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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 07:43

 

 

 

bann-oeil-de-l-epervier.jpg

 

 

 

Mossad - Hommage à Meir Dagan

 

Dagan, l'action et l'audace à tout prix

 

Certaines actions attibuées au Mossad restent a être vérifiées

 

 

A lire l'épisode syrien 

Eté 2007. Les Syriens construisent à toute vitesse et en secret un réacteur nucléaire dans la région lointaine de Deir al-Zur, près de la frontière turque. Israël n'a que peu d'indications sur le sujet, en tout cas pas suffisamment de renseignements pour planifier une attaque. Le Mossad de Meir Dagan est chargé de palier à ses lacunes Selon des sources étrangères, la première percée intervient fin juillet à Londres. Deux agents suivent un officiel syrien impliqué dans le projet jusqu'à son hôtel. Dès que l'homme quitte sa chambre, ils entrent discrètement et se mettent à fouiller.


Le Premier ministre Binyamin Netanyahou (à gauche) empoigne Meïr Dagan après avoir fait son éloge lors de la réunion du cabinet ministériel du 2 janvier. 
PHOTO: AP/RONEN ZVULUN , JPOST

Dans un ordinateur portable : le projet de réacteur nucléaire de fabrication nord-coréenne, et des photos de scientifiques et responsables nord-coréens sur le site, accompagnés par un officiel syrien, Ibrahim Othman, patron de la commission de l'Energie atomique de Syrie. Juste avant de quitter la chambre, les agents introduisent un cheval de Troie de type Trojan dans l'ordinateur, pour permettre au Mossad de suivre à distance le contenu du portable depuis leur quartier général à Tel Aviv.


L'Agence réussit aussi à contacter un des travailleurs du site nucléaire. Celui-cifournit des photos et des vidéos, de très bonne qualité, du réacteur et de deux immeubles adjacents. Le satellite espion israélien Ofeq 7 transmet, lui, des photos aériennes. Pour plus de certitude, des commandos israéliens ramènent des échantillons de terre prélevés autour du site, qui s'avèrent hautement radioactifs. Puis, la veille de la mission, une unité commando de l'Air Force marque la cible avec des rayons laser pour assurer la précision des frappes.


Dans la nuit du 5 au 6 septembre, sept chasseurs bombardiers détruisent l'usine. Onze mois plus tard, selon des sources étrangères, le Mossad continue son travail autour du réacteur nucléaire syrien : il assassine le général de brigade Mohammed Suleiman, homme de confiance du président Bachar El-Assad sur les questions militaires impliquant l'Iran et la Corée du Nord. Il était chargé du transfert de roquettes depuis l'Iran au Hezbollah libanais via la Syrie. De plus, en tant que membre de la "Commission de Recherche syrienne", il était aussi responsable du développement d'armes de destruction massive, avec entre autres le réacteur de Deir al-Zur et peut-être un autre à venir. Dans la nuit du 2 août 2008, Suleiman est tué dans son chalet de vacances à Rimal al-Zahabieh, sur la côte méditerranéenne, par des snipers qui se sont approchés du rivage.


Le sabotage du programme syrien  est peut-être la plus grande réussite du patron sortant du Mossad, alors que son mandat de huit ans s'achève. Cette action révèle l'audace, le caractère impitoyable et les capacités opérationnelles sophistiquées de l'agence qu'il a façonnée. Mais elle met aussi en lumière une de ses criantes faiblesses. Dagan se focalise sur l'Iran et le terrorisme arabe. Et selon certains, au détriment de tout le reste. Si le Mossad a été informé du programme syrien, c'est uniquement par hasard.


Pendant cinq ans, l'agence est dans le noir le plus complet concernant ce projet nucléaire qui se développe tout près de la frontière. Ce n'est qu'en février 2007, avec le passage à l'Ouest de Ali-Reza Asgari, ancien adjoint au ministre iranien de la Défense, qu'Israël et les Etats-unis entendent pour la première fois parler de Deir al-Zur. La fuite du général Asgari aurait été organisée par le Mossad et la CIA, mais sa révélation sensationnelle est une surprise totale pour les deux pays. 

 

Dagan, l'homme de Sharon


Le départ de Dagan à la fin de l'année fait suite à trois renouvellements annuels de son mandat initial de cinq ans. C'est la première fois que cela se produit. Considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs chefs que l'agence a connu, Dagan peut se targuer de quelques réussites spectaculaires dans la guerre contre le programme nucléaire iranien et le terrorisme arabe. Aucun de ses prédécesseurs n'a eu autant d'audace ou n'a lancé autant d'opérations secrètes contre des cibles choisies. Et il est probable qu'aucun de ses successeurs n'y parviendra.


Pourtant, certains se demandent si son obsession de l'Iran ne laisse pas Israël vulnérable sur les autres fronts de la région. D'autres affirment que sous le règne de Dagan, l'agence est devenue arrogante et imprudente. Et il y a une question plus large : la politique d'éliminations ciblées prônée par Dagan sert-elle à long terme ?

 
Une chose est sûre : sous son règne, l'Agence a réussi de grandes opérations. A l'origine du Mossad audacieux version Dagan : l'ancien Premier ministre Ariel Sharon. Lorsque celui-ci prend la tête du pays en 2001, il trouve une agence d'espionnage hésitante, réticente à prendre des risques opérationnels après l'échec retentissant de 1997 : un plan destiné à éliminer le leader du Hamas Khaled Meschaal à Amman.


Lorsque Ephraïm Halevy dirige le Mossad, l'accent est mis sur le renseignement et l'analyse, ainsi que sur les liens avec d'autres agences. Sharon, ancien membre de commando, veut une approche plus ambitieuse. En août 2002, il nomme Dagan, qu'il a connu au début des années 1970 comme un formidable combattant contre les terroristes palestiniens à Gaza. Sharon aurait dit à Dagan qu'il voulait un Mossad "avec le couteau entre les dents". Debout sur une table de la cantine du Mossad le jour où il est entré en fonctions, Dagan, petit et trapu, ne laisse aucune place au doute : sous son mandat, l'organisation se concentrera beaucoup plus sur des opérations spéciales en territoire ennemi. Il précise aussi qu'il a l'intention de limiter de façon drastique les priorités de l'agence.


"La liste doit être courte. Si on continue de prétendre qu'on peut tout faire, à la fin nous ne faisons rien", déclare-t-il. Et en effet, pour Dagan, il n'y a que deux idées : retarder le programme d'armement nucléaire de l'Iran et juguler le terrorisme arabe. Il se met aussitôt au travail et transforme l'agence en fonction de ses objectifs. Certains départements sont dégraissés, d'autres complètement fermés, et les budgets sont transférés aux opérations spéciales.


Au cours des premiers mois, des centaines d'agents sont partis, y compris des experts chevronnés. En raison de la réorganisation, mais aussi à cause de la patience limitée et de l'exigence du chef. "Qu'avez-vous fait pour moi ces derniers temps ?", hurle-t-il dans les bâtiments à ceux qui, selon lui, ne font pas le poids. Les nouvelles recrues qu'il fait entrer sont plus axées sur le terrain. Sharon hérite ainsi de l'agence audacieuse et va-t-en-guerre qu'il souhaite, et approuve des dizaines d'opérations secrètes, la plupart d'entre elles restant hautement confidentielles.

