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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:57

 

trigano (Copier)

LES FOURRIERS DE LA SOLUTION FINALE II

 

Shmuel Trigano chronique dans Actualité Juive n° 1241, du 24
janvier 2013

 

Il y a quelque chose d’inquiétant à apprendre que l’Union Européenne se prépare à relancer « le processus de paix » après les élections israéliennes. Il y a quelque chose d’atterrant à avoir entendu les porte-paroles de JCall appeler à reprendre le dialogue avec « le partenaire de paix » que serait Mahmoud Abbas, au lendemain de l’admission de l’État de Palestine par l’Assemblée Générale de l’ONU. Il y a quelque chose d’affligeant à avoir entendu Shimon Pérès devant les ambassadeurs étrangers, ou des politiciens comme Tsipi Livni et Ehoud Olmert durant la campagne électorale, dénoncer le gouvernement israélien pour ne pas avoir fait « la paix » avec les Palestiniens. C’est comme si ces gens-là n’avaient pas d’yeux pour voir ni d’oreilles pour entendre.

 

Et c’est encore plus incompréhensible quand il s’agit d’Israéliens qui sont aux premières loges pour voir et entendre très clairement que la société palestinienne ne veut pas la paix mais plutôt la disparition, à court ou moyen terme, d’Israël. Les exemples sont innombrables et quotidiens et il suffit pour cela de suivre l’actualité de sites de recherche commePalestinian Media Watch ou Memri. Là, le double langage palestinien à l’égard des naïfs occidentaux est mis à nu.

 

Si la politique européenne se comprend à l’aune de ses intérêts égoïstes, sonnants et trébuchants (sans négliger la part de son malaise métaphysique envers les Juifs), la surdité des Israéliens et des Juifs est abyssale. Qu’importe à l’Europe d’engager Israël dans une impasse catastrophique, génératrice de guerres sauvages ! Mais les Juifs devraient réfléchir à deux fois. Leur méconnaissance de la nature d’un « partenaire », largement orchestrée par de pathétiques médias israéliens sauf rares exceptions, montre qu’ils ne tiennent compte ni de ce qu’il dit ni de ce qu’il fait, à commencer par la campagne mondiale de délégitimation d’Israël qui émane de Ramallah. Ils poursuivent leur petite idée fixe (« la paix », « deux États-deux peuples » et autres mantras) quoiqu’il advienne de la réalité et, plus grave, sans tenir compte de leurs échecs immenses que le tribunal de l’histoire jugera.

 

Les faits sont têtus. Que furent les accords d’Oslo, quand on les considère rétroactivement, sinon la remise par un État, sorti vainqueur d’une guerre d’extermination contre lui, de territoires, d’une armée, d’une reconnaissance internationale à un ennemi invétéré sans avoir obtenu de lui le moindre traité de paix ? Pis : « l’Autorité palestinienne » qui n’a existé que par la volonté d’Israël a non seulement rompu toute négociation mais s’est retournée contre Israël en proclamant unilatéralement une sorte de pré-indépendance, en rameutant contre lui le monde entier. Dans l’histoire des relations internationales, on n’a jamais vu une telle ineptie, une telle démission pour un État souverain.

 

Si le plan palestinien réussit à être imposé par Europe interposée, Israël se retrouvera dans une très grave situation stratégique, car il est absolument évident, sur le plan de la géopolitique et de l’état du monde musulman, qu’il n’y a pas de place pour deux Étatssouverains dans ce territoire exigu. Retour à la politique du « corridor de Dantzig » : qui s’est rendu compte que le territoire palestinien couperait Israël en deux pour assurer la communication avec Gaza? Comment personne ne voit-il cela ? Et comment conférer une souveraineté à une entité ennemie surtout après les catastrophiques retraits du Liban-sud et de Gaza qui ont fait place à des puissances terroristes et dictatoriales ? Israël est terriblement vulnérable : la route de Jérusalem, l’aéroport de Ben Gourion sous les kassamdes Palestiniens ? Tel aviv sous la menace des collines de Ramallah ? Jérusalem divisée ? Qui accepterait cela ? Cela signerait la fin de l’État d’Israël (1).

