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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 10:06

L’analyse de Khaled Asmar - Beyrouth

Encerclement de l’Arabie saoudite par le Bahreïn et le Yémen : vers un embrasement dans le Golfe ?

 

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis déploient de forces à Bahreïn. Explosion d’un gazoduc au Yémen

 

www.mediarabe.info


lundi 14 mars 2011 - 22h55, par Khaled Asmar - Beyrouth

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La situation semble menacer d’échapper au contrôle des régimes en place, à Manama et à Sanaa. Riyad a dépêché, dès dimanche, un millier de soldats pour sécuriser le Bahreïn. Abou Dhabi en a envoyé près de 500 lundi. Le Roi Abdallah d’Arabie a réuni, lundi soir, le Conseil de sécurité nationale. Un fait rarissime qui exprime l’inquiétude qui s’empare de la région.

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Face à la dégradation de la situation à Bahreïn, où les émeutes succèdent aux manifestations sur fond de divisions confessionnelles, et après le rejet par l’opposition chiite du dialogue et des réformes proposés par la monarchie, l’Arabie saoudite a dépêché, dimanche, un détachement de son armée à Manama. Un millier de soldats qui font officiellement partie du « Bouclier de la Péninsule », un corps militaire théoriquement créé par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) au début des années 1990 mais qui n’a jamais réellement vu le jour.

Le déploiement des forces saoudiennes, renforcées lundi par près de 500 policiers envoyés par les Emirats arabes unis, vise officiellement à sécuriser le Bahreïn et à protéger les sites sensibles. Mais en réalité, les Saoudiens seraient décidés à aider Manama à mater toute tentative de rébellion des Chiites, soupçonnés d’agir aux ordres de l’Iran. L’opposition bahreïnie a d’ores et déjà dénoncé « une ingérence étrangère » et mis en garde contre « un massacre qui serait programmé dans le pays ». Il s’agirait sans doute d’un « cri préventif des Chiites pour justifier l’appel qu’ils pourraient lancer à leurs protecteurs iraniens pour assurer leur défense ! », estiment ce soir plusieurs observateurs.

L’Arabie craint en effet une contagion régionale et un soulèvement de ses propres Chiites dans la province orientale qui abrite l’essentiel des réserves pétrolières. Cette perspective inquiète la dynastie des Saoud et justifie la réunion, tenue ce lundi, du Conseil de sécurité nationale ; un conseil qui ne s’était quasiment jamais réuni de façon aussi solennelle.

Face à la réaction des Chiites du Bahreïn, l’Arabie a tenté de minimiser la portée de son intervention et rappelé que « le règlement du Bouclier de la Péninsule prévoit que les unités de ce corps déployées dans un pays membre sont automatiquement placées sous les ordres de ce pays ». Ce faisant, Riyad prend ses précautions et se protège, précisant a priori que ces forces sont commandées par Manama. L’envoi de renforts émiratis semble viser à réduire l’impact médiatique d’une ingérence saoudienne et donner l’impression d’une intervention concertée avec l’ensemble des membres du CCG, grâce au Bouclier de la Péninsule.

Or, cette intervention, dénoncée par l’opposition bahreïni qui la considèrent comme une occupation étrangère, risque d’accélérer le pourrissement et d’accentuer le clivage entre Sunnites et Chiites. A terme, l’Iran ne pourra pas tolérer une telle situation dans laquelle ses coreligionnaires sont réprimés. D’autant plus que Téhéran avait appelé, à plusieurs reprises, au retour du Bahreïn dans l’empire perse, considérant le Bahreïn comme une ancienne province iranienne.

Mais l’Arabie doit également renforcer son front yéménite et prendre ses précautions en prévision d’un changement de régime, ou, pis encore, un éclatement du pays. Si le Sud ne cache pas ses tentations indépendantistes, l’installation d’un imamat zaïdite (chiite) à Saada par le chef de la rébellion Al-Houthi soutenu par l’Iran deviendrait alors une réalité et constituerait une menace directe aux frontières saoudiennes. En outre, Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique, qui avait installé son fief au Yémen pour s’en prendre à l’Arabie, exploiterait l’éclatement du pays pour continuer à se renforcer... Notons que ce lundi soir, une violente explosion a visé un gazoduc dans la région de Shabwane, à Maareb. En l’absence de revendication, l’attentat pourrait être l’œuvre d’Al-Qaïda, des tribus ou des Houthi.

De ce qui précède, les observateurs concluent que les jours du président Saleh sont comptés. La coalition tribale qui réclame son départ s’élargit et se renforce avec le ralliement des tribus des Bakil à la contestation. Les manifestations ne faiblissent pas en dépit de la répression des forces de l’ordre. A moins d’accepter rapidement un transfert du pouvoir à l’un de ses proches pour gérer la transition, le sort de Saleh semble scellé.

Les experts s’interrogent sur les capacités saoudiennes à gérer deux crises (au moins) simultanées à leurs frontières : à Bahreïn et au Yémen (sans oublier Oman menacé, et le Koweït où plane le spectre d’une contestation...) tout en poursuivant leurs efforts à satisfaire le marché pétrolier, avec l’absence de la Libye et l’embargo sur l’Iran. Une situation des plus compliquées qui risque de dégénérer et d’embraser toute la région.

Khaled Asmar

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source« MediArabe.info »

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 11:47

L’Iran : conditions préalables et provocations - Michael Segall 
06/03/2011 
Michael Segall  |  Général

 

http://jcpa-lecape.org

• L’échec des dernières négociations avec l’Iran concernant ses ambitions nucléaires révèle une position intransigeante de ce pays à court et à long terme.

 

• Les pourparlers tenus en Turquie ont prouvé que la domination occidentale a cédé le pas à l’hégémonie islamique sous le leadership iranien. 

• Le comportement de l’Iran lors des pourparlers à Istanbul a une fois de plus démontré les limites du dialogue et les engagements avec ce régime. 

• Les sanctions économiques internationales peuvent endommager l’économie iranienne et entraver le processus du programme nucléaire, mais ils ne peuvent empêcher le dirigeant iranien d’atteindre son objectif et acquérir une bombe nucléaire.