 

Dès le début, la concentration des efforts sur l'objectif iranien porte ses fruits. Fin 2002, le Mossad est l'un des premiers à récupérer l'information : l'expert nucléaire pakistanais Abdel Qadir KHAN aide les Iraniens à construire une usine d'enrichissement d'uranium à Natanz.

 

Selon une version, l'information serait venue d'un groupe d'opposition iranien. Pour une autre, c'est le Mossad qui en aurait informé le Conseil national de la Résistance, qui l'a ensuite rendue publique. La même chose ou presque survient sept ans plus tard avec la découverte, en septembre 2009, d'une usine d'enrichissement cachée près de la ville sainte de Qom  la menace iranienne ou Qom Une révélation qui finit de convaincre les plus sceptiques des observateurs internationaux : en dépit des pressions occidentales, l'Iran élabore un programme d'armement nucléaire de façon clandestine.

 

Durant le mandat de Dagan, le programme nucléaire iranien est affecté par une série d'accidents et de revers inexpliqués, attribués par des sources étrangères et par les Iraniens eux-mêmes au Mossad. Des laboratoires sont incendiés, des avions s'écrasent et des équipements entiers se révèlent défectueux. L'année dernière, un virus appelé Stuxnet infecte environ 30 000 ordinateurs institutionnels iraniens et provoque un sérieux ralentissement à l'usine d'enrichissement de Natanz.

 

A la mi-novembre, les Iraniens cessent d'alimenter les centrifugeuses de Natanz en uranium et ferment les usines pendant une semaine. Pire : les scientifiques nucléaires en connexion avec le projet iranien sont systématiquement visés. Très récemment, Majid Shahriari, la plus haute autorité scientifique du programme, a été tué ; et Fereydoun Abbasi, un expert de la technologie laser, est blessé fin novembre à Téhéran, lorsque des motards activent des engins explosifs.

 

lire aussi Qui est derrière l'assasinat de scientifiques iraniens


Si le Mossad ne revendique aucune de ces actions, l'ensemble des acteurs régionaux n'a que peu de doutes sur ceux qui se cachent derrière ces éliminations, ces accidents et ces renseignements ultra-précis. Dans un rare éloge de la presse égyptienne à l'égard d'Israël, le quotidien Al-Arham a publié un article surnommant Dagan le "Supermanl" d'Israël : l'agent israélien aurait retardé la bombe iranienne quasiment à lui seul. "Chaque responsable iranien comprend le mot magique : Dagan. Sans cet homme, le programme nucléaire iranien aurait décollé depuis des années", écrit l'ancien correspondant à Gaza du journal Ashraf Abu al-Haul.

 

L'assassinat du terroriste le plus recherché par le FBI


Dagan réussit également des coups d'éclat dans son combat contre le terrorisme, avec des éliminations de responsables du Hezbollah et du Hamas sur le sol arabe. Des actions attribuées au Mossad. La plus importante d'entre eux, et de loin : l'élimination à Damas, le 12 février 2008, d'Imad MOUGHNIEH , le commandant du Hezbollah, tout en haut de la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI. Sa tête était mise à prix à 5 millions de dollars. Moughnieh était vraisemblablement derrière une série d'attentats à la voiture piégée et de kidnappings dans lesquels des centaines de personnes, principalement des Israéliens, des Américains, des Français et des Argentins, ont trouvé la mort.

 

Entre autres, les attentats de 1983 contre l'ambassade américaine et les casernes de parachutistes français à Beyrouth, mais aussi les casernes de Tsahal à Tyre ; les attentats de Buenos Aires contre l'ambassade israélienne en 1992 et contre le centre communautaire juif AMIA en 1994 ; enfin le kidnapping en juillet 2006 des soldats de Tsahal Eldad Réguev et Ehoud Goldwasser, qui a conduit à la seconde guerre du Liban.

 

Moughnieh était conscient de figurer sur les listes de personnes recherchées. Il changeait régulièrement d'identité, subissait des opérations de chirurgie esthétique, d'abord en Libye puis à Berlin-Est. Peu après la seconde guerre du Liban, et selon des sources étrangères, des agents du Mossad reçoivent ainsi un tuyau d'une clinique de Berlin. Ils obtiennent des photos récentes de Moughnieh pour le suivre et l'identifier. A l'occasion d'une visite à Damas, coïncidant avec l'anniversaire de la révolution iranienne, Moughnieh arrive pour un rendez-vous galant avec sa maîtresse syrienne. Les agents du Mossad se cachent et, grâce aux photographies, identifient l'homme en train de conduire la Mitsubishi Pajero argentée à laquelle un dispositif GPS a été ajouté, comme étant Moughnieh.

 

Peu après, le commandant du Hezbollah est tué dans l'explosion de sa voiture alors qu'il fait route pour une maison sécurisée pour rencontrer des responsables iraniens.

 

Faux passeports et remous diplomatiques


Sous le règne de Dagan, le Mossad réussit également des missions de renseignements qui permettent aux forces israéliennes d'intercepter de grosses livraisons d'armes bien avant qu'elles n'arrivent aux mains de leurs destinataires terroristes. Mi-janvier 2009, un convoi transportant des armes pour le Hamas pendant l'opération Plomb durci est bombardé, sans doute par l'armée de l'air israélienne, au Soudan. Puis en novembre de la même année, la marine israélienne intercepte le Francop, un navire battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda. Il transporte près de 100 tonnes de roquettes, obus de mortiers et missiles antichars pour le Hezbollah. L'opération se déroule près de Chypre.

 

Mais le Mossad a également connu sont lot d'échecs, aux conséquences diplomatiques d'une portée considérable. En 2004, deux agents de l'agence sont emprisonnés à Auckland pour avoir tenté d'obtenir des passeports néo-zélandais sous de faux prétextes. Le Premier ministre de l'époque Helen Clark impose alors des sanctions diplomatiques contre Israël.

 

Cinq ans et demi plus tard, l'utilisation de faux passeports étrangers pour l'élimination de Mabhouh à Dubaï provoque une tempête diplomatique de bien plus grande envergure, mouillant la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Australie, la France et l'Allemagne (pays dont les passeports de citoyens ont été utilisés). Mabhouh était chargé de faire passer clandestinement des armes à Gaza pour le Hamas, depuis le Soudan et l'Iran. Il était également impliqué dans le kidnapping et le meurtre de deux soldats israéliens, Avi Sasportas et Ilan Saadon en 1988.

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou (à gauche) empoigne Meïr Dagan après avoir fait son éloge lors de la réunion du cabinet ministériel du 2 janvier. 
PHOTO: AP/RONEN ZVULUN , JPOST

Son élimination a impliqué la participation d'environ 27 agents, tous pris par les caméras de surveillance pendant les différentes étapes de l'opération, écornant l'image de l'Agence. Les critiques tombent à bras raccourcis sur le Mossad. On commence alors à évoquer un changement de tête.

