielle, a vivement critiqué le pouvoir sur son site internet : "Si vous imposez le silence dans les universités, que pouvez-vous pour la société ?"

 
Par Aschkel
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 22:43


Les Iraniens otages d’eux-mêmes

Nucléaire : premier signe de fermeté internationale

 

 

http://www.causeur.fr/les-iraniens-otages-deux-memes,3410

Publié le 07 décembre 2009 à 13h26 • 

Natanz, Iran

Natanz, Iran

Mahmoud Ahmadinejad n’en a pas cru ses oreilles. Le 24 novembre, en descendant de l’avion qui l’amenait au Venezuela, le président iranien – qui a pourtant ses habitudes à Caracas – a été accueilli au son de l’hymne de l’Iran impérial. Difficile de savoir qui, du chef de la fanfare vénézuélienne ou d’Ahmadinejad, était à ce moment-là le plus malheureux. Mais si les fausses notes du Venezuela sont, au pire, embarrassantes pour le régime, la petite musique qui monte ces derniers jours de l’AIEA peut se révéler beaucoup plus dangereuse : pour la première fois depuis plus de trois ans, le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique vient de condamner l’Iran pour avoir dissimulé le site nucléaire de Qom. Pire, la Chine et la Russie, qui ont longtemps mis de l’eau dans le vin des Occidentaux, ont adopté cette résolution. De là à voter des sanctions au Conseil de Sécurité, le chemin reste long, mais un peu moins qu’il y a quelques semaines.

De toute évidence, Téhéran a été pris de court par la position de Moscou et de Pékin. En juin dernier, les Iraniens ont tendu un piège sophistiqué à la communauté internationale: ils ont demandé à l’AIEA de leur fournir de l’uranium enrichi à 20% pour un usage médical, puisqu’ils en ont le droit en tant que signataires du Traité de Non Prolifération. Sachant parfaitement que dans le climat de méfiance qu’il a volontairement instauré, les Occidentaux ne pourraient pas accepter sa demande, l’Iran tablait sur leur refus pour s’octroyer le droit d’augmenter le niveau d’enrichissement de 4% à 20%, tout en se présentant comme la victime. Sauf que les Américains n’ont pas mordu à l’hameçon. Il y a deux mois, au début du cycle actuel des négociations, l’AIEA a présenté un protocole élaboré par Washington : la Russie et la France enrichiront l’uranium iranien si Téhéran leur transfère les trois quarts des stocks d’uranium qu’elle enrichit illégalement.

Dans un premier temps, ébranlés par la découverte de leur centre nucléaire de Qom, les Iraniens n’ont pas fermé la porte, nourrissant ainsi une vague d’optimisme. À peine trois semaines après cette reprise de contact entre l’Iran et le groupe de six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), l’atmosphère a changé. Dans le courant du mois de novembre, les protagonistes, y compris Mohamed el-Baradei, le directeur sortant de l’Agence, ont admis que l’Iran ne cherchait pas une solution mais un prétexte pour poursuivre son propre programme nucléaire.

Même dans ce contexte, on a du mal à comprendre pourquoi Téhéran a proclamé son intention de construire dix sites supplémentaires  d’enrichissement d’uranium. Non seulement la réalisation d’un tel projet est longue et difficile, mais les deux centres déjà connus et (à Natanz et à Qom) ont été construits clandestinement, et leur existence a été révélée par les services de renseignements occidentaux en 2002 et 2009. En réaction à cette provocation, même la Chine et la Russie se sont vues contraintes de voter avec les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, ce qui constitue un échec important pour la diplomatie iranienne.

Pourquoi le régime est-il prêt à payer un prix si élevé pour une fanfaronnade inutile, voire contre-productive pour le programme lui-même ? Probablement parce qu’il estime que sa propre survie est menacée, non pas par une hypothétique frappe aérienne ou d’éventuelles  sanctions, mais par une opposition qui pourrait endosser, en prime, le fait de laisser l’opposition endosser le rôle de défenseur du projet nucléaire.
Depuis les élections de juin, l’opposition a habillement récupéré des symboles majeurs de la Révolution islamique, à commencer par la couleur “vert islam” devenue – qui l’eût cru ? – presque subversive. Aujourd’hui, le mouvement vert et Moussavi s’emparent de la question nucléaire dont le régime, imprudemment, a fait le symbole de l’honneur national. Pendant la campagne, Moussavi a repris à son compte la formule chère à Ahmadinejad : “Le nucléaire est notre droit”. Aujourd’hui, il essaie de le doubler sur ce terrain, le privant ainsi d’un de ses meilleurs atouts.

