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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 17:29

 

editorialaGad-copie-1

 

Drôle de Guerre des Images : Peut-on changer de paradigme en frappant l’armement d’un Tueur en Syrie ?


Par Marc Brzustowski.

 

 


אסד ממרק ומשמר את הכיתוב על הקיר: "זכות התגובה". קריקטורה סורית

caricature syrienne : Assad dépoussière son "droit de répliquer".

 


Depuis dimanche 5 mai, heure des frappes israéliennes non-revendiquées contre l’armement iranien à destination du Hezbollah, mais aussi, au passage, des bâtiments de la fameuse 4ème Division de Maher Al Assad, pivot de la répression, probablement l’unité 501 du Mont Qassioun, au-dessus de Damas, un débat houleux agite la blogosphère de la rébellion syrienne :


faut-il remercier tout haut Israël ? Ce petit pays honni ne risque t-il pas de faire mauvaise presse à la révolution, en laissant entendre que les insurgés se laissent récupérer par, ou pire, agissent pour l’Etat sioniste, l’Amérique et les « ennemis jurés de l’Islam » ? Les « Sionistes » nuisent-ils, même, à l’insurrection, en « l’empêchant » de mettre la main sur des armes comme les Fateh-110 ? Et, d’ailleurs, selon cet argument parmi les plus délirants, à l'heure où les insurgés sont assiégés un peu partout, n’est-ce pas la « preuve » de l’alliance objective entre Assad et Jérusalem, qu’ils s’entendent pour « faire disparaître les armes de la scène de crime » ? Comment omettre que, ni l’Occident, ni les pays arabes, encore moins la Turquie du Grand Mamamouchi Erdogan n’ont levé le petit doigt, après les récents massacres de Banyas, ni ne le feront pour les prochains?

 

ישראל מפציצה את סוריה, אסד תוקף אותה - במילים בלבד 

Israël attaque la Syrie, Assad réplique à Israël - seulement en se payant de bons mots. 


Si les plus logiques, comme le journaliste Abdulraman Al Rashed, d’Al Arabiya, journal saoudien, soulignent qu’il n’y a bien que les meilleurs alliés du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran, comme l’Egyptien Mohamed Morsi, -autre dictateur en sursis, s’il n’avait l’appui de la Maison Blanche- à condamner les frappes des avions à l’étoile d'azur, c’est la confusion et la plus parfaite dissonance cognitive qui gagnent l’esprit des révoltés arabes. Ils ont, au moins, compris, à l'instar de Tariq Alhomayed (http://www.aawsat.net/2013/05/article55300816), que ceux qui prétendent qu'il serait impossible d'instaurer une zone d'exclusion aérienne, pour empêcher Assad de larguer des bombes sur les villes et zones civiles, sont des menteurs. Que ses terribles défenses anti-aériennes russes (96K9 Pantsyr-S1  Mobile AD system ; 9M311/SA-19 Grison  SAM;  9M317/SA-17 Grizzly  SAM, etc.) constituent une menace de l'ordre de "peanuts", pour qui sait s'y prendre... 

 

אסד רכוב על סוס עץ מניף את הדגל: "אני שומר על זכות התגובה". ברקע: מצודתו נחרבת

Assad chevauchant un cheval de bois, tient un étendard où on peut lire : "Je me réserve le droit de répliquer"

 

 


אסד טומן את ראשו בחול, מנשק את ידה של ישראל - ומחזיק את דגל ההתנגדות

Assad tenant la pancarte de la "résistance" [contre les Sionistes] préfère baiser la main d'Israël. 


Qu’on le veuille ou non, comme le Liban, la Turquie, la Jordanie et l’Irak, le simple fait de disposer de frontières instables avec le régime totalitaire de Damas, implique, de près, Israël dans la guerre civile qui se propage depuis plus de deux ans, de l’autre côté du Golan. L’état hébreu est engagé, non pas dans le conflit lui-même, mais dans la gestion de ses soubresauts et de ses conséquences transfrontalières. Tant que Jérusalem pouvait préférer la paix de 30 ans avec Assad sur le Golan, à toute alternative néfaste, comme l’arrivée du front Jabhat al-Nusra sur le plateau, qui vise à nuire autant à la Jordanie qu’à Israël, tout allait, à peu près « bien ». Le refus de dialogue s’opérait par l’entremise de la neutralisation de groupes terroristes palestiniens, comme le FPLP, le Jihad Islamique, le Hamas ou une guerre à épisodes pleins de rebonds, avec le Hezbollah, au Sud-Liban ou autour des représentations israéliennes à travers le monde.