 

Quelques mois plus tard, Dagan se retrouve à nouveau dans l'oeil du cyclone. Cette fois, pour son incapacité à fournir les renseignements pour permettre à Israël d'éviter de bâcler une opération navale contre des "militants de la paix" en haute mer. Les commandos de Marine descendent en rappel sur le pont du Mavi Marmara, un des sept bateaux d'une flottille partie pour briser le blocus israélien de Gaza.

 

Les soldats ne savent pas qu'ils sont attendus par des dizaines d'hommes armés de couteaux, de barres de fer et autres objets contondants. Huit Turcs et un Américain d'origine turc sont tués lorsque les commandos, complètement dépassés en nombre, ouvrent le feu pour s'extirper d'une situation mortelle. On se demande alors pourquoi le Mossad n'a pas été en mesure de donner des informations en temps réel sur la température à bord du bateau.

 

Là encore, les retombées diplomatiques sont énormes. Avec les morts du Mavi Marmara, les relations avec la Turquie se tendent davantage et une campagne internationale de délégitimation d'Israël s'impose. Une des raisons évoquées pour le manque d'informations sur le bateau : la guerre de territoire entre les Renseignements militaires et le Mossad.

 

En se focalisant uniquement sur l'Iran, Dagan aurait ignoré les priorités définies par les renseignements de Tsahal, et les relations entre les deux agences étaient au plus bas. Une mésentente qui a pesé pour ne pas renouveler le mandat de Dagan vers une neuvième année. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a finalement pris en compte les appels à son remplacement.


Salué par ses pairs

 

Fils de survivants de la Shoah, Meïr Dagan (Huberman) est né à l'hiver 1945, dans un train de marchandises qui transportait des réfugiés de Sibérie en Pologne. Cinq ans plus tard, il arrive en Israël avec un gilet de sauvetage, à bord d'un bateau qui tangue dangereusement dans un orage violent. Après l'abandon de ses études, Dagan est refusé par l'unité d'élite Sayeret Matkal : il commence alors une carrière de trente ans au sein des troupes blindées.

Le tournant de sa carrière, qui le mènera plus tard jusqu'au Mossad, intervient en 1970. Ariel Sharon, alors commandant sur le front Sud, le charge de prendre la tête d'une unité spéciale pour combattre le terrorisme qui fait rage dans les rues de Gaza. Connus comme les Sayeret Rimon, les hommes de Dagan y sèment la terreur. Le commandant Dagan rappelle étrangement le jeune Sharon, lorsque celui-ci était chef de commando dans les années 1950 : fort d'une audace impitoyable et d'une réelle inventivité.

 

Mais contrairement à Sharon, né en Israël, l'attitude intransigeante de Dagan envers les ennemis de l'Etat hébreu vient en partie de son passé familial, lié à la Shoah. Sur le mur de son bureau : une photo délavée d'un officier SS pointant son arme sur un vieil homme. Son grand-père. En novembre dernier, lorsque le ministre de la Défense Ehoud Barak résume les huit années du mandat de Dagan, il fait l'éloge des performances du patron du Mossad qui, selon lui, vont bien au-delà du domaine public. "Les Israéliens doivent une fière chandelle à Meïr Dagan, même si nous ne pouvons pas en donner ici toutes les raisons", déclarait-il. Il en va ainsi du Mossad : ses échecs sont rendus publics et ciblés par la critique, ses réussites restent la plupart du temps secrètes.

 

La relève, fidèle à son maître


C'est Tamir Pardo, 57 ans, qui prend la succession de Dagan. Un homme très différent, à la voix douce et au sens du travail en équipe. Il a grimpé un à un tous les échelons du Mossad, où il est entré en 1980. Le nouveau chef de l'Agence entretient des liens étroits avec la famille Netanyahou, depuis l'opération Entebbe de 1976. Il servait d'officier de liaison radio dans la Sayeret Matkal, et se trouvait à quelques mètres seulement du grand frère du Premier ministre, Yoni Netanyahou, quand celui-ci a été tué par une balle de sniper. Pardo, devenu par la suite un ami de la famille, a même appelé son fils Yonatan.

 

Rares sont ceux qui estiment pourtant que sa nomination a quelque chose à voir avec ces liens personnels. Remarquable officier du Mossad, il a gagné trois prix spéciaux de la sécurité d'Israël, pour des raisons qui restent classées défense, et a servi deux fois en tant que commandant adjoint de l'organisation, avant d'en obenir la direction.

 

Après l'élimination ratée de Khaled Meschaal en 1997, Pardo avait été nommé pour diriger une enquête interne. Il sort alors un rapport qui ne ménage personne : toute l'organisation est secouée et un certain nombre de responsables démissionnent. Lorsqu'il prend la tête du Mossad en 2002, Dagan choisit immédiatement Pardo pour adjoint, et le nomme responsable des unités opérationnelles clés. Pardo quitte une première fois son poste en 2006 pour réorganiser les opérations spéciales à Tsahal. Puis à nouveau en 2009, désespérant de pouvoir prendre un jour les rênes de l'organisation après la prolongation du mandat de Dagan pour la troisième fois.

 

Il l'a déjà fait savoir : en tant que patron du Mossad, Pardo n'entend pas changer beaucoup les choses. Mais il peut éventuellement améliorer quelques points. Par exemple, les relations avec le Renseignement militaire et les services de sécurité intérieure, le Shin Bet. Ou développer la collaboration avec les agences de renseignements à l'étranger. Faire un choix plus critique des opérations spéciales à mener. Enfin, sur le front syrien, examiner les besoins en renseignements d'Israël (ce qui n'était pas une des priorités de Dagan), et étudier les chances de faire la paix.

 

L'un des plus grands défis de Pardo et des services de sécurité d'Israël en 2011 : les changements de tête de tous les services à quelques mois d'intervalle (Tsahal, les Renseignements militaires, le Mossad, le Shin Bet et la Police d'Israël). Avec le compte à rebours du nucléaire iranien et les avancées pour la paix au Proche-Orient qui s'accélèrent, 2011 sera un test pour savoir s'il était sage de remplacer tous les patrons des agences de sécurité en même temps.

 

Enquête jpost

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 15:00

Et oui faut bien faire semblant de travailler, un petit coup d'Israel par ci, un petit coup par là, et le chiffre est fait même si on raconte n'importe quoi.

Merci et Bravo Dominique pour ces éclairages

 

NANOJV.jpg

 

 

Par Dominique BOURRA

 

Annonce tonitruante hier dans le New York Times : Israël a testé le ver Stuxnet à Dimona. Et le journal américain, engageant sa réputation,  tartine à l’envi sur Dimona, au cœur du programme nucléaire israélien, avec ses cascades de centrifugeuses identiques à celles de Natanz…La preuve ? Le journal n’en a pas et le reconnaît.

Alors sur quoi le journaliste fonde-t-il son soi-disant scoop ? Sur les confidences de « spécialistes du renseignement et d’experts familiers de ce type d’opérations ». Il ne précise pas bien sûr s’il s’agit d’israéliens. Au passage,  le procédé ressemble à s’y méprendre à ceux du Canard Enchainé (ici), qui use de sa notoriété et de prétendues fuites au cœur du système de renseignement français pour raconter à peu près n’importe quoi. Le papier du New York Times réunit donc toutes les caractéristiques de l’opération d’intox. 

