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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 08:47

 

 

 

BRUIT DE BOTTES

 

Iran : le programme est presque terminé

par Ephraim Asculai et Emily B. Landau, Centre Begin Sadate, INSS Insight Numéro 193


 
 


Date de parution : 18 Juillet 2010

Titre original : Iran: The Course is Almost Run

Traduction : Objectif-info

Confrontée au programme nucléaire iranien, la communauté internationale a choisi une démarche désormais familière. L'Occident, d'abord 3 pays européens auxquels se sont joints ensuite les États-Unis, poursuit un "processus diplomatique" qui ne débouche nulle part ; de leur coté, la Russie et la Chine font des allers et retours entre l'Iran et l'Occident. Elles sont peu favorables à des prises de positions intransigeantes face au défi permanent de l'Iran. Elle ne donnent leur accord pour des sanctions que si les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sont tardives et éthérées ; et l'AIEA continue de poser à Iran des questions sur la dimension militaire de son programme nucléaire. L'Iran se garde bien d'y répondre, tout en poursuivant l'installation de nouvelles centrifugeuses en cascade pour enrichir son uranium. Les Iraniens réussissent à gagner du temps, et le temps est de leur côté. Les deux parties hésitent à dire clairement que le programme nucléaire iranien est un programme militaire, et l'Iran sent que ses objectifs sont presqu'à portée de main.

Cependant, on observe ces dernières semaines des signes de changement car la communauté internationale envisage désormais d'un œil plus réaliste le programme nucléaire iranien. Les progrès de l'Iran sont des faits qui parlent d'eux-mêmes : ce pays est parvenue à maîtriser le processus d'enrichissement de l'uranium et il a accumulé assez d'uranium enrichi à 3.5% pour avoir de quoi produire de l'uranium à usage militaire (90%) pour au moins deux engins nucléaires. En outre, il a entamé en février la production d''uranium enrichi à 20% étape transitoire vers les 90%, ce qui le rapproche sensiblement de ses objectifs. L'Iran a déclaré qu'il avait produit environ 20 kilogrammes d'uranium enrichi à 20%. Bien que cela soit insuffisant pour une bombe, il démontre ainsi qu'il a maîtrisé le processus d'acquisition du combustible. [1] Les raisons avancées par l'Iran pour cet enrichissement ne sont pas recevables dans la mesure où son programme tout entier est en infraction avec les résolutions du Conseil de sécurité.

Ces avancées iraniennes commencent à susciter quelques réactions internationales plus vigoureuses. Le 27 juin, Léon Panetta, le directeur de la CIA a déclaré à Washington que l'Iran disposait probablement d'assez d'uranium légèrement enrichi pour deux armes nucléaires, mais qu'il lui faudrait probablement deux ans pour mettre au point des bombes, s'il décidait de s'y consacrer. A peu près au même moment, le sous-secrétaire d'état aux affaires politiques, William Burns, déclarait dans une communication devant la Commission sénatoriales des affaires étrangères que la politique américaine sur l'Iran est "tout ce qu'il y a de plus simple" : "Nous devons empêcher l'Iran de développer des armes nucléaires. Nous devons mettre en échec toutes ses actions de déstabilisation, dans la région et au-delà." Il y a eu ensuite une déclaration du président Obama lors de la signature de la liste définitive des sanctions américaine contre l'Iran, le 1 juillet : "Sans la moindre hésitation, les États-Unis et la communauté internationale sont déterminées à empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires." Le 12 juillet, dans une déclaration exceptionnellement vigoureuse, le président russe Medvedev affirmait que l'Iran était de plus en plus près de la maîtrise du processus de fabrication d'une arme nucléaire. À la lumière des doutes exprimés par le dirigeant russe jusque très récemment sur les intentions militaires de l'Iran, - il soulignait qu'il n'y avait pas de preuve allant dans ce sens- , cette crainte nouvelle dans le discours des Russes est particulièrement significative. Pour Medvedev, l'Iran dervait s'expliquer les aspects militaires de son programme nucléaire.

Cette escalade dans la rhétorique coïncide avec des messages de soutien à des sanctions plus fermes que jamais, venus de nombreuses directions, certains marquant même de l'intérêt pour une action militaire contre l'Iran. Alors qu'il y a six mois les analyses du courant dominant des média occidentaux s'interrogeait sur la meilleure façon de contenir l'Iran nucléaire, de plus en plus d'experts concentrent aujourd'hui leur attention sur le scénario d'une guerre éventuelle. Certains en sont déjà à la phase de la critique d'Israël, coupable d'avoir poussé les États-Unis à entreprendre une action militaire. Le message selon lequel "une bombe iranienne est pire que le bombardement de l'Iran" commence à apparaitre dans les déclarations attribuées à des dirigeants de certains état arabes du Golfe. Bien que démenties par la suite, des informations récentes faisaient état de la volonté des Saoudiens de fermer les yeux sur l'utilisation de leur espace aérien par Israël pour d'éventuelles frappes militaires sur les installations nucléaires de l'Iran; le point de vue de l'ambassadeur des Émirats Arabes Unis aux États-Unis a été cité. Selon lui, les Émirats ne pouvaient pas vivre avec une bombe iranienne, et une action militaire pour la stopper était préférable à un Iran doté d'un potentiel nucléaire militaire.

La réaction de l'Iran au quatrième programme de sanctions a été plus forte que par le passé. Le 7 juillet, le chef de l'Organisation de l'Énergie atomique d'Iran, Ali Akbar Salehi, est allé jusqu'à dire que les nouvelles sanctions internationales "peuvent ralentir" mais non stopper le programme nucléaire de l'Iran. Qu'il s'agisse d'une affirmation factuelle ou d'une manœuvre politique pour convaincre d'Occident que finalement les sanctions vont marcher et qu'il n'est pas nécessaire de faire quoi que ce soit de plus, cela n'a pas beaucoup d'importance. En tout état de cause, les Iraniens ont déjà l'essentiel des installations requises pour mener à bien leur programme d'enrichissement; dès lors, on ne sait pas bien jusqu'à quel point les sanctions peuvent lui causer à des dommages directs.