 

La réunion du 21-22 janvier dernier à Istanbul entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (plus l’Allemagne) (le P5+1) a tenté en vain d'obtenir certains accords concernant le programme nucléaire iranien. L'échec fut cuisant et retentissant. 

Au cours de cette réunion, le chef de la délégation iranienne, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, a fixé deux conditions préalables : l’arrêt des sanctions contre l’Iran, et la reconnaissance de ses droits au combustible nucléaire et à son enrichissement. En fait, ces conditions préalables ont rendu cette rencontre inutile. « Ces conditions préalables ne sont pas une façon de procéder, » a souligné Catherine Ashton, chef de la politique étrangère de l’UE. La position iranienne était prévisible. Téhéran avant et au cours des pourparlers, ne souhaitait pas traiter de la question nucléaire mais de l’ensemble des problèmes régionaux et internationaux. 



Cet exemple témoigne de la confiance iranienne à l'égard de ses intentions et projets. En dépit des pressions exercées par l'Occident, l’Iran tire profit de ses progrès au Liban et en Irak, et du fait de l'impasse du processus de paix avec les Palestiniens. Conscient d'être un acteur régional majeur, il semble que Téhéran poursuit ses ambitions nucléaires et persiste dans ses provocations contre l’Occident sans payer aucun prix. 



A la veille de la réunion à Istanbul, l’Iran a conduit une campagne de propagande destinée à prouver au monde que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques et qu'il autorisait la transparence sur ses installations nucléaires. Les autorités iraniennes ont même invité les ambassadeurs accrédités à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) excluant les représentants des Etats-Unis, de l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne – le site du réacteur d’eau lourde de 40 mégawatts à Arak (au stade de construction) et les installations d’enrichissement d’uranium à Natanz. Les représentants de l’Union européenne ont affirmé que ce sont les inspecteurs et non les diplomates qui devraient visiter les lieux. Dans la même veine, la Russie a signalé que l’invitation iranienne est en soi « digne d’intention », mais qu’elle ne pouvait se substituer à l’inspection adéquate de l’AIEA. 



En invitant ces parties à ses installations nucléaires, l’Iran a espéré démontrer que son pays n’est pas isolé sur l'arène internationale. Il est capable de recruter les grands « blocs » internationaux tel que les pays non alignés et les Etats islamiques en contrepoids à l’influence américaine au Moyen-Orient et en Amérique latine. 



Suite à la réunion d'Istanbul, le Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad a souligné qu’il était prêt à poursuivre le dialogue.

 

« On ne peut pas résoudre tous les problèmes au cours d’une séance ou deux. » dit-il en ajoutant que l’Occident doit se réconcilier avec le nucléaire iranien comme fait accompli et que personne ne pourra déloger l'Iran de devenir une puissance nucléaire. Il a appelé les membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne de ne pas se soumettre aux pressions sionistes s'ils souhaitaient réaliser vraiment des progrès dans les négociations.

 

L’Iran a actuellement suffisamment d’uranium enrichi de faible puissance pour pouvoir produire une bombe nucléaire ou deux. Si le dirigeant iranien devait décider, sur la base de considérations stratégiques, dans son pays ou à l’étranger, il pourrait enrichir l’uranium à un niveau élevé pour pouvoir se doter d'armes nucléaires. (L’Iran prétend actuellement qu’il peut déjà enrichir à un niveau de 20%) 

Les informations concernant un retard dans le progrès nucléaire iranien dû aux dégâts infligés par le virus informatique Stuxnet ont renforcé la position iranienne, et ont permis de continuer de plus belle le programme nucléaire militaire clandestin.

 

L’Iran prouve par ses agissements qu'il est capable d’influer aux enjeux politiques régionaux (le processus de paix israélo palestinien) et la stabilité régionale (au Liban en Irak, Arabie saoudite, Bahreïn et Afghanistan). L’Iran pense inspirer le réveil démocratique dans le monde arabe (Egypte, Tunisie, Jordanie) observant les évènements en Egypte comme une suite logique directe de la révolution islamiste d'ayatollah Khomeiny en 1979. 



Rappelons que l’Iran a également été impliqué dans les activités liées au terrorisme en Amérique latine et a laissé entendre qu’il aiderait la promotion des programmes nucléaires partout dans le monde. 

L'adoption d’une ligne plus dure envers l’Iran et notamment une véritable menace pour une action militaire contre les installations nucléaires serait une réponse plus effective à un Etat qui nuit systématiquement aux intérêts américains au Moyen Orient. Une politique cohérente et intransigeante contre l'Iran jetterait également les bases pour un meilleur traitement de la question palestinienne et la démocratisation des pays de la région. L’alternative serait néfaste et impliquerait la donne suivante: Affaiblissement du camp arabe modéré, renforcement du « camp du refus» (l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le Hamas, et les autres organisations palestiniennes terroristes influencées par l’Iran), et forte baisse d’influence américaine dans la région. Comme l’a affirmé justement la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, " nous avons le temps, mais pas assez".

 

Voir le texte intégral de l'article et ses références dans le site JCPA-CAPE en anglais. 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 12:32
Iran : les forces de l’ordre dispersent violemment une manifestation des réformistes

http://mediarabe.info

mardi 8 mars 2011 - 18h13
Logo MédiArabe.Info

Selon la télévision « Al Arabiya », de violents accrochages opposent des manifestants réformistes qui réclament la libération de leurs chefs Mir Hussein Moussavi et Mehdi Karroubi, et les forces de l’ordre. Ces accrochages se déroulent essentiellement à Téhéran, où les forces du régime répriment les opposants et utilisent du gaz lacrymogène pour les disperser.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 21:01

 

BANNER-SENTINELLE.jpg

 

 

 

Le nouveau Moyen-Orient

 


Jerusalem Post 04/

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=210724

 

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

  

Si les mollahs ne sont pas renversés, le nouveau Moyen Orient sera un lieu très sombre et dangereux.