 

קריקטורה באמירויות: משטר אסד כותב "מוות לישראל", בעודו יושב על גופות נרצחים סורים

Assad écrivant "Mort à Israël" assis sur un tas de cadavres syriens


D’une part, Assad a choisi d’affecter une bonne partie des gardiens syriens du Golan à la défense de Damas contre la rébellion et, déjà, déclaré une guerre par procuration, en laissant ses ennemis Jihadistes prendre le contrôle des frontières avec Jérusalem et Amman. D’autre part, devenu hyper-dépendant de Téhéran et de Nasrallah, pour reprendre Homs ou Al Qusayr, le régime alaouite n’est, déjà plus un décideur régional de la paix ou de la guerre avec l’Etat Juif. Il survit, au jour le jour, sous l’impulsion, pour ne pas parler des ordres directs du grand Ayatollah Ali Khamenei. Or, l’ambition majeure de celui-ci est de surarmer son supplétif libanais, pour un pilonnage préventif d’Israël, à coups de Fateh-110, de Scud D, au cas où Jérusalem décidait que l’heure est venue de mettre un terme à ses ambitions nucléaires.


Une autre guerre se joue déjà, au-dessus du conflit « civil » en Syrie : celle résultant de la perte totale de souveraineté de la Syrie sur ses propres choix « stratégiques », au profit de ses alliés du moment. Ceux-ci ont décidé de poursuivre leurs trafics d’influence envers et contre sa chute éventuelle, toujours remise à demain, et pour cause : Assad ne tient vraiment que grâce à eux, à leurs brigades de choc, comme les unités d’élite du Hezbollah, les Brigades Al Qods, les Bassidjis iraniens et leurs conseillers, qui planifient directement les mouvements des troupes et de l’aviation syrienne sur tel ou tel objectif quotidien, quartier de ville conquise par les rebelles, défense des villages, des bases de missiles et de l’armée de l’air.

 

La rébellion, l’ALS, on l’a vu, à chaque annonce de report occidental d’un projet d’envoi d’armes américaines, britanniques et françaises, se sont rués dans les bras du front Al-Nusra, qui ne cache rien de son affiliation à al Qaeda et de ses ambitions régionales d’instaurer un Emirat de Bagdad jusqu’au Golan. Mais cette allégeance de principe, même si subsiste l’espérance politique, chez certains chefs divisés, de reconstruire, un jour, une Syrie libre, hors de l’influence jihadiste, s’est constituée sur le terrain des combats et de l’aide apportée, par la milice islamiste, à des victimes des bombardements du régime.


D’une certaine façon, ces rebelles se sont enfermés dans un piège idéo-illogique, où tout est préférable à Assad, du moment qu’il le combat : qu’il s’agisse de choix suicidaires pour tout retour à une stabilité quelconque, comme de s’en remettre aux fous d’Allah, voire d'applaudir aux actions ciblées de l’Etat juif qui détruisent des armements. Lesquels, au moins, ne serviront pas à réduire en cendres les villes temporairement libérées… Il n’est même plus temps de leur demander quel type d’aliénation morale leur semble le moins douloureux ou le moins « compromettant ». On ne demande pas à un être exsangue s'il préfère mourir de la peste ou du choléra. On ne lui demande pas non plus, de "sacrifier son honneur d'Arabe" à une cause un peu plus noble, comme, qui sait?, la normalisation des relations avec le monde juif... Mais, puisqu'il est déjà prêt à accepter la coexistence avec les combattants kurdes d'Homs, Alep ou d'ailleurs, rien n'est impossible, en matière de révolution des consciences...


Les pays occidentaux ont choisi de ne pas choisir et, à ce stade, emploi d’armes chimiques avéré ou pas, de contempler cet abîme sanglant du haut de leurs tergiversations avisées et de leurs palabres indéfinis avec la Ligue Arabe et le Grand Mamamouchi d’Ankara, sur le sexe des anges de la mort. Au mieux, Obama se cache derrière ses approbations des raids d’Heyl Ha’avir, l’armée de l’air frappée de l’étoile de David, pour contraindre Moscou à chercher une issue « diplomatique » à la crise. Hollywood aime les "Happy End".