La question est de savoir si ces manifestations d'une préoccupation nouvelle de la communauté internationale seront suivies de mesures concrètes et efficaces. Au delà de la rhétorique, tout est lié à ce qu'Obama voudra entreprendre sur la base de son évaluation de la situation. Actuellement, il semble que sa prochaine démarche soit de relancer en septembre (une date déterminée par les Iraniens, pas par lui), une tentative de dialogue avec l'Iran dans le cadre P5+1 [cinq pays dont les États-Unis et la Russie plus l'Iran]. On ne dispose pas d'indications sur la logique de ces négociations ni sur la stratégie de marchandage des États-Unis; il est douteux que ces entretiens débouchent sur quoi que ce soit de positif. Aussi étrange que cela puisse paraitre, dans un certain sens Obama veut également gagner du temps. Bien que l'on parle de plus en plus clairement de guerre dans les média, il n'y aucune indication à ce jour qu'Obama en personne soit à la veille d'une décision de destruction les installations nucléaires et balistiques de l'Iran.

Et qu'en est-il des plans de l'Iran pour l'avenir? Bien que ce qui va suivre ne soit que de la spéculation, cela donne une idée des options de l'Iran. S'il n'y a pas d'autre résolution pour de nouvelles sanctions, sachant que les sanctions actuelles n'ont pas d'effet vraiment paralysant, l'Iran continuera à enrichir de l'uranium en quantité toujours croissante, sans ressentir de pressions suffisantes pour interrompre un enrichissement de niveau militaire. L'Iran continuera de gagner du temps, conforté dans son opinion que le président américain n'envisage pas sérieusement une action militaire. Cependant, s'il se produit quelque chose qui convainque l'Iran que la situation devient nettement plus chaude, ce pays aurait encore plusieurs options utilisables séparément ou en même temps, pour continuer sa marche en avant : il pourrait annoncer qu'il ne se considère plus comme lié par des engagements internationaux ; il pourrait faire la demande (plaisante) d'un changement de statut dans le Traité de Non Prolifération, pour obtenir celui d'état doté d'armes nucléaires ; il pourrait se retirer du Traité de Non Prolifération ; il pourrait expulser tous les inspecteurs pour des raisons quelconques ; et il pourrait effectuer un essai nucléaire souterrain avec un engin issu de ses activités clandestines.

La probabilité de voir l'Iran accepter la demande internationale minimale de suspension de ses activités d'enrichissement est très minces. Savoir si les États-Unis sont plus proches d'une action militaire relève toujours de la spéculation. Une évaluation globale de la situation et de sa dynamique conduit à penser que la phase actuelle de la confrontation, ininterrompue depuis 2002, est celle du dénouement.

[1] En parvenant à enrichir l'uranium à 20% l'Iran a accompli plus de 90% du chemin vers un uranium enrichi d'usage militaire.
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 23:23

 

 

Iran / Comores : Liaisons dangereuses

ttu.fr

 

AhmedAbdallahMohamedSambidetail080701F1644L147

 

Le Président Comorien Ahmed Abdallah Sambi

 

 

Selon une source diplomatique occidentale aux Comores, l’ouverture d’une ambassade iranienne à Sahani, dans la banlieue de Moroni, vise à manifester le soutien de Téhéran au président Ahmed Abdallah Sambi. Ce dernier a accepté l’agenda de l’Union africaine pour l’organisation d’élections présidentielles et régionales dans l’archipel, le 7 novembre prochain.

Le président Sambi, qui a fait ses études en Iran, est souvent qualifié de Khomeiny africain. Même si l’ambassadeur d’Iran a présenté ses lettres de créances au président comorien l’année dernière, il n’apparaissait que dans les réceptions organisées par la présidence, alors que l’ambassade n’était pas encore ouverte.

Pour sa part, l’Iran a accru sa présence aux Comores au cours des trois dernières années, notamment par l’intermédiaire de la fondation culturelle iranienne Tibyane, qui organise diverses activités à son siège de Moroni. Par ailleurs, l’organisation et la formation de la garde personnelle du président seraient assurées par les Pasdarans iraniens.

Enfin, les observateurs s’interrogent sur les activités du Croissant rouge iranien à Moroni, dont le siège est à proximité de l’ambassade, ainsi que du “Comité Emdad imam Khomeiny”, qui dispose d’un bureau sur la route de l’aéroport de Moroni. A noter que cette organisation caritative iranienne est très active au Liban, en Syrie et à Gaza. Téhéran, qui souhaite que le président Sambi se maintienne au pouvoir, ne lui ménage pas son soutien financier. Ce qui fait douter les observateurs occidentaux des chances des autres candidats au prochain scrutin présidentiel.

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 18:25

 

 

L'Allemagne : acteur clé des sanctions contre l'Iran
Par Laure Kravitz - Mercredi 21 juillet 2010 à 15:35

 

 

http://www.guysen.com/article_

 

 

 

Archives guysen

Les pays de l'Union européenne devraient très prochainement voter une nouvelle ronde de sanctions contre l'Iran, afin de stopper son développement nucléaire. Le rôle de l'Allemagne, dont les relations économiques avec l'Iran sont étroites, devrait s'avérer capital.
 
 
Après plusieurs années de confusion, l'Union européenne semble aujourd'hui prête à infliger des sanctions véritablement pénalisantes au régime de Téhéran, notamment dans des secteurs où la République islamique est fragile, à savoir dans les finances et l'énergie.
 
Dans cette optique, le rôle de l'Allemagne est crucial, du fait de son statut de pilier économique de l'UE mais surtout de ses intenses échanges commerciaux avec l'Iran. Ces derniers s'élèvent en effet à quelques 4 milliards annuels.
 