A commencer par le fait qu’il attire grossièrement et très opportunément l’attention sur le supposé programme nucléaire israélien (ici), qu’il établit ensuite le parallèle entre un soi-disant programme d’enrichissement israélien et son homologue iranien tant décrié, et enfin qu’il affirme définitivement la culpabilité d’Israël dans la très problématique attaque cybernétique Stuxnet (Stuxnet a généré plus de menaces réelles pour les nations industrialisées qu’il n’a effectué de dégâts limités et jamais prouvés en Iran).  

Pour justifier un peu ses dires, le New York Times cite toute honte bue, le sophisme ciselé d’un « expert en intelligence nucléaire américain » (ce serait donc la source ?) : « pour élaborer le ver, vous devez connaître les machines…la raison pour laquelle le ver (Stuxnet) a été si efficace est que les israéliens l’ont testé ».  Consternant et affligeant. Le journaliste poursuit en admettant que ni les américains ni les israéliens ne reconnaissent quoi que ce soit concernant Dimona, mais que « ce qui se passe là-bas et aux Etats-Unis constitue l’indice le plus fort attestant d’une collusion israélo-américaine pour saboter le programme iranien ». On ne sort donc pas du sous-entendu et du propos allusif. Pas le moindre début de preuve hormis le bavardage de personnes autorisées (à nuire à Israël et aux USA et à trahir les secrets réels ou supposés de leurs pays respectifs ?).

Tout ce qui suit relève du petit amalgame habituel.  A savoir, le patron sortant du Mossad (qui a parlé, mais pas de Stuxnet) et Hillary Clinton (qui évoque uniquement les sanctions) ont  fait état d’un recul du programme nucléaire iranien (l’analyse du patron d’Aman est bien entendu passée sous silence une fois de plus : ici). Nouveau petit coup de violon sur le thème « Stuxnet la cyber-arme la plus sophistiquée jamais déployée » ici ( au point qu’elle est tombée dans le domaine public et s’est répandue partout, faisant dire à des experts israéliens que c’était un vrai travail d’amateur : ici.). "La seule information réellement intéressante du papier c’est la révélation d’un audit de sécurité demandé  par Siemens aux américains en 2008 et concernant justement les systèmes Scada visés par Stuxnet (ce qui est normal en soi dans la mesure ou ce logiciel est on ne peut plus stratégique ici). "

Il y a deux ans raconte le New York Times, Siemens a donc chargé un laboratoire américain l’Idaho National Laboratory (ici)  en charge de la sécurité des programmes nucléaires américains d’examiner les vulnérabilités dudit logiciel de contrôle. Le journal joint d’ailleurs une petite présentation gentillette pour appuyer ses dires (ici). On notera au passage que la mise en ligne de présentation power point n’est la méthode la plus orthodoxe pour lancer une opération top-secrète, mais passons là encore, nous n’en sommes pas à un détail près.

L’éditorialiste enchaine avec une digression périlleuse sur la possession supposée par Israël de centrifugeuses pakistanaises première version type P1 (l’Iran dispose maintenant de matériel plus sophistiqué mais glissons). Et surprise,  ici la source du New York Times est nommément citée: Avner Cohen, auteur du livre “The Worst-Kept Secret” (2010), en délicatesse avec les autorités israéliennes, qui reconnaît n’avoir aucune connaissance spécifique mais « voit une forte signature israélienne (dans le ver) et pense que la connaissance des centrifugeuses est un facteur décisif. Ben voyons. A noter l’élément involontairement comique de l’article quand l’auteur cite des expériences menées par la CIA sur des centrifugeuses P1 au milieu des années 2000 pour conclure que ce sont des appareils peu fiables et mal conçus. Le scoop ! Aucune référence par contre aux convertisseurs qui constituent l’élément clé de la soi-disant stratégie Stuxnet, dont le think tank Isis (ici)  a montré la limite, voire l’inefficience. Aucun mot bien entendu du centre de recherche nucléaire Soreq et de ses départements spécialisés, preuve supplémentaire que le papier est bâclé et fondé sur des on-dit, on croit-que et peut-être plus grave, on m’a fortement suggéré d’écrire que…

 

DB.

Copyrights Nanojv: http://nanojv.com

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 20:45


 

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Par Dominique BOURRA

 

 

 

Au cours de ses travaux, Dillon Beresford -ici- , un jeune analyste américain basé au Texas, identifie une faille dans un système SCADA fabriqué  par la société chinoise Wellintech -ici- basée à Pékin (les systèmes scada permettent la surveillance et le  contrôle à distance des processus industriels.  Ceux du géant allemand Siemens, ont gagné une notoriété planétaire après avoir été visés par le virus Stuxnet l’an dernier). Le jeune analyste américain mentionné plus haut, exerce ses talents au sein de NSS Labs (ici), un grand laboratoire de tests et d’analyses de menaces cybernétiques basé à Austin, Texas; il dispose donc de tous les moyens pour effectuer des diagnostics irréfutables.

Lors de sa découverte en septembre 2010, en pleine affaire Stuxnet, il décide d’informer immédiatement les chinois de l’existence de cette vulnérabilité sur leurs systèmes afin d’éviter toute catastrophe future. Il envoie donc  le 28 septembre un mail d’alerte au CERT chinois -ici -(Les « Computer Emergency Response Team » sont des centres d’alerte et de réaction aux attaques informatiques présents dans chaque pays) ainsi qu’au CERT américain ; l’USCERT ici

Le système chinois concerné est l’une des applications SCADA les plus utilisées en Chine dans les processus industriels. L’existence en son sein d’une vulnérabilité critique telle que celle mise à jour par le jeune analyste américain, permet théoriquement à des pirates d’exploiter le bogue  en injectant des codes aléatoires à des fins de sabotage (selon les mécanismes décrits dans l’affaire Stuxnet, puisque dans ce dernier cas le virus pénétrait les systèmes grâce à 4 vulnérabilités inconnues). L’information révélée par Beresford aurait donc du susciter une réaction immédiate côté chinois compte tenu de la gravité des enjeux…

Au lieu de cela il s’est écoulé plusieurs mois avant qu’un patch ne soit édité pour corriger la vulnérabilité découverte en septembre. Le CERT chinois, qui n’avait tout simplement pas vu le courriel, a d’ailleurs reconnu son erreur et indiqué qu’il recevait chaque jour des milliers de mails ce qui n’excusait pas pour autant l’omission d’un message d’une telle importance.

En fait c’est Art Manion, un membre du CERT américain, employé au SEI -ici- un centre de recherche de pointe proche du ministère de la défense US -ici- ,  qui en novembre dernier a fini par avertir son homologue chinois du fameux bogue sur les systèmes de contrôles chinois. Le CERT chinois a ensuite contacté le constructeur pékinois Wellintech pour l’informer de la faille dans sa solution.  Un patch a donc été réalisé très rapidement en décembre, mais l’information utile vient juste d’être rendue publique cette semaine et les légers dysfonctionnements en cascade ont été dévoilés par la même occasion sur « threat post », le site d’informations de Kaspersky Labs ( ici).  Un cas d’école à méditer en l’an I de « l’ère Stuxnet ».

