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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 21:23

 

 

L’Iran et le Hezbollah élèvent le niveau de leurs préparatifs de guerre en nommant un nouveau Commandant du front contre Israël. 

 

 

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

http://www.debka.com/article/9144/


DEBKAfile  Reportage exclusif 13 novembre 2010, 12:24 PM (GMT+02:00)

 

Tags:  Hashim Safi Al-Din      Hizballah    Iran    Israeli front 

 

 

 

Hashim Safi Al-Din: Nouveau Commandant du Hizballah pour la ligne de front contre Israël

 

Hassan Nasrallah, pour le Hezbollah, a tranquillement placé Hashim Safi Al-Din, son cousin et héritier désigné, au commandement du Sud-Liban et de sa frontière avec Israël, élevant ainsi un peu plus les préparatifs soutenus par l’Iran en vue d’une confrontation armée, selon les sources militaires exclusives de Debkafile. Cette semaine, Safi Al-Din a été rappelé de son poste à Téhéran, en tant que chef du cabinet de liaison du Hezbollah et en a immédiatement pris les rênes des mains du Sheikh Nabil Qouk, le Commandant de la guerre de 2006.

 

Nos sources du renseignement expliquent que cette nomination est le signe le plus inquiétant à prendre en considération quant au sérieux que l’Iran et le Hezbollah appliquent à leurs plans en vue d’une guerre prochaine avec Israël. Trois autres développements supplémentaires pointent dans cette direction :

 

1. Téhéran, Damas et Nasrallah observent avec nervosité l’horloge qui tourne, alors que le Tribunal Spécial pour le Liban –TSL- s’apprête à publier les actes d’accusation contre des responsables de haut rang du Hezbollah avant la fin de cette année ou au tout début janvier. Le Hezbollah a menacé de faire obstacle à leur extradition en s'emparant du Gouvernement libanais et de ses centres stratégiques. Cette action pourrait rapidement déclencher un embrasement à la frontière libano-israélienne, une conséquence que le dirigeant du Hezbollah a ardemment appelé de ses vœux, durant son dernier discours du jeudi 11 novembre.

 


Hurlant de sa voix la plus forte, Nasrallah a menacé de “trancher les mains de quiconque oserait accuser ou emprisonner des membres de la « gendarmerie du Hezbollah ». Il en est venu à vociférer : « nous attendons (avec impatience) le jour où ces actes d’accusation seront divulgués », fulminant dans le même souffle, « Nous sommes prêts pour toute guerre israélienne contre le Liban et nous serons une nouvelles fois victorieux, Inch’Allah. Quiconque pense que nous menacer à l’aide d’une nouvelle guerre israélienne nous effraie se trompe. Au contraire, quiconque parle d’une nouvelle guerre nous apporte une bonne nouvelle et ne nous menace pas ! »

 

 

2.  Téhéran perçoit celui qui a été désigné comme le nouveau Commandant pour le Sud-Liban, Hashim Safi Al-Din, comme étant son plus fidèle partisan au sein des cercles dirigeants du Hezbollah chi’ite libanais depuis qu’Imad Moughniyeh ait trépassé, il y a trois ans dans l’explosion de sa voiture à Damas. Safi Al-Din est, par conséquent, celui des dirigeants du Hezbollah qui dispose du plus grand capital de confiance pour faire ce que lui dit de faire l’Iran, dans le cadre d’une confrontation directe avec Israël.

 

 

L’Iran ne disposait pas de cette sorte d’obéissance aveugle durant la guerre de 2006 : Nasrallah a suivi sa propre inspiration, sans prendre en considération pour les instructions stratégiques et militaires en provenance de Téhéran. Par exemple, il a ordonné que les villes et villages israéliens soient bombardés sans répit, au rythme de 500 roquettes par jour, alors que les experts iraniens voulaient que les tirs de roquettes soient concentrés sur les troupes israéliennes prêtes à entrer au Liban. Pour rassurer ses parrains iraniens, Nasrallah avait alors nommé Imad Moughniyeh comme commandant en chef pour cette guerre, en plein milieu des combats.


Mais Téhéran ne veut donner aucune autre occasion d’insubordination de la part de son supplétif. Nasrallah sera remis dans la ligne par un serviteur zélé de l’Iran à la position-clé de commandement du Sud-Liban et ainsi l’Iran gardera le contrôle de toute future confrontation avec Israël dès le premier coup d’envoi.

 

3.  En même temps, la désignation de son propre cousin confirme Hassan Nasrallah comme étant l’homme fort du Hezbollah, capable de mener à terme l’ambition que Téhéran et Damas chérissent plus que tout, celle d’établir leur homme à Beyrouth comme patron du Liban.

 

Hashim Safi Al-Din jouit aussi de l’entière confiance de Nasrallah. Qui plus est, ils se ressemblent également de façon remarquable. Debkafile avait révélé dans un reportage exclusif en 2007 que Nasrallah utilisait son cousin comme sosie pour semer en chemin d’éventuels candidats à son assassinat. Leur ressemblance est suffisamment forte pour qu’elle parvienne même à jeter la confusion parmi des membres avertis du Hezbollah.

 

Avec la nomination de Safi Al-Din au commandement pour le Sud-Liban, Téhéran a déployé sa troïka pour lancer la prochaine guerre avec Israël en son nom : Nasrallah, son cousin et leur contrôleur [superviseur] direct, le propre officier responsable des brigades al-Qods pour l’Iran, le Général Hossein Mahadavi. 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 18:26

 

 

Iran : Le Nigeria accuse Téhéran de violer l’embargo sur les armes après la saisie d’une cargaison à Abuja
vendredi 12 novembre 2010 - 17h37

Logo MédiArabe.Info

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchahr Mottaki, a rencontré, le 11 novembre à Abuja, son homologue nigérian Odein Ajumogobia. Selon la télévision « Al Arabiya », le ministre iranien devait clarifier la position de son pays, accusé d’avoir violé l’embargo onusien sur les armes après la saisie, en juillet dernier, d’une cargaison d’armes à Lagos, en provenance d’Iran.

Rappelons que l’Iran tente d’étendre son influence en Afrique de l’Ouest, où la présence massive de Chiites libanais (proches du Hezbollah) favorise la chiitisation grâce à l’injection d’argent frais. La République islamique d’Iran consacre en effet un important budget à l’exportation de la révolution de Khomeïny.

Le Nigeria se dit prêt à saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies après la découverte d’une cargaison illégale d’armes et de munitions dans le port de Lagos, en provenance d’Iran, a précisé un ministre nigérian. Cette suspicion est d’autant plus forte que l’un des suspects impliqués dans le trafic d’arme est un Iranien qui s’est réfugié dans l’ambassade d’Iran.

© Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 17:01

 

 

 

Dossier Menace iranienne

 

 

BRUXELLES, 10 novembre - RIA Novosti

Deux entreprises belges, dont les noms ne sont pas divulgués, ont vendu à l'Iran des produits nucléaires susceptibles d'être utilisés pour la fabrication d'armes, rapportent mercredi les médias belges.

Le ministre belge de l'Energie Paul Magnette a confirmé le fait, ajoutant que les livraisons ne disposaient pas de permis nécessaires.

Les entreprises concernées ont livré à l'Iran de l'uranium appauvri et du zirconium qui peut également servir à la fabrication de bombes classiques.

Les plaintes contre les entreprises ont déjà été déposées, indiquent les médias.

 

Du matériel nucléaire belge exporté illégalement en Iran

M.Bu. et X.Du

lalibre.be

Deux plaintes ont été déposées, annonce le ministre Paul Magnette.