Jusqu'à présent, l'Allemagne a bloqué les sanctions à l'encontre des banques iraniennes opérant en territoire allemand, souvent impliquées dans le financement du programme nucléaire de Téhéran.
 
Le Wall Street Journal a dévoilé lundi que la banque d'affaires européo-iranienne AG (appelée banque EIH en Allemagne) a commercé à hauteur d'un milliard de dollars avec des compagnies iraniennes associées à plusieurs programmes de développement d'armes.
 
Cette information pourrait servir de déclencheur afin que Berlin prenne des décisions tranchées vis-à-vis de l'Iran.
 
Pourtant, selon des déclarations préliminaires du ministre des Finances, les autorités allemandes font de leur mieux pour détourner l'attention internationale du fait que des fonds germaniques aient servi à financer le nucléaire iranien.
 
Un porte-parole de l'autorité fédérale de supervision financière (BaFin) a quant à lui rétorqué qu'il n'y avait pas eu de violation des sanctions votées par l'ONU de la part de la banque EIH. Le ministre des Finances a quant à lui indiqué que des enquêtes avaient toutefois été ouvertes.
 
Cet actuel scandale financier fera-t il changer l'Allemagne de position ? Berlin cherche en effet depuis plusieurs années à ménager aussi bien ses alliés stratégiques, à savoir les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, en assurant également Israël de son appui, tout en entretenant d'étroites relations avec la République islamique.
 
Il ne manque donc plus que l'Allemagne pour que les sanctions souhaitées par l'Union européenne soient véritablement efficaces et parviennent à isoler la République islamique.

G.I.N avec agences
 
 
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 17:45

 

 

Le «savant» iranien et l'option militaire israélienne

Le retour au pays du «savant» iranien Amiri pourrait renforcer l'engagement américain aux côtés d'Israël......

Lire la suite sur SLATE en cliquant :

http://www.slate.fr/story/25147/iran-israel-amiri-guerre

Jacques BENILLOUCHE
http://benillouche.blogspot.com/
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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 14:34

 

Un gazoduc turco-iranien saboté

Un gazoduc transportant du gaz iranien vers la Turquie a vraisemblablement été saboté cette nuit, forçant les autorités à couper le transit. L'explosion s'est produite sur une portion de l'oléoduc située près de la localité turque de Dogubayazit (est), à plusieurs kilomètres de la frontière iranienne, provoquant un incendie maîtrisé par les pompiers. Début juillet, les séparatistes kurdes du PKK avaient déjà saboté un oléoduc transportant du pétrole irakien vers la Turquie.

 

http://www.guysen.com/news_

 


 


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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 15:18

 

Ma photo

Jacques BENILLOUCHE

LES IRANIENS IMPLIQUENT ISRAEL DANS LES ATTENTATS

Par Jacques BENILLOUCHE

Les pays arabes et l’Iran trouvent toujours une échappatoire lorsqu’ils pataugent dans leurs problèmes internes. Il leur suffit alors d’accuser Israël ou le Mossad pour se dédouaner mais, à trop vouloir imaginer la main des israéliens partout, leurs arguments perdent de crédibilité. Téhéran vient cependant d’accuser Israël d’avoir joué un rôle important dans le double attentat du 14 juillet qui a fait 27 morts dans l’est du pays......


Lire la suite de l'article sur le blog : http://benillouche.blogspot.com/


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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 14:58

 

 

 

MEMRI Middle East Media Research Institute

Dépêche   spéciale n° 3087

 

MEMRI, Dépêches spéciales - No. 3100,

16 juillet 2010 (http://www2.memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD310010

 

Le directeur d´Al-Arabiya : Les propos que l´ambassadeur des Emirats arabes unis aurait tenus concernant des frappes contre l´Iran sont politiquement valides

 

Dans un article paru le 12 juillet dans Al-Sharq Al-Awsat, le directeur général d´Al-Arabiya, Abdel Rahman Al-Rashed, a commenté les propos qu´aurait tenus l´ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis, Youssef Al-Otaiba. Selon des rapports de médias, Al-Otaiba aurait laissé entendre, le 6 juillet 2010, que les avantages de frappes militaires contre l´Iran dépassaient les inconvénients à court terme. (1) Cette prise de position a suscité de vives réactions de la part de responsables iraniens, qui ont reproché à l´ambassadeur son "audace". (2) Le 7 juillet, le vice-ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis a démenti qu´Al-Otaiba ait tenu de tels propos, affirmant que l´ambassadeur avait été mal cité. (3)

 

Réagissant à l´affaire, Al-Rashed a fait valoir que les déclarations attribuées à Al-Otaiba, qu´elles fussent ou non authentiques, étaient valides, étant donné que les Etats du Golfe et la région dans son ensemble avaient de bonnes raisons de redouter un Iran nucléaire. Il a ajouté que la plupart des politiciens arabes ne sont pas trop audacieux mais trop prudents quand ils évoquent le danger d´un Iran nucléaire.

 

Ci-dessous des extraits de l´article d´Al-Rashed, tel que paru dans la version anglaise d´Al-Sharq Al-Awsat : (4)

 

"J´ai lu la déclaration finale de 30 pages de la conférence orageuse [d´Aspen, dans le Colorado], au cours de laquelle l´ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis, Youssef Al-Otaiba, a suscité la colère de l´Iran pour avoir été cité disant que les bénéfices qui seraient tirés d´une offensive contre l´Iran dépasseraient les conséquences à court terme et la menace d´un Iran nucléaire.

 

L´Iran a réagi par une bordée d´insultes, bien que le ministère des Affaires étrangères des Emirats arabes unis ait qualifié la citation de l´ambassadeur d´inexacte et de sortie de son contexte.

 

Tant que la tempête fera rage, il n´y aura rien de mal à observer de plus près la situation. Etait-il inapproprié pour une personne dans la situation de l´ambassadeur de tenir de tels propos ? Plus important encore : après avoir dit ce qu´il aurait dit, et que ces propos soient, ou non, fidèles, faut-il les considérer comme utiles sou nocifs ?