Le raidissement des positions iraniennes révèle donc, plus qu’un changement dans la politique nucléaire de l’Iran, les énormes tensions au sein d’un régime en panne de légitimité qui voit la légitimité de l’atome – soigneusement cultivée comme une stratégie de pouvoir extérieur et intérieur – lui échapper au profit de ses adversaires. Avant de menacer qui que ce soit dans la région, la bombe iranienne pourrait bien, à terme, faire exploser la Révolution islamique elle-même.

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 18:16
05-12-2009 - 20:53
Iran - La manifestation de lundi interdite à la presse étrangère
http://www.euroinvestor.fr/news/story.aspx?id=10773705 

Selon l'AFP : Iran: interruption des liaisons internet avec l'étranger



TEHERAN, 5 décembre (Reuters) - Les autorités iraniennes ont interdit à la presse étrangère de couvrir la manifestation étudiante prévue lundi, craignant qu'elle ne donne un nouvel élan à la vague de contestation soulevée par la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin.

Tout rassemblement "illégal" à l'occasion de la Journée des étudiants sera sévèrement réprimé, ont averti la police et les gardiens de la Révolution.

"Toutes les autorisations accordées aux médias étrangers pour la couverture de l'actualité à Téhéran ont été suspendues du 7 au 9 décembre", annonce le service de presse du ministère de la Culture dans un SMS envoyé aux journalistes.

Ces derniers jours, la connexion à internet a été très lente, voire inexistante, à Téhéran. Un représentant du ministère des Télécommunication a en outre indiqué à Reuters qu'elle serait inactive lundi, tout comme les réseaux de téléphonie mobile.

"La situation de la liberté de la presse s'aggrave de jour en jour en Iran", déplore Reporters sans frontières dans un communiqué diffusé samedi.

"Les journalistes qui ont choisi de rester dans le pays sont sans cesse menacés ou convoqués par les services de renseignement, notamment celui des gardiens de la révolution.

"Parallèlement, plusieurs journalistes ont été condamnés à de lourdes peines de prison, à l'issue de procédures, une fois de plus, illégales. Nous rappelons qu'avec 28 journalistes et blogueurs incarcérés, l'Iran est la plus grande prison du Moyen-Orient pour les journalistes", poursuit l'organisation qui réclame leur libération.

La réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad a donné lieu à des manifestations d'une ampleur sans précédent depuis la révolution islamique de 1979. Niant toute fraudes électorales, les autorités affirme que le mouvement était piloté de l'étranger.

Plusieurs centaines de réformateurs, parmi lesquels figurent des personnalités en vue, ont été arrêtés. La plupart ont été remis en liberté, mais 80 se sont vus infliger des peines allant jusqu'à 15 ans de prison et cinq ont été condamnés à mort.

 

(Mark Trevelyan, version française Jean-Philippe Lefief)

 

 

La situation se durcit en Iran, cela fait depuis le mois de juin que les Iranien(nes) se battent contre la dictature ; des rapports accablants de viols de tortures et de meurtres commis par les miliciens Basij’is éclatent tout les jours en Iran ; les familles de prisonnie(res) assassiné(es) ne voulant plus se taire, il y a également une répression féroce.

Actuellement il y a quatorze prisonnie(es) kurdes iraniens qui s’apprêtent à êtres exécutés sommairement par le régime qui les accuse d’être des "ennemis de dieu" ; leur « crimes » : pour la plupart avoir fait parti de réseaux militants et syndicaux très présents dans les province kurdes iraniennes au nord est du pays (près de la frontière Irakienne et turque).