Il suffit parfois d’une simple question orale à la Chambre pour lever un beau lièvre. C’est ce qu’a fait, mardi en commission de l’économie, le député Kristof Calvo (Groen !) en demandant au ministre du Climat et de l’Energie, Paul Magnette (PS), si, "au cours des cinq dernières années, des infractions avaient été constatées concernant l’application de la loi du 9 février 1981", c’est-à-dire, en clair, si des entreprises belges avaient contourné la procédure en vigueur lorsqu’il s’agit d’exporter du matériel nucléaire susceptible d’être utilisé à des fins militaires vers un pays "sensible".

La réponse du ministre nous informe qu’en effet, deux plaintes ont été déposées à cet égard devant les instances judiciaires. La première pour l’exportation de poudre de zirconium vers l’Iran en 2008 et l’autre pour l’exportation d’uranium appauvri vers l’Iran également, sans autre précision de date. Aucune information n’a été apportée sur l’identité des sociétés incriminées, même s’il apparaît qu’elles seraient toutes les deux situées sur le territoire flamand.

Dans le premier cas, la plainte s’appuie sur l’article 1 de la loi, précise le ministre. Or, ce point de droit impose à toute entreprise qui veut transférer du matériel nucléaire vers un pays qui n’a pas d’armes nucléaires de disposer d’une autorisation préalable, délivrée par le ministre fédéral de l’Energie, et ce, après avoir soumis son dossier à la Commission d’avis pour la non-prolifération des armes nucléaires (Canpan).

Pour ce qui est de l’uranium appauvri, c’est l’article 5 de l’arrêté royal du 12 mai 1989 qui n’aurait pas été respecté. Cet article impose à l’exportateur, lorsqu’il s’agit de matériel nucléaire non soumis à autorisation, de néanmoins informer la Canpan de son projet au moyen d’un formulaire ad hoc, ce qui n’aurait donc pas été fait en l’occurrence.

L’affaire interpelle. Car, dans les deux cas, il s’agit a priori de matériel à double usage, à savoir civil ou militaire. Or, en Iran, on sait combien les autorités de ce pays entretiennent la confusion entre le nucléaire civil, destiné à produire de l’électricité, et militaire, à savoir la bombe atomique. La poudre de zirconium peut en effet être utilisée dans la fabrication des gaines de combustible nucléaire, et ce, dans les deux filières.

Pour l’uranium appauvri, c’est moins clair, même si certains n’hésitent pas à y voir également un matériel qui pourrait être enrichi pour retrouver des propriétés qui l’amèneraient à permettre un usage fissile. Mais, de manière générale, l’uranium appauvri est plutôt prisé dans la fabrication d’armes conventionnelles, car il apporte aux munitions, grâce à sa très forte masse, une grande capacité de perforation des blindages.

 

Ce n’est pas la première fois qu’une exportation "délicate" de matériel nucléaire pose problème en Belgique. En septembre 1999, un incident identique s’était même mué en véritable crise politique au sein de la majorité arc-en-ciel. Quatre jours après sa désignation comme secrétaire d’Etat à l’Energie, Olivier Deleuze(Ecolo) avait décidé de revenir sur une décision prise par son prédécesseur, le PSC Jean-Pol Poncelet et validée par Elio Di Rupo (PS) en suspendant une licence à l’exportation accordée à l’entreprise Alstom pour une vente au Pakistande matériel électronique lié au nucléaire et considéré comme à double usage. La mésentente de l’équipe Verhofstadt sur ce contrat pourtant mince - 60 millions de francs belges - avait tourné au psychodrame, lequel avait finalement trouvé son issue dans un compromis jugé alors habile, la licence étant octroyée moyennant une foultitude de conditions dans lesquelles chacun trouvait son compte. Olivier Deleuze y avait toutefois perdu des plumes, la compétence lui ayant été retirée au profit de ministre des Affaires étrangères, Louis Michel.

Certes, on n’en est pas là, mais il est peu de dire que les choses ne resteront pas en l’état

M.Bu. et X.Du.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 22:05

 

 

Obama se Dégonfle Devant l'Iran Nucléaire

 

Par David Ignatius, éditorialiste au Washington Post

WPost du 7/11/10

Traduit par Albert Soued, http://soued.chez.com  pour www.nuitdorient.com

 

Alors que les yeux des Américains étaient fixés sur les élections de mi-mandat, l'âpre conflit entre les Etats-Unis et l'Iran se poursuit pour l'hégémonie au Moyen Orient.

Les scènes importantes du jeu sont l'Irak et le Liban, là ou l'Iran, à travers ses mandataires, a poussé ses pions pour le contrôle politique. L'Amérique et ses alliés ont résisté – parfois faiblement, mais suffisamment pour freiner l'avance iranienne. Aussi bien à Bagdad qu'à Beyrouth, la guerre à travers des intermédiaires mandataires va s'amplifier dans les semaines à venir.

L'administration Obama espère que ces joutes seront le prélude à des négociations sérieuses sur les limites du programme nucléaire de l'Iran. Selon cette administration, les Iraniens sont étouffés par les sanctions de l'Onu, et ils ripostent en Irak et au Liban pour montrer qu'ils ont encore la main.

D'une façon répétée, la Maison Blanche a signalé à l'Iran qu'elle souhaitait une solution pacifique du problème du nucléaire. En retour, les signaux étaient pour le moins ambigus, comme d'habitude, mais les Iraniens ont déclaré qu'ils étaient prêts à une rencontre avec Washington et ses alliés, ce mois-ci, peut-être à Vienne.

Les signes alléchants que l'Iran veut négocier sont les contacts avec Esfandiar Rahim-Mashaei, un conseiller-clé du président M Ahmedinejad. Un autre conseiller est venu à une rencontre organisée par les Etats-Unis à Rome le 18/10 sur la stabilisation de l'Afghanistan. A travers divers intermédiaires, les Etats-Unis ont indiqué qu'ils accepteraient des négociations par étapes qui ont commencé par un compromis turc pour alimenter le Réacteur de Recherche de Téhéran, puis se sont étendus à tout le programme nucléaire iranien

Ce petit jeu qui ressemble plutôt à une "dégonflade" sur le nucléaire dure déjà depuis près d'une décennie, et il y a peu de signes réels que les Iraniens soient plus sérieux aujourd'hui qu'hier. En attendant, leur conquête du pouvoir continue vers Bagdad et Beyrouth.

La résistance américaine à Téhéran a été une stratégie du type "laisser faire jusqu'à ce que l'ennemi s'épuise de lui-même", avec des alliés recevant les coups des Iraniens, alors que Washington marchandait un compromis – attendant que l'Iran s'enferre. L'espoir américain –selon Ryan Crocker, ex-ambassadeur – est que l'influence Iranienne de délite d'elle-même, et que "plus les Iraniens poussent leurs pions, plus ils rencontreront de résistance!"

 

En Irak, cela fait plus de 7 mois que les élections parlementaires ont eu lieu, sans qu'un nouveau gouvernement puisse être formé. Iran a mis tout son poids derrière le désir du 1er ministre Nouri al Maliki de rester au pouvoir (malgré qu'il n'ait pas de majorité pour gouverner). L'Iran aurait créé un force spéciale chargée de "convaincre" les factions à Bagdad et il aurait supprimé les subventions aux partis shiites qui ne veulent plus de Maliki. Aussi étrange que cela puisse paraître, les Etats-Unis ont soutenu tacitement la quête de pouvoir de Maliki, mais Washington a insisté pour que la parti Irakiya, de l'ex-1er ministre Ayad Allawi, soutenu par la communauté sunnite du pays, puisse être inclus dans la coalition qui va gouverner. Massoud Barzani, le chef kurde et faiseur de roi dans ces négociations, soutient cette demande américaine. Certains Irakiens craignent que l'Iran ne prévoie une campagne de représailles. La semaine dernière, une source m'a envoyé un soi-disant rapport du renseignement Irakien disant que des "officiers du renseignement prévoyaient d'assassiner en 2 phases d'anciens membres du parti Baath et d'anciens officiers de l'armée et de l'Agence de renseignement".

