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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 23:20

AP

mardi 1er décembre 2009, sélectionné par thom.B
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Le régime irakien de Saddam Hussein voulait faire taire Radio Free Europe/Radio Liberty par une attaque à la roquette anti-char contre ses studios à Prague, a affirmé lundi le service tchèque du contre-espionnage (BIS). La radio financée par les Etats-Unis avait commencé à diffuser à destination de l’Irak en 1998.

"Saddam Hussein a donné l’ordre à son service du renseignement d’utiliser la force pour perturber la diffusion de Radio Free Europe à destination de l’Irak et avait débloqué d’importantes sommes d’argent pour ce faire", affirme le BIS dans un communiqué. Il précise avoir eu connaissance du projet en 2000 mais ne sait pas pour quand l’attaque était prévue.

Des espions irakiens se faisant passer pour des diplomates devaient tirer depuis la fenêtre d’un immeuble proche de la radio, dans le centre de Prague, selon le BIS. Ils avaient utilisé la valise diplomatique pour faire entrer les armes, parmi lesquelles un missile anti-char, des mitrailleuses et des munitions.

Les autorités irakiennes ont été prévenues de ce que leur plan était éventé en 2000, et la République tchèque a expulsé six diplomates irakiens accusés d’espionnage, en 2001 pour le premier et en mars 2003 pour les cinq autres, a précisé Jan Subert, porte-parole du BIS. En avril 2003, un mois après l’invasion de l’Irak par la coalition conduire par les Etats-Unis, les responsables de l’ambassade d’Irak à Prague ont remis les armes aux autorités tchèques, a-t-il ajouté.

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 21:51

RIA Novosti

jeudi 26 novembre 2009, sélectionné par Spyworld
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L’Armée de l’air russe refuse de se doter de drones de fabrication russe, car ils ne répondent pas aux performances requises, a déclaré jeudi aux journalistes le général Alexandre Zeline, commandant en chef de l’Armée de l’air russe.


"Malheureusement, nous n’avons pas réussi à fabriquer les drones ayant les performances techniques et tactiques dont nous avons besoin", a déploré M.Zeline.


Le général a précisé que les drones mis au point par l’industrie russe sont loin de satisfaire l’armée par leur vitesse et leur altitude de vol, ainsi que par le degré de résolution du matériel d’observation dont ils sont équipés.


"Il serait criminel de doter l’armée de ces drones", s’est indigné le général.


Actuellement, l’Armée russe est dotée de drones de la première génération qui sont tout juste capables de remplir des missions de reconnaissance.


Quant à l’achat par la Russie de drones israéliens, le général a indiqué que les appareils israéliens étaient supérieurs en qualité et en performances aux drones fabriqués en Russie, mais a douté de la volonté de Tel-Aviv de transmettre à Moscou son savoir-faire et ses technologies de pointe dans ce domaine.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 08:47



Alain Rodier

 

 

 

 

Hossein Ta’eb
Hossein Ta’eb, chef du renseignement iranien ?
 

Selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), mouvement qui regroupe les principales forces d'opposition au régime des mollahs, l'organisation du renseignement en Iran aurait considérablement été modifiée suite aux manifestations populaires qui ont succédées à l'élection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin 2009.

Toutes les structures de renseignement dépendraient désormais de l'« Organisation du renseignement des gardiens de la révolution », placée sous la tutelle de Hossein Ta'eb, l'ancien chef des milices bassidjis [1] :

  • le quartier général du commandement des opérations de sécurité à Téhéran - la base Sarollah - chargé du commandement de la police, des pasdaran et des milices Bassidjis ;
  • la direction du renseignement des gardiens de la Révolution ;
  • la direction de la sécurité des milices bassidjis ;
  • le propre organe de renseignement du Guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, dit le « Bureau 101 » ;
  • les agents de sécurité en civil (dits Lebasse Chakhsi ) ;
  • le centre de contrôle des activités internet.

Cette nouvelle organisation serait localisée à Qasr-e Firouzeh, siège l'état-major des pasdaran, dans un complexe appelé Kamali. Elle rendrait compte directement au Guide suprême de la Révolution via son chef de cabinet, Ali Asghar Hejazi.


Réforme ou adaptation ?

La direction du renseignement des gardiens de la Révolution islamique existe depuis la création de ce corps qui est à la fois le fer de lance et l'ultime rempart du régime théocratique iranien.


Depuis l'origine, ce service spécial est constitué de deux comités distincts : le premier chargé du recueil du renseignement, le second des opérations clandestines. Les compétences de ces comités s'exercent aussi bien sur le sol national qu'à l'étranger. La première mission de cet organisme a toujours été la chasse aux opposants réels ou présumés. Il a toujours été très lié au ministère du renseignement et de la sécurité - Vezarat-e Ettela'at va Amniat-e Keshvar (Vevak) -, notamment à l'étranger où il a souvent partagé les mêmes couvertures au sein des missions diplomatiques. Une nuance cependant, les pasdaran avaient en plus la mission de surveiller la fiabilité de leurs collègues du Vevak. Pour le volet « opération », c'est la force Al-Qods - actuellement commandée par le brigadier-général Qasem Suleimani - qui fournit le gros des effectifs.


La réorganisation des services de renseignement aurait débuté en juin 2009, le pouvoir reprochant aux structures existantes de ne pas avoir anticipé les réactions populaires qui ont suivi les dernières élections présidentielles. Toutefois, ce n'est que le 7 octobre 2009 que le major-général Mohamad Ali Jaafari, le chef des pasdaran, a annoncé officiellement la transformation de ce directorat en « organisation », ce qui l'a fait monter d'un cran dans l'échelle hiérarchique. Il a même été très clair quant aux objectifs poursuivis en déclarant : «  notre ennemi a changé de nature. Nous devons plus faire face à une menace intérieure de renversement en douceur qu'à une invasion militaire, et c'est pour cela que les gardiens doivent aussi se transformer en conséquence  ».


Si cette réforme place certains services sous la férule directe des pasdaran, rien ne vient confirmer qu'il en est de même pour le Vevak qui a rang de « ministère » donc théoriquement supérieur à celui d'« organisation ».