 

 

   

Un nouveau Moyen-Orient est au-dessus de nos têtes, et son premier bénéficiaire ne pourrait être plus heureux. Dans un discours dans la ville iranienne de Kermanshah, le chef du bureau politique des Gardiens de la Révolution Iraniens, le général Yadollah Javani a exulté : « Le rôle pivot de l’Iran dans le nouveau Moyen-Orient est indéniable. Aujourd’hui, la révolution islamique de la nation iranienne jouit d’un tel pouvoir, d’honneur et de respect dans le monde que toutes les nations et gouvernements souhaitent avoir un pareil système dirigeant ».

Les dirigeants de l’Iran ont passionnément jeté tout leur nouveau poids aux alentours. Par exemple, l’Iran défie la capacité de l’Arabie saoudite à garantir la stabilité des marchés mondiaux du pétrole.

Depuis des générations, la stabilité des fournitures mondiales de pétrole a été garantie par la capacité de réserve de l’Arabie saoudite sur laquelle on pouvait se fier pour résoudre tout choc sur de telles fournitures, lié à une instabilité politique ou à d’autres facteurs. Quand le dictateur vacillant Mouammar Khaddafi a décidé de tarir les exportations de pétrole de la Libye le mois dernier, les marchés du pétrole ont annoncé qu’ils résoudraient le déficit de la Libye par une augmentation importante des prix. Le lendemain même, les Saoudiens annonçaient qu’ils résoudraient le déficit du retrait de la Libye du marché de l’exportation.

Sur le vieux Moyen-Orient, la déclaration des Saoudiens n’aurait jamais été mise en question. Les fournisseurs et les acheteurs de pétrole acceptaient l’arrangement, alors que les réserves de l’Arabie saoudite – défendues par l’armée des USA – servaient de garantie à l’économie pétrolière. Mais dans le Nouveau Moyen-Orient, l’Iran se sent à l’aise pour mettre en cause le rôle de l’Arabie saoudite. 

Jeudi, le ministre saoudien du pétrole, Massoud Mirkazemi a pressé l’Arabie saoudite de s’abstenir d’augmenter la production. Mirkazemi a mis en avant que puisque le cartel pétrolier de l’OPEP n’a pas discuté l’augmentation des fournitures, l’Arabie saoudite n’avait pas le droit d’augmenter son extraction de pétrole.

Il est vrai, la menace voilée de l’Iran n’a pas empêché l’Arabie saoudite d’augmenter sa production pétrolière de 500.000 barils par jour. Mais le fait que l’Iran se sente à l’aise pour dire aux Saoudiens ce qu’ils peuvent faire ou pas avec leur pétrole démontre la nouvelle perception qu’ont les mollahs de leur puissance.

Et cela est sensé. Chaque jour qui passe, le régime iranien déstabilise activement les voisins de l’Arabie saoudite et augmente son influence sur la minorité shiite saoudienne dans la province orientale du royaume, là où la plus grande partie de son pétrole est localisée.

Peut-être mobilisés par l’instabilité politique du Bahreïn et au Yémen, les opposants au régime saoudien, y compris la minorité shiite en Arabie saoudite ont intensifié leurs actions d’opposition politique. La famille royale saoudienne a cherché à acheter ses opposants en arrosant ses sujets de milliards de dollars de nouvelles subventions et récompenses. Mais la vague de contestation continue de monter.

Les opposants au régime saoudien ont programmé des protestations politiques les 11 et 20 mars. Dans une tentative d’émousser la puissance des manifestations, les forces de sécurité saoudiennes ont arrêté Tawfiq al Amir, un clerc shiite de premier plan de la province orientale. Le 25 février, Amir a fait un sermon appelant à la transformation du royaume en une monarchie constitutionnelle.

L’Iran a utilisé son arrestation pour faire pression sur le régime saoudien. Dans un entretien avec l’agence d’information Fars cette semaine, le poids lourd parlementaire du régime iranien Mohammed Dehqan a prévenu les Saoudiens de ne pas essayer d’étouffer l’instabilité croissante. Comme il l’a dit : « Les dirigeants saoudiens devraient savoir que le Peuple saoudien est devenu vigilant et n’autorise pas les gouvernants du pays à commettre le moindre crime possible contre eux ».
  
Dehqan poursuivit : « Considérant les développement à Bahreïn et au Yémen affectant la situation en Arabie saoudite, le régime sent un grave danger et interfère avec les affaires intérieures de ces Etats ». La déclaration de Dehqan montre la confiance des mollahs dans la direction prise par la région.

En témoignant devant le comité des affectations de crédits du Sénat mardi, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a reconnu que l’Iran est profondément engagée dans toutes les manifestations et mouvements anti-régime depuis l’Egypte jusqu’au Yémen en passant par Bahreïn et au-delà.  

« Directement ou par procuration, ils essaient constamment de peser sur les évènements. Ils ont une politique étrangère d’assistance diplomatique très active » a dit Clinton.
 
Des officiels iraniens, le Hezbollah et les terroristes du Hamas et d’autres agents iraniens ont joué des rôles pivots dans les mouvements anti-régime au Yémen et à Bahreïn. Leurs opérations sont le produit de la politique au long court de l’Iran, de développement de liens étroits avec les figures de l’opposition dans ces pays aussi bien qu’en Egypte, au Koweït, à Oman et au Maroc.

Ces liens développés sur le long terme récoltent de grandes recompenses pour l’Iran aujourd’hui. Non seulement ces connections donnent aux Iraniens la possibilité d’influencer la politique des régimes alliés post-révolutionnaires.

Ils confèrent aux mollahs et à leurs alliés la capacité d’intimider les émules des familles royales saoudiennes et Bahreïnis et les obligent à se compromettre avec les alliés de l’Iran.

Cela signifie que les mollahs d’Iran gagnent quelle que soit l’issue des révoltes. Si des régimes affaiblis se maintiennent au pouvoir en se compromettant avec les alliés de l’Iran dans l’opposition – comme ils tentent de la faire en Jordanie, au Koweït, au Maroc, en Algérie, à Bahreïn, Oman, au Yémen – alors l’influence iranienne sur les régimes affaiblis grandira substantiellement. Et si les alliés de l’Iran renversent ces régimes, alors l’influence de l’Iran grandira encore plus fortement.