Bien sur les médias mainstreams US et européens présentent ça comme une "révolution verte" et disent que seuls les supporters du candidat d’opposition "réformateur" Moussavi sont dans la rue, c’est faux ils sont de plus en plus discrédités en Iran même et ceux et celles qui descendent dans les rues manifester ne le font plus pour Moussavi et ses "rubans verts" depuis longtemps mais bien pour la fin pure et simple de la dictature des Mollahs et que Ahmadinejad et Khamenei disparaissent

Il y a également plein de mouvement de grèves très durs, dans les usines comme celui de l’usine sucrière Haft Tappeh qui avait commencé ce mois de mai 2009, soit un mois avant le Putsch d’Ahmadinejad ; les ouvriers de Haft Tappeh, mais aussi d’autres boites qui s’étaient mises en grève sont durement réprimés et pour certains ont été condamnés à des peines allant de 5 à 10 ans de prison.

Dernière nouvelle : les iranien(nes) s’apprêtent de nouveau à descendre dans la rue ce 7 décembre 2009.

Une nouvelle vague de manifs sauvages (de toutes manières les manifs, vu la dictature, ne peuvent êtres que sauvages en Iran) et de protestation est aussi appelée dans tout le pays pour le 7 décembre 2009 par les étudiant(es) iranien(nes). Les facs iraniennes sont toutes en grève depuis 3 semaines et les arrestations « préventives » ont déjà commencé dans les facs depuis 3 jours.

Le nouveau ministre de l’intérieur iranien d’Ahmadinejad fait maintenant ouvertement des menaces de mort aux contestataires du régime tout les soir sur la chaine nationale.

Pilon pour HNS-info 
http://www.betapolitique.fr/Iran-la-repression-se-durcit-43611.html 

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 16:01
 
Un expert américain exhorte à une guerre financière totale contre l’Iran


vi Jorisch – unimpressed with US, Israeli financial efforts against Iran 
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Titre original : US expert urges all-out financial war on Iran

        Yitzhak Benhorin

 Adaptation : Marc Brzustowski

 

http://www.ynet.co.il/english/articles/0,7340,L-3805039,00.html

 

 

Un ancien responsable du Trésor américain explique à Ynet que le temps est venu de “passer aux choses sérieuses” en pénalisant l’Iran sur le plan financier

 


Yitzhak Benhorin

Published: 

11.14.09, 22:35 / Israel News

WASHINGTON - Selon un responsable majeur du Trésor Américain, “Les Etats-Unis et Israël ont échoué à tirer parti de l’outil financier pour faire ployer les aspirations nucléaires iraniennes »

 

Dans un entretien avec Ynet, à l’occasion de la publication de ce nouveau livre : “l’Argent Sale », Avi Jorish a argué que le temps était venu de déclarer une guerre financière contre la République Islamique, avec l’objectif de la retarder dans ses efforts pour l’acquisition du nucléaire.

 

Les Etats-Unis et Israël n’ont pas formulé, jusqu’à présent, de politique décisive visant à infléchir la position de l’Iran, a  déclaré Jorish  à Ynet, arguant que les Iraniens ont des objectifs qui sont clairs et foncent dans cette seule direction, alors que l’Occident n’y répond que de façon vague.

 

Il ajoute : “Ils jouent aux échecs, alors que les Etats-Unis et Israël jouent au backgammon! »

 

Dans un article publié par le Wall Street Journal, la semaine dernière, (7 novemnre) Jorish a, pour la première fois, révélé un fait étonnant : l’Iran utilisé les bureaux des Nations-Unies à Téhéran dans le but de contourner les sanctions américaines et exporter ses marchandises qui se chiffrent à des milliards de $.

 

Iran emploie un “mécanisme financier qui est un vestige du programme “pétrole contre nourriture”, y écrit-il, remarquant que, pas plus loin qu’en 2008, l’Iran a utilisé l’ONU « pour faire transiter plus de 13 milliards de $ par-delà les mers », alors que les banques américaines créditaient ces combines.

 

Il explique que Téhéran s’est servi de l’Union Asiatique de Transparence (Asian Clearing Union), établie en Iran depuis 1974, à la suite d’une initiative de l’ONU pour étendre les échanges et forger des relations plus étroites avec les banques entre les parties prenantes.

 Il écrit que L’Inde, en particulier, a pu aider l’Iran dans ces procédés visant à contourner les sanctions américaines, remarquant que les deux pays ont échangé plus de 12 milliards de $ en 2008 en utilisant les mécanismesde l’ACU.