En fait, ces mouvements de palais semblent traduire la sourde lutte d'influence qui se déroule actuellement entre les « religieux », emmenés par le Guide suprême de la Révolution, et les « laïques », soutenus par les pasdaran et le président Ahmadinejad.


Toutefois, le problème est encore plus compliqué qu'il n'y parait, car il existe différents courants au sein même des institutions. De plus, le Vevak est encadré par des anciens pasdaran dont certains sont demeurés loyaux à leur administration d'origine. Ainsi, la crainte d'un renversement du régime de l'intérieur n'est pas nouvelle mais elle s'est amplifiée avec le temps.


  • [1] Il a été remplacé à ce poste en octobre 2009 par Mohammad Reza Naqdi.
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 16:36





Un Sommet extraordinaire des services de renseignement américano-israélo-égypto-jordaniens s’est tenu début novembre

 

Titre original : Extraordinary US-Israel-Egyptian-Jordanian intelligence summit held in early November

 

Adaptation : Lessakel

Exclusive Rapport exclusif DEBKAfile

12 Novembre 2009, 11:34 PM (GMT+02:00)

 

Le Patron du Mossad, Meir Dagan



Les sources militaires et du renseignement de Debkafile révèlent que la crise autour du programme nucléaire iranien et l’éclatement éventuel du guerre régionale ont occasionné la tenue d’un conclave des chefs du  renseignement de quatre nations à Amman, durant la première semaine de novembre. Accueilli par le directeur des services généraux de renseignement de Jordanie, le Général Mohhamed Raqed, y assitaient des responsablesde grande envergure de la CIA américaine et de l’Agence du Renseignement de la Défense (DIA), le Chef du Mossad, Meir Dagan et le dirigeant du renseignement militaire, le Général de Brigade Amos Yadlin, ainsi quele Ministre du Renseignement égyptien, le Général Omar Souleiman. Dès que la rencontre a pris fin, Souleiman a pris la direction de Riyad pour briefer le chef des services de renseignements saoudiens, le Prince Moqrin ben Abdul Aziz.

 

http://www3.pictures.gi.zimbio.com/FM+Tzipi+Livni+Leads+Israeli+Leadership+Poll+UI6d8KQNFiBl.jpg

Omar Suleiman et Tsipi Livni


Nos sources ajoutent également que cette assemble top-secrète a pris place quelques jours à peine avant que le Premier Ministre Benyamin Netanyahou et le Président américain Barack Obama ne conversent à la Maison Blanche, lundi 9 novembre. Ils ont, par conséquent, bénéficié de ses conclusions avant que les responsables politiques n’en parlent entre eux. Deux jours plus tard, Netanyahou a transmis l’information concernant le sommet du renseignement au Président français Nicolas Sarkozy, lors de son séjour à Paris.

(NDLR : d'autres articles du même site mettent l'accent sur le fait que durant les entrevues présidentielles avec Bibi, il n'aurait été principalement question que de l'Iran).


C’était la première fois qu’Israël prenait part à une rencontre secrète des chefs des services secrets du Moyen-Orient dont l’objectif principal était de coordonner leurs prochains mouvements.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 19:32



Erdogan promet une assistance turque en matière de renseignement contre Israël



Rapport exclusif de DEBKAfile


Adapté par Marc Brzustowski

pour http://lessakele.over-blog.fr et http://aschkel.over-blog.com

 

10 Novembre 2009, 5:04 PM (GMT+02:00)


http://www.france-armenie.net/IMG/jpg/610x.jpg

Le PM turc et le Président Iranien : comme larrons en foire.

 

 

Durant la partie secrète de leurs discussions à Téhéran, le 28 octobre, les sources militaires de Debkafile révèlent que le Premier Ministre turc Tayyep Recep Erdogan et le Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad ont conclu des accords de coopération militaire promettant une assistance turque en matière de renseignement militaire et de force aérienne contre toute possible attaque israélienne en direction de ses sites nucléaires.


Leurs arrangements ont franchi le pas consistant à ce que la Turquie transfère des renseignements à Téhéran sur l’éventualité de préparatifs israéliens en vue d’une frappe et sur les mouvements de l’Armée américaine au Moyen-Orient, de façon à leur fournir un soutien. Nos sources confient que la finalisation des détails durant des rencontres entre les spécialistes militaires turcs et iraniens se sont tenus à Istanbul, le lundi 9 novembre, et devaient être scellés par les Présidents Abdullah Gul et Ahmadinedjad, Mardi. Le Président iranien était attendu en Turquie, en tant qu’invité à la Conférence Islamique.

 

http://pagesperso-orange.fr/la-corde/Lestextes/reductions/tomber%20le%20masque.jpg



Le Premier Ministre Turc ne s'est pas seulement contenté d’enterrer les relations militaires et secrètes de longue haleine de son pays avec Israël, mais s'est embarqué sur l’axe adverse en conflit avec l’Etat Juif. La Turquie est tombée d’accord pour élargir la surveillance des avant-postes extérieurs encerclant les frontières d’Israël : le Hamas étant chargé du Sud- Ouest, à partir de Gaza, la Syrie, à l’Est, le Liban au Nord et, désormais, la Turquie depuis le Nord-Ouest. Téhéran parie sur cet encerclement pour obtenir des alertes précoces à propos d’une frappe israélienne imminente et de tout mouvement de soutien américain.


Selon des sources du renseignement occidental à Ankara, les chefs de l’Armée turque se sont opposés à la stratégie de retournement de leur gouvernement vers l’Iran et contre la rupture des liens avec Israël. Malgré cela, leurs dirigeants pro-islamistes, qui seont graduellement allégés du poids de l’armée dans les décisions politiques, les ont forcés à accepter des liens opérationnels avec l’armée d’une nation moyen-orientale antioccidentale comme faisant partie des intérêts supérieurs de la nation.


L’argument le plus imparable d’Erdogan consiste à dire que la proposition secrète du Président Barak Obama visant à ce que l’Iran dépose 400 kilos de son uranium enrichi en Turquie afin de les mettre sous bonne garde des inspecteurs de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique, a élevé la Turquie à un rôle de premier plan comme garant entre les Etats-Unis et l’Iran, consacré par le directeur de l’Agence Mohammed ElBaradei. Si la Turquie, membre de l’OTAN, a été capable de gagner la confiance du Régime iranien, maintient le Premier Ministre, c’est uniquement grâce aux accords militaires qu’il a conclu à Téhéran.