De plus, la préférence de l’Iran pour des guerres par procuration et des batailles asymétriques est bien desservie par l’instabilité actuelle. Des vassaux de l’Iran – du Hezbollah à al Qaïda en passant par le Hamas – opèrent mieux dans des Etats faibles.

Depuis les opérations du Hezbollah au Sud Liban dans les années 1980 et 1990, jusqu’aux insurgés irakiens parrainés par l’Iran ces dernières années et au-delà, l’Iran a exploité les autorités centrales faibles pour saper les pouvoirs pro-occidentaux, affaiblir Israël et diminuer l’influence régionale des USA.

Au milieu de la violence révolutionnaire de l’Egypte, l’Iran a rapidement déployé ses vassaux du Hamas dans le Sinaï. Depuis la chute de Moubarak, l’Iran a œuvré intensivement à étendre la capacité des forces vassales pour opérer librement dans le Sinaï.

La reconnaissance de l’extension du pouvoir de l’Iran modifie rapidement la perception par la communauté internationale de l’équilibre régional des forces. L’annonce par la Russie samedi dernier qu’elle vendra à la Syrie le missile de croisière anti-navire supersonique ‘Yakhont’, a été le témoignage de l’ascension du pouvoir régional de l’Iran et de la perte de puissance des USA.


La Russie a signé un accord de fourniture de ces missiles à la Syrie en 2007. Mais Moscou s’était abstenu de les fournir jusqu’à présent – juste après que l’Iran ait fait naviguer ses bateaux de guerre sans encombre vers la Syrie à travers le canal de Suez et signé un traité naval avec la Syrie fusionnant effectivement les marines de guerre iranienne et syrienne.

 

De même, l’annonce par la Russie qu’elle prenait le parti de la Turquie, alliée de l’Iran dan son soutien à la réduction des sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’Iran, indique que les USA ne détiennent plus la position régionale nécessaire pour s’opposer à l’Iran sur la scène internationale.


Le pouvoir régional accru de l’Iran et son effet de levier concomitant élargi sur les marchés internationaux du pétrole, empêcheront les Etats-Unis d’obtenir au Conseil de Sécurité de l’ONU un soutien à des sanctions plus contraignantes contre Téhéran. Evidemment, une action militaire sanctionnée par le Conseil de Sécurité de l’ONU contre les installations nucléaires de l’Iran est hors de question.

 
Hélas, le gouvernement Obama a totalement failli à comprendre ce qui se passe.

 
Clinton a déclaré à la Chambre des Représentants et au Sénat que le pouvoir accru de l’Iran signifie que les USA doivent continuer d’armer et de financer les alliés de l’Iran et de soutenir les soi-disant forces démocratiques alliées avec l’Iran.

 

C’est ainsi que Clinton a déclaré au Sénat que le gouvernement Obama pense qu’il est essentiel de continuer à fournir l’armée libanaise, contrôlée par le Hezbollah, avec des armes américaines. Clinton a proclamé qu’elle ne pourrait pas dire ce que le contrôle du Hezbollah sur le gouvernement libanais signifiait concernant l’avenir des liens des USA avec le Liban.


De même, alors que les chefs de l’Autorité Palestinienne brûlent le président Barack Obama en effigie et cherchent à former un gouvernement d’union ave le Hamas, vassal de l’Iran, Clinton a livré une défense passionnée du financement des USA à l’AP devant le Comité des Relations Extérieures du Congrès cette semaine.

 
Le comportement de Clinton témoigne d’une étonnante faillite à comprendre les réalités fondamentales qu’elle-même et le département d’Etat qu’elle dirige sont supposés former. Son manque de compréhension n’est atteint que par l’absence de vergogne et de courage de son collègue à la défense Robert Gates. Lors d’une conférence d e presse cette semaine, Gates a proclamé que l’Iran est affaiblie par les vagues populistes dans le monde arabe parce que les dirigeants du monde arabe oppriment violemment leurs opposants politiques.

 

A la lumière du refus du gouvernement Obama d’utiliser la force militaire des USA pour ne serait-ce que les missions les plus mineures – comme l’évacuation des citoyens américains de Libye – sans l’approbation de l’ONU, il apparaît que les USA n’utiliseront pas la force armée contre l’Iran aussi longtemps qu’Obama sera au pouvoir.

 

Et étant donné le refus de l’administration de faire le moindre effort pour protéger les intérêts des USA et de leurs alliés dans la région pour que les USA ne soient pas accusés d’agir comme une superpuissance, il est clair que les alliés des USA comme les Saoudiens ne seront pas en mesure de dépendre de l’Amérique pour défendre leur régime. C’est le cas en dépit du fait que leur renversement menacerait le cœur des intérêts régionaux des USA. 


Sur ce tableau, il est clair que la seule manière de freiner l’influence de l’Iran dans la région et de frapper ainsi un coup majeur contre son alliance jihadiste ascendante shiite-sunnite, c’est de soutenir activement le Mouvement Vert des opposants pro démocratie au régime en Iran. La seule chance d’empêcher l’Iran de plonger la région dans la guerre et le bain de sang est de renverser le régime.
 
Aussi longtemps que le régime iranien se maintiendra au pouvoir, il sera d’autant plus difficile pour les Egyptiens de construire une démocratie ouverte, ou pour les Saoudiens d’ouvrir le royaume à des voix et des influences libérales. Il en est de même de presque chaque pays de la région. L’Iran est le principal moteur régional de la guerre, du terrorisme, de la prolifération nucléaire et de l’instabilité. Aussi longtemps que le régime survivra, il sera difficile pour les forces libérales de la région de gagner en force et en influence.  

 

Le 24 février, les mollahs auraient arrêté les dirigeants de l’opposition Mir Hossain Mousavi et Mehdi Karroubi et leurs épouses. Il a fallu au gouvernement Obama plusieurs jours pour simplement reconnaître ces arrestations, sans parler de les dénoncer.


Face au régime de violence massive, les protestataires anti-régime de l’Iran sont dehors en force dans les villes à travers le pays, exigeant la liberté et un nouveau régime. Et pourtant, à part livrer une approbation hypocrite à leur bravoure, ni les USA ni aucun autre gouvernement ne s’est mis en avant pour les aider. Personne n’a fourni aux révolutionnaires combattants en Iran des assistants par procuration après que le régime ait neutralisé leurs réseaux de communications Internet. Personne ne leur a donné des armes.