L’Etat juif n’a pas le choix géostratégique de laisser les acteurs s’entretuer en Syrie, en attendant que le pire gagne, puisque, d’après toutes les projections, seul le plus vicieux peut l’emporter. Il devra, à la fois, neutraliser les nouveaux maîtres pro-iraniens du front syrien, qu’il s’agisse des milices du Hezbollah, du Jaiysh al-Mahdi irakien ou/et des Pasdaran de Téhéran ; et avoir à l’œil les menées des sunnites les plus fanatiques, pour s’emparer des mêmes armes, afin de poursuivre les mêmes objectifs : la destruction d’Israël, incidemment, de la Jordanie, dès que l’occasion se présenterait de pointer un lanceur de missiles sophistiqués, des armes chimiques ou tout autre « gadget » que recèle l’empire de la mort et du Jihad irano-sunnite.


L'Etat juif n’a pas, non plus, le loisir moral d’espérer s’attirer « l’amour », pas même les remerciements des rebelles les moins conventionnels, dans la foule des commentaires hétéroclites, après la bataille. Il n’a pas besoin d’écrire un « discours de Damas », à l’instar du « Discours du Caire » de Barack Obama, en mai 2009, ponctué d'un tonique : « Salam Haleykoum ! », en tendant la main à d’anciens ennemis jurés, qui ne retiendraient plus leurs larmes de crocodile, dans l’attente de la prochaine manche de la guerre des images et d’une bonne occasion de resserrer les rangs, contre l’ennemi de toujours.


Mais, Israël peut et doit continuer d’œuvrer, à la fois, selon la ligne de ses seuls intérêts pratiques, face au risque de franchissement d’armes censées « changer la donne » des rapports de force régionaux ; et poursuivre la quête collatérale d’une éthique de la guerre, rappelant à tous les spectateurs de la tragédie, paralysés par l’hésitation, qu’un grand-petit Etat, doté du minimum de valeurs morales, ne reste pas assister impuissant au bain de sang perpétré par un gang d’états-voyous, au prétexte que mettre le doigt dans l’engrenage présenterait des risques. Si les chancelleries, si promptes, depuis plus de 20 ans,  à accuser Israël d’être incapable de « prendre le risque de la paix » avec ses voisins, commençaient, seulement, de se regarder en face, lorsqu’il s’agirait de prendre celui d'aider, l'air de rien, le plus faible dans un conflit aussi meurtrier (environ 100 000 morts), tout en s'aidant soi-même à ne pas en subir les retours de flammes, alors, peut-être, faudrait-il accepter de les prendre au sérieux.

 

A cette heure, ni l’Union Européenne des Fabius et (L)Ashton, ni la Ligue Arabe, ni Monsieur Marmara du Grand Bazar ne sont à la hauteur des évènements qui les saturent et les dépassent. En matière de conseils, qu’ils fassent comme au-dessus du chaudron : qu’ils s’abstiennent.

 

Il ne faut pas avoir peur de le dire aux demi-soldes de Bruxelles et Doha : le seul pays encore un tant soit peu moral, face à ce gouffre sanguinaire, comme les grandes forges de l'axe du Mal, c'est Israël. Qu'avez-vous fait, quand c'était encore techniquement possible, de stopper, ou, plus modestement, de limiter le carnage?


 

Assad et le stress - © Arutz Sheva
Assad ne voit même pas les avions israéliens arriver lorsque Tsahal bombarde ses stocks d'armes. Son ami Nasrallah ne voit rien non plus. Une caricature qui rend probablement bien l'état d'esprit du dictateur et de son ami terroriste. Ahmadinejad, qui a les mêmes systèmes antiaériens qu'Assad, doit lui aussi se poser pas mal de questions…

 

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Published by Gad - dans Editorial
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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 08:54

 

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La Foudre Israélienne frappe l’Institut de Jamariya, cœur de la stratégie irano-syrienne.