 

Le fait est que nous nous sommes habitués à ce que les responsables et les personnes affiliées au régime iranien expriment librement leurs points de vue, et au fait qu´elles émettent librement des remarques injurieuses à l´encontre des Etats du Golfe, avec ou sans provocation. En fait, ces responsables n´hésitent même pas à formuler des menaces, ce qui est la pire chose qui puisse arriver dans les médias. Il y a tout juste deux semaines, des responsables iraniens ont déclaré que [l´Iran] projetait d´inspecter les navires en partance pour les Etats arabes du Golfe, en réaction à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies d´inspecter les bateaux embarquant en Iran, si jamais ils avaient des soupçons sur [le contenu de] leurs cargos. L´Iran n´a pas o sé menacer d´inspecter les bateaux américains, européens ou russes dans la région, lesquels sont nombreux. En revanche, il a menacé les [Etats] du Golfe, même s´ils n´avaient rien à voir avec cette résolution et qu´il n´y a pas d´Etat du Golfe au Conseil de sécurité. Avant cela, des responsables iraniens ont annoncé que l´Iran attaquerait les Etats du Golfe si Israël ou les Etats-Unis s´avisaient de les attaquer.

 

"Imaginez ce que seront la mentalité et le comportement de l´Iran une fois acquise la capacité nucléaire et intégrée l´idée qu´aucun pays ne peut plus lui déclarer la guerre"

 

Dans un climat aussi empoisonné, il est naturel qu´un politicien ou un diplomate arabe affirme que la nucléarisation de l´Iran représente une menace pour nous. D´un point de vue protocolaire, les deux parties doivent œuvrer de concert pour éviter de jeter des tomates pourries l´une sur l´autre ou permettre à qui que ce soit d´autre d´en faire autant.

 

L´ambassadeur Youssef Al-Otaiba a été cité tenant des propos valides sur le plan politique. Il aurait déclaré que les actions de l´Iran dans la région aujourd´hui nous posent un problème. Imaginez seulement ce que pourra faire Téhéran une fois qu´elle aura la capacité nucléaire ! En effet, imaginez ce que seront la mentalité et le comportement de l´Iran une fois acquise la capacité nucléaire et intégrée l´idée qu´aucun pays ne peut plus lui déclarer la guerre.

 

C´est pourquoi le véritable problème n´est autre que la réticence qu´ont nos politiciens à exprimer leurs opinions et préoccupations face au plus grand danger qui menace notre région depuis cent ans.

 

"Où est donc le problème si l´ambassadeur d´un Etat du Golfe déclare qu´attaquer l´Iran aujourd´hui nous coûtera moins que de vivre demain aux côtés d´un Iran nucléaire ?"

 

Lire l'intégralité sur : MEMRI, Dépêches spéciales - No. 3100,

16 juillet 2010 (http://www2.memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD310010

 

Notes

1)      Selon un rapport paru le 7 juillet 2010 dans le Washington Times, Al-Otaiba aurait déclaré, le 6 juillet, lors d´une conférence aux Etats-Unis : "Je pense (…) qu´il y aura des conséquences [à une attaque contre l´Iran] ; il y aura un effet de boomerang et des problèmes dus aux émeutes, aux protestations et à l´insatisfaction face à l´existence d´une force extérieure attaquant un pays musulman (…) [Toutefois], si vous me demandez si je préfère vivre ave c cela ou avec un Iran nucléaire, ma réponse sera la même : nous ne pouvons pas vivre avec un Iran nucléaire."

2)      Par exemple, Kazem Jalili, porte-parole du Comité de sécurité nationale du Majlis, a déclaré : "Le laxisme du ministère iranien des Affaires étrangères vis-à-vis des Emirats arabes unis a donné l´audace à certains responsables du minuscule pays de cette région de tenir des propos déments." Il a en outre appelé à un boycott iranien touristique des Emirats arabes unis, en réponse aux remarques d´Al-Otaiba. Press TV, Mehr (Iran), 7 juillet 2010.

 

Parviz Sarvari, membre du comité de la sécurité nationale, a déclaré que l´appel de l´ambassadeur était une erreur stratégique, et que toucher à la sécurité de l´Iran mettrait en danger la sécurité de toute la région, y compris celle des Emirats arabes unis. Javan (Iran), 8 juillet 2010.

 

(3) WAM (Agence de presse officielle des Emirats arabes unis), 7 juillet 2010.

 

(4) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 12 juillet 2010, http://www.asharq-e.com/news.asp?section=2&id=21595

 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à :memri@memrieurope.org.

 

Pour consulter l´intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

Le MEMRI détient les droits d´auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu´avec mention de la source.

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 17:46

 

 

Delphine Minoui, le Figaro

jeudi 15 juillet 2010, sélectionné par Spyworld
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L’odyssée du physicien iranien Shahram Amiri illustre la bataille des services secrets sur le dossier nucléaire.

Ex-otage ou transfuge repenti ? Avant de quitter, mercredi, le territoire américain, Shahram Amiri a promis de faire prochainement des « révélations » sur les circonstances de son « enlèvement ». Mais, dans l’euphorie du départ, le scientifique iranien a peut-être déjà donné le meilleur indice sur sa mystérieuse disparition, qui est loin de se résumer à un simple « rapt ». « Je me suis retrouvé dans des conditions particulières, pas vraiment libre, pas complètement en prison. C’est difficile à expliquer », déclarait-il, mercredi matin, dans une interview diffusée à la télévision d’État iranienne, juste avant son décollage pour Téhéran - via le Qatar -, où il est attendu ce matin.