 
Personne n’a exigé que l’Iran soit chassé de tous les organismes de l’ONU jusqu’à la libération par le régime de Moussavi et de Karoubi et de leur famille, et des milliers de prisonniers politiques torturés dans les prisons des mollahs. Personne n’est intervenu pour financer des émissions 24 h sur 24 contre le régime, pour aider les opposants à s’organiser et à coordonner leurs opérations. Certainement personne n’a discuté l’institution d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Iran pour protéger les protestataires.

 
Avec des prix du pétrole en augmentation abrupte et la perspective réelle d’une prise de contrôle du Yémen par al Qaïda, des vassaux de l’Iran s’emparant de Bahreïn, et des ‘Frères Musulmans’ contrôlant l’Egypte, certains Américains reconnaissent que toutes les révolutions ne sont pas ‘washingtoniennes’

 
Mais il y a une forte probabilité pour qu’une révolution iranienne le soit. Au minimum, un Iran démocratique serait beaucoup moins dangereux pour la région et le monde que le régime actuel.

Les Iraniens ont raison. Nous évoluons dans un nouveau Moyen-Orient. Et si les mollahs ne sont pas renversés, le nouveau Moyen Orient sera un lieu très sombre et dangereux.

 
caroline@carolineglick.com

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:58
Shoah diffusé sur une chaîne iranienne
AP
07/03/2011 | Mise à jour : 12:31
Réactions (38)

Le documentaire "Shoah" de Claude Lanzmann est diffusé à partir d'aujourd'hui sur une chaîne de télévision iranienne, a-t-on appris auprès du projet Aladdin, qui a traduit et sous-titré en farsi ce long film rassemblant des témoignages sur l'Holocauste des juifs d'Europe.

Dans un communiqué, le projet Aladdin, basé à Paris, explique vouloir ainsi "poursuivre sa mission de rapprochement interculturel entre le monde juif et le monde musulman".

Le documentaire "Shoah", qui dure plus de neuf heures, sera diffusé à raison d'une heure par soir cette semaine sur la chaîne satellite Pars, qui est basée aux Etats-Unis et qui est reçue en Iran, où elle est relativement populaire.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a nié à plusieurs reprises l'ampleur et même la réalité de l'extermination des juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. L'Iran ne reconnaît pas l'existence d'Israël et Ahmadinejad a prédit à de nombreuses reprises ces dernières années la disparition de l'Etat hébreu.

Claude Lanzmann a travaillé 11 ans sur ce film, sorti en 1985. Il a rassemblé les témoignages de rescapés des camps d'extermination nazis mais aussi d'anciens gardiens et d'habitants des environs.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 09:25

Medhi-Asnavandi.jpg

Iran : Un Mollah chiite brûlé vif près de Téhéran, la capitale Iranienne. Le Shia News accuse les Wahabbites

  

6 mars

L’Hodjatoleslam Cheikh Mehdi Asnavandi, un dignitaire chiite, a été enlevé et brûlé vif par plusieurs hommes dans la ville de Varamine, la ville natale de Mahmoud Ah'madinejad, le président Iranien.

 

L’agence de presse Shia News, a attribué ce crime horrible aux Wahabbites, " Les Musulmans Sunnites " originaires d’Arabie saoudite.

 

Selon Shia News, la semaine dernière, quelques hommes se sont présentés au domicile du Molah en l'invitant à dirigerune cérémonie de prière funéraire pour une personne décédée. Hodjatoleslam Asnavandi, a accepté de les accompagner, et une fois sur la route, vers le lieu de l'enterrement, les hommes l'ont enlevé, l'ont enfermé dans le mausolée de " Hadjar " (une descendante du prophète de l'Islam) l'ont attaché avec une corde, puis l'ont aspergé d'essence et lui ont mis le feu. Selon le médecin légiste, le Mollah aurait  subi des tortures et des coups mortels avant de décéder.

On a retrouvé aucune trace des criminels en fuite.

En principe ce genre de châtiment  s’applique dans le cas de crime d'honneur ou de crime de sang.

Quelques noyaux durs en rébellion contre le régime Islamique ont lancé un appel à incendier les symboles du régime Islamique, pour la fête du feu " Chaharchanbeh Souri ", le soir du dernier mardi de la fin de l'année Iranienne soit  mardi prochain 15 mars.

 

La définition du titre de Hodjatoleslam est « le témoin ou la raison de l’Islam ». Peut-on considérer ce mollah comme un symbole de l’Islam ?

 

La haine des Iraniens envers les éléments du régime Islamique, notamment les mollahs et les cléricaux est de plus en plus forte, et l’attribution de ce crime aux Wahabbites n’est pas prouvée.  

Par Faramarz DADRAS

Intervenant pour le site  © 2011 aschkel.info 

 Sur le site du Ministère israélien des affaires étrangères en langue persane

http://www.hamdami.com/MFAFA

F.DADRAS

 

Chercheur et expert du renseignement

 

Ancien officier du service renseignement de la garde impériale de l’armée d’Iran, chercheur et expert du renseignement, fondateur et le directeur du site Internet de www.farhangiran.com en langue persane, auteur et traducteur des nombreux articles et études sur la question Iranienne et consultant auprès des medias.


 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 08:11

 

 

Non, non ce n'est pas une blague !!!! 

 


 

      

 

Après l'intox propagée dans le monde arabe et reprise par les idiots de service, au sujet des "mercenaires d'Israël à Kadhafi", voici la parano du contre-amiral iranien H.Sayyeri

 

Voici ce que publie l'Iran par son office presstv.ir

Par Aschkel -  © 2011 www.aschkel.info


La marine iranienne défie Israël en mer

Un commandant de bord de la mission navale iranienne en Méditérannée affirme que la marine israélienne a tenté de rentrer en contact avec la flotte, mais a reçu une réponse écrasante. 

Les deux navires iraniens auraient reçu des menaces de la marine israélienne lors de son passage de l'Egypte vers la Syrie.