 

La guerre par intermédiaire au Liban est aussi féroce. Le Hezbollah, la milice shiite créée par l'Iran, fulmine contre le Tribunal International qui prépare la condamnation de certains de ses membres le mois prochain, pour le meurtre de l'ex-1er ministre du Liban Rafik Hariri en 2005. Washington a organisé une coalition comprenant la Russie, pour soutenir les conclusions de ce tribunal. Si des inculpations sont émises, le Hezbollah cherchera à renverser le gouvernement Libanais, créant une nouvelle confrontation. Les réactions des Etats-Unis et d'Israël ne sont pas claires, mais leurs options restent limitées. La semaine dernière, un Ahmedinejad en colère a accusé la Russie de tout vendre à "Satan" en soutenant ces sanctions et en annulant une vente prévue de missiles anti aériens S-300.

 

L'administration Obama espère qu'un Iran isolé chercherait un compromis sur le dossier nucléaire. Mais comme l'a dit  Karim Sadjadpour dans Foreign Policy ce régime qui a le "complexe de la victime" a besoin de l'Amérique comme ennemi, aujourd'hui plus que jamais. Il est logique que cette administration explore toute zone de compromis raisonnable, mais les guerres par mandataires en Irak et au Liban montrent que l'Iran veut marchander en position de force, aussi. Après l'excitation des élections de mi-mandat, le président Obama doit rapidement tester l'Iran et découvrir s'il veut vraiment un accord ou juste tuer le temps.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 11:11

 

ANALYSE-A-LA-UNE

 

ECOUTER ICI-copie-1

Petite nocturne d'Aschkel!

 

Imad Moughniyeh à la place du mort face au Tribunal Spécial pour le Liban

 

 

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

C’est donc un avion sans ailes et sans pilote qui, si l’on se fie aux « fuites » du Wall-Street journal, devrait été conduit devant le Tribunal Spécial pour le Liban, à partir de courant décembre. L'un des principaux inculpés serait déjà passé en jugement devant son Créateur, puisqu’il s’agirait d’Imad Moughniyeh :

 

l’architerroriste courait comme le vent, des baraquements américains et du Drakkar à Beyrouth en 1983, en passant par Buenos-Aires en 1992 et 1994, jusqu’ à la supervision des milices chi’ites irakiennes et quelques trucs de métier pour Ben-Laden, avant d’être stoppé par un appui-tête détonnant, au volant de son 4X4 Pajero Toyota, le 12 février 2008. Comme quoi, on ne peut vraiment se reposer sur rien ni personne.


D’où, bien entendu, on voit légitimement pointer la question à 50 000 $ de la politisation du Tribunal Spécial, consistant à faire porter le chapeau à un guerrier de l’ombre sans tête, ayant précipitamment rejoint les enfers, victime, selon la rumeur qui court toujours, des artificiers très spéciaux d’une puissance régionale très discrète sur ses modes opératoires.


On sait qu’il y a encore peu, le fils du défunt Premier Ministre, Saad Hariri se fendait, en dernier recours, de cette ligne de compromis auprès du Secrétaire général de cette milice terroriste, le Hezbollah : en accusant un mort, et en le traitant comme un dissident extrémiste du mouvement, ainsi que quelques-uns de ses acolytes putschistes, celui-ci pouvait encore conserver presque intacte son image toute en Libanité et éviter d’être accusé de comploter contre la sécurité de l’Etat libanais. Hassan Nasrallah, directeur général de cette agence de communication iranienne, bien entendu, ne s’en laissait pas conter. Le marché de dupes, en effet, n’avait rien pour arranger ses affaires :


accusé d’avoir couvert des exécutions commanditées par l’Iran et la Syrie -même si celle-ci s’en sort à bon compte, en prétendant que le groupe qu’elle nourrit jour après jour depuis son aéroport de Damas échapperait à son contrôle- il perdrait le vernis d’impunité qui le fait exister à Beyrouth, à coups de menaces permanentes de coup d’état-7 mai 2008- ou pire encore, d’actions attentatoires un peu partout sur la planète.


C’est qu’avec la mort du planificateur de bien des coups tordus depuis les débuts du mouvement et coordinateur de la partie immergée de l’iceberg du Jihad mondial, le Hezbollah a perdu gros. Même en laissant la culpabilité sur les épaules rentrées de Moughniyeh, le Hezbollah a un besoin vital de faire peur, à l’interne comme à l’externe. Ce faisant, il est en train de fournir tous les éléments suffisants et nécessaires à l’opinion publique mondiale, utiles à la démonstration qu’il n’a de « libanais » que le nom pour la galerie et qu’il ne saurait avoir qu’une fonction « politique » dans le cadre des institutions du pays du Cèdre. La proposition d’Hariri Junior vise, en effet, à réduire son influence à un rôle d’apparat, en tentant de le neutraliser chaque fois qu’il aurait recours à des méthodes peu avouables.


Sur le plan factuel, il serait plus que douteux que le chef militaire du bras armé de l’Iran, Moughniyeh, alors en pleine possession de ses moyens, n’ait, étrangement, été pour rien dans l’élaboration et la mise en œuvre de l’attentat de grande envergure qui a emporté Rafik Hariri. Comme semblent le démontrer les expertises menées à ce jour, le modus operandi dévastateur équivaut presque à une signature. 22 autres personnes ont suivi l’ex-Premier Ministre dans la mort, lors d’explosions multiples laissant un cratère béant sous le convoi blindé. On savait l’esprit de ce tueur assez « dérangé », voire il était décrit comme un parfait sadique entrant en transe à la seule idée d’une action prochaine. Si le procès risque de se focaliser sur cette personnalité, il ne sera pas le seul inculpé. Une liste de 9 hauts-responsables du Hezbollah s’est réduite à 6, mais non des moindres, et encore frais comme des gardons, ceux-là.


Le principal co-accusé serait le propre beau-frère de l’archi-terroriste, précisément candidat à sa succession : Mustapha Badreddine. D’après le Wall Street journal, il serait bien le principal coupable, comme si, dans le cadre de ce remplacement potentiel, le mouvement terroriste avait voulu le tester en lui confiant cette mission. Ainsi le « fantôme », tel qu’on désignait Moughniyeh de son vivant –et de ce point de vue, rien n’a changé- lui ferait moins d’ombre et il passerait en pôle position, au moins devant le Tribunal spécial. Ce qui est déjà une promotion. On comprend donc que, pour autant que les procédures aboutissent et se concluent ou non par des arrestations effectives, elles visent bien le système incestueux de reproduction et de prolifération du Hezbollah, et ne se contentent de délivrer des brevets de terrorisme à titre posthume.