« Qui a eu le meilleur deal ? »

Alors que la République islamique se prépare, tambour battant, au retour de celui qu’elle présente comme une victime du « complot occidental », l’affaire Amiri constitue, avant tout, un nouvel exemple de la guerre de l’ombre à laquelle se livrent Téhéran et Washington sur le dossier nucléaire iranien. « Nous avons obtenu de lui des informations utiles, et les Iraniens ont Amiri : demandez-vous qui a eu le meilleur deal », a déclaré mercredi un responsable officiel américain, sous couvert d’anonymat.

Depuis sa disparition à La Mecque, début juin 2009, les autorités iraniennes n’en démordent pas. Pour elles, le scientifique iranien, présenté dans la presse de Téhéran comme un « chercheur en radio-isotopes médicaux à l’université Malek Ashtar », a été kidnappé par la CIA avec la complicité des services saoudiens. Une thèse renforcée par ses différentes vidéos, diffusées le mois dernier par la télévision iranienne et dans lesquelles Amiri affirme avoir été drogué et expédié à son insu aux États-Unis. Sauf qu’à ce jour aucune source indépendante n’a pu confirmer ces propos. Et que, dans la pléthore d’informations fournies par le canal officiel de Téhéran, certaines se contredisent…

Ainsi, dans une vidéo en date du 14 juin, le physicien explique qu’il vient de « s’échapper des mains des agents de renseignement américains en Virginie ». Mais dans un entretien accordé mardi à la télévision publique iranienne, Mostafa Rahmani, le chef de la section consulaire iranienne de Washington, précise qu’Amiri est apparu, ce lundi, devant leur porte, « accompagné par des forces de sécurité américaines ».

Pour les spécialistes occidentaux du renseignement, cela ne fait aucun doute : Shahram Amiri a le profil type de la recrue approchée par les Américains. « L’affaire Amiri ressemble fort à une opération de défection organisée par la CIA », remarque Éric Denécé, le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement. Et de rappeler que dans leur détermination à en savoir plus sur le dossier nucléaire, les Américains n’en sont pas à leur première opération du genre. « En 2007, Ali Reza Asghari, l’ex-vice-ministre de la Défense iranien et haut responsable des pasdarans, a lui aussi mystérieusement disparu », précise-t-il.

D’après cet expert, les « informations » dont disposait Amiri, un « simple scientifique », étaient sans doute de plus faible calibre que celles venant d’un ancien gardien de la révolution. « On peut imaginer qu’après avoir été débriefé pendant quelques mois par les renseignements américains, il ne leur ait plus été d’une grande utilité, et que la CIA ait cessé de faire appel à ses services », remarque- t-il. Livré à lui-même, dans un pays dont il ne connaît pas la culture, Amiri aurait pu alors commencer à avoir le mal du pays. « À moins qu’il se soit mis à regretter d’avoir trahi son pays. Ou bien qu’il ait retourné sa veste, à cause d’une forte pression sur sa famille en Iran », poursuit Denécé. Une forme de représailles qui rappelle une autre affaire, celle de l’ex-consul iranien en poste à Oslo, et dont la récente démission a bien failli lui coûter la vie. Dans différents entretiens accordés à la presse norvégienne, ce dernier raconte les menaces de mort contre sa personne et les coups de fil anonymes annonçant l’enlèvement imminent de son fils. Avec, à l’appui, la promesse d’une promotion professionnelle s’il accepte de rentrer au pays et de dénoncer un montage ourdi par l’Occident. Mais, contrairement à l’ex-diplomate, la famille d’Amiri se trouve toujours en Iran…

« Un coup de propagande »

Dans son interview de mercredi, le scientifique iranien précise : « Une fois en Iran, je vais clarifier les allégations des médias étrangers et du gouvernement américain, qui ont porté atteinte à ma réputation. » La veille, juste après être réapparu à la section des intérêts iraniens de Washington, il déclarait déjà que « les Américains étaient les perdants de cette affaire ». Pour Eric Denécé, si l’Iran s’en sort avec « un bon coup de propagande interne », le gagnant de l’histoire reste Washington. « Le fait même d’avoir réussi à le faire sortir du pays pour le faire parler constitue une victoire. Ça remet en cause l’infaillibilité des services iraniens. Et même si Amiri n’était pas la source la mieux informée sur le programme iranien, il leur a sans doute donné des pistes pour d’éventuelles nouvelles recrues », dit-il.

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 07:53

 

A Liliana y Gerardo

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Le 18 Juillet 1994, attentat contre le Centre

communautaire juif à Buenos Aires, l'AMIA.

 

 

 

 

DETAILS.


102 personnes trouvent la mort. Une organisation terroriste proche de l’Iran prend la responsabilité de l’attentat.


En 2002, le New York Times publie un témoignage selon lequel Téhéran avait versé 10 millions de dollars au président Menem pour qu'il fasse dévier l'enquête.


Le 25 octobre 2006, la justice argentine a, en la personne du procureur fédéral de Buenos Aires, Alberto Nisman, officiellement accusé le gouvernement iranien et le mouvement libanais Hezbollah d'être responsable de l'attentat. Les services secrets israéliens et certains services occidentaux attribuent la planification de l'attentat à Imad Mougniyah, membre du Hezbollah, qui fut assassiné le 12 février 2008 dans un attentat à la voiture piégée à Damas.


Un mandat d'arrêt international pour "crimes contre l'humanité" a donc été délivré le 9 novembre 2006 par le juge fédéral Rodolfo Canicoba Corral à l'encontre de l'ancien président Hachemi Rafsandjani et de sept autres fonctionnaires et diplomates iraniens dont l'ancien ministre de l'Information et de la Sécurité, Ali Fallahian, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ali Ar Velayati, deux autres anciens diplomates et un ancien responsable de la sécurité du Hezbollah.

Londres a arrêté et relâché l'ex-ambassadeur iranien Hadi Soleimanpour, pour manque de preuves.