Les israéliens auraient tout fait pour empéché les deux navires iraniens d'atteindre leur but, d'après le contre-amiral Habibollah Sayyari à Fars News, samedi.

Ils nous ont menacé en disant que nos présence sur la zone nous mettait en danger, mais nous n'avons pas fait attention à leurs propos.

Ils nous ont demandé de nous présenter, mais nos forces navales ont répondu "Fermez-là, ce n'est pas votre affaire" – En ignorant leur demande, nous avons poursuivi notre route.

La réaction determinée de la marine a été saluée en haut-lieu.

Composée de deux navires Kharrk et Alvand, la mission a été mené a bien.

Sayyari a encore déclaré que la mission avait pour but de transmettre un message de paix aux pays de la région et de renforcer les relations avec d'autres pays.

"Ils ont essayé d'entraver notre chemin de manière vigoureuse mais nous ne les avons pas craint et notre fermeté a provoqué la peur et la détresse du régime sioniste.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 08:05

 

 

 

Liban - L'Iran et le 'Hezbollah s'en donne à coeur joie

 

Des milliers de Libanais manifestent contre le confessionnalisme

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Beyrouth pour réclamer l'abolition du système confessionnel en vigueur depuis 1943 au Liban, une semaine après un premier rassemblement sur le même thème.

Liban: le Hezbollah demande le gel de la coopération avec le TSL


IRIB - Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a proposé de geler la coopération entre les différents ministères libanais et le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement, qui se chargera de prendre les décisions définitives, dans cette affaire, a rapporté la chaîne Al-Manar. M. Raad a exposé les données exigées par les enquêteurs du TSL, s’étonnant que le TSL puisse se permettre de violer, délibérément, la souveraineté du Liban et de bafouer les droits des Libanais, par des demandes qui ne peuvent, en aucun cas, être justifiées, par l’enquête sur un crime politique individuel. La semaine dernière le bureau du TSL a fait une nouvelle requête, exigeant les datas de communications cellulaires et par câbles de tous les Libanais, en plus de leurs empreintes. «Ce sont des demandes suspectes qui portent les empreintes d’un travail d’intelligence et de renseignement sans précédent», a-t-il signalé. Selon le député, ces demandes ne constituent pas seulement une violation de la souveraineté du Liban, mais encore, sont une infraction au règlement des procédures et des indices du tribunal, ainsi qu’aux protocoles d’entente conclus avec le Liban et qui l’engagent à coopérer avec lui, dans tout ce qui concerne cette affaire.
Après cette demande de Cassese

antonio-cassesse.jpgTribunal Hariri

Lettre ouverte à Antonio Cassese

Président du Tribunal Spécial sur le Liban

Le parquet du Tribunal spécial sur le Liban, chargé d’enquêter sur l’assassinat de Rafic Hariri, ancien premier ministre libanais, tué dans un attentat à la voiture piégée le 14 février 2005,  a réclamé du Liban les empreintes digitales et le relevé des communications téléphoniques fixes et mobiles depuis 2004 de l’ensemble de la population libanaise, estimée à quatre millions de personnes. 

Une requête jugée exorbitante et injustifiée alors que les conclusions de l’enquête ont déjà été remises au tribunal depuis janvier 2011.

 

Hassan Hamadé, journaliste et écrivain libanais, a adressé à ce propos une lettre ouverte au président Antonio Cassese, président du Tribunal Spécial sur le Liban. Cette lettre a été publiée dans le journal libanais «As-Safir» en date du 24 février 2011.

—————————————————————————————-

Monsieur le Président

Ni votre tribunal n’est juste, ni vous-même n’êtes loyal.

Je suis heureux de m’adresser directement à vous alors que voilà dix huit ans que je m’informe sur votre production juridique.

Ah comme j’admirai la pertinence de votre logique et la cohérence de votre jurisprudence.

En dépit de nos divergences réelles depuis 2002,  je reste intimement convaincu que le droit, la Justice et la Paix doivent constituer le fondement de toute politique, le critère déterminant des rapports entre les individus et les peuples, et non l’injustice, la guerre et l’occupation.

Je vous ai observé depuis votre désignation comme premier président du tribunal Spécial sur la Yougoslavie, dans la décennie 1990. Je ne vous le cache pas, j’avais éprouvé du respect pour votre attitude critique à l’égard du procureur de l’époque Louise Harbour, dont le comportement était en tout point conforme à celui des chefs opérationnels du commandement de l’Otan en Yougoslavie; tout comme j’ai eu du respect pour votre attitude à l’égard de son successeur Carla Del Ponte, qui s’est refusée, elle, à ordonner la moindre enquête à l’encontre du personnel de l’OTAN, quand bien même elle était persuadée de l’implication de bon nombre d’officiers de «crimes de guerre» commis dans ce pays.

J’avais hautement apprécié votre refus de la mise en œuvre du principe de la «Justice des vainqueurs», dont le jugement de Nuremberg en est le plus parfait exemple. Votre opposition à la mise sur pied d’un tribunal spécial pour juger l’ancien président irakien Saddam Hussein reposait sur ce même principe. Là aussi vous aviez forcé mon respect.

A dire vrai, la contradiction vous habite en ce que votre conception de la justice s’inspire du principe de la relativité de la justice, sur la notion d’une «justice relative», qui puise son inspiration de la notion d’une «démocratie relative». Cette notion, vous ne l’ignorez pas, a été théorisée par le sénateur américain John Kerry, président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères du Congrès américain, pour évoquer l’après Moubarak en Egypte en souhaitant l’avènement d’un régime «qui préserve les intérêts de l’Occident». C’est là le seul souci des Occidentaux, la préservation de leurs intérêts, et non la démocratie, ni les Droits de l’Homme pas plus que l’Etat de Droit.

Justice relative. Qu’il est dur de prononcer ces termes, tant ils heurtent de plein fouet la notion même de justice en ce que toute juridiction qui serait présidée par des magistrats «relativistes», c’est-à-dire qui rendent des verdicts en proportion de considérations variables, devient ipso facto une justice politique et non une justice politique. 