Les sources militaires de Debkafile rapportent que l’écho de l’accord de collaboration turco-iranienne a été reçu avec l’effet d’un électrochoc à Washington et Jérusalem. Ils n’avaient pas été prévenus par avance par leurs services de renseignement qu’Erdogan avait l’intention de pousser le bouchon aussi loin, jusqu’à allier la Turquie avec le Régime islamiste.

 

http://www.network54.com/Realm/hellosfakan/jpg/kk.jpg

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 09:20

 

  Trad : Lessakel

 


nasrallah_wipes.jpg image by Melbabou


Washington DC – 26 Octobre 2009 (RPS Intelligence) -- Le Directoire  Central du Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne, responsable du Hezbollah au Liban a envoyé une lettre à Nasrallah visant à établir un audit des fonds que l’Iran verse au Hezbollah sur des données annuelles. On ne dispose pas de détails sur l’ampleur que l’audit est supposé recouvrir.

 

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/200909/13/107842-salah-ezzedine.jpg

Salah Ezzedine, le "Madoff Libanais"


En conséquence de la chute de Salah Ezzedine, le "Madoff libanais," l’Iran suspecte que les fonds qu’il distribue au Hezbollah n’aient été détournés pour un usage personnel. Ce qui a déclenché la lettre découle de la prise de connaissance que plusieurs des agents de haut-rang du Hezbollah qui ont perdu beaucoup d’argent par l’entremise d’Ezzedine étaient, à l’origine, des personnes disposant de revenus de classe moyenne, trop peu pour se lancer dans ce genre d’affaires.

 

argentsale.jpg

 

A la suite de la réception de ce courrier, Nasrallah a séjourné secrètement dans la Vallée de la Bekaa au Liban, pour des entrevues de haut niveau, afin de discuter la requête de l’Iran.

 

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/aef_ct_article_medium_small_thumbnail/story/0525-hezbollah-hariri-m.jpg
Sur un autre front, le journal Der Spiegel, en Allemagne prepare un long reportage sur la Syrie, dans lequel il mène l’interview de Jamil al-Sayed, l’un des personages principaux de la Sécurité, arrêtés au Liban dans le cadre de l’enquête sur lassassinat d’Hariri. Nos sources nous confient que al-Sayed est censé y divulguer que les services libanais et le groupe d’enquêteurs de l’ONU auraient exigé de lui qu’il montre du doigt la Syrie comme le principal coupable derrière le meurtre d’Hariri.


http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/1-176.jpg

 

Al Sayed s’est rendu en visite en Syrie plusieurs fois récemment.



Les Sources de RPS signalent que ses visites en Syrie avaient pour but de préparer , avec l’appareil sécuritaire, cette interview et de fournir de faux renseignements « cuisinés » à la sauce damascène afin de saboter l’enquête en manipulant Der Spiegel.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 10:55
Oct 200920

Par IsraelValley Desk
Rubrique: Actualité
Publié le 20 octobre 2009

Un cerveau de la NASA accusé d’espionnage. Un scientifique américain de haut niveau, qui avait travaillé à la NASA, à la Maison Blanche et au Pentagone, a été arrêté ce lundi 19 octobre pour tentative d’espionnage présumé au profit d’Israël. Stewart Nozette sera présenté ce mardi devant un tribunal fédéral. Il risque la prison à perpétuité.

Selon rfi.fr : "Stewart Nozette a été cueilli par le FBI lundi, en sortant d’un grand hôtel de Washington, où il venait de remettre des documents hautement confidentiels à un homme qu’il croyait être un agent du Mossad. Toute l’opération était un piège, les agents israéliens étaient en fait des policiers américains.

Ce scientifique de haut niveau est connu pour avoir participé à la mise en oeuvre du radar qui a permis de détecter la présence d’eau sur le pôle sud de la Lune. Il avait collaboré pendant des années avec la NASA, le Pentagone et la Maison Blanche, et disposait à ce titre de tous les accès aux documents classés secret défense.

L’attention des policiers a été attiré d’abord par le fait qu’il avait travaillé comme consultant pendant dix ans pour une société aérospatiale israélienne ; au début de l’année, il est parti pour un voyage à l’étranger avec deux disques durs d’ordinateurs, et il est revenu sans. Il n’en fallait pas plus pour que les agents du FBI lui tendent un piège, dans lequel il est tombé à pieds joints.

Lors de la négociation piégée qui a conduit à son arrestation hier, il voulait troquer des informations classées secret défense sur les satellites américains, en échange d’une importante somme d’argent et d’un passeport israélien."

 

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 14:00


http://www.decitre.fr/gi/22/9782847363722FS.gif



Lessakel : Vous avez rédigé un ouvrage sur les sociétés militaires privées (Les chiens de guerre de l’Amérique, éditions Nouveau Monde, octobre 2008). Jusqu’où leurs missions peuvent-elles aller ?

 

Jean-Jacques Cécile : Ce sont avant tout des sociétés commerciales, donc vous pouvez leur demander tout ce que vous voulez. Tel est le jeu capitaliste : dès que surgit un besoin, il se trouve toujours une ou plusieurs entreprises qui sont capables de faire des offres. Et quand bien même on ne parviendrait pas à trouver un organisme commercial compétent, il suffirait de le créer, si besoin en débauchant à prix d’or les spécialistes formés dans le secteur public. Outre-Atlantique, s’il prenait à l’administration Obama l’envie de sous-traiter le Pentagone, il se trouverait des sociétés capables de vous vendre un Secretary of Defense clés en main ! Tel est l’entrisme des actionnaires chez les militaires : le domaine régalien se réduit comme peau de chagrin.

