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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 10:36
Blog: Les navires d’Ofer ont fait entrer des agents du Mossad en Iran

Richard Silverstein affirme que la compagnie maritime israélienne transportaient des agents impliqués dans l’assassinat de Mahbouh.

 

Ynet

 

Publié le: 

.01.0611, 15:34 / Israel News

Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4077015,00.html

 

 

 

Les navires appartenant au Groupe des frères Ofer, qui ont fait escale des dizaines de fois dans les ports iraniens, au cours des dernières années, ont permis aux agents du Mossad d’entrer en République islamique pour y exécuter des opérations secrètes, a affirmé, mercredi, le blogueur américain Richard Silverstein : 

(http://www.richardsilverstein.com/tikun_olam/2011/06/01/hypocrisy-of-ofergate/ ).

 

 Silverstein raconte que les agents secrets israéliens présumés impliqués dans l’assassinat ciblé du principal agent de liaison du Hamas, Mahmoud al-Mahbouh, à Dubaï, l’an dernier, se sont exfiltrés de l’Emirat vers l’Iran en utilisant ces cargos. « Cela me choque et semble toujours très bizarre, étant donnée l’animosité de l’Iran envers Israël », écrit-il. « Mais s’il y avait un bateau des frères Ofer qui les attendait pour les ramener à la maison, cela ne paraîtrait plus aussi étrange ».

 

 

Silverstein révèle aussi qu’un “politicien israélien ayant de la bouteille” a expliqué à sa source qu’un « responsable de la sécurité de tout premier plan » aurait apporté la mystérieuse note qui a interrompu le déroulement de la session de la commission des finances de la Knesset, en audience concernant les affaires illégales des frères Ofer. Le censeur de l’armée et l’officier de sécurité de la Knesset démentent qu’une telle interruption ait été provoquée.

 

Les Etats-Unis appliquent des sanctions contre les Frères Ofer.

 

Le scandale des Frères Ofer a éclaté la semaine dernière, quand les Etats-Unis ont annoncé que la compagnie maritime était parmi sept firmes internationales qui doivent être  sanctionnées pour avoir fait illégalement commerce avec l’Iran et contribué à financer son programme nucléaire.

 

Dans une déclaration publiée mardi, le Département d’Etat américain a fait savoir que le Groupe des Frères Ofer et deux autres compagnies de Monaco et Singapour avaient fourni pour une valeur de 9 millions de $ de services maritimes au profit des Lignes Maritimes de la République Islamique d’Iran (IRISL) en septembre 2010.

 

“Nous pensons que la Compagnie de Transports maritimes du Pacifique (Tanker Pacific) et le Groupe des Frères Ofer ont failli dans l’exercice de services dûment diligentés et qu’ils n’ont pas tenu compte d’informations en accès public et faciles à obtenir, qui leur indiquaient qu’ils commerçaient avec l’IRISL », est-il écrit dans la déclaration.

 

Les sanctions rayent la compagnie israélienne de la liste de celles qui peuvent recevoir un financement de la part de la Banque d’Import-Export des Etats-Unis. Cet établissement accorde des prêts allant au-delà des 10 millions de $, en provenance des institutions de financement américaines et dispense des permis d’exportation aux Etats-Unis.

 

Un rapport de Calcalist révélait cette semaine, qu’entre 2004 et 2010, au moins sept cargos-pétroliers appartenant à la Tanker Pacific de Sami Ofer avaient fait escale dans un port iranien de l’île de Kharg. Selon ce reportage, ces navires ont accosté 8 fois dans ce port, tout cela alors même qu’Israël pétitionne massivement aux Etats-Unis pour que le commerce avec l’Iran soit sanctionné, et même bien après que l’annonce des dites sanctions.

 

Calcalist a aussi mentionné mardi que des bateaux appartenant à une autre compagnie du Groupe des Frères Ofer, avaient fait escale en Iran, au cours de cette année. 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 17:40



DEBKAfile Reportage spécial  24 mai2011, 10:59 AM (GMT+02:00)

 

Adapté par Marc Brzustowski

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

 http://www.debka.com/article/20963/

Tags:  Ahmadinejad      Iran    Abadan 

 

 

Il survit à une nouvelle tentative d’assassinat

 

Une vaste explosion a répandu le feu dans une unité d’une raffinerie de pétrole, à Abadan, la plus grande ville pétrolière d’Iran, au cours de la visite du Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad, mardi 24 mai. Il venait inaugurer une unité d’expansion des capacités de production, qui tourne à environ 4, 2 millions de litres par jour. Deux personnes ont été tuées et 12 blessées. Les responsables ont attribué la conflagration à une fuite de gaz ou à une « faute technique », dans l’une des unités, sans spécifier s’il s’agissait de la même unité que celle qu’Ahmadinedjad avait prévu de visiter. Cependant, selon les sources iraniennes de Debkafile, l’explosion s’est déclenchée au moment même où il pressait sur le bouton pour l’activer, au cœur de cette même unité, qui devait avoir été testée et mise en route avant la cérémonie d’inauguration, afin d’éviter toute bavure technique.


Une conférence de presse a rapidement été mise en place, avec le concours de la Télévision d’état, de façon à le montrer répondant à des questions au sujet de la raffinerie d’Abadan – apparemment, dans le but de mettre fin aux rumeurs galopantes racontant qu’il avait été assassiné. Il n’a, bien sûr, pas fait mention de l’explosion.

 

Le dernier attentat connu contre la vie d’Ahmadinedjad s’est déroulé le 24 août 2010, lorsqu’une grenade a été lancée contre son convoi motorisé, dans la ville d’Hamadan, à l’Ouest de l’Iran. Les responsables avaient alors expliqué qu’il s’agissait seulement de l’explosion d’un pétard. Nos sources iraniennes mettent le doigt sur trois parties prenantes qui seraient susceptibles d’avoir combiné l’attentat :

 

1. Abadan, sur le Shatt al Arb, se situe près de la frontière avec l’Irak et de la route réputée pour être empruntée par les agents arabes venus d’Arabie Saoudite et du Golfe, entrant et sortant du Khuzestan, une province iranienne riche en pétrole,  qui est aussi le foyer de la défection des arabes iraniens et de leurs mouvements de libération.


2. Les luttes intestines au sein des plus hauts échelons du Corps des Gardiens de la Révolution ou des cercles de l’élite du régime, où le prestige d’Ahmadinedjad a gravement chuté, au cours des joutes successives avec le Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, concernant la répartition des pouvoirs et de l’autorité.

 

La clique des Ayatollahs affirme que le Président a violé le premier commandement de la République islamique – certains disent même : les préceptes de la Foi – en désobéissant au guide suprême.  Ahmadinedjad a bafoué son ordre de remettre à son poste le Ministre du renseignement qu’il avait congédié de son propre chef – décision qui avait été annulée par Khamenei.

 

Le Guide Suprême soupçonne qu’Ahmadinedjad complote secrètement pour se débarrassé de lui. Les deux camps sont actuellement en pleine confrontation ; épreuve de force au cours de laquelle le Président pourrait chercher à battre tambour pour regagner en popularité, en prétendant avoir été la cible d’une tentative d’assassinat. Et peut-être que c’est le cas, effectivement.


3.   Une agence d’espionnage clandestine pourrait aussi être responsable, éventuellement la même main invisible qui, depuis deux ans, tourmente le programme nucléaire de l’Iran en liquidant ses scientifiques les plus en vue et qui aurait injecté le virus Stuxnet dans les systèmes de contrôle e ses ordinateurs.  

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 09:33
Poutine aurait saboté la bombe iranienne

jeudi 19 mai 2011, par Programme nucléaire iranien , par Vladimir Poutine , par Russie


Vladimir Poutine, quand il était président, a secrètement ordonné en 2006 de saboter le programme nucléaire iranien, selon des révélations de WikiLeaks publiées jeudi par le quotidien israélien Yediot Aharonot. Selon ce journal, le directeur général de la Commission israélienne pour l’énergie nucléaire, Gideon Frank, a rencontré le 7 février 2006 l’ambassadeur américain de l’époque à Tel-Aviv, Richard Jones, pour lui faire part d’entretiens avec de hauts responsables russes, en particulier son homologue russe, Sergeï Kiriyenko.