 

Dominique Bourra, CEO of NanoJV.
Copyrights Nanojv: http://nanojv.com

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:36

 

 

Pollard : un secrétaire d'Etat de Reagan s'en mêle
Par GIL HOFFMAN 
12.01.11
 digg del.icio.us facebook

 

 

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1294306630908&pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull

 

L'ancien secrétaire d'Etat américain George Schultz rejoint une longue liste d'anciens hauts responsables américains et d'officiels israéliens appelant Barack Obama à libérer Jonathan Pollard.

Jonthan Pollard. 
PHOTO: AP , JPOST

Dans une lettre obtenue par le Jerusalem Postmardi soir, Schultz écrit qu'il est impressionné que les gens les mieux informés sur les informations confidentielles transmises par Pollard à Israël demandent aujourd'hui sa libération. Il cite l'ancien directeur de la CIA James Woosley, l'ancien président de la Commission de Renseignement du Sénat Dennis DeConcini, et l'ancien Procureur général Michael Mukasey.

"Je vous écris et me joins à beaucoup d'autres pour vous exhorter à considérer que Jonathan Pollard a aujourd'hui payé un prix énorme pour son espionnage au profit d'Israël et qu'il devrait être relâché".

Schultz était secrétaire d'Etat américain sous les ordres de Ronald Reagan entre 1982 et 1989. Il a joué un rôle clé lorsque le Secrétaire de la Défense de l'époque, Caspar Weinberger, a pris des mesures pour s'assurer que Pollard serait condamné à vie. Schultz est aujourd'hui un membre éminent de l'Institution Hoover de l'Université Stanford.

"C'est incroyable, car c'est le seul des trois (Reagan, Weinberger et lui) qui est toujours vivant, et il dit que trop c'est trop", se rejouit la femme de Pollard, Esther. "C'est une nouvelle importante qu'un homme de sa stature s'implique".
Schultz est le premier ancien "ministre" américain à appeler ouvertement à la libération de Pollard, et c'est une figure républicaine respectée. Les personnes impliquées dans les efforts autour de Pollard que l'appui de Schultz persuadera probablement d'autres Républicains à se joindre à la campagne. En tant que Secrétaire d'Etat, il avait pris en charge certains des premiers contacts de haut niveau avec les Israéliens lorsque l'affaire a éclaté.

Selon le rapport Eban de la commission de la Knesset qui a enquêté sur l'affaire Pollard, Schultz avait demandé et obtenu du Premier ministre de l'époque Shimon Peres le retour des documents que l'espion avait fournis à Israël.

Ces documents, seule preuve contre lui, avaient été utilisés par les Américains pour condamner Pollard. Cette coopération d'Israël avec les Etats-Unis était probablement sans précédent. Peut-être la seule fois dans l'histoire de l'espionnage moderne qu'un pays coopère pour incriminer et poursuivre son propre agent.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 20:10

ISRAELVALLEY - RENAULT ET L'AFFAIRE. MATTHIEU TENENBAUM, DIRECTEUR ADJOINT DU PROGRAMME DE VOITURES ÉLECTRIQUES AVAIT ÉTÉ CHARGÉ DE DÉVELOPPER EN ISRAËL LA FILIÈRE ÉLECTRIQUE IMAGINÉE PAR BETTER PLACE, ALLIÉ DE RENAULT

JAN 201110

Par IsraelValley Desk et D.R.
Rubrique: Automobile
Publié le long

 

17538Selon le journal Les Echos : "La direction du constructeur se refusait hier à préciser sur quoi portait la divulgation à l’extérieur de certains éléments de ses avant-projets de véhicules propres. Mais avant elle ne cache pas l’importance des faits reprochés aux trois cadres sanctionnés. Une piste chinoise semble se dessiner. L’affaire des fuites sur les avant-projets de voitures électriques de Renault, qui a conduit le groupe à mettre à pied trois de ses cadres, paraît plus sérieuse que jamais.

Rien à voir par exemple avec la publication dans la presse d’une photo volée d’un modèle quelques mois avant sa sortie. « Pour Renault, il s’agit de faits très graves concernant des personnes en position particulièrement stratégique dans l’entreprise (qui) justifient une décision conservatoire […], dont l’objet premier est de protéger, sans attendre, les actifs stratégiques, intellectuels et technologiques de l’entreprise », a indiqué hier Patrick Pélata, directeur général du groupe, dans un courrier électronique à ses salariés.

« Maintenant que cette affaire est devenue publique, notre priorité est de protéger l’image de l’entreprise, mais aussi de respecter et préserver l’identité des personnes impliquées », a-t-il ajouté. Certains détails troublants commencent d’ores et déjà à fuser. « Renault soupçonne un acteur chinois », affirme « le Figaro », qui ajoute : « les services secrets français, qui prennent cette affaire très au sérieux, ont démarré une enquête qui privilégie également la piste chinoise ».

Les trois cadres auraient-ils agi par le canal d’un intermédiaire en ébruitant la teneur de certains brevets sensibles sur l’électrique ? Il est encore trop tôt pour le dire. Pour l’heure, selon nos informations, les trois intéressés nieraient en bloc toute implication.

La direction du constructeur n’en est pas encore au stade du dépôt de plainte et du licenciement pour faute grave, voulant d’abord vérifier la véracité des faits qui sont reprochés aux trois cadres, à l’issue d’une enquête serrée des services de sécurité, ajoute une source interne. Une plainte apparaît néanmoins « inévitable », selon Christian Husson, directeur juridique du groupe cité par l’AFP.

« Oui, malheureusement, l’affaire paraît sérieuse », a renchéri hier sur RTL le ministre de l’Industrie, Eric Besson, en indiquant en avoir discuté avec la direction de Renault. « L’expression “guerre économique”, parfois outrancière, là pour le coup est adaptée. » Cette affaire « illustre une nouvelle fois les risques pour nos entreprises en matière d’espionnage industriel, en matière d’intelligence économique », a-t-il ajouté.

De son côté, « Le Parisien » dévoilait les noms des trois cadres chassés de leur poste lundi : Michel Balthazard, directeur de l’amont, des projets et des prestations, membre du comité exécutif, son adjoint direct Bertrand Rochette, et Matthieu Tenenbaum, directeur adjoint du programme de voitures électriques.

Le parcours professionnel de ce dernier, par exemple, témoigne de son implication sur l’ensemble des aspects du véhicule électrique : après des postes de production chez Nissan en Amérique du Nord et Samsung en Corée, il a été chargé, en 2007-2008, de développer en Israël la filière électrique imaginée par Better Place, nouvel allié de Renault.

Et, depuis juillet 2008, il a supervisé successivement les quatre modèles électriques préparés par le constructeur au losange : d’abord les berlines Fluence et Zoe, puis l’utilitaire Kangoo et le véhicule citadin Twizy. Autant dire que cet ingénieur connaît chaque détail de ces véhicules, depuis leur architecture spécifique jusqu’à leur capacité en termes de récupération d’énergie électrique au freinage. Au Technocentre de Renault, où travaillaient les trois cadres mis en cause, un millier de personnes sont mobilisées sur l’électrique, avec très peu de prestataires externes… pour des raisons de confidentialité."