Seriez-vous un magistrat relativiste ou, au contraire, partisan d‘une justice absolue que rien ne saurait altérer?

A journées faites, à tous les niveaux de votre juridiction, tel un leitmotiv, vous évoquez «le plus haut degré de professionnalisme et d’intégrité» pour qualifier le travail votre tribunal. Est-ce vraiment vrai concernant votre juridiction? Se distingue-t-elle vraiment des juridictions antérieures de Nuremberg, de Yougoslavie, du Rwanda et d’Irak?

La justice relative est par essence une justice sélective. Auquel offrirez-vous votre concours à une juridiction qui soit en contradiction flagrante avec la constitution?

Dualité d’interprétation de l‘acte fondateur: Tribunal international ou «à caractère international».

Le tribunal Spécial sur le Liban se fonde sur la résolution 164 du 26 mars 2006, un acte fondateur de la juridiction qui prête à confusion particulièrement en son article 4 (cf. lettre du 13/12 2005 du premier ministre libanais au secrétaire général des Nations unies) car dans sa version anglaise et arabe il est fait mention de «tribunal à caractère international», alors que dans sa version française, plus catégorique, il est stipulé «tribunal international».

Cette dualité renvoie immanquablement dans les mémoires à l’ambigüité contenue  dans la résolution 242 du Conseil de sécurité du 22 novembre 1967 concernant le conflit israélo-arabe, dont la version anglaise préconisait le retrait israélien «from territories», (de territoires, sans précisions supplémentaires), alors que la version française spécifiait expressément retrait israélien «de tous les territoires arabes occupés».

Dans le cas d’espèce, lequel des documents doit-il faire foi, la version anglaise ou la version française ?

Vous n‘ignorez pas que cette duperie n’est pas innocente. L’ambigüité de la résolution 242 concernant le conflit israélo-arabe fait que ce conflit perdure.

Sur la foi des documents constitutifs du Tribunal (la résolution 1757 du 30 mai 2007, le document d’entente entre le Liban et les Nations Unies ainsi que le statut du tribunal), il a été convenu au Liban aux termes de débats publics contradictoires que le TSL avait vocation à avoir un «caractère international» et ne constituait pas, a fortiori, un tribunal international. Dans cette perspective, la violation du droit est flagrante et affaiblit la portée de la référence à la convention de Vienne sur les immunités diplomatique.

Par un artifice juridique dont l’objectif n’a échappé à personne, vous avez soutenu que le fait que le gouvernement (pro américain de Fouad Siniora) ait fait droit à toutes les requêtes de la justice internationale valide a posteriori l’interprétation accréditant l’hypothèse d’un Tribunal international. Ainsi donc, l’accord Liban-ONU, bien que n’ayant pas été entériné selon les règles a été néanmoins validé par le comportement gouvernemental. Telle est du moins votre interprétation de juriste et d’universitaire.

Or la constitution libanaise confère au Président de la République (bien président de la république) le privilège de négocier les traits internationaux, en accord avec le premier ministre. Cette disposition constitutionnelle a été contournée par l’accord conclu par le premier ministre et le ministre de la justice. Elle est donc frappée de caducité  au regard de l’article 52 de la constitution.

Lors d’un forum tenu le 2 Novembre 2010 sur le fonctionnement du TSL vous avez reproché aux libanais, hommes politiques et journalistes, leur fuite dans la presse concernant le cours de l’enquête, feignant d’omettre que les fuites avaient pour source principale les hommes politiques et les journaux israéliens.

Mieux apostrophant les Libanais sur le ton de la provocation, vous avez ajouté «Même si vous supposez le tribunal politisé, qu’Israël le finance et que je suis un directeur du Mossad, venez et défiez le tribunal et exposez vos vues».

Cassese, lauréat du prix Elie Wiesel et sympathisant des Moudjahiddine  Khalq

Ces propos relevaient sans doute de la plaisanterie. Vous badiniez certes, mais dans la mesure où vous avez pris l’initiative d’abordez le sujet vous-mêmes, alors je me lance: Dois je vous rappeler que vous êtes bénéficiaire d’une distinction honorifique, le Prix Elie Wiesel.  Libre à vous de porter les décorations de votre choix, mais cela ne vous autorise pas à vous porter juge de Palestiniens, Libanais, Syriens ou Iraniens.

Imaginez vos un instant la réaction d’Israël, si une personnalité européenne manifestant des sympathies pour la résistance libanaise ou palestinienne, pis décorée par Sayyed Hassan Nasrallah, chef  du Hezbollah, se portait juge dans une affaire impliquant des Israéliens. Cette personnalité serait elle crédible au regard des Israéliens? Un tel tribunal manifesterait-il un «haut degré de professionnalisme et d’intégrité» à leurs yeux?
Sans nourrir la moindre animosité à votre égard, mais force est tout de même de poser la question de savoir si vous auriez accepté de présider un tel tribunal.

Une conception incompréhensible du terrorisme

Il nous est difficile d’admettre que vous déployez tant d’effort pour placer Israël à l’abri de poursuites judiciaires, de la même manière que votre jurisprudence concernant le terrorisme nous est toute aussi incompréhensible, N’est ce pas vous qui, dans le quotidien italien La Stampa, en date du 20 octobre 2005, avait exprimé la crainte que le jugement de Saddam Hussein, de par les conditions de formation du tribunal, ne soit pas équitable. Lequel des deux Cassese est dans le vrai ?

Vous soutenez que le chef d’accusation de terrorisme ne s’applique qu’aux individus et aux organisations à l‘exclusion des Etats, sans prendre en considération les cas de légitime défense, de Droit à l’autodétermination ou de guerre de Libération.

A ce titre, à suivre votre raisonnement, la résistance palestinienne et la résistance libanaise tombent sous le coup de l’accusation de terrorisme puisque leurs actes de résistance relèvent des individus et d’organisations, et que, par contrecoup, les actes du gouvernement israélien, échappent à cette accusation.

Sur ce point, votre position, pourtant, est pour le moins contradictoire. Vous êtes un ferme sympathisant des «Moudjahiddine Khalq», l’organisation en exil de l’opposition iranienne, allant même, en 2008, à demander son retrait de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, dont vous avez été un conseiller.