 

Par Marc Brzustowski

 

 


Les rapports contradictoires, ou complémentaires, au choix, affluent, au sujet du piqué des chasseurs-bombardiers frappés du bouclier de David, au beau milieu du chaos syrien. Avec une précision d’horloger, l’Etat hébreu rappelle les règles du jeu, ou plutôt, change la donne, anticipant, avec un coup d’avance sur toutes les projections iraniennes et du Hezbollah pour conserver la fraîcheur de leurs menaces au-dessus de la mêlée.

 

Ce matin-même, le site libanais en ligne El-Nashra annonce de nouveaux survols de l’armée de l’air israélienne, au-dessus des fermes de Sheba’a au Sud-Liban, là où affluent des unités mobiles du Hezbollah et des pasdaran iraniens. Le quotidien irakien Azzaman cite des sources diplomatiques occidentales, affirmant qu’au moins 3000 membres des brigades al Qods iraniennes assuraient la garde du site de Jamariya, depuis des années. La frappe d’Heyl Ha’avir aurait eu lieu au moins 48 heures avant que les fuites ne s’organisent dans la presse et que l’armée libanaise n’en parle. Selon cette source, la frappe sur un convoi du Hezbollah aurait servi à divertir l’attention du principal objectif du raid. 8 missiles auraient été ajustés et tirés contre l’installation syrienne, lourdement fortifiée. De nombreux Gardes de la Révolution iranienne présents seraient morts ou souffriraient de graves lésions. Doit-on tenir ces propos pour de la surenchère ou concevoir que lorsque Damas annonce 2 à 4 morts, cela signifie que des centaines, sinon plus, sont restés au tapis sous les bombes ?

 

ShowImage (Copier)

 

On ne sait que par les aveux syriens de l’aveuglement des radars et de l'impuissance des missiles anti-aériens les plus sophistiquées des arsenaux russes à contrer une frappe israélienne, à quelques kilomètres du palais d’Assad, quelle(s) cible(s) ont été touchées. Quitte à prendre le risque d’une sortie et faire d’une pierre d’autres coups, il n’est pas impossible que plusieurs des bruits qui courent, hormis la gifle dont se plaint Assad, contre son « Institut de recherche militaire », soient justes, mais non-vérifiables. Le Times Magazine américain le suppose, en tout cas. A l’heure qu’il est, il n’y a que les deux Etats-Majors (et leurs alliés) concernés qui ont une connaissance approfondie de l’ampleur des dégâts réels.


Results of airstrike as presented by Syrian TV

Images abondamment diffusées par la TV syrienne.

 

Les sources libanaises ont évoqués jusqu’à 16 avions survolant la zone des trois frontières. Le nombre est équivalent aux 8 F16 et 6 F15, partis bombarder Osirak, chez Saddam Hussein, le 7 juin 1981, avec, à bord, Ilan Ramon, futur astronaute mort en mission et Amos Yadlin, futur chef des renseignements militaires. Que l’un de ces avions, au moins, ait bifurqué vers l’intérieur de la Syrie, sur Zabadani, pour détruire un convoi d’armes, de type SA-17 russe anti-aérien, tandis qu’un ou plusieurs F-15 et 16 fonçaient, au-dessus du Hermon, sur Jamariya, et que d’autres assuraient leur sécurité dans le périmètre ou détournaient l’attention, n’aurait rien de très surprenant. Si une nouvelle « ligne rouge » était sur le point d’être franchie, il paraîtrait logique de frapper, autant le mauvais choix de déplacer ces missiles que, simultanément, d’aller directement frapper à la tête celui qui en a eu l’idée aventureuse.

 

Le site de Jamariya est le cerveau de l’industrie chimique et biologique d’Assad. En reconnaissant cette cible comme la principale, Damas expose toute la faiblesse de son régime au bord du gouffre. 