Malgré son surarmement, la milice chi’ite en est, actuellement, réduite à perpétrer sa guerre psychologique contre le gouvernement et la population libanaise, parfois même contre des agents du Tribunal, comme récemment, lors d’un incident conduit par des femmes dans une clinique de Dahiyeh, au sud de Beyrouth sous son contrôle. Un exercice de grande ampleur, fin octobre consistait à simuler une prise en mains du pays tout entier, de nature aussi « non-violente » et « pacifique » que le nucléaire iranien. Tous les experts s’accordent à penser qu’une telle mainmise ne pourrait pas se réaliser sans coup férir, ne serait-ce que parce qu’une milice sunnite ou chrétienne adverse, ou tout simplement, les gardes de tel bâtiment officiel, ne pourraient pas laisser faire sans réagir. Si les principaux responsables libanais se trouvaient encerclés et dans l’incapacité de trouver refuge, leur marge de manœuvre réduite à néant, il est plus que probable qu’un navire de guerre américain, si ce n’est plusieurs, serai(en)t contraint(s) de mouiller au large jusqu’au dénouement d’une telle crise. Si Arafat, en 1982 bénéficiait de la bienveillance de la France, il est peu probable qu'aucun occidental vienne au secours de Nasrallah. Israël pourrait alors considérer qu’il n’y a plus d’Etat légitime au Liban, excepté le Hezbollah, et décréter l’état de guerre. Sachant que les principaux sites syriens stockent des tonnes d’armes à son intention, il pourrait alors être tout-à-fait avisé d’opter pour des frappes préventives, privant l’armée supplétive iranienne à Beyrouth de tout recours logistique, de façon à venir l’encercler et la hacher menu au grand soulagement, malgré les cris d’orfraie habituels, de la « Communauté Internationale ».


La politique de communication du Hezbollah, sa principale mission au Liban est, aujourd’hui, plus que compromise. Elle se trouve, en effet, à deux doigts de déclarer la guerre au Liban souverain et, dans la foulée, à la Communauté internationale –même si celle-ci ne réagit pas- pour s’opposer à la Justice des Nations. S’il lui prenait de se comporter de telle sorte, elle anéantirait le mythe de « la Résistance » armée contre Israël, mais endosserait, au contraire, l’attitude de l’état putschiste iranien, qui n’a pas besoin de cela, depuis juillet 2009 pour redorer son blason respectueux des institutions et des suffrages. Elle ferait de l’armée israélienne, tapie à la frontière, un recours possible de rétablissement de l’ordre et de l’honneur perdu des Organisations internationales et américaines dans la région, même si c’est à contrecœur pour bien des Etats européens critiques voire violemment antisionistes, dans le monde arabe.


A cette heure, la milice terroriste se trouve prise à son propre piège, sans latitude pour réagir. Quoi qu’elle fasse, elle ne stoppera pas le processus de mise en examen de quelques-uns de ses cadres les plus influents. Même s’ils s’enfuient vers l’Iran ou s’y trouvent déjà, c’est encore un aveu d’allégeance totale et de retour à sa terre d’origine et de refuge. Comme si le diable rentrait dans sa boîte. Avec l’agitation militaire autour de l’Iran, le poids pressurant des sanctions, il reste, entre les mains de Téhéran, le chantage à l’élection d’un Premier Ministre irakien qui lui soit favorable. C’est, en tout cas, la première fois que sa principale force de frappe psychologique au Moyen-Orient, son poste avancé en Méditerranée, s’enfonce à ce point dans le malaise et la perte de crédibilité. Cela ne signifie pas, non plus, que le Liban se réveillera souverain de ce cauchemar, ni que la région en sera quitte d’une dégradation généralisée, à mesure que les menaces se précisent. Au moindre court-circuit la poudrière explosera.


 Le chaos actuel en Irak semble bien être le tableau expressionniste de ce sol qui se dérobe sous les pieds de l’Iran, à mesure qu’il croit infliger sa gouverne à l’ensemble du Moyen-Orient et n'impose jamais que la mort à tout ce qu'il touche. La perte de Moughniyeh signifie bien l’équivalence entre terrorisme de la pire engeance et les prétentions à la « lutte armée contre Israël ». Si ce message n’est pas prêt de passer dans les consciences et opinions mondiales, il se peut, néanmoins que toutes les tentatives de délégitimation de l’Etat hébreu ne soient jamais sans retour de flammes et qu’à jouer à ce jeu, même à force de nier les réalités factuelles, celles-ci reviennent toujours en boomerang. 


Nasrallah n'a aucun intérêt à donner le "beau rôle" à Israël en mettant ses menaces de coup d'état à exécution. Mais le désespoir de cause et la colère sont mauvaises conseillères.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 08:57

 

 

 

Obama renforce la pression militaire sur l’Iran de façon ostentatoire


DEBKAfile  Reportage spécial 7  Novembre 2010, 8:21 AM (GMT+02:00)

Tags:  Obama      Iran nuclear    Charles de Gaulle carrier    Sen. Lindsey Graham 

 

 

http://www.debka.com/article/9132/

 

 

Adapté par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

Le porte-avions français Charles de Gaulle mouille au large de l’ Iran

 

 

Les sources militaires de Debkafile à Washington rapportent qu’avant de partir pour l’Asie, samedi 6 novembre, le Président Barack Obama a donné l’ordre au Pentagone, non seulement d’étoffer la pression militaire des Etats-Unis et de l’OTAN sur l’Iran, mais de le faire de façon aussi ostensible que possible. Lors d’une consultation extraordinaire à la Maison Blanche, la semaine passée, Obama a déclaré qu’il était temps d’affirmer l’option militaire de l’Amérique contre la menace nucléaire iranienne, de façon visible et tangible, sous le nez des décideurs politiques et militaires iraniens. Durant les derniers jours, trois porte-avions, quatre sous-marins nucléaires et des unités marines d’assaut sont venus consolider les forces juste en face des côtes iraniennes.

 

Tôt ce dimanche (7 novembre), l’influent Sénateur Lindsey Graham (Républicain, Caroline du Sud), membre des Commissions des forces armées et de la Défense du territoire, a déclaré : “Les Etats-Unis devraient envisager de couler la marine iranienne, de détruire son aviation militaire et de lancer une attaque décisive contre les Gardiens de la Révolution ». Dans un discours adressé au Forum International sur la Sécurité à Halifax, il a ajouté : « Nous devrions neutraliser le régime, détruire sa capacité de réplique et espérer que les Iraniens saisiront l’opportunité de renverser leur gouvernement ».


Nos sources à Washington confient que les paroles du Sénateur Lindsey ont été coordonnées avec la Maison Blanche et le Pentagone afin de souligner la position actuelle de l’Administration.


S’exprimant devant le même forum, le Ministre de la Défense israélien Ehud Barak s’est montré pessimiste au sujet des négociations diplomatiques visant à stopper la recherche d’armes nucléaires par l’Iran. « Si on se fie à l’expérience acquise et en s’appuyant sur l’exemple qu’ils (les Iraniens) sont en train de suivre, qui est très probablement l’exemple nord-coréen, on peut aisément constater… que l’objectif est de défier, tromper et dissuader le monde entier », a-t-il dit.

 

Ce même samedi, le Washinton Post a averti que les tensions au Moyen-Orient allaient croître de façon dramatique dans les semaines à venir. « Alors que les yeux de l’Amérique étaient rivés sur les élections de mi-mandat, un âpre conflit s’est poursuivi entre les Etats-Unis et l’Iran pour imposer son influence au Moyen-Orient. L’Iran a mis tout son poids derrière la tentative du Premier Ministre Nouri al-Maliki de rester au pouvoir et on dit qu’il a créé des forces spéciales à Bagdad pour faire pression sur les factions irakiennes. On dit aussi que l’Iran a, purement et simplement, coupé les subsides aux partis chi’ites qui refusent de soutenir al-Maliki.