Durant ces entretiens, M. Kiriyenko a assuré à M. Frank que les Russes entendaient retarder "pour des raisons techniques" la livraison à l’Iran de nouveaux combustibles pour sa centrale de Bouchehr, conformément à des directives de M. Poutine. Les Russes avaient pris cette décision après des menaces iraniennes de susciter des troubles en Tchétchénie, selon les documents de WikiLeaks cités par le Yediot Aharonot.

 

 

La centrale de Bouchehr, symbole de l’accession de l’Iran à l’énergie nucléaire, a été inaugurée en 2010 mais ne fonctionne pas encore. Sa construction a été commencée par l’Allemagne, puis gelée après la révolution islamique en 1979 et durant la guerre contre l’Irak (1980-1988), jusqu’à ce que la Russie reprenne le chantier en 1995. Les grandes puissances soupçonnent Téhéran, en dépit de ses démentis répétés, de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert de son programme nucléaire civil.

Le Monde.fr

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:23


Oxford, nouvelles révélations sur l’affaire du fils de l’ancien président Iranien

Par Faramarz DADRAS

 

Intervenant pour le site  © 2011  aschkel.info

Revu et corrigé par Marc Brzustowski 

Sur le site du Ministère israélien des affaires étrangères en langue persane

http://www.hamdami.com/MFAFA
F.DADRAS

 


 

Chercheur et expert du renseignement

 

Ancien officier du service renseignement de la garde impériale de l’armée d’Iran, chercheur et expert du renseignement, fondateur et le directeur du site Internet de www.farhangiran.com en langue persane, auteur et traducteur des nombreux articles et études sur la question 

 

Début su scandale

>Scandale -Une affaire Iranienne qui embarrasse l’Université d'Oxford Par Faramarz DADRAS


Dans un rapport spécial, le magazine des étudiants d'Oxford (Chrvwel) révèle que Mehdi Hachémi, fils de l’ancien président de la république Islamique, Ali Akbar Hachémi Rafsanjani, a payé à un étudiant Iranien afin lui préparer le formulaire d’entrée et la proposition de sujet de sa Thèse de doctorat de Philosophie.

 

Alireza Sheikholeslami, un professeur iranien de Vadham College, affilié à l'Université Oxford a déclaré sous serment qu'un certain Mohammad Javad Ardalan, un autre étudiant Iranien de d'Oxford a été payé par Mehdi Hachémi pour la préparation le dossier de ce dernier, car Mehdi Hachémi et pratiquement nul en Anglais.

 

Mohammad Javad Ardalan, s’est inscrit à Oxford pour un diplôme de doctorat en philosophie en 2007. Avant cela Ardalan, avait déjà obtenu un doctorat en philosophie à l’université de Téhéran, il l'a même passé avant ses études académiques, pendant quatre ans dans une école séminaire à Shiraz.

 

Ardalan a confié au professeur Sheikholeslami, qu’il a rendu ce service payant à Mehdi Hachémi, sous l’ordre d’Edmund Herzig, le professeur de la section Persane d'Oxford.

 

Le Professeur Sheikholeslami, comme son collègue, Kaveh Mousavi estime que, Mehdi Hachemi ne mérite pas d'entrer à Oxford, mise à part qu'il soit pratiquement nul en langue anglaise, ces diplômes ne sont pas sérieux, car tous ces diplômes ont été délivrés par les subordonnés de son père, en plus la thèse choisie ne correspond pas aux diplômes contestés

 

Sheikholeslami, explique que Sir Peter North, l’ancien vice-chancelier d'Oxford, chargé de l’enquête sur ce sujet a déclaré dans son rapport qu’il n’existe pas  la preuve concernant le paiement du Mahdi Hachémi à quiconque. Selon Sheikholeslami, Sir Peter North n’aurait pas procédé à un contrôle sur les compte bancaires des personnes concernées dont, Mohammad Javad Ardalan et Mehdi Hachémi.

 

Kaveh Moussavi, qui est à l’origine de la révélation de ce scandale, menace de poursuivre l’affaire devant la justice, si Oxford continue à garder le résultat de l’enquête comme un dossier confidentiel.  

 

L’Iranien, Mohammad Ali Homayoun Katouzian, professeur d'Oxford qui avait en charge le dossier d’admission de Mehdi Hachémi a déclaré sur la section langue Persane d’une radio Américaine (Radio Farda) qu’  il ne savait pas que Mehdi etait le fils de Cheikh Akbar Rafsandjani, il a ajouté que même si il le savait, il prendrait la même décision donc l’admission de Mehdi à Oxford. Katouzian est un chercheur en histoire, un chercheur qui ignorait  le lien de Mehdi à son père !

 

Homayoun Katouzian, face à la réponse  du journaliste de la radio Farda sur l'affaire Mehdi Hashemi a été agacé et a dit: « Malheureusement, les iraniens sont effrénées, grandes gueules, creux et ne font pas attention à ceux qu'ils  disent, j’ai rien à ajouter, à dire, ... » il a oublié  qu’il est aussi un Iranien.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 19:07

 

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

 

 

L’Iran, fauconnier d’al Qaeda dans le ciel lourd du « Printemps arabe ».

 

 

par Marc Brzustowski

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info


 

 

La guerre secrète de l’Iran contre les Etats-Unis et Israël est gorgée de poésie : le 5 mai 2010 (lCl), un passionnant documentaire sur l’univers magique de la fauconnerie, rapportait qu’Oussama Ben Laden vivait dans une luxueuse villa du nord de Téhéran, où il s’adonnait pleinement à sa passion : la chasse au faucon. Cette thèse était émise par Alan Parrot, ancien fauconnier du Shah d’Iran et de la Cour des princes Saouds, qui, lui-même la tenait d’un trafiquant d’armes qui avait eu loisir de rencontrer plusieurs fois l’ennemi public n°1, pour lui avoir, autrefois, sauvé la vie. L’hypothèse, confirmée par Robert Bauer, dans un autre film du nom chantant de « Syriana », prenait corps, après la demande d’asile d’une des femmes du Prince noir, auprès de l’Ambassade d’Arabie Saoudite à Téhéran. Bauer est un journaliste prisé aux States, qui, en tant qu’ancien de la CIA, se permet, régulièrement, de diffuser des « scoops » retentissants.

 

La légende rose était, bien sûr, non-commentée, voire démentie par les tenants de la doctrine de l’opposition théologique entre les deux branches ennemies du terrorisme : sunnisme et chi’isme. Comme toutes les « romances » du même style, elle était, à la fois vraie et fausse.

 

Ce qu’on savait déjà depuis fort longtemps, depuis la Commission sur les attentats du 11 septembre, bouclée en 2002, est qu’une partie du haut-commandement du réseau international le plus recherché au monde, al Qaeda, disposait d’une doublure hébergée par les mollahs. Eli Lake, grand spécialiste du renseignement américain, pointait, dans un article du Sun (lCl ), en juillet 2007, l’existence d’un second conseil (ou Shura) d’Al Qaeda à Lavizab, banlieue nord de la capitale iranienne. Trois noms figurait en tête de cette estimation : celui du fils Saad Ben Laden, héritier pressenti, de Souleiman Abu Gheit, le ministre de la propagande du mouvement terroriste, et celui de l’officier coordinateur Saïf El Adel, chef des opérations complexes. Les deux derniers sont, comme Ayman al Zawahiri, le "n°2" de l’organisation, égyptiens. C'est, en fait, celui-ci qui l'a directement désigné et contrôlera le versant planification politique de l'appareil. La nationalité ne vaut pas automatiquement pour regain de popularité dans la rue « arabe ». Mais c’est un gage de connaissance intime des réseaux, notamment du Jihad islamique du Caire, qui a permis et réalisé l’assassinat d’Anouar El Sadate, sanction de sa signature d’un traité avec Jérusalem.

 

C’est Saïf El Adel qui a été choisi pour remplacer « temporairement » Ben Laden. La précaution intérimaire est intéressante, au cas où il se ferait éliminer à moyen ou plus long terme. Ancien officier des forces spéciales égyptiennes, c'est un mixte de nassero-islamisme. Cet homme a été dépêché, sous bonne couverture des Gardiens de la Révolution, en Afghanistan, dès septembre 2010, pour prendre le contrôle des réseaux Taliban et renforcer les liaisons et la mainmise de l’Iran sur la lutte contre les forces occidentales.