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 00:10

 

 

Par Vincent EIFFLING

de chroniques-persanes

 

Depuis maintenant huit ans, la question nucléaire iranienne occupe régulièrement le devant de la scène internationale. Initié par le régime du Shah en 1974, le programme nucléaire iranien prévoyait alors la construction d’une vingtaine de centrale – avec l’assistance de l’Allemagne, de la France et des Etats-Unis – devant palier aux besoins énergétiques du pays tout en lui permettant de préserver ses réserves pétrolières dont sa santé économique est tributaire. Avec la révolution islamique de 1979, le programme nucléaire est dénoncé comme le symbole de la dépendance du pays à l’égard de l’Occident et se retrouve mis au pilori par le régime des Mollahs. Durant le conflit avec l’Irak, la république islamique relance son programme suite aux craintes suscitées par les activités nucléaires irakiennes et la menace potentielle d’une « bombe arabe ». Cependant par manque de moyens, le programme reste cantonné au stade de la recherche en laboratoire.

Ce n’est qu’à partir du milieu des années 1990 que le nucléaire iranien renaîtra véritablement de ses cendres. La république islamique demande alors assistance à l’AIEA, en accord avec les dispositions du TNP. Cette initiative ne sera pas couronnée de succès, l’Iran se voyant octroyer une fin de non-recevoir de la part de ses anciens partenaires occidentaux. La république islamique se tourne alors vers la Chine et la Russie. Avec Pékin, Téhéran entreprend un partenariat visant à la coopération scientifique dans le domaine du nucléaire. Dans ce cadre, des chercheurs iraniens sont envoyés en Chine et Pékin finance la construction d’un centre de recherche nucléaire à Ispahan. La coopération sino-iranienne prend officiellement fin en 1997, suite aux pressions américaines. En 1995, la république islamique signe un accord avec la Russie pour l’achèvement de la centrale de Busher, dont le chantier, initié sous l’ère du Shah, était originalement attribué à une société allemande. Prévue en 1999, la mise en service de la centrale de Busher a perpétuellement été remise à plus tard, officiellement pour des raisons techniques. Il apparaît cependant fort probable qu’un tel retard, supérieur à 10 ans, ne soit lié à des pressions émanant de Washington. L’accord signé avec la Russie stipule notamment que Moscou sera responsable de l’ensemble du cycle du combustible sur le site de Busher ; depuis sa fabrication jusqu’à son retraitement. Selon les dernières déclarations des responsables russes et iraniens, le site de Busher devrait officiellement être mis en service au cours de l’été 2010. L’ensemble de ces opérations s’est déroulé et se déroule toujours sous l’égide de l’AIEA, en concordance avec les obligations de l’Iran au regard du TNP. Elles constituent donc le volet « public » du programme nucléaire iranien ; du moins jusqu’en 2002.

En 2002, l’organisation Moudjahidine du peuple, mouvement de résistance au régime iranien, révèle l’existence en Iran d’activités nucléaires non déclarées auprès de l’AIEA. Ces activités portent essentiellement sur des recherches liées à l’enrichissement de l’uranium ; technologie duale dont la maîtrise peut conduire à la fabrication d’armes nucléaires. Ce qui est ici illégal au regard des engagements internationaux pris par le régime de Téhéran, c’est bien l’action de dissimulation et non l’action d’enrichissement elle-même. Son secret dévoilé, l’Iran accepte de répondre aux questions de l’AIEA, sans toutefois convaincre sur le fond de ses intentions. Des zones d’ombres subsistent et Téhéran se montre souvent évasif, ce qui n’encourage pas la levée des doutes. Téhéran justifie son attitude passée par la nécessité de mettre la communauté internationale devant le fait accompli ; arguant que l’Occident n’aurait jamais laissé la république islamique développer un programme d’enrichissement endogène s’il en avait proclamé ouvertement la volonté. La communauté internationale prend alors conscience que la république islamique a dissimulé certaines de ses activités nucléaires pendant 18 années. Le caractère secret de ces activités conjugué à la sensibilité entourant la maîtrise de l’enrichissement d’uranium conduit la communauté internationale, occidentaux en tête, à soupçonner l’existence d’un volet militaire au programme nucléaire iranien. L’inquiétude est d’autant plus grande que parallèlement à ses activités clandestines, la république islamique a entamé fin des années 1990 un vaste programme de recherche dans le domaine des missiles balistiques. S’engage alors un bras de fer diplomatique entre les puissances occidentales et le régime des Mollahs ; bras de fer qui à ce jour, n’a toujours pas trouvé son épilogue.

Pour Téhéran, la volonté de développer un programme nucléaire ne répond officiellement qu’à des impératifs économiques et énergétiques. Cet argument, même s’il peut sembler paradoxal pour un pays possédant les 2èmes réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, cadre pourtant parfaitement avec sa situation énergétique et économique actuelle. En effet, 40% de la production iranienne en hydrocarbure est destinée au marché intérieur et la production d’électricité en dépend à 93%. L’Iran est en outre devenu importateur de pétrole raffiné suite à ses manquements infrastructurels. Aujourd’hui, les exportations d’hydrocarbures représentent plus de 60% des recettes et environ 30% du budget de l’Etat ; tandis que la demande intérieure en énergie a augmenté de 8 à 10% par an au cours de la dernière décennie. Certains analystes prévoient par ailleurs la fin des exportations iraniennes en pétrole aux alentours de 2014-2015 si aucun investissement significatif ne vient augmenter la capacité de production du pays. Face à ce tableau, l’argumentaire iranien prêchant la diversification énergétique afin de garantir les exportations d’hydrocarbures et la survie économique de l’Etat paraît tout à fait rationnel. Cependant, les experts s’accordent sur le fait que l’Iran ne ferait réellement des économies que dans la mesure où il déciderait de développer son industrie nucléaire civile tout en achetant son combustible nucléaire à l’étranger. En effet, il apparaît que la volonté de développer une industrie d’enrichissement endogène représente un véritable gouffre financier pour la république islamique. Même si l’argumentaire économique est ici battu en brèche par certains experts, Téhéran persiste et signe, affirmant que ses progrès technologiques couplés aux développements futurs de son industrie nucléaire lui permettront de réaliser des économies d’échelle. De plus, l’Iran affirme n’avoir aucune confiance dans les pays fournisseurs d’uranium enrichi, défendant sa position par le besoin naturel et inhérent à chaque Etat d’assurer sa sécurité énergétique. Vus d’Occident, ces doutes sur la rentabilité d’un programme nucléaire civil totalement autonome ne font qu’accroître les suspicions sur l’objectif réel du programme des Mollahs.