 

http://blog.christianitytoday.com/ctpolitics/upload/2009/04/homelandsecurity.png

Prenez l’exemple de la communauté américaine sur renseignement : 27 % de son personnel sont composés de contractors, c’est-à-dire soit des agents sous contrat individuel, soit des employés recrutés en vertu de contrats collectifs attribués à des sociétés commerciales. Encore ce chiffre cache-t-il des disparités, puisque au sein de l’Office of Intelligence and Analysis (branche « renseignement » du Department of Homeland Security), la proportion est de 63 % ! Même les opérations clandestines n’échappent plus au phénomène de la sous-traitance, ce que démontre une des dernières affaires en date impliquant la société Blackwater USA, maintenant Xe Services, à laquelle la Central Intelligence Agency avait, en 2004, confié la réalisation d’un programme visant à liquider les principaux leaders d’al-Qaeda. Plus généralement, les forces armées américaines ne pourraient plus prétendre aller en guerre sans le concours des contractors. Prenons l’exemple de l’arrivée de renforts en Afghanistan : les civils sous contrat travaillant au profit des militaires de l’Oncle Sam y sont désormais plus nombreux que les GIs, à savoir près de 74 000 contre 58 000 soldats à la date du 30 juin, même si, a contrario, on a enregistré parallèlement en trois mois une déflation de 10 % s’agissant de l’Irak.

 

http://msnbcmedia1.msn.com/j/msnbc/Components/Video/050215/nn_myers_contractors_050215.300w.jpg

 

L. : Au-delà des caricatures (« mercenaires », « chiens de guerre »), qui sont ces employés qui travaillent au profit des armées sous couvert d’une société militaire privée ?

 

J.J.C : Une précision : les gouvernements ne sont pas les seuls clients à avoir recours aux contractors, ceux-ci peuvent également travailler pour d’autres sociétés privées. C’est notamment le cas des gardes du corps qui protègent les cadres d’entreprises travaillant dans des zones à risques ou encore dès lors qu’il existe une relation de sous-traitance entre deux sociétés commerciales.

Pour répondre plus directement à votre question en schématisant à l’extrême, on trouve principalement trois catégories de personnel :

 

 La première est celle des spécialistes hautement qualifiés, par exemple les analystes en matière de renseignement ou les techniciens chargés de la maintenance des systèmes d’armes. Ils ont pour la plupart appris leur métier dans les organismes officiels qu’ils ont quittés, souvent pour reprendre le même emploi sous couvert d’un contrat de sous-traitance passé avec une société privée mais avec un salaire nettement revu à la hausse.

 

http://www.wired.com/images_blogs/photos/uncategorized/2007/04/05/black.jpg


La deuxième catégorie est composée d’ex-membres des forces spéciales occidentales, des unités d’élite, voire d’anciens opérationnels des services de renseignement. Eux aussi ont acquis leurs savoir-faire dans le sérail des organismes d’Etat avant d’aller monnayer leurs capacités auprès des sociétés qui les rémunèrent à prix d’or. Les tarifs pratiqués sont bien entendu fonction du danger, c’est là aussi la loi capitaliste de l’offre et de la demande. Si le danger est élevé, la demande est forte, les prix sont tirés à la hausse et réciproquement. C’est la crème des contractors, des gens qui sont capables d’accomplir toutes les missions, y compris les plus délicates et les plus risquées. Dans un article qu’ils ont rédigé au profit du site Internet Mother Jones, Bruce Falconer et Daniel Schulman caractérisent ainsi les employés de Greystone Limited, une société de la nébuleuse Blackwater, pardon, Xe : « ils ont les capacités de faire tout ce dont vous avez envie. Ils offrent tous les genres de services de A à Z. Opérations aériennes. Opérations spéciales. Sauvetage. Intervention en cas d’enlèvement. Dites ce dont vous avez besoin. Si vous avez l’argent, ils ont le savoir-faire. [La société peut] vous louer dix-sept James Bond avec un Arnold Schwarzenegger à leur tête ».

 


http://www.propublica.org/images/articles/contractors/pp_contractors_475px_090416.jpg


La dernière catégorie est celle des pauvres hères, des hommes de main recrutés dans les pays du tiers-monde, rétribués à coups de trique et auxquels on n’accorde même pas le luxe d’une assurance en cas « d’accident ». Leur rôle se limite le plus souvent au gardiennage des bâtiments. Ce sont eux qui s’occupent des check points, là où la probabilité de se faire exploser par un kamikaze est la plus grande. Dans cette catégorie, à peine mieux payés, on trouve les gens recrutés pour leurs connaissances linguistiques. De nombreux Irakiens exilés aux Etats-Unis sont par exemple employés par les forces armées pour jouer le rôle de la population dans les villages de combat où les GIs s’entraînent de façon la plus réaliste possible. C’est également le cas des traducteurs recrutés localement là où un conflit fait rage.

 

L. : Le développement de ces entreprises est-il un phénomène essentiellement américain ? Ou une conséquence de la professionnalisation des armées occidentales ?

 

J.J.C : Plus qu’une conséquence de la professionnalisation des armées occidentales, le phénomène est une conséquence de la réduction des effectifs qui, elle, n’est pas uniquement motivée par la professionnalisation. Et puis pourquoi n’évoquer que le cas occidental ? C’est un phénomène globalisé même si la globalisation est souvent initiée par les Américains. Les sociétés militaires privées de l’Oncle Sam recrutent partout, y compris en Inde ou en Amérique latine, souvent par l’entremise d’intermédiaires locaux peu scrupuleux qui en profitent pour s’enrichir aux dépends des hommes de main qu’ils embauchent. Que le phénomène soit essentiellement américain, c’est indéniable, non seulement parce que les Etats-Unis sont la première puissance économique et militaire au monde mais aussi parce que c’est dans leur culture, une culture que George Bush a tout fait pour perpétuer !

 

L/ : J’aimerais maintenant, si vous le permettez, vous poser deux questions relatives à la médiatisation des conflits. La première : quelle marge de manœuvre, quelle liberté éditoriale un militaire peut-il se donner ?