 

Saïf el Adel est loin d’être le seul agent iranien à la tête des escouades anti-américaines :

 

Hamdullah.png

Haji Hamidullah.

 

une fuite divulguée depuis Guantanamo précise qu’Haji Hamidullah, un détenu étroitement lié aux Taliban, est un émissaire de la Savama, acronyme du Ministère iranien du renseignement et de la Sécurité. Peu connu, il est classé comme une prise de grande valeur en matière de renseignement, posant les plus grands risques pour les Etats-Unis, leurs intérêts et leurs alliés. On peut en citer de nombreux autres, comme Ali Mussa Daqduq, dirigeant et liaison du Hezbollah en Irak, arrêté en 2007. Des membres du Congrès s’inquiètent, dans une lettre, qu’il n’ait pas encore été jugé. Il est, tout simplement, le relais entre la branche libanaise des Pasdaran, sous les ordres de Nasrallah, le Général Souleimani, chef suprême du terrorisme iranien et le Jaish al Mahdi, de Moqtada Sadr à Bagdad. C’est dans ce cadre que les représentants américains font part de leurs doutes, car on a si souvent vu de sinistres marchandages de prises de haut vol, au nom de la politique d’apaisement suivie par Barack Obama et son prédécesseur.

 

 

La domination du pouvoir au sein de cette organisation, de la part de sa branche égypto-iranienne n’est pas neutre, dans le contexte actuel des révolutions arabes.

 

Le Caire est le centre de cette propagation et tout se passe comme si on essayait de remettre le diable dans sa boîte, à travers la cour voyante faite par l’Administration Obama aux Frères Musulmans. Ou, comme si on tentait une trêve, une Houdna, par la réconciliation Hamas-Fatah, orchestrée par le Quai d’Orsay. Le Caire a des intérêts communs avec Téhéran : dont celui de s’en rapprocher et d’échanger des savoir-faire nucléaires. C’est le grand projet de Mohammed El-Baradei, depuis sa nomination à la tête de l’Agence Internationale à l’énergie Atomique. C’est l’un des aspects de sa candidature aux prochaines élections égyptiennes. Et c’est un instrument de chantage possible pour l’Iran, qui vient de remettre partiellement en service son réacteur de Buhsher.

 

Le second point chaud, actuellement, qui nous fait revenir à "Syriana", la petite sirène de Robert Bauer, c’est la Syrie. On connaît les hésitations, mais aussi les difficultés rencontrées par les diplomaties de l’Ouest, pour parvenir à une résolution minimale de l’ONU contre le tyran de Damas. La découverte récente de fosses communes autour de Deraa n’est pas pour rien dans le malaise des Occidentaux, pris la main dans le sac de leur soi-disant "politique d’engagement" avec Assad. Des mains qui dégoulinent du sang des insurgés, avec le veto de la Chine et de la Russie, mais aussi de nombreux pays arabes, qui bloquent tout processus commun. Il ne faut pas sortir de l’ENA pour se douter de l’aide massive apportée, en matière de répression, par les amis de Damas à ce sinistre carnage : le Hezbollah libanais et les Pasdaran iraniens.

 

Le tournant de cette politique de compromission avec ce qu’il faudra bien, un jour, désigner comme « l’axe du mal » - selon la terminologie jugée simplette de l’ancien texan de la Maison Blanche-, est en train de se dessiner : sous la pression, le roi de la négociation et de la porte toujours ouverte, Obama, est en train de réévaluer ce parti-pris. Il se pourrait que, face à l’immobilisme de l’ONU, le « machin », l’Amérique et quelques-uns de ses alliés européens souhaitant sauver ce qu’il peut bien rester de leur âme et de leurs yeux déchiquetés par les corbeaux, décident de rappeler un chat un chat, et, par la même occasion, leurs ambassadeurs empêtrés jusqu’au cou dans la collaboration ouverte avec un des derniers régimes vraiment fascistes de la planète.

 

Est-ce une des raisons qui font que le masque tombe, concernant la soi-disant hostilité entre Chi’isme et Sunnisme ? Et qui amène l’Iran à jouer son va-tout avec El Adel ? L’autre atout d’Ahmadinedjad pointe directement sur les Etats-Unis et la Colombie : Die Welt, en Allemagne, annonce qu’une importante délégation iranienne a débarqué à Caracas, pour y installer ses bases de missiles. Les ingénieurs de Katam al-Anbia, une entreprise iranienne du bâtiment et le chef de l’armée de l’air des Pasdaran, Amir al-Hadschisadeh sont du voyage. Ils doivent veiller à des mesures de prévention, contre toute attaque aérienne de ses bases, ou contre une incursion de commandos, par l’installation de stations de contrôle : tours d’observation, bunkers, baraquements, tout est à la charge de Téhéran. Ces travaux coûteront des dizaines de millions de $. Mais ils sont directement prélevés des revenus du pétrole de la République islamique. Ces fonds transitent en toute impunité, par la Banque d’échange irano-européenne (EIH), basée à Hambourg. Ce centre d’affaires hambourgeois est le pilier du commerce germano-iranien, pour une valeur annuelle de 4 milliards d’€ en 2010.


Rappelons, également, que le Hezbollah est présent à la frontière mexicaine, à travers le soutien logistique aux cartels de la drogue et aux filières d’émigration clandestine aux Etats-Unis.

 

La négociation avec Téhéran semble claire cristal : « Touchez à ma Syrie et continuez de croire influer en Egypte, et je me fais fort de lâcher mes faucons sur vous ».

 

En attendant, la fable théologique de la conciliation impossible des intérêts entre Sunnites et Chi’ites s’évente, au profit d’une vision pragmatique et de court terme : les grand et petit Satan(s) sont identiques, en arabe ou en farsi. 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 17:46

MEMRI Middle East Media Research Institute

Dépêche          spéciale n° 3843

Avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah

Le régime iranien instaure une "Journée de la Nakba"


Cette année, la Journée palestinienne de la Nakba ("catastrophe", les 14-15 mai 2011), se référant à la création de l´Etat d´Israël, a donné lieu en Iran à une déclaration présidentielle, à une conférence contre le terrorisme mondial, et a attiré l´attention des médias iraniens :


Ahmadinejad : la présence d´Israël, cette "tumeur cancéreuse infesctée", empêche la région de prospérer vers un avenir meilleur

Dans une interview diffusée le 15 mai sur la télévision d´Etat iranienne, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que le meurtre de Palestiniens par la "tumeur cancéreuse infectée" Israël le jour de la commémoration de la Nakba avait révélé au monde son "essence terroriste".


Ahmadinejad a déclaré que la présence d´Israël, même sur un seul centimètre de la terre de Palestine, empêchait la région de prospérer vers un avenir meilleur, et a affirmé que Téhéran soutenait l´actualisation du droit de retour des Palestiniens à leurs foyers en Palestine [1].

La Conférence internationale sur l´alliance mondiale contre le terrorisme et pour une paix juste : Israël est la racine du terrorisme mondial

Une centaine d´étrangers et quelques 300 personnalités locales ont assisté à la Conférence internationale sur l´alliance mondiale contre le terrorisme et pour une paix juste ( http://www.peacetribune.com/ ) les 14 et 15 mai 2011 à Téhéran.


Parmi les conférenciers se trouvaient : l´imam Muhammad Al-´Asi, officiant de la prière du vendredi à Washington DC ; Umar Idrisov Khazrat, haut dignitaire musulman en Russie ; Kamal Al-Halbawi, directeur de l´Institut pour les relations islamico-britanniques ; Chandra Mozaffar, militant malaisien pour les Droits de l´Homme. Les responsables iraniens incluaient l´ayatollah Mohammad Ali Tashkhiri, directeur du Forum mondial pour le rapprochement des écoles de pensée islamiques, et Mohammad Hassan Akhtari, secrétaire général de l´Assemblée mondiale d´Ahl al-Bayt et adjoint aux Affaires int ernationales du bureau du Guide suprême Ali Khamenei.

Lors de sa conférence, le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré qu´Israël était la racine et le pilier principal du terrorisme mondial, et que Téhéran ne cessait de rappeler la nécessité de le renverser, parce que la lutte contre le terrorisme nécessite que l´on s´attaque aux fondements et aux symboles de la répression mondiale.