D. F.

COPYRIGHTS – LES ECHOS

Source: http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/0201053772073-espionnage-chez-renault-l-hypothese-d-une-piste-chinoise.htm

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 13:19

 

 

L’homme qui a retardé les Iraniens 

Eli Berdenstein – Maariv)

 

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Après huit ans à la tête du Mossad, Meir Dagan a fait hier ses adieux au personnel (6 janvier 2011)de l’organisation de renseignement au cours d’une cérémonie émouvante. Etaient notamment présents son successeur, Tamir Pardo, et le Premier ministre Netanyahu.

Dagan a eu de nombreuses missions au cours de ces huit années, la principale étant de ralentir au maximum le programme nucléaire iranien. Or il semble que cette mission ait été accomplie avec succès. Selon toutes les estimations, dont celles du Mossad, l’Iran ne possèdera pas la bombe nucléaire avant 2015. Et si les perturbations mystérieuses que connaît le programme nucléaire se poursuivent, cela prendre encore plus longtemps.

Contrairement à ce qu’affirment de nombreux hommes politiques, nombreux sont ceux en Israël qui estiment qu’une offensive militaire en Iran a peu de chances d’aboutir. Une telle attaque, estiment-ils, ne peut stopper le programme nucléaire iranien et le prix à payer pour Israël sera élevé.

A Jérusalem on estime que si Israël attaque, la société iranienne toute entière se rassemblera autour du chef spirituel, Ali Khamenei, qui annoncera alors publiquement que l’Iran veut produire des armes nucléaires. Selon ces estimations, si Israël attaque les sites nucléaires iraniens, éclatera alors une guerre régionale à laquelle prendront part, en plus de l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Selon Meir Dagan, le Hezbollah est parvenu, avec ses missiles et ses roquettes, à une puissance de feu que ne possèdent pas 90 % des pays dans le monde. Et ceux qui souffriront le plus d’une telle guerre de missiles seront la population civile. Dagan estime en outre qu’il y a d’ores et déjà en Iran, et parmi les dirigeants iraniens, un débat profond quant à l’intérêt de poursuivre le programme nucléaire.

Concernant la Syrie, on sait que Meir Dagan s’oppose fermement à toute négociatios avec Damas, tant que le président Assad ne s’engagera pas à désarmer le Hezbollah et à rompre les relations stratégiques avec l’Iran.

Au-delà des succès, Meir Dagan termine son long mandat avec plusieurs missions qu’il n’est pas parvenu à accomplir. Il qualifie, par exemple, d’échec l’incapacité du Mossad à obtenir des informations concernant le navigateur israélien disparu, Ron Arad. Il n’est pas parvenu non plus à rapatrier de Syrie la dépouille de l’espion Eli Cohen ni à localiser les disparus de la bataille de Sultan Yaakub. En ce qui concerne Guilad Shalit, même si c’est une mission qui n’est pas du ressort du Mossad, Meir Dagan a dit hier profondément regretter qu’Israël n’ait pas réussi à le localiser et à proposer une option militaire pour obtenir sa libération.

En revanche, Meir Dagan reste opposé au marché selon lequel Israël relâcherait en Cisjordanie quatre cent cinquante terroristes ce qui, selon lui, mettra des vies israéliennes en danger. Il comprend cependant qu’il n’y a d’autre choix que de conclure un marché avec le Hamas pour que Guilad Shalit rentre chez lui.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:52

 

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Par Dominique BOURRA

 

 

Passé le premier effet rassurant,  l’appréciation formulée la semaine dernière par Meir Dagan,  l’ancien patron du Mossad, sera sans doute lourde de conséquences.  En substance: « l’Iran n’aura pas de capacité nucléaire avant 2015″.  Dagan dit en effet être persuadé que les sanctions internationales et les divers dysfonctionnements rencontrés ont  fait reculer le programme iranien de plusieurs années…

Début novembre, Amos Yadlin,  le patron sortant d’Aman (les renseignements militaires israéliens) et ancien pilote de l’opération « Opera » (*) émettait cependant un avis légèrement différent. L’Iran,  révélait-il, dispose de suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une première bombe atomique et bientôt une seconde. Par ailleurs, deux nouveaux sites nucléaires sont en cours de développement, annonçait-il également  dans son  exposé sans fard,  face  au Comité Défense de la Knesset.

L’émulation entre le Mossad, le Shabbak (sécurité intérieure) et Aman est une constante universelle. Pour autant, les clivages sont parfois accentués par des  chocs d’egos et de sensibilités. Si Yadlin est resté relativement discret sur la question, Dagan est, par exemple, un opposant notoire à l’intervention militaire contre l’Iran. Idem pour Ashkenazi le patron sortant de Tsahal, qui  aspire pour les mêmes raisons à des négociations de paix avec la Syrie.

Enfin, l’immixtion du cyberespace dans l’art de la guerre fait également bouger les lignes non seulement entre services mais au sein même des services. Yuval Diskin  le patron de l’ISA (Shin Bet) dans un entretien accordé à Defense Update début novembre se félicitait des coopérations multidisciplinaires sur le sujet, reconnaissant toutefois  que le principal problème à surmonter n’était pas d’ordre technologique mais humain et se situait au niveau du  leadership.  

En avril 2010, Alon Ben David, l’un des meilleurs spécialistes israéliens des questions de défense notait dans « Aviation week » que les unités technologiques de Tsahal, «Lotem», bénéficient d’un appui du Shabbak (en charge de la protection des infrastructures critiques) pour les opérations de cyberdéfense militaire. Ben David  confirmait également le bras de fer en cours entre l’unité 8200  des renseignements militaires et « Atak », le Directorat de Commande et Contrôle Informatique (**) pour savoir qui piloterait la guerre cybernétique.

Les récentes nominations à la tête des services israéliens annoncent donc une reprise en main, voire une profonde mutation de l’ensemble (ici). Afin d’éviter, par exemple, que face à la menace montante du nucléaire iranien, l’élite de la sécurité israélienne ne joue encore « à chat » dans le futur. A chat de Schrödinger bien sûr (***).

(*) Bombardement en juin 81 du réacteur Osirak au sud-est de Bagdad, quelques mois après un premier raid iranien manqué sur le même site.

(**) « Atak »  supervise entre autres « Lotem » et gère aussi par exemple « Tsayad » le programme d’armée digitale -ici-

 (***) L’expérience du chat de Schrödinger fut imaginée en 1935 par l’un des pères fondateurs de la mécanique quantique, Erwin Schrödinger. Elle met en évidence le paradoxe de la théorie quantique  poussée à l’extrême en démontrant qu’un chat pourrait être simultanément mort et vivant. D’où le parallèle avec le nucléaire iranien. Ou encore Stuxnet qui selon le point de vue de l’observateur est ou n’est pas israélien –ici- , américain –ici-  chinois –ici ou autre).