 

Après le raz-de-marée des élections, le Président Obama doit maintenant se tourner vers les résultats de ce test – et découvrir si l’Iran veut vraiment entreprendre des négociations pour parvenir à un accord ou simplement tuer le [gagner du] temps »

 

Pendant ce temps, la force de frappe du porte-avions français Charles de Gaulle a rejoint l’USS Abraham Lincoln et l’USS Harry Truman et leurs propres forces de frappe dans le Golfe persique.

Trois jours plus tôt, jeudi, Téhéran a diffusé un communiqué inhabituel signalant qu’un quatrième sous-marin nucléaire était venu se stationner face aux côtes iraniennes, sans fournir de plus amples informations.

 

Commentaire : le quiproquo, qui serait en train de s'installer entre les déclarations officielles de Benyamin Netanyahou et le Chargé de la Défense aux Etats-Unis, Robet Gates, mériterait de plus amples développements ultérieurs. Il serait implicitement reproché au Premier Ministre Israélien de claironner trop fort "qu'il serait grand temps", au même titre, dira t-on que le Sénateur de Caroline du Sud, Lindsay. Alors que l'Administration américaine prendrait le temps, d'une part de placer ses pions pour un encerclement plus conséquent, et d'autre part, de "laisser une chance aux négociations", coup d'épée dans l'eau quasi-assuré. Ce qui reste contradictoire avec la notion que ce renforcement se fasse de façon "ostentatoire" (?).

 

Au titre de la politique intérieure américaine, l'alliance serait trop perceptible entre les intérêts nationaux bien compris de la branche républicaine et l'exultation soudaine de Bibi Netanyahou. Ce n'est, peut-être, pas le moment de vexer l'Administration qui se résout à son sort.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 22:31

 

 

 

Dossier Menace iranienne

 A LIRE notre éditorial >Si le Hezbollah est inculpé en décembre, l’indulgence de l’Amérique et de la France envers le voyou syrien pourrait bien coûter une guerre.

La communauté internationale condamne le Hezbollah, 
l'Iran et la Syrie  

theisraelproject

  • L'enquête de l'ONU devrait nommer des officiels syriens et du Hezbollah dans le meurtre de Rafiq Al-Hariri 
  • Les partisans du Hezbollah agressent les enquêteurs de l'ONU 
  • Les États-Unis et l'ONU accusent l'Iran, la Syrie et le Hezbollah de déstabiliser le Liban
 

 

Jérusalem, le 31 octobre – L'ONU devrait publier d'une manière imminente les conclusions de son enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais en 2005, Rafiq Al-Hariri. Des journaux régionaux ont spéculé pendant des mois sur le fait que des officiels syriens et des membres du Hezbollah pourraient être désignés comme suspects.

À l'approche de la publication, le Hezbollah a été impliqué dans une série d'incidents et a fait l'objet d'une condamnation internationale.

Nous savons qu'au Liban vous avez des milices qui sont lourdement armées et ce, de plus en plus. Cela crée une situation extrêmement dangereuse, " a dit l'envoyé spécial de l'ONU au Liban, Terje Roed-Larsen, dans le cadre d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, le 28 octobre.  

La situation au Liban est " le problème le plus critique en ce qui concerne la paix internationale et la sécurité aujourd'hui, " a averti Terje Roed-Larsen.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a été plus loin que la diplomatie de l'ONU en désignant le Hezbollah et en soulignant son lien avec la Syrie et l'Iran.  

La Syrie continue à fournir des armes de plus en plus perfectionnées aux milices libanaises, malgré la Résolution 1680, qui demande à la Syrie de prendre des mesures contre la circulation des armes dans le territoire libanais, " a-t-elle dit à des journalistes le 28 octobre.

Le Hezbollah reste la milice libanaise la plus importante et la plus armée. Il n'aurait pas pu le faire sans l'aide de la Syrie et la facilité des armes iraniennes et syriennes, " dans le cadre d'une réunion à huis clos a-t-elle dit.

Susan Rice a accusé la Syrie de s'ingérer dans les affaires internes libanaises et a dit que le Hezbollah aspirait à un contrôle politique de plus en plus important sans avoir à rendre des comptes.

Pendant ce temps, le tribunal spécial de l'ONU pour le Liban a critiqué le Hezbollah pour " sa tentative délibérée de faire obstruction à la justice. "  

Le 28 octobre, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a demandé le boycott au cours d'un discours télévisé.  

La chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar a cité Hassan Nasrallah déclarant : "Son éminence a averti que la coopération avec ces enquêteurs revenait à faciliter leur mission et à attaquer la résistance. "

Le discours de Hassan Nasrallah a succédé à une attaque par les partisans, hommes et femmes, du Hezbollah sur des enquêteurs de l'ONU dans une structure médicale à Beyrouth. Les deux hommes essayaient de réunir des preuves pour l'enquête sur l'assassinat de Rafiq Al-Hariri lorsqu'ils ont été agressés

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 18:55

 

http://iran.blog.lemonde.fr/2010/11/06/nicolas-sarkozy-carla-bruni-et-bernard-henri-levy-attaques-par-un-quotidien-iranien/

06 novembre 2010

carla_bruni_et_nicolas_sarkozy_reference.1289027296.jpg20080822bhlinside.1289026900.jpg

Deux mois après s’en être pris à la première dame de France, le quotidien ultraconservateur iranien Keyhan revient à la charge en attaquant à nouveau, avec une violence extrême, Carla Bruni, mais également son mari, le président français Nicolas Sarkozy, ainsi que le philosophe Bernard-Henri Levy, en raison de leur soutien affiché envers l’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, qui a échappé cette semaine à la pendaison grâce à une mobilisation internationale sans précédent.

“Le président français laisse soudain parler son honneur et prévient : prenez garde au jour où Mme… perd un cheveu !”, écrit tout d’abord le quotidien ultraconservateurdans son édition d’aujourdhui. Puis: “Ne vous trompez pas ! Nicolas Sarkozy n’a pas laissé parler son honneur en ce qui concerne sa troisième femme Carla Bruni mais uniquement lorsqu’il a reçu l’information de la possible exécution de Sakineh M. A”.

Le philosophe français Bernard Henri Levy a assuré mercredi que le président de la République avait joué “un rôle très important (…) dans ce nouveau sursis apporté à Sakineh”, ajoutant que Nicolas Sarkozy avait “fait savoir aux autorités iraniennes qu’il faisait de l’affaire Sakineh une affaire personnelle. Et que si l’on touchait, ce sont ses mots dans la conversation que nous avons eue hier soir, à un cheveu de Sakineh, cela interromprait ipso-facto tous les dialogues aujourd’hui en cours. Ce message est passé directement et il semblerait qu’il ait été entendu”.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a affirmé le même jour, dans une conversation téléphonique rapportée par son homologue français Bernard Kouchner, que “le verdict final(concernant Sakineh) n’avait pas été prononcé par la justice iranienne et que les informations concernant son éventuelle exécution ne correspondaient pas à la réalité”. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé, quant à lui, “l’insolence des Occidentaux qui ont transformé le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, qui a commis des crimes et qui a trahi (son mari), en une affaire de droits de l’Homme”. Ils tentent d’utiliser un simple dossier (de droit commun) comme un moyen de pression contre l’Iran”.