Ahmadinejad a averti que si Israël continuait d´exister, la région serait soumise à de nombreuses décennies de menaces, d´occupation et d´insécurité. Une autre cause du terrorisme mondial, at-il dit, était l´arrivée au pouvoir d "individus injustes" aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

En outre, Ahmadinejad a prédit que les régimes des États-Unis et de ses alliés s&acu te;effondreraient après la chute d´Israël, car ils sont le fondement de l´ordre mondial occidental condamné à s´éteindre face à l´éveil et la fermeté des nations. L´Occident, a-t-il dit, commet des actes de terrorisme économique en pillant les ressources d´Afrique et d´Amérique centrale [2].

Les sujets abordées lors de la conférence étaient les suivants : principes théoriques du terrorisme, typologie du terrorisme, coordination des efforts dans la lutte contre le terrorisme, politique des différents gouvernements pour combattre le terrorisme, objectifs réels de la lutte contre le terrorisme, les groupes terroristes, le terrorisme culturel, le cyber-terrorisme, le terrorisme des médias, le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme.

Film produit par la télévision d´État iranienne


Un film produit par la télévision d´Etat iranienne IRINN, diffusé le 15 mai 2011, représente les Juifs et Israël comme une entité de type nazi. Le film peut-être visionné sur le lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=V7PNbaFN73U .

Caricatures diffusées par l´Agence de presse Fars : Herzl a fondé l´État de la Nakba


L´agence de presse iranienne Fars, affiliée au Corps des Gardiens de la révolution islamique, a publié une caricature représentant le visionnaire de l´Etat d´Israël, Théodore Herzl, comme un vampire satanique couvant un oeuf contenant un démon
.

Source: Fars, Iran, 16 mai 2011

Notes:

[1] IRNA, Iran, 16 mai 2011.
[2] Site de la présidence iranienne, Iran, 15 mai 2011.

 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.< /SPAN>

Le MEMRI détient les droits d´auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu´avec mention de la source.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:17

 

Iran - Les gardiens de la Révolution n'aiment pas le site Aschkel.info

Par Aschkel et Faramarz.

 

Le site Internet Javanonline site officiel des Gardiens de la révolution a publié mercredi 11 mai, un récit sur l’article de Mehdi le fils de Rafsanjani, comme une nouvelle révélation de cette affaire par les sionistes !

voir l'article > 

  

Scandale -Une affaire Iranienne qui embarrasse l’Université d'Oxford Par Faramarz DADRAS

 

Je vous ai fait une capture d'image avec une horrible traduction google en français.

Aschkel.info est donc une base de données sioniste !!

 

 

http://www.javanonline.ir/Nsite/FullStory/?Id=352638

 

pasdarans---aschkel.info.jpg


Nous sommes lus en Iran donc surveillés, et nous affirmons que nous soutenons avec ferveur le peuple iranien dans sa quête de liberté contre les foux furieux qui le gouverne.

Pour la deuxième fois, les affidés du régime iranien tortionnaire de son propre peuple et génocidaire se plaignent des révélations faites sur ce site.

La première fois

>Le site iranien pro-régime Alborznews et le site Aschkel.info - mise au point

 

Nous sommes pour la liberté, la démocratie et la vérité et c'est ce qui les dérange, aussi nous n'arrêterons pas de dénoncer les menaces iraniennes et leur régime de criminels qui met en danger la région entière.

 

Je m'engage aujourd'hui a dénoncer avec encore plus de force leurs horreurs

Aschkel

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 08:46

 

 

 

Les Palestiniens demandent à l'Iran d'ouvrir une ambassade à Gaza.

http://english.farsnews.com/newstext.php?nn=9002211125

Adapté par Aschkel

© 2011 www.aschkel.info

 

Le représentant de l'Autorité palestinienne (mouvement du Djihad Islamique) à Téhéran, Nasser Abou Sharif, a appelé l'Iran à ouvrir une ambassade à Téhéran, précisant que ce serait une démarche naturelle, compte tenu de la présence de diplomates palestiniens à Téhéran.

"Ce serait une démarche naturelle pour l'Iran d'ouvrir une ambassade ou un bureau de représentation à Gaza" a dit Abu Sharif à la presse nationale iranienne en ajoutant " Gaza est aujourd'hui une région presque "libérée de l'occupation" (FARS) et l'Iran peut avoir une ambassade active dans la bande de Gaza, comme il y aura une mission du même en Egypte à l'avenir".

L'Iran a été le premier gouvernement qui a reconnu la "Palestine" et a permis l'ouverture d'une ambassade palestinienne à Téhéran où aujourd'hui l'ambassadeur palestinien est en mission active" a-t-il ajouté

Ses remarques sont intervenues quelques jours après que 13 factions palestiniennes, y compris le Fatah' et le 'Hamas aient signé un accord historique mettant fin à une division de longue durée.

Selon certaines sources internes, l'accord comprend la formation d'un gouvernement intérimaire jusqu'à ce que des élections aient lieu en "Cisjordanie" et dans la Bande de Gaza.

Téhéran s'est félicité de l'accord de réconciliation palestinienne, en appelant cela une évolution positive vers la matérialisation des objectifs du peuple palestinien et de ses droits.

Après la position positive de Téhéran, l'ambassadeur palestinien à Téhéran Salah Al-Zawawi s'est félicité de l'accord de réconciliation signé entre les deux principaux mouvements de résistance palestinien, le Fatah et le 'Hamas, et a salué les efforts de l'Iran et l'aide apportée par ce dernier à la formation d'un gouvernement national en "Palestine".

Au cours de ma mission en tant qu'ambassadeur de "Palestine" Iran, j'ai été témoin du soutien de la nation iranienne et de son gouvernement pour la victoire de la "Palestine" et de l'établissement d'une nouvelle unité nationale" a-t-il ajouté écartant les allégations selon lesquelles l'Iran a ordonné au mouvement du 'Hamas de se soustraire à la réconciliation avec le 'Fatah.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 08:15

 

 

Géostratégie/Le Qatar comme pivot géopolitique
Lundi, 11 Avril, 2011

Picture-Mongrenier-2-Avril2011Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, Chercheur associé à l’Institut Thomas Morei, Chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Le 13 avril prochain, le « groupe de contact » mis sur pied à Londres pour conduire les efforts internationaux visant à définir le futur de la Libye se réunira à Doha. L’engagement du Qatar dans la coalition appelle l’attention sur ce pivot géopolitique dans le golfe Arabo-Persique comme dans le Grand Moyen-Orient. Ce fait souligne l’importance critique de la région pour l’Occident.

Situé dans le golfe Arabo-Persique, le Qatar forme une péninsule de 11 437 km², peuplée d’environ 2 millions d’habitants (1). Ce territoire est une sorte d’appendice de la vaste péninsule Arabique, avec l’Arabie Saoudite au Sud-Ouest et les Emirats Arabes Unis au Sud-Est (les problèmes de délimitation avec l’Arabie Saoudite n’ont été réglés qu’en 1965). Historiquement, le site est important pour la pêche des perles, une activité essentielle sur les rivages du Golfe, objets de guerres et razzias avant que Londres n’y mette bon ordre (2). C’est un négociant en perles, Muhammad Al-Thani, qui, au milieu du XIXe siècle, fonde une dynastie à Doha. Il bénéficie de l’aide des Anglais avec lesquels un traité est signé, en 1868, tout en préservant sa marge de manœuvre du côté de la « Sublime Porte » dont les forces armées contrôlent le littoral du Hassa (3). Le 29 juillet 1913, un accord anglo-ottoman est signé avec pour objectif de délimiter les zones d’influence dans la région et d’éviter que la tribu des Saoud n’absorbe le Qatar.

A cette date, les classiques disputes territoriales, rivalités d’influence et de puissance sont renouvelées par les enjeux pétroliers. L’Anglo-Persian Oil Company (APOC) est active dans l’Empire Perse depuis le début du siècle et que la Home Fleet passe au diesel en 1913. La Grande Guerre met au jour l’importance de l’ « or noir » (les « larmes d’Allah ») dans la géostratégie mondiale et un traité anglo-qatari, signé le 3 novembre 1916, précise la nature des liens pétroliers et sécuritaires entre la métropole impériale et son protectorat local (aucune concession pétrolière ne peut être accordée par le Qatar sans le consentement de Londres qui garantit sa sécurité). L’APOC explore la zone et c’est en 1932 que le pétrole jaillit, peu avant que la Standard Oil Company of California (SOCAL) n’obtint de l’Arabie Saoudite l’autorisation d’explorer le littoral du Hassa (4).