 

 

L’installation fait partie d’un complexe militaire qui comprend des écoles, des unités de réserve de guerre, des aires d’entraînement pour les forces spéciales et la manipulation de produits toxiques par le Hezbollah, ainsi qu'un centre de communication maintenue par une société syro-nord-coréenne. Elle comprend également l’école technologique où sont testées toutes les armes et innovations chimiques et biologiques. Le complexe militaire proche est, « théoriquement » défendu par le fleuron des missiles anti-aériens russes, de type SAM. Les services de renseignements américains, français et, bien sûr, israéliens l’ont identifié depuis au moins les années 1980 comme le lieu de tous les dangers futurs pour la région, comportant de nombreuses extensions à Damas et Alep. Durant ces dix dernières années, il était dirigé par Amr Amarnazi, à l’origine, ingénieur informatique. Il a, d’abord, rencontré Bachar al Assad, qui attendait son heure, au poste de directeur de la Société Informatique Syrienne. Amarnazi était l’un des principaux responsables de l’HISAT, le plus grand Institut de recherche syrien, principal foyer pour la recherche, le développement des applications informatiques et systèmes de communication, au service de l’armée syrienne. Formant tout type d’experts-ingénieurs, l’HISAT est directement subordonné à Assad et l’homme qui le dirige à un statut équivalent à celui d’un des principaux Ministres du gouvernement.

 

Le Centre scientifique militaire syrien emploie des milliers de personnes, dans tous les départements susceptibles d’avoir des débouchés militaires. Certains ont un intérêt spécifique, comme la recherche nucléaire, ou le fameux « Département d’Immunologie », terme orwélien signifiant les manipulations chimiques et biologiques et leurs effets sur l’environnement. Le processus de production est très complexe, impliquant la manipulation de substances extrêmement toxiques émises durant la production d’armes chimiques. Le principal centre de production se situe à Al-Safir, dans le nord de la Syrie. C’est là que le régime Assad produit ses bombes au gaz sarin et dotées de VX. Cet emplacement sert aussi à abriter les missiles SCUD C et D, capables d’atteindre n’importe quel recoin du territoire d’Israël. Toutes ces installations sont, évidemment, protégées par des batteries de missiles sol-air russes (source : www.israeldefense.com, informations recueillies par Ronen Salomon et Ronen Bergman 4 avril 2008, après la frappe contre le réacteur d’Al-Khibar).

 

Rasmussen, patron de l'Otan prétend qu'il ne sait rien des armes chimiques d'Assad. L’Iran et la Syrie jurent de répliquer de façon « surprenante », fidèles à leur logique terroriste. Tsahal, ayant pris ce risque, est en alerte maximale depuis plusieurs semaines. Les survols matinaux au-dessus du Liban attestent que, si le besoin s’en fait sentir, les avions feront feu sur les unités du Hezbollah et leurs conseillers iraniens. Des sources américaines, évoquant la présence à Washington d’Aviv Kochavi, le chef des renseignements militaires, laissent entendre qu’Israël ne verrait pas d’objection à infliger à la milice chi’ite, bras armé de l’Iran, un même type de remise à l’heure des pendules qu’au Hamas, en novembre dernier. Ce passage par Washington implique que les Etats-Unis, reconnaissent le blocage des négociations sur le nucléaire avec l'Iran, et, par conséquent, ne s'oppose pas le moins du monde à cette "sanction" militaire, pouvant servir d'avertissement à Téhéran. D'un autre côté, l'Amérique d'Obama paraît "fatiguée" et laisse à des pays avancés comme Israël et la France au Mali, le rôle de "gendarmes régionaux". 

 

On s’inquiétait d’un possible va-tout de Téhéran pour sauver le régime Assad et/ou repositionner le Hezbollah comme la force qui compte, dans la région. Désormais Ali Khamenei et Nasrallah ont perdu l’initiative. Englués dans le conflit interne syrien depuis 2 ans, leur marge de manœuvre régionale est déjà bien entamée. Parmi, les premières conséquences de leur prétendue « divine victoire » de 2006, on compte la destruction du réacteur syrien d’Al-Khibar, en septembre 2007, l’élimination du cerveau du terrorisme international iranien, Imad Mughniyeh, ou du général syrien Muhammad Suleimani, l’agent de liaison entre les trois puissances. A ces coups stratégiques portés par Israël, l’axe n’a pu répondre que par une démultiplication de nombreuses tentatives terroristes avortées (plus d’une vingtaine), dans des zones d’influence  israéliennes plus exposées : Inde, Azerbaïdjan, Géorgie, le seul attentat ayant « réussi », étant celui de Burgas en Bulgarie, tuant 5 touristes hébreux et leur chauffeur bulgare.