 

http://www.uvsq.fr/news/publications/images/medias4.jpg

 

J.J.C : Cette question est très intéressante car elle soulève un problème fondamental, celui du juste milieu entre d’une part la sécurité de l’information de laquelle dépend souvent la vie des soldats engagés sur le terrain et d’autre part la liberté de l’information, voire le devoir d’information dans le cadre d’une société démocratique. La première réponse que j’ai envie de vous faire, c’est qu’un militaire n’a pas à s’attribuer de marge de manœuvre ou de liberté éditoriale. Un soldat est là pour respecter à la lettre les lois et règlements et ceux fixant les conditions d’application du devoir de réserve ainsi que de la protection de l’information ne font pas exception. Le problème survient la plupart du temps lorsque la Grande Muette commence à avoir l’impression que la hiérarchie jusqu’au plus haut sommet de l’Etat se cache derrière le secret de défense non pas pour préserver la vie des soldats ou pour conserver un avantage informationnel vis-à-vis de l’ennemi mais pour cacher à l’opinion publique une vérité politiquement dérangeante. Autre cas générateur de ressentiment : celui dans le cadre duquel généraux ou politiciens mettent en danger la vie des soldats en révélant, dans le but d’obtenir des gains partisans, des informations auparavant classifiées alors que, parallèlement, le glaive de la justice tombe avec toute sa sévérité pour la moindre peccadille que l’on pourrait imputer à un militaire se situant plutôt dans le bas de la pyramide des grades. Ce n’est plus l’application de la sainte devise « Liberté, égalité, fraternité » mais plutôt une manière de gouvernance mettant en application le dicton « selon que vous serez puissant ou misérable… ». Pour le reste, c’est à chacun de se situer par rapport à sa conscience, aux obligations du devoir de réserve et aux impératifs de sûreté de l’information. Il y a cependant un tabou absolu : rien ne doit être dit qui puisse mettre en danger de quelque manière que ce soit les soldats sur le terrain. Les plus extrêmes précautions doivent donc être prises dès lors qu’il s’agit d’évoquer les opérations en cours. Deuxième tabou, la compromission d’une capacité d’acquisition du renseignement. Il peut s’agir des possibilités propres aux systèmes d’interception des communications ou encore de toute information qui permettrait à l’adversaire de découvrir l’identité d’une source humaine. Actuellement, la sortie d’un ouvrage fait débat à ce sujet, je veux parler de celui écrit par Thomas Rathsack, un « ancien » des forces spéciales danoises, sous le titre Hunter – at war with the elite. Au risque de vous décevoir, je n’évoquerai pas ce cas car je n’ai pas terminé la lecture du livre en question, il m’est donc difficile d’émettre un quelconque jugement.

 

http://2.bp.blogspot.com/_4skqFpB4HMM/SioYwM3llyI/AAAAAAAAF4E/K8Fu-LwlUL0/s400/Une+guerre+pour+prot%C3%A9ger+nos+int%C3%A9r%C3%AAts.jpg

 

L. : Deuxième question : entre censure et divulgation, quel contrôle de l’information les forces armées peuvent-elles assurer, sachant que les conflits actuels se gagnent dans les médias tout autant que sur le terrain ?

 

J.J.C : C’est un problème épineux dans le sens où le moindre téléphone portable peut faire de tout soldat un reporter en puissance, et ce n’est là qu’un des nombreux exemples de ces « nouvelles technologies » qui façonnent ce champ de l’information plus que jamais devenu un champ supplémentaire d’application de tactiques, techniques et procédures (TTP) conflictuelles. Contrôler l’information fait partie de ces TTP particulières mais l’éventail des méthodes permettant de gagner la bataille de l’information ne se limite pas à des techniques de contrôle. Du reste, on se rend vite compte de ce que l’efficacité d’une interdiction peut avoir de relatif. Plus que jamais, il s’agit de sensibiliser, de convaincre, de se montrer vigilant et d’accompagner. Sensibiliser à ce qu’une divulgation peut avoir de dommageable pour l’efficacité opérationnelle, convaincre que la prudence est bonne conseillère, se montrer vigilant pour percevoir la menace immédiate afin de la contrer avant que sa concrétisation ne cause des dommages irrémédiables et accompagner les divulgations inopportunes par des contre-mesures permettant de limiter les dégâts. Plonger là-dedans, c’est certes intellectuellement moins confortable que de s’imaginer résoudre le problème en mettant les soldats au garde-à-vous et en leur faisant réciter le onzième commandement : « tu ne publieras point ». Mais l’efficacité va rarement de pair avec le confort intellectuel.

 

http://kamizole.blog.lemonde.fr/files/2008/04/sarkozy-c-la-guerre.1207047587.jpg

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 14:06




Seconde Partie de notre série d'entretiens exclusifs avec  Jean-Jacques CECILE, expert des Forces Spéciales et du Renseignement Militaire, auteur de 9 ouvrages sur la question, dont, récemment :

 




2nde Partie d'entretiens :


De la Chute du Mur à l'après- 11 septembre :


Pour suivre le premier volet de ces discussions, se reporter à : http://lessakele.over-blog.fr/article-36814049.html


Lessakel : En quoi la chute du Mur a-t-elle brouillé les cartes ? Est-ce que l’on peut distinguer la persistance de fondamentaux ?

 

J.J.C : La comparaison qui suit résume à quel point l’univers des militaires a été bouleversé : il fallait auparavant se préparer à combattre des divisions blindées déferlant depuis l’Oural en direction de Brest tandis que maintenant, il s’agit de courtiser ou d’interpeller, selon le cas, un meneur de bande ex-yougoslave, un leader terroriste, un chef de cellule confectionnant des engins explosifs improvisés, un adolescent déboussolé chauffé à blanc par les prêches de haine qui se répandent sur Internet, un paysan le jour qui devient subitement talib la nuit en ramassant la Kalachnikov hâtivement dissimulée dans un fourré et j’en passe et des meilleures. Espions et analystes se sont retrouvés dans l’obligation de s’adapter.


Par exemple, après que les spécialistes de la Military Intelligence américaine opérant en Irak aient constaté que les structures des cellules terroristes présentaient des analogies avec les gangs opérant dans les rues des villes aux Etats-Unis, ils se sont mis à utiliser des logiciels conçus au profit des policiers afin de résoudre les affaires criminelles ; ce sont des policemen réservistes effectuant une période d’activité entre le Tigre et l’Euphrate qui ont apporté ces outils dans leurs bagages.


