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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:12

 

 

Bann H.Ouizemann

 

Sionisme et Féminisme

L'âpre lutte de la  femme hébreue pour la conquête de la pleine égalité des droits

 Par Haim Ouizemann

pour le magazine Météor et © 2011 www.aschkel.info


«L'Etat d'Israël… assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race oude sexe» (Déclaration d'indépendance)

 

Israël, sur l'exemple des Nations occidentales et démocratiques, commémore la Journée internationale de la Femme (8 mars). Il est à noter que, depuis les années 70-80, le féminisme israélien moderne s'épanouit librement en Israël, le tempérament et le courage de pionnières comme Hannah Mayzel Sho'hat, Sarah Aharonson, Rachel Yannay, Hanna Szenes, Golda Meïr lui ayant ouvert la voie.

En effet, la question du rôle accordé à la femme se pose rapidement au mouvement sioniste qui, grâce à sa contribution majeure, va connaître un essor important. La «nouvelle femme hébreue» contribue grandement à la construction matérielle, spirituelle et culturelle du jeune Etat hébreu.

 

Des pionnières au service de la Nation hébraïque

Dès le troisième Congrès sioniste (1899), le mouvement sioniste reconnaît aux femmes le droit d'élire leurs représentants de l'Organisation sioniste créée deux ans plus tôt à Bâle par Théodore Zeev Herzl, comme celui d'y être élue et ce, à la suite d'une lutte acharnée, et contre l'avis des religieux orthodoxes. Par la suite, plusieurs mouvements et centres féministes sionistes naissent successivement en Israël et n'ont de cesse de se battre pour défendre les ouvrières afin qu'elles bénéficient de droits égaux à ceux des hommes («Mouvement des Ouvrières»- 1913). Ces femmes, sous l'influence idéologique communiste marxiste, alors dominante, s'unissent à partir de 1919, au sein du «Syndicat des Femmes Hébreues en faveur de l'égalité des Droits en Erets-Israël». Elles luttent, entre autres, pour que les soins de santé soient prodigués à tout un chacun sans discrimination aucune, les communautés juives comme arabes étant traitées sur un pied d'égalité. Pour exemple: le Centre médical Hadassah, dont le convoi de ravitaillement est attaqué, 79 infirmières et médecins étant assassinés; la Wiso (1920) et Naamat (1921).  

Le 17 Juillet 1951, l'Assemblée Constituante (la future Knesset – 1949-1951), vote la loi offrant l'égalité des Droits aux femmes. La loi stipule: «L'égalité pleine et entière sera octroyée aux femmes- égalité en droits et devoirs dans la vie de l'Etat, de la société et de l'économie et dans toute législation». L'article 6 stipule (a) que «toute femme jouit du plein droit sur son corps…» (b) «Que toute femme jouit du droit à la défense contre la violence, le harcèlement sexuel, l'abus sexuel et le commerce de son corps». En Israël, la loi contre le harcèlement sexuel dans le milieu du travail est votée en 1998; en France, en 1992. En 2000, le législateur décide d'amender la loi de 1951 en y introduisant les principes de discrimination positive et de représentation égalitaire au sein des institutions publiques afin de combler les disparités dans le domaine de l'offre d'emploi et des salaires en faveur de la gent féminine (*1).

Hannah Mayzel Sho'hat (1883-1972),   une pionnière exemplaire

Hannah Mayzel voit le jour en Russie, y achève ses études secondaires et décide d'abandonner sa patrie pour se rendre en Suisse afin d'y entamer des études en sciences naturelles  puis en France (Besançon) où elle parfait ses connaissances en agriculture. Ses efforts sont couronnés par le titre de Docteur (elle est considérée comme la première femme agronome). Toutefois elle pense toujours que le sécateur et la bêche doivent supplanter le microscope. A 18 ans, elle est élue à la tête des «Hovevei Tsion» («Amants de Sion») en raison de son attachement et de son dévouement pour la cause sioniste.