 

La sortie aérienne d’Israël, plutôt que de s’empêtrer dans l’anarchie qui règne au nord, semble vouée à endiguer préventivement les tactiques de « sortie de crise » envisagées par l’Iran, qui compte encore faire déborder ce torrent de boue et de sang de son lit. Par ricochet, c'est une banderille en plein front des Mollahs, alors que la guerre civile syrienne se prolonge aussi longtemps qu'ils font durer leurs soi-disantpourparlers nucléaires, avec pour principale conséquence, de croire prendre la région entière en otage. Tsahal conserve la garde haute et sa force de dissuasion intacte, malgré la guerre psychologique menée par les 3 forces de cette alliance la plus délétère pour l’avenir du Moyen-Orient. Là où toutes les alliances de l’OTAN, Turquie en tête sont dissuadées d’intervenir, à tout moment, Israël peut frapper l’ennemi, aux prises avec ses affres intérieures et le recul patent de l’adhésion aux principes de son idéologie génocidaire. Il rappelle, incidemment, aux Syriens, que l'Occident, aussi bien que la Ligue Arabe leur mentent, en les comptant déjà pour morts ou retombés sous le joug de l'axe. 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 19:11

 

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Lapid, le visage pragmatique du consensus israélien,

 

Par Marc Brzustowski

 

by-benny-doutsh-2013--(8-of-12) wa (Copier)

Le nouveau venu fait des bonds en avant et n'est pas dénué de punch.

 

Les spéculations vont bon train sur les offres concrètes que va faire l’actuel Premier Ministre, Binyamin Netanyahou à Yaïr Lapid, brillant dirigeant de « Il Existe un Avenir », le nouveau groupe parlementaire centriste de la Knesset. Elles devront être conformes aux aspirations de ses partenaires. Notamment Avigdor Lieberman, espérant sortir assez vite de ses mises en accusation pour abus de confiance et fraude, garde une option sur un retour au gouvernement comme Ministre des affaires étrangères. Actuellement, Netanyahou privilégierait cette offre de poste à l’ancien journaliste, tout en tâchant de ne pas froisser le leader du parti de coalition, Israël Beitenou. L'ex-tenant de la place verrait plutôt Lapid, attaché aux questions économiques et sociales de répartition des bénéfices de la croissance en direction des classes moyennes, au poste de Ministre des Finances, qui, dit-il, devrait lui aller comme un gant. « Bibi » rétorque, avec sagesse, que le petit nouveau parle parfaitement l’anglais et constituerait un très bon interlocuteur en Amérique et en Europe, les relations avec ces deux continents restant un des points noirs de son précédent mandat. Il pourrait, par mesure compensatrice, offrir le poste de Ministre de la Défense, non à son ministre des affaires stratégiques, Moshe Ya'alon, mais au second d'Israël Beitenou, Yaïr Shamir, le fils d'Itzakh, ancien pilote et ancien patron d'Israeli Aerospace Industry, l'ayant conduit à tant de succès technologiques et stratégiques. 

 

Yaïr Shamir.

 

On suggère, également, que Lapid pourrait se voir conférer un poste de vice-Premier ministre, lui permettant d’apprendre le métier sous bonne tutelle. Ce pourrait être une porte de sortie, si la négociation devenait problématique avec Lieberman. Mais l'intéressé a assuré qu'il ne ferait pas de la figuration, en acceptant un ministère sans porte-feuille.

 

On ne verra se dessiner la coloration et le dosage de la nouvelle coalition que dans quelques jours, voire plusieurs semaines, si les tractations durent. Cela dit, il est déjà, pour ainsi dire, acquis, sauf divergences de dernière ligne, que Yaïr Lapid, étoile montante du Centre laïc, et son alter-ego, de droite religieuse, moins bien servi par la répartition des suffrages (12 sièges contre 19), Naftali Bennett, pourraient cohabiter au sein du même cabinet. Qu’est-ce à dire ?

 

L’un et l’autre, jeunes premiers de cette XIXème Knesset, montent des chevaux de bataille bien différents, tirant même, à première vue, dans des sens opposés : l’un, Lapid, représenterait les préoccupations des classes moyennes tel aviviennes, la modernité et le désir de « normalité » de la démocratie israélienne, mais aussi la critique des milieux ultraorthodoxes, qui maintiennent leur style de vie autour de l’étude de la Torah, à l’écart du développement sociétal israélien et, notamment, ne participent pas en masse, à l’effort de défense.