 

Je ne peux voir dans les menées des « pacifistes » de tout genre (Etats, individus, mouvements) que la promotion d’une forme nouvelle de la solution finale qui consiste à engager le peuple d’Israël dans une impasse mortelle et une défaite structurelle. Ils pratiquent le même travestissement des données de la réalité par la même manipulation du langage que les nazis, qui avaient édicté une « règle de langage » (sprachregelung) afin de travestir par les mots l’entreprise d’extermination des Juifs et d’abord de les endormir pour qu’ils se dirigent « pacifiquement » vers les chambres à gaz. C’est exactement ce qui est demandé aujourd’hui aux pacifistes juifs par les élites d’un Occident démissionnaire déjà pour lui-même.

 

Je fais référence ici au langage imposé par les médias, les politiciens, les pacifistes qui ont réussi à faire du conflit palestino-israélien un abcès de fixation du ressentiment planétaire, une obsession délirante, une quasi foi.

 

Le plus gros bluff de la règle de langage en question, c’est l’expression de « processus de paix » : cette formule recouvre en fait plusieurs guerres et opérations militaires, une terrible vague d’attentats, l’isolement international d’Israël, sa délégitimation… C’est à la source que la « règle de langage » est à l’œuvre. Palestinian Medias Watch a rendu publique le guide terminologique que l’AP a édité. Il enseigne, à la façon d’un pouvoir totalitaire - car cela n’arrive que dans les régimes totalitaires - comment travestir les actes perpétrés (19/6/2012) à destination de l’Occident.

 

Il faudrait que nous établissions un contre-dictionnaire du langage de la solution finale II. A propos de la formule de « territoires contre la paix », Bat Ye’or avait bien montré que c’était une expression découlant d’un concept de l’islam dans la conquête des « Infidèles » enjoints de céder leurs territoires pour échapper à la mort et bénéficier de la dhimma. Et combien d’autres formules : « colons », « occupation », « droit international »… Il faut signaler « Apartheid » qui témoigne d’une grande créativité dans la tromperie. Les Arabes israéliens l’emploient beaucoup. C’est un cas typique : nous avons là une minorité abusive qui pratique un nationalisme palestinien radical, s’oppose à la légitimité de l’État, traîne dans la boue la Hatikva, nourrit des contacts avec l’ennemi ( et combien d’autres traits qui feraient scandale dans la République française) tout en ayant une douzaine de députés (y compris des islamistes) à la Knesset mais qui dénonce « l’apartheid » dont elle souffrirait. En somme, l’auto-exclusion de cette population est grimée en exclusion subie à motivation raciale alors que le mépris racial est de son côté. Il en va de même de l’autre côté de la barrière de sécurité : l’Autorité Palestinienne, dont le projet de constitution définit l’État projeté comme exclusivement arabe et musulman mais qui ne veut pas reconnaître d’État juif en Israël, dénonce l’apartheid israélien. La barrière de sécurité qui visa à mettre un terme à une campagne atroce d’assassinats programmée par l’Autorité palestinienne se voit ainsi « renversée » en barrière de ségrégation.

 

Mahmoud Abbas, le « partenaire de paix » des pacifistes juifs excelle dans ce double langage.

 

Originaire de Safed, il a déclaré en novembre dernier renoncer à son « droit au retour ». Son porte parole, Abbas Nabil Abou Roudeineh, rectifie après-coup. Il n’exprimait qu’une « position personnelle » car le droit au retour reste encore à négocier. « Nous sommes engagés envers les principes palestiniens décidés par le Conseil National Palestinien », c’est à dire l’OLP et sa stratégie « par étapes ». Nous voilà ramenés bien loin en arrière. Shimon Perès est pourtant tombé dans le panneau pour fustiger Natanyahou au lieu de stigmatiser la rouerie du « partenaire de paix »! Et combien d’autres exemples donnés par le « partenaire de paix », notamment un tout dernier avec son discours du 4 janvier 2013 pour l’anniversaire du Fatah. Ce chef d’œuvre de rhétorique de guerre exalte le projet du « retour des réfugiés » - autre langage trompeur : entendez « l’invasion d’Israël par six millions de personnes » - , célèbre Hadj Amine El Husseini, le mufti de Jérusalem allié des Nazis, pour sa contribution à la lutte palestinienne, source d’inspiration pour le peuple palestinien (2), et autres affirmations guerrières…

 

Le plus accablant pour les mentors de JCall, au regard de leur responsabilité face à l’histoire, c’est qu’on n’a jamais entendu la critique urbi et orbi de leur « partenaire de paix » alors qu’ils ne ménagent pas leur critique envers Israël.