Jusqu’au retrait des armées britanniques de ses bases à l’est de Suez, annoncé en 1968 et effectif en 1971, le Qatar demeure sous la protection de Londres. Il accède ensuite à l’indépendance et apparaît comme l’une de ces « pétromonarchies » du Golfe placées sous la protection de Washington qui, vaille que vaille, a pris le relais de Londres dans cet espace névralgique pour l’approvisionnement énergétique mondial et la libre circulation des flux (5). Plus encore que de pétrole, le Qatar est un très grand producteur de gaz, doté des troisièmes réserves mondiales (14%), après l’Iran (15%) et la Russie (25%). Avec 30% de la production mondiale de GNL (gaz naturel liquéfié), cet émirat se place au tout premier rang dans ce secteur qui bouleverse le marché du gaz (en plus du gaz de schiste, une énergie qui en 2009 a fait des Etats-Unis le premier producteur mondial). L’activité du Qatar dans l’exploitation du gaz fait contraste avec le retard pris par l’Iran qui, en dépit de ses réserves, doit importer des volumes depuis l’Azerbaïdjan ou le Turkménistan.

 

 

Un “hub” ouvert sur le monde

Au pouvoir depuis qu’il a supplanté son père, en 1995, l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani a lancé un processus de réformes sociales et politiques. Dès 1999, l’élection d’un Conseil communal est organisée et l’accès aux fonctions électives est ouvert aux femmes. En 2003, une constitution est adoptée et elle institue un est en vigueur depuis 2005 et les membres du Conseil consultatif, le Majlis Al-Choura, sont élus au suffrage universel direct pour les deux-tiers d’entre eux (30 sur 45), l’émir désignant l’autre tiers. Les libertés de la presse, d’association et de culte sont reconnues par la Constitution et une église catholique a été consacrée le 14 mars 2008. Le fait n’est pas fréquent dans le golfe Arabo-Persique – voir la politique de l’Arabie Saoudite en la matière-, et il doit donc être souligné.

Puissant exportateur d’hydrocarbures, l’émirat du Qatar est à la tête d’abondantes ressources financières gérées par un fond souverain et diverses structures de ce type. Le Qatar Investment Authority est fortement présent sur le London Stock Exchange et il est à l’origine d’importants investissements à Canary Wharf, le quartier d’affaires bâti dans l’East London, au cœur des anciens docks. L’argent qatari irrigue aussi la place de Paris, où est situé son « Conseil supérieur des investissements », et l’ensemble boursier New York Stock Exchange-Euronext a noué une association avec la bourse de Doha (NYSE-Euronext détient 20% de cette entité boursière). Plus généralement, les capitaux issus de la vente d’hydrocarbures financent des infrastructures, des centres de recherche, des universités et la Coupe du Monde de football qui sera organisée au Qatar en 2020 sera l’occasion de mettre en valeur les investissements réalisés dans le tertiaire supérieur.

La création de la chaîne Al-Jazeera, en novembre 1996, illustre la volonté de réformer le pays, d’en faire un « hub » dans les réseaux d’information qui innervent le monde globalisé mais aussi de contrebalancer l’influence de l’Arabie Saoudite dans le monde arabe et musulman (l’émir du Qatar est le propriétaire de la chaîne). Al-Jazeera émet 24 heures sur 24 au Moyen-Orient et en Europe, d’où l’appellation de « CNN arabe », et contribue à la formation d’un espace public dans la région, voire au-delà (6). La version anglaise d’Al Jazeera est lancée en 2006 et la chaîne devrait prochainement ouvrir des bureaux à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, pour couvrir les Balkans (une version en langue française, destinée à relayer les positions qataries en Afrique occidentale et dans la « francophonie », serait à l’étude). L’accueil de dirigeants du Hamas et du Djihad islamique lors de la seconde Intifada, en 2000, la couverture du conflit en Afghanistan l’année suivante et la diffusion des vidéos de propagande envoyées par Oussama Ben-Laden lui confèrent plus de visibilité mais suscitent aussi diverses accusations et reproches (7). Le rôle joué par Al-Jazeera dans les « révoltes arabes » amorcées en 2010 (l’emphatique « Printemps arabe ») est souligné par bien des observateurs, des événements qui ne sont pas sans conséquences dans l’environnement proche du Qatar (8).

 

 

Une plate-forme de projection au Moyen-Orient

Le Qatar est membre du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCG) depuis sa fondation, en 1981, et participe du système de projection de puissance des Etats-Unis au Moyen-Orient, système destiné à assurer la protection de ses alliés, endiguer le pouvoir chiite iranien dont la volonté de puissance inquiète les régimes arabes-sunnites, sécuriser les flux d’hydrocarbures au départ du golfe Arabo-Persique et garantir les approvisionnements mondiaux (9). Tout en conservant des relations à peu près correctes avec l’Iran, le Qatar accueille le Centre des opérations aériennes américaines dans la région ainsi qu’un état-major avancé du Central Command, le grand commandement américain (situé à Tampa, en Floride) qui couvre le Moyen-Orient et l’Asie centrale, et assure donc la direction des opérations en Irak comme en Afghanistan.

Sur le plan des ventes d’armes, le Qatar n’est pas une « chasse gardée » anglo-américaine. Son armée est équipée aux quatre-cinquièmes par des industriels français de l’armement notamment EADS qui met en place le « Bouclier de sécurité national » (un système de surveillance des frontières et de plates-formes d’exploitation des hydrocarbures). Ces liens qui pourraient déboucher sur de nouveaux contrats dans le domaine de la guerre électronique et des systèmes antimissiles ont leurs prolongements au plan diplomatique et sécuritaire. En 1994, la France et le Qatar ont signé un accord de défense et c’est dans ce cadre qu’un Haut Comité mixte a été mis en place, une structure de consultation et de coordination essentielle entre les deux pays. Dans le domaine de la diplomatie, on rappellera le rôle joué par l’émir du Qatar dans la libération des infirmières bulgares, en bonne intelligence avec Nicolas Sarkozy (2007).

C’est une politique d’équilibre que le Qatar pratique dans l’ensemble du Grand Moyen-Orient et au-delà : variations avec la Russie et l’Iran autour d’une possible troïka gazière (une « OPEP du gaz ») alors que l’affolement des marchés énergétiques bouscule les consommateurs occidentaux ; participation aux interminables négociations libanaises sur les coalitions politiques internes ; liaisons avec les mouvements palestiniens les plus radicaux tout en accueillant une représentation diplomatique israélienne à Doha. Par-delà ces complexes jeux de pouvoir et d’influence, l’affaire libyenne met en évidence les liens étroits du Qatar avec les principales puissances occidentales, la France en tout premier lieu. L’émir du Qatar a activement soutenu les efforts français pour mettre sur pied la coalition contre le régime de Kadhafi et il est le seul pays arabe, avec les Emirats Arabes Unis, à déployer des moyens militaires sur le théâtre libyen, là où l’armée égyptienne fait défaut (10). Le souci de gestion des équilibres n’est pas le non-alignement.

 

 

Le Golfe, zone névralgique et stratégique

L’engagement diplomatique et militaire du Qatar en Libye, renforcé par la reconnaissance du Conseil national de transition et l’achat du pétrole qu’il exporte (un mode de financement a été mis sur pied), ne saurait s’expliquer par les liens de type tribal entre l’émir et les groupes en révolte de Benghazi ou une sorte de vendetta géopolitique à l’encontre de Kadhafi, honni dans le monde des dirigeants arabes en raison de ses frasques et provocations répétées.

Dans cette aire géopolitique qui craque de toutes parts, avec des menaces ouvertes à proximité immédiate, le Qatar et plus généralement les pays du Golfe ont besoin de consolider leurs liens diplomatiques et militaires avec les puissances occidentales. En contrepartie, il ne semble pas souhaitable d’attendre une hypothétique « Union pour la Grande Méditerranée » pour travailler au renforcement du dispositif occidental dans une région éminemment stratégique.