Pourtant, selon les informations concordantes reçues par “Dentelles et tchador”, une lettre de la Cour suprême iranienne contenant le nom de Sakineh et demandant son exécution au plus vite, a bel et bien été envoyée à la branche d’application des peines de la prison de Tabriz. Le quotidien ultraconservateur poursuit alors :“Sakineh M est cette personne qui s’est rendue coupable de relation illégale et d’adultère, qui en plus de ses trahisons a participé au meurtre de son mari”.

Il est nécessaire de rappeler que selon les documents fournis par Javid Houtan Kian, l’avocat de Sakineh aujourd’hui emprisonné et torturé à Tabriz (nord-ouest de l’Iran) depuis le 10 octobre dernier en compagnie de Sajjad Ghaderzadeh, le fils de Sakineh, l’Iranienne a été innocentée en septembre 2006 de l’accusation de complicité de meurtre qui pesait sur elle par le Tribunal de la province d’Oskou. C’est lors de ce procès que le dossier d’adultère de Sakineh Mohammadi Ashtiani a alors été réouvert, et qu’elle a été condamnée à la lapidation pour “relation illégale”uniquement. Une décision sans fondement selon le droit pénal iranien lui-même, l’Iranienne ayant déjà reçu 99 coups de fouet en mai de la même année pour la même accusation sur la base d’aucune preuve ni témoignage, et une même personne ne pouvant être condamnée deux fois pour la même raison. À noter, par ailleurs, que Issa Tahéri, l’homme qui a été reconnu coupable du meurtre du mari de Sakineh, ayant été pardonné par le fils de celle-ci, il demeure aujourd’hui libre.

image1283417818.1289027689.jpgEt c’est au tour du philosophe français de subir les foudres deKeyhan : 

“Maintenant, (parlons des) programmes de Henry Levy, le philosophe sioniste français, intellectuel bénéficiant del’attention des Juifs de France qui, selon les médias de ce pays, lorsqu’Israël a attaqué Gaza, était assis sur les chars sionistes jusqu’à ce qu’il soit témoin de la victoire de l’Occident! Les sionistes, durant cette guerre, ont bombardé Gaza pendant 22 jours et ont tué 1400 personnes qui étaient en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées”.

Bernard-Henri Levy a été l’une des premières personnes en Europe à s’indigner en juillet dernier de la condamnation à la lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtianiet a contribué à la vaste campagne de mobilisation internationale visant à la sauver. C’est lui qui est notamment à l’origine de la pétition internationale en faveur de Sakineh lancée sur le site La Règle du Jeu, en collaboration avec le quotidienLibération et le magazine Elle.

Mais c’est une nouvelle fois Carla Bruni, auteur de la première lettre de soutien à Sakineh, publiée le 24 juillet 2010 sur le site La Règle du jeu (dont Bernard-Henri Levy est le directeur), qui va être insultée par Keyhan:

“La publication de l’information selon laquelle Sarkozy a laissé parler son honneur au sujet d’une femme meurtrière et infidèle en Iran se produit alors que, selon les informations, celui-ci demeurerait fort mécontent et en colère vis à vis de sa troisième femme, Carla Bruni, car elle ne lui est pas restée fidèle et poursuit ses vaste activités immorales. C’est pour cette raison qu’il se dit que même si Bruni perd la vie, non seulement cela n’attristera pas Sarkozy, mais cela le rendra également heureux. Sarkozy, après avoir trompé ses deux anciennes femmes et avoir divorcé d’elles, s’est marié avec l’Italienne Bruni qui avec ses trahisons l’a dépassé dans ce domaine”.

Étonnamment, le quotidien Keyhan, qui qualifie les déclarations du président français rapportées par Bernard-Henri Levy, de “menaces comiques et ridicules” conclut en citant des commentaires pour le moins hostile à Sarkozy, mais aussi au Régime iranien, de la part des “utilisateurs du site contre-révolutionnaire Balatarin“, un des sites d’information officieux les plus populaires en Iran:

“Ils ont souhaité que l’info du coup de téléphone soit révélée à travers Bernard-Henri Levy. (…)Mais la République islamique n’a-t-elle pas commis peu d’exécutions de ce genre durant ces 31 dernières années ? (ironique) L’Occident a-t-il fait quelque chose ? Rien ! Tout ceci n’est que slogans ! En outre, quel dialogue existe-t-il avec l’Iran pour qu’il soit annulé ou non ? Un seul de ses cheveux ? Même s’ils rendent Sakineh chauve, ils ne montreront aucune réaction. (…) Oui, c’est comme cet assassin qu’ils ont envoyé en Iran (…) Sale menteur ! Que Sarkozy s’explique d’abord sur la libération de l’assassin de Bakhtiar (Shapour Bakhtiar, ancien Premier ministre iranien assassiné en France) qu’ils ont envoyé en Iran !(…) Quelles absurdités raconte-t-il ce Sarkozy ! Si les droits de l’Homme lui importaient tant, il n’aurait pas expulsé les Roms de France. (…) Mais que quelqu’un lui dise : cher oncle (…) en ne faisant que parler, rien ne change”.

iranhosseinshariatmadri-thumb-394x4501283416574.1289026647.jpgLe quotidien ultraconservateur Kayhan, sous le contrôle direct du cabinet du guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, est considéré comme le plus conservateur des journaux iraniens. Il est sous la direction de Hossein Shariatmadari, fervent supporter de Mahmoud Ahmadinejad, et proche Conseiller du Guide suprême qui l’a nommé à ce poste. Il cultiverait de nombreux liens avec les Renseignements iraniens. C’est lui, directeur du quotidien, qui signe les éditoriaux, suivant les positions du Guide suprême.

Sa spécialité, les accusations toutes faites et retentissantes, comme la dénonciation obsessionnelle de liens avec l’Occident, l’Amérique, Israël, et les “Monafeqin” (”hypocrites”, façon dont est désignée en Iran l’organisation des Moudjahidines du peuple). Et cela pour mieux discréditer les avocats, activistes, journalistes, politiques et manifestants iraniens, ainsi que les dirigeants occidentaux. Signe d’un semblant de liberté en Iran, dans la forme en tout cas, Kayhan est régulièrement poursuivi devant les tribunaux pour ses outrances verbales contre des personnalités iraniennes ou étrangères.

Mais si les articles de Kayhan permettent de mesurer le pouls du Régime et les dernières orientations du Guide, ils ne demeurent en aucun cas une position officielle de la République islamique, encore moins celle de la presse iranienne, quand bien même celle-ci a été amputée ces dernières années de la plupart de ses titres réformateurs. D’ailleurs, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait qualifié le 19 septembre dernier de “crime” les insultes proférées par Keyhan contre la Première dame de France. Ces insultes sont “contraires à la religion”, avait commenté M. Ahmadinejad dans une interview au quotidien gouvernemental Iran.“C’est un crime pire qu’un crime. “Un média peut-il insulter l’épouse d’un président européen? Avec quel Islam cela est-il permis?”, avait demandé le président iranien sans citer nommément Carla Bruni ni Kayhan.

Armin Arefi

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 14:32

 

 

MEMRI Middle East Media Research Institute

Dépêche   spéciale n° 3341

 

 

Un quotidien libanais : Exercice de prise de contrôle du Liban par le Hezbollah

 

Le 1er novembre 2010, le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah et de la Syrie, rapportait l´exécution par le Hezbollah, le 28 octobre 2010, d´une "simulation électronique et sur le terrain" de la prise de contrôle du Liban, opération devant être menée pour de bon si le TSL inculpait le Hezbollah.

 

Selon le rapport, l´exercice incluait le déploiement de forces dans tout le pays en deux heures de  temps, la fermeture de larges zones du pays, l´arrêt d´individus recherchés et la prise de contrôle de ports et de points de passage.