 

Bennett a choqué, durant la campagne, en lâchant la petite phrase qui, généralement, suscite le tollé dans tout l’establishment du pays : ancien chef d’unité commando, il s’est prononcé pour le droit à la désobéissance du soldat, face à un ordre d’évacuation d’une famille juive hors de sa maison, dans les territoires. Il s’est, ensuite, rétracté, mais l’argument a continué de faire scandale. Par là, il mettait la barre haute, en affirmant que, jamais plus, une expérience douloureuse comme celle de l’expulsion des Juifs du Goush Katif, dans la Bande de Gaza, en 2005, sous la férule d’Ariel Sharon, ne se reproduirait, avec le consentement de son parti « Foyer Juif », en tout état de cause. Comme son nom ne l’indique pas clairement, le « foyer juif », c’est aussi la Judée et la Samarie, terres des tribus de Yosef (dont le tombeau sied à Sichem-Naplouse) et de Yehuda (Judée).

 

La question qu’on peut se poser, à présent, consiste à savoir ce que le très modéré et favorable à la relance des pourparlers de paix, Yaïr Lapid, en pense. Herb Keinon, du Jerusalem Post, rappelle que le patron du Centre ne considère pas les pourparlers avec les Palestiniens comme une « perte de temps », à l’instar du Ministre des affaires étrangères sortant et qu’il a fait de cette question une clé de son entrée dans un futur gouvernement. Son style serait très différent, moins engageant à la confrontation, moins conflictuel.  De ce point de vue, Lapid, très policé, charismatique, très à l’aise, pourrait s’ériger comme l’anti-Lieberman, en Occident, malgré l’excellent travail réalisé par le Moldave dans le rapprochement stratégique avec d’anciens pays du bloc de l’Est, comme l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, voire avec la Russie de Poutine, malgré les dissensions régionales (Iran, Syrie). Celui qui promet un Avenir à Israël pourrait aisément tenir le rôle longtemps joué par Shimon Peres, apaisant les inquiétudes des Occidentaux. Il serait aussi opportun qu’il remplace, dans le casting, Ehud Barak, non-réélu parce qu’il ne se présentait pas, que Netanyahou envoyait à Washington pour s’entretenir des enjeux stratégiques communs.

 

Lapid a donné des conférences à Ariel, un bloc d’implantation contesté, lorsqu’il s’est affublé d’une nouvelle université. Il a déclaré, prenant ses distances avec le Centre-Gauche classique, pour marquer son soutien au maintien des implantations : « Il n’existe pas de carte où Ariel ne ferait pas partie de l’Etat d’Israël ». Il s’oppose, également, à toute division de Jérusalem, insistant sur le fait que la Ville est « l’ethos » ou le cœur vivant de l'être juif et d’Israël, la raison même pour laquelle le peuple juif est de retour sur sa terre.

 

En éclipsant Tzipi Livni –qu’il aimerait, cependant, voir invitée à participer au gouvernement- et Shaul Mofaz, le leader de Kadima- qui peine à survivre avec deux sièges encore non-certifiés-, Yaïr Lapid semble déterminer à faire prévaloir le consensus israélien. La chute vertigineuse, tendant au décrochage, de ces deux anciens promoteurs du désengagement indique clairement vers quel type de solution il tend. Par les positions qu’il a prises, il montre que, s’il faisait preuve de souplesse et d’ajustement pragmatiques, ce serait donnant-donnant. Mais, il ne s’exposerait pas à des « concessions douloureuses » inconsidérées, comme de permettre au Hamas de tirer parti d’un nouveau retrait. L’expérience récente de la guerre de Novembre, où on a assisté aux premiers tirs de missiles Fajr iraniens sur Tel Aviv et Jérusalem, ne fait que renforcer cette fermeté populaire qui s’exprime, à travers son ascension vers les plus hautes fonctions.

 

Sur ce point, il s’avère compatible avec Bennett, autant qu’avec les partis de Netanyahou et Lieberman : plutôt des échanges de villages et villes à dominantes juive ou arabe, que l’abandon pur et simple d’une partie historique de l’histoire récente ou passée du peuple juif. L’électorat des « classes moyennes et laïques » qui le soutient a largement enregistré le message  de novembre. Céder du terrain face à un adversaire-« partenaire » qui n’est pas prêt à reconnaître l’Etat juif et démocratique, c’est courir à une forme de suicide existentiel collectif, en tout cas, susciter les aspirations de Meshaal à l’éradication de l’Etat hébreu, ou celles d’Abbas, à vouloir être reconnu internationalement, sans rien discuter ni négocier avec Israël.