 

Jorish, un Juif-Américain de 35 ans ayant des proches en Israël, s’est spécialisé dans les diverses formes de blanchiment d’argent, durant son passage au Trésor américain. Il a expliqué que la seule voie possible pour imposer des sanctions douloureuses à Téhéran consisterait à enrôler la Communauté Internationale dans cette campagne.  Cela dit, il ajoute que cet effort est presque voué à l’échec, puisque cette mesure n’est pas sans faille, comme le fait que la Chine atténuera le poids des sanctions, à travers son rôle au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

« Un discours creux ».

 

Lors de ses discussions avec les Chinois, raconte t-il, on lui a rappelé, notamment , que l’Arabie Saoudite restait le plus gros fournisseur de pétrole des Etats-Unis, en dépit du fait que la plupart des terroristes du 11 septembre étaient, bel et bien, saoudiens.

 

“ Ils m’ont dit ainsi : “Vous-mêmes, n’avez pas arrêté d’acheter du pétrole à l’Arabie Saoudite, aussi pourquoi attendriez-vous de nous que nous stoppions toute affaire courante avec l’Iran ? Les Iraniens ne nous menacent pas directement ! » rapporte t-il.

 

Jorish doute, également, que l’Allemagne, qui est le second plus grand exportateur vers l’Iran après la Chine, se montrerait d’accord de renoncer à ce marché lucratif.

 

 

“ J’ai entendu la Chancellière Angela Merkel declarer, ici, à Washington, devant le Congrès américain, que l’Allemagne ne permettrait pas à l’Iran de parvenir à l’arme nucléaire », dit-il dans un hébreu parfait qu’il a acquis durant ses 4 années à l’Université Hébraïque.  C’est un discours creux ! ».

 Il précise : “Au lieu de faire de telles déclarations, l’Allemagne ferait mieux de cesser de faire des affaires avec l’Iran »

 

Par-dessus tout, Jorish pointe du doigt qu’il n’en a pas été fait suffisamment pour mener une guerre financière dévastatrice contre l’Iran.

  « Il existe des tas de choses que nous pourrions faire pour pénaliser l’Iran », dit-il. « Le temps est venu de passer aux choses sérieuses ! ».
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 13:16
Au moins 39 morts dont six hauts officiers, dans l’attentat de Rawalpindi, au Pakistan. L’Iran menace de transformer l’Afghanistan en nouveau Vietnam
vendredi 4 décembre 2009 - 12h14
Logo MédiArabe.Info



Le dernier bilan de l’attaque menée ce matin contre une mosquée de Rawalpindi, fréquentée par les militaires pakistanais, fait état d’au moins 39 morts et des dizaines de blessés. Selo la télévision « Al Arabiya », six hauts officiers de l’armée figurent parmi les victimes. Cette énième attaque, attribuée aux Taliban, intervient après l’annonce de l’envoi de 30.000 soldats pour renforcer le dispositif américain en Afghanistan, et l’élaboration d’une nouvelle stratégique pour la région, comprenant également le Pakistan, présentée par Barack Obama cette semaine.


Alors que Washington presse ses alliés à soutenir cette nouvelle politique, il convient de s’attendre à la multiplication des attaques de plus en plus spectaculaires contre les forces de l’Otan déployées en Afghanistan, contre les forces de sécurité afghanes, contre les symboles du pouvoir de Kaboul, mais également contre le Pakistan et son armée. Ces attaques feraient partie de la guerre préventive menée par l’Iran contre l’Occident et ses alliés régionaux sur plusieurs fronts, comme dans le Golfe (notamment au Yémen et en Arabie saoudite), au Proche-Orient (le soutien au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban) et en Afrique (infiltration du Soudan, de l’Egypte, chiitisation de l’Afrique de l’Ouest)...


L’ambassadeur d’Iran à Paris, Seyed Mahdi Miraboutalebi, vient en effet de prévenir, dans une interview à la télévision « France 24 » citée par le site « Now Lebanon », que « l’Afghanistan sera un nouveau Vietnam des Etats-Unis », commentant ainsi l’envoi de renforts. Indirectement, il s’agit d’une reconnaissance du rôle de l’Iran dans la déstabilisation de l’Afghanistan, et par extension du Pakistan.

 


© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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Magie de la langue hébraïque


A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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