Un autre facteur intervient cependant dans la volonté iranienne d’arriver à la maîtrise de l’atome : la recherche du prestige et par extension, de la puissance. La classe politique iranienne tient traditionnellement un discours très nationaliste dans lequel la revendication de la république islamique en tant que puissance régionale présente un caractère itératif. La maîtrise complète de la technologie nucléaire, même seulement de sa composante civile, galvaniserait ce discours nationaliste et servirait à affirmer la puissance régionale de la république islamique ; elle qui tente de s’imposer comme « la » puissance régionale en lieu et place de l’Arabie Saoudite.


Voici la suite de la petite synthèse de la question nucléaire iranienne que je vous propose ce mois-ci.

La question nucléaire iranienne et le débat international qu’elle suscite s’inscrivent quant à eux dans un contexte plus large, à savoir la volonté affichée par l’Iran de marquer sa pleine souveraineté au regard de ce qu’il considère comme ses droits légitimes et de résister aux pressions des puissances étrangères ; plus particulièrement celles émanant de l’Occident. Si l’on demande aux officiels iraniens pourquoi ont-ils dissimulé tant d’activités à l’AIEA durant les années 1990, ils se défendent en rappelant que leurs demandes d’assistance auprès de l’AIEA sont restées lettre morte et il qu’ils n’ont eu d’autres choix que de se tourner vers des pays moins regardant ou des réseaux clandestins (A. Khan) pour mener à bien leurs « activités nucléaires civiles ». Dans leur discours, c’est l’Occident qui le premier à transgressé le TNP et plus particulièrement son article 4, en refusant d’assister techniquement l’Iran dans son programme nucléaire. Ce sont également les puissances nucléaires occidentales, au premier lieu desquelles se retrouvent les Etats-Unis, qui refusent de désarmer leurs arsenaux (en référence à l’art. 6 du TNP) et mènent un régime de deux poids deux mesures dans le domaine du nucléaire (Inde, Israël). Face aux accusations et doutes occidentaux, l’Iran surenchérit dans sa posture défensive, dénonçant les Etats détenteurs de l’arme atomique et prônant régulièrement, outre un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires, un monde totalement dénucléarisé . Par ailleurs, face à la logique de la géopolitique et du réalisme que lui confrontent certains analystes, l’Iran rétorque que sa politique étrangère n’est pas dictée par de telles considérations qu’elle considère comme le fruit d’une conception occidentale des relations internationales aujourd’hui dépassée. Dans le discours officiel du régime iranien, la détention d’armes atomiques est par ailleurs dénoncée comme contraire aux préceptes islamiques et constitue un « crime inhumain ». De plus, le président iranien évoque régulièrement « l’inefficacité » des armes nucléaires comme facteur de victoire dans le contexte international actuel, propos également régulièrement relayés par Manouchehr Mottaki, l’actuel ministre iranien des affaires étrangères .

Concernant les revendications américaines et les résolutions du CSNU demandant le gel des activités d’enrichissement d’uranium, l’Iran rétorque qu’il n’a pas à se soumettre à des exigences qu’il considère comme illégales au regard du droit international, le TNP n’interdisant nullement la recherche et le développement d’activités dans ce domaine. De plus l’Iran dénonce ici encore un régime de deux poids deux mesures et se demande pourquoi il devrait renoncer à une maîtrise complète du cycle du combustible qui contribuerait à sa sécurité énergétique, le pays disposant de suffisamment d’uranium sur son territoire pour subvenir à ses besoins. La communauté internationale continue quant à elle de demander le gel des activités d’enrichissement, arguant que l’Iran ne dispose pour l’heure, ni ne disposera à court terme, de centrales à caractère civile nécessitant une pareille capacité de production .

La république islamique estime donc avoir la justice de son côté dans ce bras de fer qui l’oppose aux grands de ce monde. En jouant la carte de la victimisation, elle cherche par ailleurs probablement à exacerber le sentiment nationaliste de sa population et à se positionner vis-à-vis du monde comme un modèle de résistance au « néo-impérialisme » américain.


Les derniers développements

Après 9 mois d’une politique de la main tendue, l’administration Obama a entrepris de reprendre en octobre 2009 les pourparlers sur la question nucléaire iranienne entre le groupe des 5 + 1 et la république islamique. Ces pourparlers portaient sur l’approvisionnement en combustible du réacteur de recherche de Téhéran (RRT). Ce réacteur modeste (5 MW) fut livré dans les années 70 à l’Iran par les Etats-Unis, alors alliés de Téhéran. Son fonctionnement nécessite un combustible enrichi à 20% et il ne peut avoir d’autre utilité que la fabrication d’isotopes destinés à l’imagerie médicale. Il ne peut donc en aucun cas servir à des fins militaires. Jusqu’à présent, l’Argentine s’était toujours consentie à livrer l’uranium nécessaire à son fonctionnement. Désormais opposé à un refus, l’Iran n’a eu d’autre choix que de se tourner vers l’AIEA et le groupe des 5+1 pour résoudre son problème d’approvisionnement.