 

Le jour suivant la publication de ce rapport dans Al-Akhbar, le quotidien saoudien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat précisait que cette simulation entrait dans le cadre d´un plan politique du Hezbollah, du mouvement Amal et d´autres forces pro-syriennes pour prendre le contrôle de Beyrouth et d´autres parties du pays.

 

Les Forces du 14 mars n´ont pas réagi au contenu des rapports.

 

Ci-dessous un résumé des deux articles publiés dans Al-Akhbar et Al-Sharq Al-Awsat.

 

Al-Akhbar : un important déploiement sécuritaire sur le terrain en moins de deux heures

 

Le rapport sur l´exercice de prise de contrôle du Hezbollah se trouvait inclus dans un article de Fidaa ´Itani. On peut y lire : "Avant que Nasrallah n´eut entamé son discours succinct [du 28 octobre 2010], une force importante dans l´une des unités spéciales de l´opposition a mené une simulation électronique et sur le terrain de ce qui se produirait au Jour J au niveau politique et sécuritaire.

 

Cette simulation libanaise – qui précède, par hasard, une simulation électronique israélienne d´un scénario de guerre future avec le Hezbollah atteignant Tel-Aviv – a été attribuée à l´[éventuelle] publication par le Tribunal international d´une inculpation du Hezbollah [dans le meurtre de Rafic Hariri].

 

Dès que l´inculpation sera rendue publique – ou, comme l´affirment certains, quelques heures avant – d´importants effectifs sécuritaires et politiques seront déployés, sans armes, tirs ou effusion de sang, et sans toucher aux civils ou aux centres de population.

 

En moins de deux heures, il y eut sur le terrain un important et rapide déploiement sécuritaire. De vastes zones du pays ont été ceintes par un cordon sécuritaire et militaire secret. Des  cibles spécifiques y étaient englobées : des centres et sites politiques, sécuritaires, militaires et privés. Des individus recherchés ont été localisés [et détenus] avec un mandat d´arrêt [émis en Syrie], ou pour leur encouragement au fanatisme ethnique. Tout cela a eu lieu pendant l´exercice de simulation, en moins de deux heures. Les individus [recherchés] ont été localisés, [afin de faciliter leur] arrestation et de les empêcher d´inciter [au désordre] et de se déplacer.

 

[Ont aussi été simulées] la prise des principales villes et sites politiques sensibles de la capitale et ses banlieues jusqu´au Kesrouan et au nord, ainsi que la prise des ports et des points de passage, pour empêcher les gens de s´enfuir.

 

L´auteur ajoute sur un ton sarcastique : "Il est possible que le Premier ministre ait été inconscient du fait que son bureau et son immeuble ont été saisis et placés sous le contrôle des combattants [de l´opposition] déployés dans toute la région, à l´insu des soldats chargés de la garde (…) [1]

 

Al-Sharq Al-Awsat : le Hezbollah, le mouvement Amal et des éléments pro-syriens coordonnent une prise de contrôle du Liban

 

Le jour suivant, le quotidien saoudien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat publie que cette simulation correspond à "un projet réel élaboré par écrit  et approuvé par les personnes concernées, projet devant être mis à exécution au Jour J – c´est-à-dire au moment où sera rendue publique l´inculpation pour l´assassinant de l´ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri."

 

Citant une source sécuritaire libanaise bien informée, le quotidien rapporte que "les services de sécurité libanais ont appris l´existence de réunions régulières et serrées entre le Hezbollah, le mouvement Amal et d´autres alliés syriens,visant à simuler l´organisation coordonnée d´une bataille [ayant pour objectif] de prendre le contrôle de Beyrouth et de neutraliser d´autres régions, chrétiennes et sunnites".

 

Le quotidien ajoute : "Les sources libanaises rapportent que ces réunions se focalisaient sur la ´division en régions´ de ces forces, chaque groupe recevant une carte indiquant ses positions au Jour J de l´affrontement. Ces forces ont aussi organisé des réunions internationales, allouant des missions à chaque équipe. Selon l´information, Beyrouth a été divisée en trois zones militaires distinctes contrôlées respectivement par le mouvement Amal, le Hezbollah et le parti national socialiste syrien. En outre, un plan alternatif prévoit que le Hezbollah apportera une aide logistique à ces forces en cas d´obstacle à la mise en œuvre du plan.

 

Selon ces rapports, le Jour J surviendra avec la publication d´un acte d´accusation (…) En tout état de cause, le premier scénario se base sur la délivrance d´un acte d´accusation : des jeunes échauffés descendront dans les principales artères pour les bloquer par des manifestations. Celle-ci déboucheront sur des affrontements avec les forces de l´ordre et les partisans des Forces du 14 mars appartenant notamment au courant Al-Mustaqbal, et ainsi [le Hezbollah et le mouvement Amal, pro-syriens] achèveraient de prendre le contrôle de la capitale."

 

Al-Sharq Al-Awsat cite le général de brigade à la retraite Amin Hoteit, proche du Hezbollah, qui qualifie le rapport d´Al-Akhbar de "très réaliste". Hoteit estime que "la stratégie actuelle du Hezbollah se base d´abord et avant tout sur la prévention de la fitna [guerre civile]... et s´efforce donc [de maintenir] le contact et le dialogue. S´il ne peut empêcher la fitna..., il s´efforcera d´éviter que celle-ci ne dégénère. S´il ne peut éviter l´explosion, il prendra des décisions sur le terrain...

Tout le monde sait que la fitna sera limit ée géographiquement aux régions ayant une [forte] présence chiite - Beyrouth, le centre de
la Bekaa, et le sud – donnant au Hezbollah la possibilité d´intervenir sans délai. A Beyrouth, en raison de la majorité chiite alliée [du Hezbollah], les décisions seront prises en moins de 24 heures... Si la fitna éclate, le Hezbollah prendra le contrôle de la zone en trois jours ou une semaine au plus. Mais cela ne s´arrêtera pas là - parce que les actions sur le terrain auront des répercussions politiques. Arrivera le moment où l´acte d´accusation émis au sujet de l´assassinat de [l´ancien] Premier ministre Rafic Hariri marquera la fin de l´ère Al-Hariri au Liban".

Al-Sharq Al-Awsat ajoute que, bien que le quotidien eut contacté un haut responsable de l´organisation sur la question, "le Hezbollah n´a ni démenti, ni confirmé le rapport..." L´article souligne qu´ "Amal, qui est dirigé par Nabih Berri, a démenti avoir participé à l´élaboration d´un ´plan de terrain´..." [2]

Al-Akhbar : Nous avons la preuve que l´acte d´accusation est sur le point d´être rendu public

Les deux sources soulignent que le "Jour J" sera celui de la publication de l´acte d´accusation par le Tribunal international, ou même avant. Ces rapports témoignent de la tension actuelle et du suspense palpables aussi bien au Liban qu´à l´étranger, à la perspective de la délivrance de l´acte d´accusation. L´Arabie saoudite et la Syrie oeuvrent de concert pour parvenir à un accord, ainsi que d´autres acteurs internationaux clés comme l´Iran, l´Egypte, la France et les Etats-Unis.

Le correspondant d´Al-Akhbar Qassim Hamadi affirme détenir des copies de la correspondance secrète entre le Tribunal international, le ministère suédois de
la Justice et l´ambassade de Suède à La Haye, indiquant que la publication de l´acte d´accusation est imminente.