Ôtez-moi d’un doute: Est-ce donc pour toutes ses qualités (lauréat Elie Wiesel, soutien à l’opposition iranienne) que vous avez été choisi pour présider le Tribunal Spécial sur le Liban?

Très respectueusement

Hassan Hamadé

———

-Hassan Hamadé, journaliste et écrivain Libanais

-Antonio Cassese, Président du tribunal Spécial sur le Liban, est un juriste italien, auteur d’une étude «Violence et droit dans un monde divisé». PUF 2009


Le Premier ministre libanais, Najib Mikati a déclaré que son pays est favorable à l'utilisation des services d'ingénierie de l'Iran dans le cadre de la mise en œuvre de projets touchant à l'infrastructure.

Il a fait ces remarques lors d'une rencontre avec le ministre iranien du Commerce, Ghazanfari Mehdi.


Les deux hommes ont également évoqué les questions politiques sur le Liban et les développements régionaux.


Nagib Mikati a précisé que le nouveau gouvernement libanais souhaite mettre en œuvre les accords de coopération économique déjà signés.


"Nous sommes prêts à convoquer une première réunion dela Commission économique mixte irano-libanaise en présence du premier vice-président iranien, Mohammad Reza. Rahimi à Beyrouth." 

Il a estimé que le régime israélien est l'ennemi des deux pays et n'est pas disposé à reconnaitre les progrès des pays musulmans, notamment ceux de l'Iran et du Liban.


Mehdi Ghazanfari a déclaré pour sa part que l'Iran est prêt à aider le Liban à faire face à ces difficultés.


Pendant ce temps,Mehdi Ghazanfari a déclaré aux journalistes que l'Iran souhaite accélérer la mise en œuvre des accords signés avec l'ancien Premier ministre Saad Hariri.


A l’issue de cette rencontre, le ministre iranien du Commerce, Mehdi Ghadanfari a souligné la nécessité de renforcer les relations entre les deux pays notamment dans le domaine économique ».


Mehdi Ghadanri a également indiqué que l’Iran est prêt à financer des projets d’électricité et de construction de barrages une fois l'accord de l’Etat libanais obtenu.

.irna

 

 


Et enfin
Des milliers de Libanais manifestent contre le confessionnalisme

Inspirés des mouvements populaires qui ont fait tomber les présidents tunisien et égyptien et vaciller plusieurs autres régimes arabes, des Libanais ont créé des groupes sur le réseau social Facebook pour réclamer la fin du système confessionnel.

Le système libanais est un mélange complexe de partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et sur une tradition de "démocratie consensuelle". Depuis l'indépendance en 1943, il garantit un équilibre délicat entre les 18 confessions chrétiennes et musulmanes du pays.

Ainsi, le président doit être un chrétien maronite, le Premier ministre un sunnite, le président du Parlement un chiite, etc.

Dimanche 27 février, plusieurs centaines de personnes avaient déjà manifesté sous la pluie pour réclamer l'abolition de ce système accusé d'être à l'origine de tous les maux du pays: corruption, clientélisme, une guerre civile destructrice (1975-1990) et les crises politiques à répétition qui ont suivi.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 12:04

 

NANOJV

 

POUR LE PATRON DE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE A PARIS, ISRAEL A GAGNE LA GUERRE DE L’INFORMATION AUTOUR DE STUXNET.

5 mars 2011

 



Programme de la Conférence Stuxnet organisée par NanoJV le mardi 8 mars à 18H30 à l’Atelier BNP Paribas :

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 08:45
F.DADRAS

 Faramarz DADRAS

 

Chercheur et expert du renseignement

 

Ancien officier du service renseignement de la garde impériale de l’armée d’Iran, chercheur et expert du renseignement, fondateur et le directeur du site Internet de www.farhangiran.com en langue persane, auteur et traducteur des nombreux articles et études sur la question Iranienne et consultant d’auprès les medias.

Intervenant pour le site  © 2011 aschkel.info 

 Sur le site du Ministère israélien des affaires étrangères en langue persane

http://www.hamdami.com/MFAFA

 

Iran : La guerre des slogans entre les deux Hassan, Nasrallah et Khomeyni

par Faramarz DADRAS

© 2011 aschkel.info

 


5 mars

Hier à Qom, la ville sainte des Chiites en Iran, selon l’agence Iranienne de presse d’Ilna, pendant la cérémonie d’obsèques de Mahmoud Broujerdi, le gendre de l’Ayatollah Khomeiny, décédé la semaine dernière,  la guerre des slogans a éclaté entre les partisans d’Hassan NasrAllah, le chef du Hezbollah au Liban et les partisans d’Hassan Khomeiny le petit fils de l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, le père de la révolution Islamique en Iran.

 

Les partisans d’Hassan Nasrallah brandissent le slogan qui dit : « Le petit fils de Rouhollah, c’est Hassan Nasrallah » tandis que, répondant à cette provocation, les partisans d’Hassan Khomeiny brandissent le slogan : « Le petit fils de Khomeiny, c’est Hassan Khomeiny ».

Hassan Nasrallah le chef d’Hezbollah libanais bénéficie du soutien inconditionnel de l’Ayatollah Ali Khamenei, actuel guide de la révolution Islamique et de Mahmoud Ahmadinejad, le président Iranien.

Depuis la dernière élection présidentielle, Hassan Khomeiny, le petit fils d’Ayatollah Khomeiny, s’est éloigné du noyau dur du régime, tandis que cette position est mal vue par les autorités du régime, notamment par des Gardiens de la révolution qui contrôlent le Hezbollah et ses partisans.

En juin 2010, Hassan, le petit-fils de Khomeiny a été chahuté par la foule rassemblée au mausolée du fondateur de la République islamique, à l'occasion du 21eme anniversaire de sa mort, selon les images de la télévision d'Etat. Voir l’article de Figaro

Les Iraniens plaisantent avec ces slogans en leur apportant des variantes, comme celui qui dit « La honte soit sur les deux Hassan, qu’il s’agisse de tel Hassan ou de tel autre Hassan ».

 

 

Hassan Khomeiny

 

 

 

 

Hassan Nasrallah


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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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