A contrario, lorsque les divisions soviétiques campaient à quelques centaines de kilomètres de Strasbourg, les policiers, malgré leur bonne volonté et toute leur expérience, ne nous auraient été d’aucun secours pour arrêter un déferlement de blindaille. Malgré un bouleversement de cette ampleur, on peut bien entendu toujours distinguer des fondamentaux. Le premier qui me vient à l’esprit est relatif au renseignement d’origine humaine : dès lors qu’il s’agit de manipuler quelqu’un pour l’amener à trahir son pays ou sa cause, on en revient toujours à l’acronyme MICE pour monnaie, idéologie, chantage, ego. Eh oui, même si son environnement est en évolution rapide et constante, l’homme, lui, n’a pas fondamentalement changé. Ses aspirations se déclinent toujours de la même façon.

 

L. : Enoncer que le 11 septembre a été un événement crucial est un truisme. En quoi ce que les Américains ont appelé la GWOT (« Global War On Terrorism ») a-t-il contraint les Etats ainsi que les forces spéciales à réviser leurs stratégies, tactiques, techniques et procédures (TTP) pour répondre aux nouvelles menaces ?

 

J.J.C : Permettez-moi de revenir un instant sur la formulation de votre question pour en discuter deux points essentiels. Tout d’abord, les forces spéciales n’ont pas de stratégie d’emploi. Situé à la charnière entre le politique et le militaire, le niveau stratégique se définit comme la conduite des opérations sur plusieurs théâtres. Il est donc plus approprié de dire que les forces spéciales remplissent le rôle qui est le leur au sein d’une stratégie impliquant l’ensemble des forces armées.


Par ailleurs, et c’est là le deuxième point, l’expression « nouvelles menaces » est médiatiquement sexy mais lorsque l’on y réfléchit, les menaces en question n’ont rien de nouvelles. Al-Qaeda et Ben Laden étaient connus bien avant le 11 septembre 2001. La possibilité d’utiliser des avions pour les précipiter sur des bâtiments était elle aussi beaucoup plus qu’une hypothèse d’école : si le GIGN n’était pas intervenu à Marignane en décembre 1994, il y tout lieu de croire que les terroristes du GIA auraient crashé l’Airbus détourné sur la Tour Eiffel.


Quant aux taliban, la Central Intelligence Agency les connaissait très bien puisqu’il c’est elle qui avait financé leur création par l’intermédiaire de l’ISI pakistanais au milieu des années 90. Le but était de disposer d’un Afghanistan certes sous le joug talib mais stabilisé afin d’y faire passer des oléoducs. Malheureusement, ce beau plan a tourné court lorsque les taliban ont décidé de prendre leurs distances vis-à-vis d’Islamabad. Je ne vois donc pas vraiment ce que ces menaces ont de « nouvelles ». Quant à la révision des TTP propres aux opérations spéciales, elle n’a pas vraiment eu lieu après le 11 septembre 2001.


Tout ce que les forces spéciales ont eu à faire en Afghanistan et en Irak, elles savaient déjà le faire ou peu s’en faut. Au contraire : lorsque les premiers A-Teams de Bérets verts ont posé le pied en terre afghane, les généraux américains ont eu la surprise de constater que la structure de cette « brique de base » était parfaitement adaptée à la situation. Tout juste s’est-on contenté de rajouter un spécialiste de guidage aérien et un radio supplémentaire pour assurer le coup. Non, la véritable fracture dans le domaine des tactiques, techniques et procédures en ce qui concerne tant les forces spéciales que le renseignement militaire a été consécutive à la fin de le Guerre froide, pas au 11 septembre 2001. Par exemple, au niveau des TTP, quelle différence il y a-t-il entre appréhender un criminel de guerre en ex-Yougoslavie et appréhender le leader d’une cellule terroriste en Irak ?


L’évolution du 13e RDP est symptomatique à ce sujet : les structures de l’unité ont été adaptées au milieu des années 90, pas après 2001. Le cas des pays ayant appartenu au Pacte de Varsovie, puis ayant ensuite intégré le Partenariat pour la Paix voire l’OTAN fournit un autre exemple à l’appui du constat. En fait, le véritable problème des forces spéciales occidentales et tout particulièrement chez les Américains et chez les Britanniques, consécutivement à l’écroulement des tours du World Trade Center et du Pentagone a relevé du domaine capacitaire. D’où une politique d’augmentation des effectifs difficilement implémentée sous la pression que les sociétés militaires privées ont fait peser sur les responsables de la gestion des ressources humaines. Ces mêmes SMP qui ont trouvé dans le déficit capacitaire des forces armées occidentales un espace commercial à leur mesure…

 

L. : Vous avez évoqué l’utilisation par les militaires de logiciels conçus à l’origine au profit des policiers. Pouvez-vous nous donner d’autres exemples d’évolution dans le domaine du renseignement militaire ?

 

J.J.C : Oublions un instant, si vous le voulez bien, à quel point des événements de rupture tels que la chute du Mur bouleversent les certitudes et arrêtons-nous sur le rôle analogue joué par l’évolution sans cesse accélérée des technologies. Prenons le cas des drones aériens. Pendant la Guerre du Golfe en 1990/1991, les engins utilisés par les forces armées américaines sont primitifs, les images sont enregistrées sur des bandes vidéo, la dissémination se limitant au transport physique de celles-ci. Parfois en pure perte, les unités destinataires étant tout simplement démunies de magnétoscope. Aujourd’hui, les MQ-1 Predator et MQ-9 Reaper de l’Oncle Sam opérant au-dessus de l’Irak sont pilotés en temps quasi-réel par des spécialistes de l’US Air Force travaillant dans des shelters bénéficiant de l’air conditionné et implantés sur la base aérienne de Creech, non loin de Las Vegas. Distance entre les deux : un peu plus de 12 000 kilomètres. Toutes les informations, dans un sens comme dans l’autre, transitent par voies satellitaires. Et tout fantassin muni d’un ordinateur portable correctement équipé peut prétendre recevoir les images prises par les drones tactiques orbitant au-dessus de son unité d’appartenance. Malgré cela, il faut être conscient qu’en ce domaine, nous n’en sommes qu’à la préhistoire.

 

L. : Revenons aux forces spéciales. Lorsqu’il y a coopération entre un ou plusieurs Etats, toutes les tactiques, techniques et procédures sont-elles concernées ? Est-ce qu’il y a des choses que l’on accepte d’échanger tandis que d’autres sont jalousement gardées secrètes ?