Hamadi ajoute : "Contrairement à ce que le Premier ministre Saad Al-Hariri a dit au député Walid Joumblatt et à Hussein Al-Jalil, attaché politique du secrétaire général du Hezbollah - [à savoir] que, selon l´information [Al-Hariri], la publication de l´acte d´accusation a été repoussée à mars 2011 - Al-Akhbar a eu accès à une correspondance écrite secrèt e entre le Tribunal, le ministère de
la Justice suédois et l´ambassade de Suède à La Haye, qui révèle que la délivrance d´un acte d´accusation est proche". Pour appuyer son propos, il écrit que la France n´a pas confirmé que la publication de l´acte d´accusation avait été repoussée à mars 2011, et que les Etats-Unis insistaient pour que l´acte d´accusation soit publié avant la fin de l´année [3].

Dans sa chronique d´Al-Akhbar, le directeur du journal, Ibrahim Al-Amin, écrit que la scène internationale est en pleine effervescence face à la perspective de la délivrance d´un acte d´accusation, devant si possible intervenir dans les semaines à venir. [4]



[1] Al-Akhbar (Liban), 1er novembre 2010.

[2] Al-Sharq Al-Awsat (Londres) 2 novembre 2010.

[3] Al-Akhbar (Liban), 1er novembre 2010.

[4] Al-Akhbar (Liban), 1er novembre 2010.
 

 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

 

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

Le MEMRI détient les droits d´auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu´avec mention de la source.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 19:13

 

 

 

 

Pensées pour Sakineh, bien vivante mais dans quel état ?

 

On remerciera Kate Allen, la directrice d’Amnesty International en Grande-Bretagne pour cette action qui est une vraie action contrairement à la mascarade du "Tribunal Russel " .


iranmanif

 

En l'absence d'attention internationale, l’Iran continue de recourir au viol pour torturer les opposants politiques, écrit Kate Allen.


The Telegraph (GB), 2 novembre – « … le viol ne se limite à un coup porté à une personne ;  il s’agit d’un coup porté à toute une famille. Une victime ne se relève jamais d’un viol avec le temps. A chaque regard de son père, les blessures s’ouvrent à nouveau » - (Mme) Bahareh Maghami, une victime de viol en Iran en avril 2010.


Faisant écho à des rapports précédents de groupes de droits de l’homme, les médias britanniques ont récemment mis en avant le cas d’une jeune fille d’Iran, « Leyla » qui aurait été enlevée, détenue et violée par les forces de sécurité du pays parce que son fiancé était impliqué dans les manifestations qui ont suivi l’élection  présidentielle contestée en Iran l’an dernier.


C’est une terrible histoire qui n’est malheureusement pas unique. A la suite des manifestations postélectorales, les autorités iraniennes ont réprimé avec une sévérité étonnante tous ceux  qui étaient perçus comme impliqués dans la critique du statu quo. Des milliers de personnes ont été arrêtées : étudiants, avocats, journalistes, syndicalistes et militants des droits humains ont tous été visés. Des centaines de personnes ont ensuite été jugées dans des « simulacres de procès » dont certains ont abouti à des exécutions. Mais au fur et à mesure que des personnes étaient libérées de détention, des détails sur les exactions, y  compris le viol d’hommes et de femmes, se sont répétés inlassablement.


Les autorités iraniennes ont reconnu qu’il y avait eu quelques exactions au centre de détention de Kahrizak – d’où sont sortis d’anciens détenus avec des histoires de viol, de torture et de conditions effroyables menant au moins à trois morts – mais hormis cet exemple, la réaction  du gouvernement iranien a été de rejeter et de réprimer toute autre allégation d’exaction.


Ebrahim Sharifi, un étudiant de 24 ans de Téhéran, a été arrêté par des  agents de sécurité en civil en juin 2009 et détenu en isolement pendant une semaine avant d’être relâché. Il a dit à Amnesty qu’il avait été attaché, les yeux bandés et battu avant d’être violé. Il a aussi enduré de violents tabassages et des simulacres d’exécutions.


Quand il a voulu déposer plainte en justice, les agents de renseignement l’ont menacé lui et sa famille. Le juge de l’affaire lui a dit : « Tu as peut-être touché de l’argent (pour dire ça) … (et) si tu continues, tu le payeras sûrement en enfer. » La commission d’enquête judiciaire a annoncé que ses allégations de viol étaient fabriquées et politiquement motivées.


Deux membre de la milice du Bassidj soutenue par le gouvernement, et aujourd’hui e Grande-Bretagne, ont aussi aux médias britanniques avoir assisté  à d s viols systématiques d’hommes et de garçons dans un parc de la ville de Chiraz dans le sud.  D’autres membres du Bassidj avaient fait entrer de force un jeune et sans doute des garçons dans une série de conteneurs qui se trouvaient dans le parc, où les viols ont eu lieu. Les deux se sont plaints, y compris à leurs supérieurs, ce qui les a conduits à quitter l’Iran.


Les femmes en Iran ont souvent rapporté des insultes à caractère sexuel et des menaces de viol lancées contre elles. Zahra Kamali, une étudiante arrêtée en juillet 2009, a dit à Amnesty international que ses interrogateurs l’avaient narguée disant qu’elle voulait coucher avec d’autres hommes et lui ont fait des attouchements sur la poitrine. Elle a dit que sa codétenue, une militante des droits humains a été traitée de la pire manière : «  Elle a dit que ses interrogateurs lui avaient branché des câbles sur les seins et déclenché des chocs électriques. Elle était si malade qu’elle s’évanouissait parfois dans la cellule ».


Ce sont les femmes qui sont discriminées le plus généralement par la loi iranienne – un  témoignage de femme au tribunal vaut la moitié de celui d’un homme, par exemple. Les  militantes qui font campagne pour les droits des femmes continuent d’être harcelées, intimidées et arrêtées. Amnesty fait campagne pour Ronak Safazadeh, une militante des droits des femmes emprisonnées pour cinq ans pour ce qui semble une accusation fabrique de toute pièce.


Tous les viols sont de graves atteintes aux droits humains. Mais l’exaction prend une signification de plus quand le violeur est une autorité publique. Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture a déclaré que le viol constitue une torture quand il est pratiqué par des autorités publiques ou se passe à leur instigation. Les instances internationales et régionales des droits de l’homme ont stipulé que le viol par des autorités relève toujours de la torture et ne peut être considéré comme un simple acte criminel.


Le recours au viol comme forme de torture (ou d’arme de guerre) n’est certainement pas unique à l’Iran. Mais cela ne signifie pas qu’il faille ignorer ces informations. Un examen attentif international plus important sur les droits de l’homme en Iran a été rejeté par le gouvernement : il n’a pas autorisé quelque huit rapporteurs de l’ONU sur les droits humains à visiter le pays et a utilisé les réunions de l’ONU pour démentir les rapports sur les violations des droits de l’homme.


La situation des droits de l’homme en Iran est devenue si affligeante qu’Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres organisations ont appelé la semaine dernière le Secrétaire général de l’ONU à nommer son propre envoyé pour enquêter et faire un rapport sur la situation dans ce pays et rédiger un rapport plus détaillé sur les droits humains en Iran.


Tout ceci ne sera pas d’un grand réconfort pour ceux qui ont été mentionnés comme Leyla, Ebrahim et Zahra. Mais  la communauté internationale doit assurer, pour leur sécurité et celle d’innombrables autres Iraniens, que l’attention portée sur l’Iran ne soit pas uniquement restreinte à ses installations nucléaires mais aussi aux droits humains de son peuple.


Kate Allen est la directrice d’Amnesty International en Grande-Bretagne

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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