 

On ne fait la paix qu’avec son ennemi. Or, la condition d’un rapport réaliste à un ennemi, c’est d’abord d’entendre ce qu’il dit et de le prendre au sérieux. Mais c’est aussi sans doute d’avoir la force de l’identifier comme un ennemi. Les Juifs en sont-ils encore capables ?

 

*A partir d’une chronique dans Actualité Juive n° 1241, du 24 janvier 2013.

 

Notes

(1) Voir la carte topographique géo-stratégique d’Israël «élaborée par Marc Langfan :

http://www.marklangfan.com/updatedkatyushagraphic.html

(2) Cf. Lt. Col. (ret.) Jonathan D. Halevi, « Abbas Reinstates Radical Political Doctrine », Jerusalem Issue Brief, January 10, 2013, Vol. 13, No. 1,11 January 2013. Jerusalem Center for public Affairs. www.jcpa.org

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commentaires

shoshana 03/02/2013 07:20

l'analyse de monsieur Trigano est tres detaillee, mais je pense que sa conclusion n'est pas vraiment la bonne. le probleme est incontestablement difficile et complique. Je ne sait pas si monsieur
Trigano vit en Israel, je ne pense pas.
i nous integrons la Cis-Jourdanie ou plutot voulez la Judee-Samarie a Israel,Nous aurons sous l'autorite israelienne encore un million d'arabes, et vu tendance a se multiplier plus vite que nous,
on peut prevoir que dans quelques generations ils seront un majorite dans l'Etat Juif!!c'est ce que vous voulez monsieur Trigano? ou peutetre consiferez vous un transfert de populations comme l'ont
fait les sovietiques et les nazis???

DANY83270 27/01/2013 17:12

Merci Monsieur Trigano pour votre analyse très bien documentée qui a le grand mérite de rappeler le manque de sérieux et de réalisme chez tous les naïfs qui veulent échanger la terre d'Israël
contre une vague promesse sur un bout de papier que les Arabes se dépêcheront, comme d'habitude, de jeter à la poublelle !

J'ajouterais également à l'attention de tous les Juifs qui seraient tentés de faire ce cadeau aux Arabes que ceux-ci ont déjà reçu le territoire de la Jordanie qui a été prélevé sur ce qui devait
revenir à Israël dans la Décision prise par la Conférence Alliée de SanRémo qui avait valeur contraignante.

Enfin , je suis outré par l'amnésie collective qui touche nos politiciens alors qu'ils pourraient disqualifier les Arabes de Palestine de leurs revendications territoriales en exhumant leur crime
de guerre de collaboration du grand Mufti de la Mosquée de Jérusalem qui s'est rendu à Berlin pour demander à Hitler d'exterminer les Juifs d'Europe pour les empêcher de rejoindre la Palestine.

Daniel de Saint-Cyr 27/01/2013 17:09

Merci Monsieur Trigano pour votre analyse très bien documentée qui a le grand mérite de rappeler le manque de sérieux et de réalisme chez tous les naïfs qui veulent échanger la terre d'Israël
contre une vague promesse sur un bout de papier que les Arabes se dépêcheront, comme d'habitude, de jeter à la poublelle !

J'ajouterais également à l'attention de tous les Juifs qui seraient tentés de faire ce cadeau aux Arabes que ceux-ci ont déjà reçu le territoire de la Jordanie qui a été prélevé sur ce qui devait
revenir à Israël dans la Décision prise par la Conférence Alliée de SanRémo qui avait valeur contraignante.

Enfin , je suis outré par l'amnésie collective qui touche nos politiciens alors qu'ils pourraient disqualifier les Arabes de Palestine de leurs revendications territoriales en exhumant leur crime
de guerre de collaboration du grand Mufti de la Mosquée de Jérusalem qui s'est rendu à Berlin pour demander à Hitler d'exterminer les Juifs d'Europe pour les empêcher de rejoindre la Palestine.

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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