 

J.J.C : La coopération tourne parfois en eau de boudin. Il y a un exemple que je cite souvent. Au début des années 80, à l’occasion d’une des deux manœuvres annuelles majeures dénommées Eugénie qui se tenait en l’occurrence dans le Limousin, le 13e RDP avait invité des équipes du SAS. Deux de ces équipes ont purement et simplement disparu. L’une d’elles a été retrouvée par la Gendarmerie en train de photographier sous toutes les coutures le plateau d’Albion qui était à l’époque le repaire des missiles nucléaires français sol-sol de l’armée de l’Air. Voilà les inconvénients auxquels une coopération trop étroite est susceptible d’aboutir.


Autant dire que la plupart du temps, les actions de coopérations ne s’effectuent que sur la base du plus petit dénominateur commun. Les forces spéciales britanniques mettent parfois à profit les installations de l’Ecole des troupes aéroportées, à Pau, pour former leurs chuteurs. A ma connaissance, les soldats français qui ont été admis à fréquenter Hereford ne l’ont été  que pour participer au stage SERE (survie, évasion et résistance aux interrogatoires).


En général, plus l’audience s’élargit, plus les échanges ont tendance à se rapprocher du minimum requis. En juin dernier, l’International Special Training Center, une école pour forces spéciales administrée par l’OTAN et implantée à Pfüllendorf, en République Fédérale d’Allemagne, a fêté ses trente ans d’existence. Neuf nations sont parties prenantes : Belgique, Danemark, Etats-Unis, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, République Fédérale d’Allemagne et Turquie. Cette affluence fait que les domaines abordés se limitent au niveau tactique ; cela reste relativement succinct et banal : reconnaissance profonde, médecine du champ de bataille, combat à très courte distance (Close Quarters Battle), tir de précision, survie, planification et identification.


Il y a par ailleurs certains « clubs » ou certaines amitiés particulières. SAS et 1st Special Forces Operational Detachment-Delta (la « Delta Force ») américain entretiennent ainsi des liens très resserrés. SAS australien, SAS britannique et SAS néo-zélandais constituent parallèlement une sorte de club partageant une culture ainsi qu’une histoire commune en matière de forces spéciales, cela favorise les synergies.

 

L. : Monsieur Jean-Jacques CECILE, merci encore et à bientôt!

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 14:05
Avec Jean-Jacques CECILE


1ère Partie

Nous avons récemment fait écho à la parution
du 9è ouvrage de Jean-Jacques CECILE, consacré au "Special Air Service" britannique. L'auteur a bien voulu signer avec nous une série de plusieurs entretiens éclairant les enjeux et défis  actuels pour "les hommes de l'ombre" de la Défense des Etats démocratiques. Un parcours hors-normes au service de la France et de l'information "discrète".

Prochain entretien : de la Chute du Mur à l'après-11-septembre :
 



*****

Monsieur Cécile bonjour. Merci d’avoir accepté cet entretien. Pour cette première interview, pourriez-vous nous éclairer sur votre parcours militaire au sein du 13e Régiment de dragons parachutistes ?

 

J’ai eu l’honneur de servir dans les rangs du 13e RDP mais je n’ai pas fait que cela ! Après sept années à Dieuze, garnison que j’ai quittée en 1985, j’ai servi trois ans au 1er Régiment de spahis en tant que spécialiste renseignement, deux ans au Secrétariat général de la Défense nationale, organisme de coordination dépendant du Premier ministre, puis deux années au bureau « renseignement » de l’état-major de la 1e Armée.


J’ai également appartenu à d’autres organismes mais dans des emplois sans rapport, du moins officiellement, avec le renseignement. En tout, une carrière de dix-huit années.


Chez les dragons, j’ai tout d’abord été intégré à une équipe de recherche en tant que radio puis en tant qu’adjoint au chef d’équipe avant d’être transféré au bureau « opérations » du régiment.


Ma principale expérience de terrain, si l’on excepte les épisodes sur lesquels la discrétion est encore de rigueur, consiste à avoir séjourné pendant quatre mois derrière le Rideau de fer en tant que pilote rattaché à la Mission militaire de liaison près du haut commandement soviétique en Allemagne. Officiellement, la Mission, comme son nom l’indique, était chargée d’accomplir des tâches de liaison entre le commandement soviétique et le commandement des forces françaises en Allemagne. Mais en pratique, il y avait peu de liaisons et beaucoup de renseignement !

 

Avant, vous étiez un espion militaire, si je puis m’exprimer ainsi. Maintenant, en tant que journaliste d’investigation, vous révélez les secrets des espions militaires. Comment passe-t-on de l’un à l’autre ?

 

Cela s’est fait fortuitement. L’un de mes camarades sous-officier avait brièvement fréquenté le rédacteur en chef du mensuel RAIDS sur les bancs de la même fac. A l’époque, j’avais la plume assez facile et j’écrivais volontiers des articles au profit des bulletins de cohésion qui existe dans la plupart des organismes militaires. C’est ainsi que j’avais publié un texte sur les forces spéciales américaines dans la revue interne du Secrétariat général de la Défense nationale. Je l’ai donné à lire au rédacteur en chef en question, comme ça, pour voir, et à ma grande surprise, il a apprécié. J’ai donc commencé à publier dans RAIDS sous un nom d’emprunt puis sous ma véritable identité après avoir quitté l’uniforme.


Depuis, mes activités se sont diversifiées. Je collabore avec deux revues militaires, une lettre d’information vendue exclusivement sur abonnement, ai rédigé neuf ouvrages et interviens dans les entreprises ainsi que des centres de formations dans des domaines tels que la sensibilisation aux vulnérabilités humaines en matière d’intelligence économique, la sensibilisation aux menaces terroristes ou encore la gestion de petites équipes en ambiance de stress sévère.

 

A quel moment de l’histoire peut-on situer les origines des forces spéciales ?

 

Pour répondre à cette question, il serait auparavant nécessaire de définir très exactement les critères qui font que ces forces sont spéciales.