 

Dominique Bourra, CEO NanoJV

Copyrights Nanojv: http://nanojv.com

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 11:36

 

 

 

LA CRIMINALITÉ SERBO-MONTENEGRINE EN EUROPE OCCIDENTALE
  •  
Alain RODIER
03-01-2011

Fin 2010, des opérations anti-drogue d'envergure menées par des forces de police européennes épaulées par Interpol, ont conduit à l'arrestation d'une centaine de personnes dans cinq Etats : Italie, Suisse, Hongrie, Slovénie, Monténégro et Serbie. Elles se sont ensuite étendues à l'Autriche, l'Allemagne et à la Macédoine. Cela a permis de faire ressortir l'omniprésence des organisations criminelles transnationales (OCT) serbes et monténégrines en Europe occidentale.

Leurs états-majors sont essentiellement implantés en Serbie et en Slovénie. Ces OCT ont développé des contacts étroits avec les cartels sud-américains pour assurer la distribution d'une partie importante de la cocaïne sur le vieux continent. Des voyageurs discrets, d'origine serbe, ont séjourné à de nombreuses reprises en Argentine, en Colombie, au Brésil et en Uruguay. Par un curieux hasard, 2,17 tonnes de cocaïne qui devaient rejoindre l'Europe via le Monténégro, ont été saisies sur un voilier, le Maui , au large des côtes uruguayennes, le 15 octobre 2009.

En effet, le Monténégro serait en train de devenir une des principales portes d'entrée de la cocaïne en Europe occidentale, se voyant d'ailleurs affublé de l'appellation de Narconégro . Les autres routes traditionnelles menant aux ports de l'Atlantique et de la mer du Nord ou passant par l'Afrique de l'Ouest s'avèrent être risquées car de plus en plus surveillées par les autorités douanières.

L'exemple du clan Saric

Des responsables de premier plan du crime organisé serbo-monténégrin ont pu échapper aux mailles du filet lors de ces opérations policières.

C'est le cas de Darko Saric qui possède la double nationalité. Il est né le 21 octobre 1970 à Pljevlja, dans la province monténégrine de la Yougoslavie de l'époque (en fait, il n'a qu'un passeport serbe, mais il peut prétendre à recevoir la nationalité monténégrine). C'est lui qui a réussi à sortir vainqueur de la guerre des gangs qui a fait rage en Serbie après la fin du régime Milosevic.

Darko Saric est recherché depuis la fin 2009 pour trafic de drogue à grande échelle et blanchiment d'argent sale. Après avoir séjourné clandestinement au Monténégro, il aurait été « invité » à quitter le pays devenant trop encombrant. 
Il aurait alors rejoint l'Italie puis l'Afrique du Sud. L'autre chef de clan, son frère Dusko, a, pour sa part, été interpellé au Monténégro. Les autorités serbes demandent actuellement son extradition. Par contre, ses sœurs Danijela et Ivanka, ainsi que son associé, Goran Sokovic, sont toujours libres.

L'OCT que dirige Saric a eu l'intelligence d'investir dans l'économie légale, en particulier en acquérant des hôtels, des restaurants, des cafés et diverses compagnies privées (dont la Total Security System, une société de protection privée) au Monténégro et en Serbie, vraisemblablement avec la complicité active d'hommes politiques et de fonctionnaires ripoux. Son chiffre d'affaires, estimé à un milliard de dollars par an (Belgrade annonce un chiffre de deux milliards de dollars), lui a permis d'arroser confortablement les autorités locales, particulièrement celles chargées de la gestion et du contrôle des entrées maritimes du pays. Selon certaines sources, ces autorités prélèveraient jusqu'à 30% des bénéfices du trafic de cocaïne au titre de « droit de passage ».

Il faut dire que le Premier ministre Milo Djukanovic, qui a quitté le pouvoir le 29 décembre 2010 (mais pas la direction du Parti démocratique socialiste du Monténégro/DPS), avait été accusé par la justice italienne de trafic de cigarettes. Il est vraisemblable que les réseaux utilisés à l'époque servent désormais à accueillir et distribuer de la cocaïne dans l'ensemble de l'Europe.

Des organisations de plus en plus influentes en Europe

En Italie, la cocaïne est traditionnellement du ressort de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise. Il est possible que les autres mafias italiennes (Cosa Nostra, Camorra et Sacra Corona Unita), qui contrôlaient dans les années 1990 le trafic de cigarettes qui passait par le Monténégro, aient trouvé là le moyen de concurrencer leur rivale sur le marché de la cocaïne italien, mais aussi en Europe.

Toutefois, les OCT serbes ne traitent pas qu'avec les Italiens. Elles entretiendraient aussi des liens avec la Suède, via des chapitres de Hells Angels  ; avec le Danemark où la « Fraternité serbe » ( Srpsko Bratstsvo ) est omniprésente ; avec l'Allemagne et l'Autriche, où la banque Hypo Group Alpe Dria (HGAA) est soupçonnée avoir blanchi 100 millions d'euros entre 2007 et 2009 pour le compte de Darko Saric ; avec les Pays-Bas, où Sreten Josic dirige la mafia serbe d'Amsterdam ; avec la Norvège, la République tchèque, la Slovaquie et bien sûr, la France.

Ces OCT ne se cantonnent pas au trafic de cocaïne. Elles ont étendu leurs activités aux trafics d'héroïne - en prenant langue avec les triades chinoises et les mafias russes - des drogues synthétiques, des être humains (en particulier la prostitution, en liaison avec les mafias albanaises) et des armes légères, qui équipent de plus en plus la petite criminalité.

L'Europe bientôt le théâtre d'une guerre des gangs ?

L'Europe est un marché intéressant pour les OCT. En effet, les consommateurs potentiels de drogues, de prostitution, de cigarettes de contrebande, de contrefaçons, etc. y sont de plus en plus nombreux et, malgré la crise économique, ils ont les moyens de dépenser leurs euros. De plus, c'est un lieu idéal pour venir blanchir de l'argent sale en investissant dans l'économie légale, particulièrement dans l'immobilier de loisir et le tourisme. Pour le moment, aucune guerre importante n'a été déclenchée entre les différentes organisations criminelles, ces dernières préférant se partager le gâteau qui est toujours plus juteux lorsque l'ordre règne, du moins en surface. Toutefois, il commence à avoir un « trop plein », la situation pourrait générer à terme d'importantes guerres intestines. Les Serbo-monténégrins pourraient y jouer un rôle majeur en s'opposant, dans un premier temps, aux mafias nigérianes qui chassent traditionnellement sur les mêmes terres (drogue et prostitution).

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 09:38

Netanyahou exige la libération de Jonathan Pollard, Y. Sultan

 

http://www.israel7.com/2011/01/netanyahou-exige-la-liberation-de-pollard/

Article mis à jour le 04-01-2011
Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a envoyé une demande officielle au président américain Barack Obama, afin d’obtenir la libération de Yonathan Pollard, détenu en Amérique pour espionnage depuis vingt-cinq ans. Ce dernier souffre de problèmes de santé et des conditions difficiles de son incarcération.  Le député Danny Danon a qualifié ce geste de courageux. La classe politique s’est déclarée solidaire du Premier ministre dans sa démarche.[Israel7]
 

http://www.israel7.com/2011/01/netanyahou-exige-la-liberation-de-pollard/
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 00:19

 

Dagan : le Commandant en Chef de la guerre secrète contre l’Iran se retire en pleine apothéose.