 

 

Notes

(1) Seuls le cinquième de cette population a la citoyenneté qatarie, le plus grand nombres étant constitué de résidents temporaires.

(2) Les Anglais dominent la zone après trois siècles de présence portugaise et de rivalités européennes. Alfonso de Albuquerque s’empare d’Ormuz en 1507 et les Portugais mettent en place un réseau de forts et de citadelles. En 1529, ils sont à Bassorah où ils se heurtent à l’avancée de l’Empire ottoman. Un siècle plus tard, ils subissent les assauts de l’Empire perse (les Séfévides) alors que les puissances maritimes du Nord-Ouest européen – Anglais, Hollandais et Français – s’affirment dans le golfe Arabo-Persique. La Pax Britannica commence avec un traité négocié et garanti par Londres, le « traité général de paix » signé en 1820 par les cheikhs de la « côte des pirates » qui devient la « côte de la Trêve ». Les Anglais se posent en puissance arbitrale et garantissent l’ordre nécessaire à l’activité perlière.

(3) Le littoral du Hassa est aujourd’hui placé sous la souveraineté de Riyad. L’essentiel des populations chiites d’Arabie Saoudite (20% de la population totale) se trouvent dans la région ainsi que les principaux gisements pétroliers du royaume. Cette région est voisine de Bahreïn, un émirat peuplé à 70% de chiites dont l’existence en tant qu’Etat indépendant est remise en cause par les menaces du régime iranien chiite. Le 14 mars 2011, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, dans le cadre des accords de sécurité qui lient les Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe, ont envoyé des unités de soldats et de policiers à Bahreïn où le souverain a décrété l’état d’urgence. Sur l’importance de cette question, voir Antonin Tisseron, « Bahreïn, un confetti au centre des luttes d’influence dans le golfe Arabo-Persique », Institut Thomas More, avril 2011.

(4) C’est à cette époque que se nouent l’étroite relation entre Riyad et Washington qui conduit au Pacte du Quincy, conclu entre Franklin D. Roosevelt et Ibn Saoud (14 février 1945).

(5) Sur cette question, voir Jean-Sylvestre Mongrenier, « La politique de défense britannique et le spécial relationship anglo-américain », Institut Thomas More, Tribune n° 26, mai 2010.

(6)  Le noyau initial des journalistes d’Al-Jazeera provient de BBC Television.

(7) En 2003, la chaîne Al-Arabiya a été fondée avec Dubaï, avec des financements saoudiens, afin de limiter l’influence d’Al-Jazeera dans le monde arabe. D’autres chaînes d’information en langue arabe ont été lancées par les États-Unis (Al-Hurra, 2004), l’Iran (Al-Alam, 2003), le Royaume-Uni (BBC TV Arabic, 2008), la France (France 24 en arabe, 2007), la Russie (Rusiya al-Yaum, 2007) et la Turquie (TRT 7, 2010).

(8) Sur le positionnement d’Al-Jazeera et les révoltes arabes, au regard de leurs retombées dans le golfe Arabo-Persique, voir Claire-Gabrielle Talon, « Al-Jazeera à l’épreuve du Qatar », Le Monde, 12 avril 2011.

(9) Le Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe (CCG) regroupe tous les Etats de la péninsule Arabique (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Qatar, Oman), à l’exception du Yémen. Il est fondé le 26 mai 1981, avec l’appui diplomatique et les encouragements des Etats-Unis qui cherchent à promouvoir un système de sécurité régional permettant de pallier le retrait des forces britanniques déployées à l’est de Suez (1971) et la « perte » de l’allié régional iranien (révolution islamique et effondrement du régime impérial, 1979). La mise en place du CCG se fait avec, en arrière-plan, le conflit Iran-Irak (1980-1988). L’objectif affiché est de créer un marché commun mais des accords de sécurité sont signés dès 1982 et des manœuvres militaires (« Bouclier de la Péninsule ») sont régulièrement organisées entre les forces armées des pays membres. Le CCG dispose d’un Conseil suprême des chefs d’Etat et de gouvernement, d’un Conseil des ministres, d’un Secrétariat général, situé à Riyad, et d’un Comité de conciliation pour régler les différends internes. Les décisions au sein des instances du CCG se prennent à l’unanimité.

(10) Les avions du Qatar sont déployés sur la base OTAN de Souda, en Crète. Ils sont soutenus par des moyens militaires et logistiques français. En contrepoint, soulignons l’ambivalence de l’armée égyptienne et du gouvernement de transition. D’une part et en dépit des liens historiques de l’Egypte avec la Cyrénaïque, les autorités politiques ont pris soin de rester à l’écart de l’affaire libyenne. D’autre part, après avoir autorisé le passage de deux bâtiments de guerre iraniens par le canal de Suez, Le Caire a fait connaître sa volonté d’instaurer des rapports cordiaux avec Téhéran.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 08:09

 

 

Bahreïn / Géostratégie: un confetti au centre des luttes d’influence dans le golfe Arabo-persique
Mardi, 12 Avril, 2011

Par Antonin TISSERON, Chercheur associé à lInstitut Thomas More.

Alors que la tension semble redescendre à Bahreïn après un mois de manifestations dans la capitale, l’intervention d’une force conjointe saoudienne et émiratie a rappelé que ce royaume se trouve au centre d’enjeux régionaux plus vastes. Derrière la nécessaire refondation des relations entre la famille royale et les habitants de Bahreïn, le golfe Arabo-persique est le théâtre d’une lutte d’influence opposant les monarchies sunnites, regroupées au sein du Conseil de coopération des États du Golfe, à l’Iran. La montée en puissance de Téhéran et ses ambitions régionales constitue en effet une source de préoccupation, partagée par les États-Unis et l’Alliance atlantique. Devant le risque de voir les logiques de radicalisation prendre le dessus, des réformes politiques à Bahreïn s’avèrent plus que jamais nécessaires et le meilleur moyen de limiter l’influence iranienne auprès des populations chiites, à Bahreïn mais aussi dans les autres monarchies du Golfe.

 

Le 14 février dernier, la police bahreïnie dispersait des manifestants dans plusieurs villages chiites, entraînant la mort d’un jeune homme à Diya, à l’est de la capitale Manama. Le lendemain, plusieurs milliers de personnes descendaient dans les rues de la ville pour assister aux obsèques de la victime et demander des réformes politiques. Durant cette deuxième journée, un autre manifestant était tué lors de la dispersion d'un rassemblement. En réaction, les députés du parti chiite Al-Wifaq – le principal parti d’opposition avec 18 sièges sur 40 – suspendirent leur participation au Parlement tandis que des manifestants commençaient à se rassembler sur le rond-point de la Perle puis à s’y installer. Derrière ce vent de révolte aux racines locales, l’arrivée de militaires saoudiens et de policiers émiratis rappelle cependant que Bahreïn est au centre des luttes d’influence entre puissances dans le golfe Arabo-persique et occupe une place stratégique pour les acteurs de la région.

 

 

Bahreïn et la tectonique de la contestation

Les manifestations à Bahreïn renvoient en premier lieu à la révolution tunisienne. Celle-ci a en effet produit une onde de choc en Afrique du Nord et au Moyen Orient, donnant l’espoir de voir des réformes entamées. L’irruption de manifestants à Bahreïn n’est ainsi, dans cette perspective, que la résultante d’autres mouvements de contestation, qui ont réussi à obtenir le renversement du pouvoir en place et donné l’espoir de voir un monde meilleur se construire sous la pression populaire. À l’heure de la mondialisation et des réseaux sociaux virtuels déterritorialisés, les émotions circulant d’un continent à l’autre et se nourrissant, il est probable que sans les précédents tunisien et égyptien les manifestations à Bahreïn n’auraient pas atteints l’ampleur rencontrée.