Mais intuitivement, on peut affirmer que les ninjas ont probablement été les premiers représentants de cette confrérie. On retrouve dans les tactiques, techniques et procédures de ces guerriers du Japon anciens quelques caractéristiques en effet très spéciales : contrairement aux samouraïs, ils n’étaient pas liés par le code d’honneur du Bushido, ils maîtrisaient les techniques d’infiltration, ils utilisaient des artifices pour tromper leurs adversaires, il étaient spécialisés dans le renseignement ou l’élimination physique des leaders ennemis…


Plus près de nous, la guerre de Sécession américaine a été riche en détachements spéciaux revêtant au besoin l’uniforme de l’ennemi pour se livrer à des raids en zone tenue par l’adversaire.


En Grande-Bretagne, il est intéressant d’observer que l’Ecosse est liée directement ou indirectement à toute une lignée d’unités spéciales : pendant la guerre des Boers, les Lovat Scouts étaient des unités mises sur pied à l’initiative d’un chef du clan Lovat et faisant de la reconnaissance profonde avant l’heure ; Lovat est également un nom indissolublement lié aux commandos ; mentionnons enfin le Special Air Service créé par David Stirling, un Ecossais dont la mère appartenait au clan Lovat. Pourquoi un tel phénomène ? Parce que dans les Highlands, nombreux étaient les chasseurs accoutumés à se camoufler, à utiliser des méthodes d’observation, d’approche puis de tir à longue distance. Ces activités leur conféraient les qualités recherchées par les unités de commandos, de forces spéciales ou de snipers : patience, endurance, furtivité, ténacité, rusticité. Il est intéressant de noter que sur le continent, une approche semblable a été observée. Dans son ouvrage intitulé Les chasseurs noirs – La brigade Dirlewanger, Christian Ingrao évoque des unités prussiennes composées de « chasseurs et leurs doubles illégaux, les braconniers » ; il précise : « Frédéric II de Prusse créa les premières unités qui servirent pêle-mêle de police militaire, de groupes de reconnaissance en milieu hostile et de tireurs d’élite ».

 

A votre avis, quelles sont les unités de forces spéciales qui se distinguent du lot et pourquoi ?

 

C’est difficile à dire et je ne sais pas s’il est vraiment judicieux d’initier un tel débat. Il n’y a pas longtemps à propos de l’affaire du voilier Tanit, Christian Prouteau, le fondateur du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale puis du Groupe de sécurité de la présidence de la République, s’est signalé aux médias en opposant le GIGN au commando Hubert (NDLR : Commando des nageurs de combat de la Marine Nationale : http://commandohubert.free.fr/). Ce sont là des polémiques malsaines où personne n’a quoi que ce soit à gagner. Et puis il n’est d’unité que d’hommes. Prenons le cas du 13e RDP : j’ai connu des gens qui n’avaient manifestement rien à y faire (moi le premier, diront les mauvaises langues…) et j’ai connu dans d’autres unités des hommes qui auraient grandement mérité d’y être. Il est indéniable que j’ai un intérêt particulier envers le Special Air Service mais cela m’est venu de manière fortuite, comme je l’explique d’ailleurs en introduction de mon ouvrage.

 

Que peut-on dire de l’approche doctrinaire différenciée des pays quant à leur emploi des forces spéciales ?

 

Il y a effectivement des différences, voire des disparités. Les forces spéciales françaises, officiellement du moins, agissent exclusivement en uniforme, tandis que leurs homologues américaines et britanniques délaissent volontiers le Battle Dress.


Aux Etats-Unis, l’influence de l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a fait que les troupes de l’United States Special Operations Command ont délaissé les missions de guerre non conventionnelle pour se focaliser sur les missions d’action directe visant à appréhender les leaders des mouvements terroristes et plus particulièrement d’al-Qaeda.


Au Moyen-Orient, les pays qui ont longtemps été soumis à l’influence soviétique ont parfois conservé une vision très particulière des forces spéciales qui ne sont, en fait, que des troupes aéroportées à peine spécialisées. Une situation en évolution rapide cependant car certains Etats moyen-orientaux désormais alliés des Etats-Unis, je pense en particulier à la Jordanie, bénéficient dans ce domaine d’actions de coopération qui haussent le niveau.

 

Pourquoi, comment se construisent vos ouvrages d’investigation ?

 

Pourquoi ? Par passion. En ce qui concerne le choix du thème, c’est une two-way street : cela peut venir d’un intérêt particulier de l’auteur qui « sent » bien un sujet mais cela peut également résulter d’une initiative de l’éditeur qui perçoit qu’une question va se retrouver sous les feux de l’actualité. Cette actualité peut être imprévisible ou prévisible. Prenez par exemple la chute du Mur séparant les deux Allemagne : le vingtième anniversaire de l’événement a induit la sortie d’une foultitude d’ouvrages sur la question. Comment se construisent mes ouvrages ? Je travaille surtout par synthèse de sources ouvertes. Mais je suis en train de m’essayer à d’autres méthodes puisque depuis plusieurs années déjà, je « fais causer » un « ancien » qui a eu une carrière assez étonnante dans le domaine du renseignement. C’est un domaine dans lequel j’ai la prétention d’avoir un peu roulé ma bosse, eh bien au fil de son récit, il arrive encore à me surprendre ! Le but est de remettre ses souvenirs en perspective dans un ouvrage aussi vivant et aussi prenant qu’un roman. Echéance probable : fin 2010.

 

Quelles seront vos prochaines cibles d’investigation ?

 

Secret défense. C’est quelque chose sur lequel on doit autant que possible rester discret pour deux raisons. La première est que, renseignée, une autre maison pourrait se mettre en devoir de vous couper l’herbe sous le pied. L’édition est un milieu qui s’apparente à une mer turquoise où nagent nombre de requins aux dents acérées ! Certains auteurs vont jusqu’à mener de véritables opérations d’intoxication en faisant ostensiblement semblant de s’intéresser à certains sujets pour mieux dissimuler le véritable objet de leurs recherches. Je pourrais vous citer des cas précis mais préfère là encore rester discret pour ne pas risquer de couper une branche sur laquelle je serais susceptible de m’asseoir un jour. La deuxième raison est que, pour réaliser un bon travail d’investigation, il est parfois indispensable d’avancer masqué et de ne pas annoncer d’emblée trop clairement la couleur.

 

Merci à vous, Monsieur Cécile, à bientôt!


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  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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