 

 


DEBKAfile Analyse exclusive 3 Janvier, 2011, 8:49 AM (GMT+02:00)

 

Adaptation : Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info

 

 http://www.debka.com/article/20517/

Tags:  Dagan      Mossad    Israel    Iran 

 

Meir Dagan achève une carrière remarquable en tant que Chef du Mossad

 

 

Le Cabinet à Jérusalem a sereinement pris congé de Méïr Dagan, ce dimanche 2 janvier, marquant la fin de ses huit années passées en tant que chef du Mossad, les services de renseignements extérieurs, d’espionnage et de guerre secrète d’Israël. Son départ en retraite – après plusieurs prolongations – a aussi eu droit à une mention particulière, dans le style déloyal de Téhéran : 

 

Amir Ali Hajizadeh, Commandant de l’armée de l’air des Gardiens de la Révolution, a déclaré à l’Agence de presse officielle FARS, que : “Beaucoup d’aéroplanes d’espionnage ultra-moderne de nos ennemis ont été détruits en vol. Nous avons aussi descendu deux drones de reconnaissance occidentaux dans le Golfe Persique ». Il n’a pas dit quand est-ce que cela avait pu arriver, simplement que : « C’est la première fois que nous l’annonçons ».

 

 

Le responsable iranien, expliquent les sources du renseignement proche de DEBKAfile cherchait à pousser du coude Méïr Dagan, en faisant allusion au fait que Téhéran, également, avait pu connaître des succès contre « ses ennemis ». C’était le meilleur –ou bien le pire !- que Téhéran pouvait offrir, à la suite de la publication par le « Canard Enchaîné » français de son compte-rendu négatif de la guerre secrète contre le programme nucléaire iranien. Jeudi 30 décembre, le journal, connu pour ses bonnes relations avec le renseignement français, rapportait qu’Israël s’était attiré le soutien de la CIA américaine et du MI 6 britannique dans ses opérations secrètes, parce qu’il aurait promis de suspendre toute attaque militaire directe contre les installations nucléaires de l’Iran.

 

Cette publication décrit le Mossad comme responsable de la liquidation de cinq scientifiques nucléaires iraniens de haut niveau et d’avoir infiltré le ver cybernétique Stuxnet dans les systèmes et programmes de ses ordinateurs. Est également attribué au renseignement israélien, l’explosion du plus important arsenal de missiles Shihab-3 iranien, sur la base de la montagne de l’Imam Ali, près de Khorramabad, le 12 octobre de l’année qui vient de s’achever. Le Canard explique que 18 techniciens nucléaires iraniens ont trouvé la mort au cours de cette attaque et que la plupart des missiles ont été détruits.


A en juger par la description qu’en donne le renseignement français, Méïr Dagan a mené victorieusement cette guerre secrète, non seulement pour Israël, mais bien au nom de l’Occident au sens large.

 

Même si Le Canard Enchaîné a, en quelque sorte, embelli ces exploits, ils n’en demeurent pas moins impressionnants. La mesure de leur succès était véhiculée dans le commentaire laconique de Moshe Yaalon, l’adjoint au premier Ministre en charge des affaires stratégiques, dans une interview radiophonique le 29 décembre. Il a déclaré : « l’Iran ne dispose pas, actuellement, de la capacité de produire une bombe nucléaire par lui-même » - rejetant  comme invalides tous les prévisions précédentes concernant l'atteinte prochaine par l’Iran de ces capacités.

 

Ce retard est-il dû à Stuxnet? Yaalon ne le dit pas. Mais il a fait référence aux pressions occidentales (sanctions), lorsqu’il a prédit que ces pressions forceraient Téhéran à prendre une décision entre le choix de stopper son programme nucléaire ou bien de cesser d’exister.

 

“ Je ne sais pas exactement si cela se produira en 2011 ou 2012”, a t-il expliqué, “Mais nous parlons là d’un délai qui court dans les trois ans à venir » - ce qui signifie que 2014 sera l’année critique », a dit le Ministre. A ce moment-là, soit l’Iran disposera de la bombe, soit le régime islamiste révolutionnaire sera tombé.

 

Le calendrier de Yaalon, le plus clair qui ait été entendu depuis longtemps de la part de quelque officiel israélien que ce soit, signifie que Méïr Dagan termine son service au sommet de la guerre secrète qu’il a pilotée, après avoir marqué avec succès l’échelle de graduation dans la lutte contre les progrès du nucléaire iranien.

 

Le Ministre a glissé prudemment durant la même interview : « Nous ne pouvons pas affirmer avoir atteint un point de non-retour »- signifiant par là que la plus grande part du combat reste à faire – jusqu’au moment où le régime iranien abandonnera sa poursuite de la bombe nucléaire s’il veut vraiment survivre.

 

Alors que les medias occidentaux, globalement, ne tarissent pas d'éloges, au sujet des réalisations de Dagan, la conscience des inévitables erreurs à son actif n’ont concerné que son entretien en tête-à-tête avec le cabinet, dimanche. Il a toujours eu pour habitude de rendre hommage au Mossad et à ses agents : « Notre peuple, disait-il, « ne dispose que de deux armes : ses histoires secrètes et son intelligence aiguë. Autrement dit, il doit s’en remettre à lui-même sans aucune alternative qu’on vienne à sa rescousse ».

 

Aussi, où étaient donc les Forces de défense d’Israël durant la guerre secrète fatidique contre l’Iran ? La réponse, avouent les sources de DEBKAfile dans l’armée, est qu’elles n’étaient nulle part.

 

Au cours des quatre années passées, depuis la guerre de 2006 contre le Hezbollah, le rôle de Tsahal a progressivement été repoussé en touche, dans la réalisation d’efforts essentiellement préventifs pour sauvegarder la sécurité nationale d’Israël et élever son positionnement stratégique. L’histoire déterminera un jour si ce déclin était le résultat dicté par les circonstances ou la conséquence de la personnalité des deux derniers chefs d’Etat-Major, Dan Halutz et Gaby Ashkenazy, lequel doit également partir en retraite.

 

 

Tous deux ont commencé par construire leurs carrières et plateformes politiques avant même de quitter leurs uniformes. Sous leur houlette, non seulement Tsahal n'a pas directement été confronté au danger iranien, mais a évité d’être aux prises avec les alliés mineurs de l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, n'arrêtant aucune action décisive pour les empêcher de pointer le nez avec des missiles et des roquettes tout autour des frontières d’Israël. En bien plus d’un cas, Meïr Dagan a tenu le rôle de Chef d’Etat-Major – et le Mossad à la place  de Tsahal – en endossant la plus grosse responsabilité consistant à abattre les ennemis d’Israël les plus en vue. 

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  • : Le blog de Gad
  • : Lessakele : déjouer les pièges de l'actualité Lessakele, verbe hébraïque qui signifie "déjouer" est un blog de commentaire libre d'une actualité disparate, visant à taquiner l'indépendance et l'esprit critique du lecteur et à lui prêter quelques clés de décrytage personnalisées.
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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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