En 1909, à l'âge de 26 ans, sous l'influence de A.D.Gordon et de sa mystique rédemptrice du travail par la terre, elle monte en Israël où elle rejoint la célèbre ferme «Sajara», première coopérative agricole fondée par sa future belle-sœur Mania Sho'hat. Au cœur même de cette ferme où l'on verra de jeunes pionnières labourer les champs à l'aide de bœufs, hommes et femmes travaillent d'égal à égale. Fortement marquée par cette expérience et par la question de la place de la femme, lui vient alors l'idée de poser les fondements d'une ferme unique en son genre où seules de jeunes ouvrières seraient intégrées. En 1910, elle n'hésite pas à rencontrer Otto Warburg alors dirigeant du Département Palestinien du mouvement sioniste pour le convaincre de s'adresser à Arthur Ruppin, directeur du Bureau palestinien à Jaffa qui va la soutenir et l'aider à concrétiser son rêve. En 1911, naît la «Ferme des jeunes filles», placée sous la tutelle du kibboutz Kinnereth et s'enorgueillit de former, déjà, de jeunes pionnières à la «conquête» de la Terre Promise. Les débuts s'annoncent difficiles: quatre ouvrières, à peine, s'inscrivent et reçoivent comme salaire la somme modique de 40-50 francs par mois. La direction de la ferme estime bon, cependant, de diminuer leur salaire de moitié qui est, alors, complété par «l'Agoudat haNashim», groupement de femmes dont le but est d'aider les jeunes pionnières en difficulté (en 1914, la majorité des deux cents pionnières qui décident de monter en Erets Israël, la Palestine d'alors, fréquentent la ferme). Hanna Mayzel, animée du souffle pionnier, croit de toute son âme que la grâce pastorale de la Galilée alliée à la solide formation agricole prodiguée  aux femmes de la ferme influencera non seulement les jeunes filles de la seconde Alyah mais aussi les agricultrices de la première Alyah (1882-1903) dont le savoir dans le domaine agricole souffre d'une insuffisance notoire. Parmi les premières venues au sein de la ferme, se trouvent la célèbre poétesse Rachel et sa sœur Shoshana Bluwstein ainsi que Sarah Malkhin (1885-1949) qu'on dénomme «la Mère exemplaire» de la seconde  Alyah. Hannah, mariée  à Eliezer Sho'hat, ami d'enfance, vivra séparée de lui. Eliezer continuera à travailler à la ferme Migdal et elle à Kinneret. L'on raconte que chaque vendredi soir, peu avant le coucher du soleil, Hannah sortait à la rencontre d'Eliezer, l'attendait patiemment debout sur la colline, sur ses épaules un foulard blanc  sur lequel s'éparpillaient les cheveux de sa natte. En sa main, elle tenait une fleur.

Après la Première Guerre mondiale, elle et son époux vont s'installer à Nahallal. En 1923, grâce au soutien de la Wizo, elle fonde et dirige jusqu'en 1960, l'école agricole pour jeunes filles de Nahallal où les principes fondateurs et l'esprit pionnier continuent d'animer «la Ferme des jeunes filles». Aujourd'hui, cette école  agricole est régionale et ouverte aussi bien aux filles qu'aux garçons.

Il ne reste qu'à espérer que le nombre de femmes au sein de la Knesset grandisse (sur 120 parlementaires, seulement 23 femmes occupent la fonction de député à la Knesset) et que celles-ci, sur l'exemple de la soldate Alice Miller (*2) puissent accéder aux plus hautes fonctions à salaire égal à celui octroyé aux hommes. L'Etat d'Israël juif et démocratique sera le grand bénéficiaire de cette ouverture aux femmes disposées à se dévouer corps et âme en faveur de la cause sioniste.

 

 

(*1) En 1992 est créée la Commission de la Knesset chargée de faire progresser le statut de la femme en Israël.

En 1999, pour la première fois est fondé  le mouvement féministe «A'hoti» («Ma sœur») visant à défendre les droits économiques, sociaux et culturels de la femme d'origine séfarade.

 (*2) En 1995, le premier ministre et ministre de la Défense Itzhak Rabin refuse à Alice Miller la possibilité de suivre l'entraînement des pilotes de chasse au sein de Tsahal. Celle-ci fait appel devant la Cour Suprême et obtient gain de cause. Bien qu'elle ait échoué à l'entraînement, elle a ouvert aux jeunes filles la voie glorieuse des pilotes de chasse.

 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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