Le début des négociations fut marqué par un coup de force de la part des occidentaux. En effet, à le veille de la reprise des pourparlers, ceux-ci annoncèrent publiquement la découverte d’un nouveau site clandestin destiné à l’enrichissement d’uranium situé à Fordo ; près de la ville sainte de Qom. Cette révélation ne fut pas sans rappeler celles de 2002 et avait comme objectif de mettre Téhéran sous pression à la veille de négociations critiques pour la gestion du nucléaire iranien. L’Iran rétorqua que le site était encore en construction et que selon les dispositions de l’AIEA, il n’était pas en infraction au regard des délais imposant la déclaration de toute nouvelle installation à l’agence. Celle-ci demanda à pouvoir visiter le site, ce qu’elle fut autorisée à faire, mais uniquement un mois plus tard.

Dès le début des négociations, les occidentaux déposèrent sur la table une proposition concrète visant à régler l’approvisionnement du RRT tout en contribuant à rétablir la confiance avec l’Iran dans l’hypothèse de futures négociations plus générales. Cette proposition prévoyait que l’Iran cède environ 70% de son uranium enrichi à 3,5 %, soit environ 1200 kg, afin que celui-ci ne soit envoyé en Russie puis en France afin d’être conditionné en combustible compatible pour le RRT. Dans un premier temps, la république islamique annonça son « accord de principe » mais demanda un délai afin d’examiner dans le détail les modalités d’application de l’accord. Dans un second temps, tout en réaffirmant son accord de principe sur un échange de combustible, Téhéran avança une contre proposition. Celle-ci consistait en un échange graduel, par tranche de 200 kg, d’uranium à 3,5% contre du combustible enrichi à 20%. Cette offre fut rejetée par les occidentaux qui voyaient dans leur proposition initiale le moyen de priver l’Iran de l’essentiel de son uranium pour une durée d’approximativement 1 an et demi ; Téhéran ne pouvant produire qu’approximativement 80 kg d’Ur à 3,5 % par mois. Ce faisant, ils retardaient également pour un an la possibilité de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. La contre-proposition iranienne contredisait ces objectifs.

Suite au refus des puissances occidentales face à la contre-proposition iranienne, Téhéran annonça en février qu’il allait lui-même produire l’uranium enrichi à 20 %. Dans le même temps, il annonça la construction prochaine de 10 nouveaux sites destinés à l’enrichissement d’uranium, sites qui seraient supervisés par l’AIEA. Dans le même temps, l’agence publia son dernier rapport sur le programme nucléaire iranien le 18 de ce même mois. Pour la première fois, l’AIEA évoquait dans un document officiel un possible volet militaire aux activités iraniennes, arguant que l’Iran n’avait pu prouver au travers de son attitude que son programme était strictement civil. Ce rapport fut dénoncé par Téhéran qui dénonça la perte de crédibilité de l’agence .

Pour leur part, les occidentaux sont dès lors à nouveau rentrés dans une logique coercitive vis-à-vis de la république islamique. Les Etats-Unis ont mené de rudes offensives diplomatiques pour arriver à convaincre les russes et les chinois de soutenir une nouvelle résolution de sanctions à l’encontre de l’Iran. Ceux-ci se sont finalement déclarés prêt à soutenir pareille résolution dans la mesure où elle n’affecterait que des objectifs ciblés et ne remettrait pas en cause leurs intérêts stratégiques dans le pays .

Au cours du mois de mai, le Brésil et la Turquie (tous deux membres non-permanant du CSNU) ont mené conjointement une initiative diplomatique auprès de l’Iran dans le but de le forcer un accord et éviter ainsi l’adoption de nouvelles sanctions. Cette initiative s’est soldée par la signature, le 17 mai à Téhéran, d’un accord entre ces tois pays prévoyant l’envoi de 1200 kg d’uranium faiblement enrichi en Turquie afin qu’il y soit transformé en combustible pour le RTT. Cet accord a été vivement critiqué par les occidentaux qui dénoncent une manœuvre de diversion de la part du régime des Mollahs visant à retarder l’adoption de nouvelles sanctions. En effet, cet accord reprend exactement les mêmes dispositions que l’offre qui avait été soumise à l’Iran au mois d’octobre 2009. De plus sa mise en application est fortement hypothéquée dans la mesure où elle nécessiterait une coopération de la France et de la Russie qui y sont mentionnées comme les responsables de la transformation de l’uranium iranien en combustible enrichi à 20 %. Pour la Turquie et le Brésil, cet accord est considéré comme une réussite ; ces Etats ont dès lors affirmé que de nouvelles sanctions n’étaient plus nécessaires. Ce discours de la part de deux membres non permanant du CSNU n’a évidemment pas plus à Washington, d’autant plus que dès le lendemain de la signature de cet accord, l’Iran a annoncé sa volonté de continuer ses activités d’enrichissement, même celles prévue à un taux de 20 %. Plus tard dans la journée, les Etats-Unis ont prévenu que cet accord ne changeait strictement rien dans la volonté d’arriver à un compromis au CSNU pour voter une nouvelle résolution de sanctions contre l’Iran.

Pour l’heure, l’accord du 17 mai semble bien être mort né. L’Iran dénonce la mauvaise fois de l’Occident tandis que celui-ci dénonce la stratégie de « la montre » jouée par Téhéran. Le régime des Mollahs a également récemment annoncé qu’il comptait mettre en service un nouveau type de centrifugeuse, 6 fois plus puissante que celles utilisées actuellement, renforçant ainsi les doutes sur ses intentions et déclenchant une vague de protestation en Occident. Alors que le régime doit aujourd'hui faire face à 4 résolutions du CSNU lui imposant des sanctions internationales, rien ne semble indiquer que l’Iran serait prêt à renoncer à son programme d’enrichissement endogène. La question nucléaire iranienne n’en a donc pas fini d’occuper le devant de la scène internationale, son dénouement n’étant pas encore ficelé. Ce qui apparaît cependant certain, c’est que les évolutions de la politique intérieure iranienne détermineront à l’avenir le ton de la république islamique vis-à-vis de la question nucléaire et par extension, son degré de conciliation aux revendications de la communauté internationale.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

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Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

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