Si cette résonnance locale d’événements régionaux ne doit pas être ignorée, la révolution tunisienne n’a cependant fait que réactiver des logiques d’opposition anciennes, donné de la résonnance à ce qui s’annonçait comme une journée de colère destinée à « fêter » le dixième anniversaire du référendum du 14 février 2001 sur la mise en place de réformes politiques et d’une monarchie constitutionnelle. Les récentes protestations à Bahreïn s’insèrent en effet dans une histoire plus profonde des révoltes dans le royaume. De 1994 à 1999, l’île de Bahreïn, alors émirat, est secoué par une insurrection qui fait près d’une centaine de morts en cinq ans et prend fin avec la décision du roi Hamad Al Khalifa, arrivé au pouvoir en mars 1999 après le décès de son père, de libérer les prisonniers politiques, de décréter une amnistie permettant le retour des exilés, de rétablir une constitution et d’autoriser le pluralisme politique. Plus récemment, la première moitié de l’année 2010 est le théâtre de plusieurs mois de manifestations marqués notamment par l’arrestation de 25 opposants au régime (1).

Les racines de la contestation à Bahreïn sont à la fois politiques, sociales et communautaires (2). À la suite du référendum du 14 février 2011, à l’issue duquel la Charte d’action nationale avait été très massivement approuvée, le roi avait assuré la population qu’une commission constitutionnelle proposerait des amendements à la Constitution de 1973 et que le Parlement exercerait seul le pouvoir législatif. Cependant, en février 2002 le roi promulgua sans consultation populaire une nouvelle constitution en vertu de laquelle il contrôle étroitement le pouvoir. Ainsi, le Parlement est constitué d’une Assemblée nationale bicamérale dont quarante membres (les députés) sont élus, mais dont quarante autres (les membres du Conseil consultatif) sont désignés par le roi. En cas de divergence entre les deux chambres, le roi dispose également de la possibilité d’exiger l’adoption d’une loi à la majorité des deux tiers des deux Chambres, tout comme il peut amender lui-même la Constitution et légiférer par décret.

D’un point de vue social, Bahreïn est confronté à la nécessité de créer du travail pour une population jeune importante. Selon le recensement de 2001, les personnes sans emploi seraient un peu moins de 17 000. Sept années plus tard, en juillet 2008, le ministre du Travail déclarait que le nombre de personnes sans emploi s’élevait à un peu plus de 4 000 personnes. Les chiffres réels sont cependant considérés comme bien plus importants. Le chercheur Steven Wright estimait, dans un rapport publié en 2008, que 15 à 30% des personnes en âge de travailler n’avaient alors pas d’emploi, auxquels s’ajoutaient les personnes dont l’emploi était sans mesure avec leur niveau de qualification (3). Cette situation sociale est aggravée par le ressentiment des chiites, majoritaires à Bahreïn – ils constitueraient entre 60 et 70% des 1,1 millions d’habitants (4) –, contrairement aux autres monarchies du Golfe. Plusieurs métiers, notamment dans le domaine de la sécurité, sont ainsi fermés à ces derniers. Dans le domaine politique, le découpage des districts pour les élections législatives ne correspond également pas à l’importance démographique des régions et des mesures ont, de par le passé, été prises pour naturaliser des sunnites jordaniens, syriens ou encore yéménites.

 

 

L’Iran au cœur de la grammaire régionale

La présence d’une majorité de chiites n’est pas la seule spécificité de Bahreïn. L’île abrite le quartier général de la Ve flotte américaine à Manama, dont les navires croisent dans la mer Rouge et l’océan Indien afin de sécuriser les routes d’approvisionnement en pétrole des États-Unis. Située à environ 240 kilomètres des côtes iraniennes, cette base constitue également un outil de surveillance du golfe Arabo-persique (5). Il s’agit à la fois de sécuriser la première région productrice de pétrole et les routes maritimes commerciales reliant l’Asie du Sud et de l’Est à l’Europe, mais aussi d’endiguer les ambitions iraniennes dans le monde arabe. La France et l’OTAN ont d'ailleurs aussi renforcer leur positionnement dans cette région stratégique. Paris a ouvert une base à Abou Dhabi et l’Initiative de coopération d’Istanbul, lancée lors du sommet de l’Alliance atlantique de juin 2004, propose une coopération pratique entre les pays du Conseil de coopération des États du Golfe qui le souhaitent et l’OTAN (6).

L’évolution politique interne iranienne et la politique étrangère de ce pays constituent en effet une source de préoccupation, dont le programme nucléaire n’est que le principal élément. Depuis la mort de l’imam Khomeiny et l’abandon de ses prises de position purement idéologiques – l’Iran se voulait alors le leader mondial de la révolution islamique au nom du pan-chiisme –, l’Iran a en effet développé avec efficacité son influence vers le Golfe, le Moyen Orient, l’Asie Centrale, le Caucase ou encore le Sahel, tout en poursuivant son soutien au militantisme islamique et son combat contre « l’impérialisme américain » et Israël. Ainsi, parallèlement à l’appui apporté aux chiites libanais, l’Iran soutient le Hamas palestinien et même des Talibans sunnites. De jeunes afghans seraient autorisés à franchir la frontière avec l’Iran, puis entraînés avant de retourner en Afghanistan combattre les forces de la coalition (7). Face à ce volontarisme iranien et devant les risques de déstabilisation, en mars 2001, les six pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) décidaient d’ériger un système d’alerte avancée par radars pour se prémunir d’attaques par missiles. Comme le faisaient remarquer en mars 2009 le roi d'Arabie saoudite, Abdallah bin Abdelaziz au conseiller de la Maison Blanche pour l'antiterrorisme : « on ne peut pas faire confiance aux Iraniens. […] L'objectif de l'Iran est de causer des problèmes » (8).

L’arrivée à Bahreïn le 14 mars, dans le cadre du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, de 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis (9), se replace dans ce contexte de montée en puissance iranienne et d’opposition entre les monarchies sunnites et Téhéran. Il faut empêcher le petit royaume allié, en première ligne, de basculer dans l’orbite de l'Iran (10). Nombre de religieux chiites exerçant dans le royaume ont en effet été formés dans ce pays. De plus, si en 1971 le Chah d’Iran annonçait officiellement renoncer aux revendications iraniennes sur l’île de Bahreïn, la conviction que Bahreïn demeure terre iranienne – en raison notamment de la présence de populations chiites majoritaire – reste ancrée chez une partie des Iraniens. Ainsi en février 2009, Nateq Nouri, conseiller de Khamenei, affirmait que Bahreïn était une province iranienne, entraînant une rupture des relations diplomatiques entre les deux États.

Derrière cette dimension régionale, l’enjeu est d’autant plus important pour la monarchie wahhabite que les chiites d’Arabie Saoudite sont l’objet de discriminations à l’emploi (administration, armées, forces de sécurité). Même si le régime a engagé un dialogue et reconnaît un certain pluralisme religieux, le risque est ainsi pour Riyad de voir s’étendre les troubles dans la province orientale du pays, où est concentrée l’essentiel de la population chiite et des richesses pétrolières (11). Il faut donc éviter que les manifestations à Bahreïn n’entrent en résonnance avec des revendications proches sur la péninsule arabique ou, pire, qu’un succès de la rue chiite à Bahreïn ne nourrisse une dynamique contestataire forte de l’autre côté de la chaussée du roi Fahd où le réseau social Facebook s’est fait l’écho d’appel à manifester pour le changement. Tel est d’ailleurs en partie l’objet des mesures sociales annoncées par Riyad (12), d’autant que l’on estime que près de 40% des 20-24 ans saoudiens sont sans-emploi (avec des chiffres supérieurs au sein de la minorité chiite).

 

 

Regain de tensions dans le golfe Arabo-persique

Loin d’avoir apaisée la situation, l’intervention saoudienne et émiratie a fait monter d’un cran la tension dans le Golfe. Le mercredi 16 mars, l’ambassade iranienne à Manama était fermée, tandis que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad affirmait que l'intervention de forces des pays du Golfe pour mettre un terme aux manifestations populaires à Bahreïn était « un acte hideux voué à l'échec » résultant de la politique américaine dans la région. Cinq jours plus tard, dans un discours prononcé à l’occasion de la célébration du nouvel an, l'ayatollah Khamenei reprenait ces accusations tout en affirmant apporter le soutien de l’Iran à tous les mouvements de révolte. Vu de Téhéran, la non-reconnaissance des demandes des populations chiites permet de renforcer l’image d’un Iran défenseur de la rue arabe contre les tentatives hégémoniques extérieures.

Alors qu’Internet et les médias internationaux se sont fait l’écho des violences policières, l’occasion est belle. Certes, la diplomatie américaine a marqué ses distances avec l’intervention internationale à Bahreïn. Le 14 mars, l'un des porte-parole de la Maison Blanche appelait les pays de Conseil de coopération des États arabes du Golfe « à faire preuve de retenue et à agir de manière à soutenir le dialogue plutôt que de le saper ». Quant à Hillary Clinton, elle demandait quelques heures plus tard à toutes les forces engagées à Bahreïn de faire preuve de retenue. Cependant, l'Arabie saoudite et Bahreïn sont des alliés stratégiques des États-Unis dans la région (Bahreïn a reçu en 2002 le statut d’allié majeur non-OTAN) et des clients importants des entreprises d’armement américaines. D’autre part, pour Téhéran, invoquer l’ennemi de l’extérieur est un atout pour limiter les répercussions des révoltes arabes à l’intérieur des frontières iraniennes, en contribuant à souder la société derrière ses dirigeants et, ce faisant, à limiter la contestation interne. D’ailleurs, le 18 mars, le consulat saoudien à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, était attaqué par 700 manifestants.

À Bahreïn, l’opposition a demandé à l’Iran de ne pas intervenir. Mais malgré la dispersion des manifestants à Manama et l’établissement d’un couvre-feu, la situation demeure tendue. La contestation s’est déplacée de la place de la Perle, dont le monument a depuis été détruit, aux villages chiites de l’île. Les manifestations se poursuivent dans les villages chiites tandis que les forces de sécurité quadrillent le territoire. Étant donné l’histoire du royaume bahreïni et après les récentes violences et la radicalisation des manifestants, il est en effet peu probable de voir la situation se calmer sans réformes politiques et sans que le pouvoir ne donne des gages de sa bonne volonté aux populations chiites. Plus inquiétant, le fragile dialogue instauré entre les chiites et les sunnites a volé en éclat avec les manifestations de février et mars. Débordé par sa base, le parti Al-Wifaq a subi la surenchère de formations plus radicales, dont le parti Al-Haq, constitué de militants du Wifaq déçus par le choix du dialogue avec le pouvoir, tandis que les opposants autorisés par le roi à revenir ou libérés multipliaient les déclarations incendiaires et les appels à la violence, rejetant l'offre de dialogue avancée par le roi le 19 février et confiée au prince Salman Al-Khalifa. De leur côté, certains soutiens de la dynastie ont également haussé le ton, réclamant le 14 mars l'instauration de la loi martiale pour mettre fin au blocage de la capitale par les contestataires.

 

 

Manama au défi des réformes

Dans ce contexte, le défi est de taille pour la monarchie. La reprise du dialogue avec les chiites risque de prendre du temps. En 2002 déjà, les quatre principales formations politiques de l’opposition avaient boycotté les élections parlementaires. En cela, il semble important d’appuyer les partisans de la conciliation au sein de la monarchie, tout en crédibilisant des partis d’opposition comme Al-Wifaq afin d’éviter qu’ils ne soient durablement dépassés par une frange plus radicale, appuyée par un voisin iranien appelant à l’abolition de la monarchie. Des signaux dans ce sens ont été envoyés ces dernières semaines, mais malheureusement noyés dans une confusion des discours et des actions, avec une alternance d’appel au dialogue et de répression. La dynastie des Al-Khalifa semble en effet divisée. Tandis que l’oncle du roi, à la tête du gouvernement depuis 1971, prône les méthodes fortes avec vraisemblablement le soutien de l’Arabie saoudite, le prince Salman Al-Khalifa privilégie le dialogue (13).

Des réformes politiques sont d’autant plus importantes qu’elles contribueront à créer un climat propice à la poursuite des réformes économiques engagées par la monarchie pour faire face au sous-emploi dans le royaume et à l’arrivée de jeunes travailleurs. Malgré les réformes initiées par le Conseil de Développement économique pour réformer les lois relatives au travail, promouvoir l’éducation et la formation, et inciter les entreprises à venir s’installer à Bahreïn, l’économie reste tributaire d’un pétrole de plus en plus rare (77 % des revenus du gouvernement en 2006 étaient issus de cette ressource) et fait face à la concurrence de Dubaï, qui demeure la destination préférée des entreprises dans la région. C’est tout l’intérêt du projet de construction d’un pont de 45 km de long entre Bahreïn et le Qatar, dont le projet a été signé en juin 2006. Cette liaison est en effet considérée comme disposant du potentiel pour absorber une partie des travailleurs de Bahreïn, accentuant ainsi l’intégration économique entre les États de la région (14).

Ni Bahreïn ni le golfe Arabo-persique n’ont à se satisfaire d’une instabilité chronique et d’un renforcement des processus de radicalisation, d’autant que la question de la cohabitation entre chiites et sunnites est un fil rouge dans la région. À l’heure où le Yémen s’embrase, il y a urgence pour construire un nouveau pacte civil dans la région et instaurer une dynamique de l’espoir. Dans la lutte que se livrent les monarchies du Golfe et l’Iran, faire revivre le souffle de la Charte d’action nationale de 2001 à Bahreïn serait l’un des meilleurs moyens d’associer sécurité, stabilité et développement.

 

 

Notes

(1) À cette occasion, le gouvernement a fait arrêter les activistes qui avaient dénoncé le bilan de Bahreïn en matière de droits de la personne lors d’une assemblée publique à Londres, et suspendu la chaîne Al Jazeera après la diffusion d’un reportage sur la pauvreté dans le royaume

(2) Bahrain’s Sectarian Challenge, Middle East Report n°40, International Crisis Group, 6 mai 2005. http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/Middle%20East%20North%20Africa/Iran%20Gulf/Bahrain/Bahrains%20Sectarian%20Challenge.ashx.

(3) Steven Whright, Fixing the Kingdom: Political Evolution and Socio-Economic Challenges in Bahrain, Center for International and Regional Studies in Qatar, 2008, p. 10.

(4) Il s’agit des chiffres pour l’année 2008 (Direction des statistiques de Bahreïn, National Accounts, édition 2009, p. 11. http://www.cio.gov.bh/cio_ara/English/Publications/National%20Account/NA2009.pdf).

(5) Les États-Unis ont également deux bases au Koweït, deux à Oman et une base aérienne et des facilités logistiques au Qatar (Marissa Alison, U.S. and Iranian Strategic Competition: Saudi Arabia and the Gulf States, CSIS, 6 décembre 2010, p. 48. http://csis.org/files/publication/101207_US_Competition_with_Iran_Saudi_Arabia.pdf).

(6) À la fin de l’année 2008, quatre États avaient répondu positivement : Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. http://www.nato.int/issues/ici/index-f.html.

(7) Frédéric Robin, « Wikileaks : le jeu trouble de l’Iran sur le théâtre afghan », Le Monde, 2 décembre 2010.

(8) Natalie Nougayrède et Gilles Paris, « Wikileaks : La peur des pays arabes », Le Monde, 28 novembre 2010.

(9) Ces hommes font partie du dispositif « Bouclier de la Péninsule », force conjointe mise en place par les États du Conseil de coopération des États du Golfe (5 000 hommes en 1984, 20 000 depuis décembre 2000). Par ailleurs, les États du Golfe ont également décidé le 10 mars de créer un fonds de développement de 20 milliards de dollars pour aider Bahreïn et Oman.

(10) Bernard Gwertzman, Is Bahrain’s Regime Next to Fall, Council on Foreign Relations, 18 février 2011. http://www.cfr.org/bahrain/bahrains-regime-next-fall/p24169.

(11) 40 % des salariés de la société pétrolière saoudienne Aramco sont des chiites. À l’échelle du royaume saoudien, les chiites représentent 10 % de la population totale.

(12) Le 23 février, le roi Abdallah annonçait des mesures sociales pour un montant de 36 milliards de dollars.

(13) Dans un communiqué publié le 13 mars 2011, le prince héritier a officiellement accepté d’entamer un « dialogue national » avec l’opposition, reposant notamment sur la mise en place d’un Parlement avec un pouvoir législatif et d’un gouvernement représentant la volonté du peuple. Le prince s’est également déclaré favorable à un redécoupage des districts pour les futures élections législatives et à des discussions sur la question des naturalisations ainsi que la lutte contre la corruption et la ségrégation ethnique et religieuse.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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