 

Il est clair qu’actuellement, cette position partagée par la majorité des Israéliens n’est pas à l’aube d’être entendue par la communauté internationale. Peut-on faire la paix sans les peuples, à coup de "bombe à neutron" diplomatique? Mais, c’est, sans doute, à de telles conditions, conservatoires de la sécurité, que Lapid et son électorat pensent qu’un nouveau cycle de négociations peut être engagé. La question n’est plus la priorité des campagnes électorales, elle n’intervient que pour dire : il faut tout faire pour ne pas fermer la porte. Lapid a les capacités d’expliquer, dans les termes les plus nets, ce que sont les limites qu’Israël ne saurait franchir sans mettre son style de vie démocratique en danger, parce que rognant sur le sens profond de son identité et de sa présence.


En face de lui, Abbas ne dispose pas de la légitimité légale : pas d’élections depuis 2006, qu’il a perdues. Son mandat de président s'achevait en 2009. Depuis, on ferme les yeux, à l'ON, qui a des pudibonderies que la raison démocratique ne saurait voir ; ni de l’appui de la rue palestinienne : cortèges d’hommes en armes, de Balata ou d’ailleurs, pour assurer indéfiniment que le Hamas ou d’autres factions ne le remplaceront pas demain. La fragilité d’Abu Mazen, son incapacité chronique à se projeter vers un plan de paix viable, ne font que renforcer la fermeté de l’Israélien moyen, incarné par Lapid. La position de Bennett est comme le socle qui permet à ce nouveau conquérant et ceux qui se reconnaissent en lui, d’avancer et de développer sereinement les autres aspects de son programme. L’un et l’autre sont convaincus que toutes les strates de la société doivent participer, la forme de cet engagement restant à définir, à l’effort collectif. L'autre volet à discuter dépendra de la présence de Shas et de l'Unité du Judaïsme de la Torah à ce gouvernement et de sa puissance dans l'hémicycle, face à l'idée de partage du "fardeau" de la défense.

 

Israël entame son renouvellement intérieur, se tourne vers le charisme d’Israéliens décomplexés, dans les messages qu’ils expriment, à l’heure où le « Printemps Arabe » tourne, ici et là, au fiasco anti-démocratique et à l’avènement de nouvelles « double-faces » : comme celle que présente Morsi à Obama et celle, plus accueillante qu’il tourne vers Ali Khamenei. Ils parlent franc et affirment que « tant qu’il n’y aura rien de nouveau sous le soleil », l’Avenir d’Israël est assuré. 

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:17

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Le pari du Hamas et de l’Iran sur une escalade régionale a avorté.


Par Marc Brzustowski.  

 

La décision du Hamas de provoquer une escalade des tirs de roquettes et attentats frontaliers contre Israël était délibérée. Quel pouvait alors être le calcul du Hamas, qui sous-tende ce pari sur la fuite en avant ? En résumé, le mouvement islamiste comptait instaurer de nouvelles règles d’engagement, non seulement contre Israël, mais de manière plus décisive, aux dépends de l’Egypte. Cette guerre du Hamas contre Israël correspond à une tentative manquée de reconfigurer les relations de pouvoir et d’influence dans la région, entre le Caire et l’Iran, en agitant le chiffon rouge de la guerre islamiste conjointe contre Israël et l’Occident. Incidemment, un voile pudibond européen se posait temporairement, par médias interposés, sur les massacres en Syrie et leurs débordements au Liban, permettant accessoirement -mais Assad en est loin- une reprise en main du conflit interne, au profit des forces de l’axe irano-syrien. Il aurait suffit de réimprimer, dans les esprits et la rue, le chantage de la radicalisation anti-israélienne au reste du monde sunnite, bien contraint de s'y conformer. 


Les changements politiques considérables, en Egypte, Tunisie et Libye ont laissé croire à beaucoup que le rôle du Hamas, dans le nouvel ordre régional, en sortirait renforcé. Les tribunes accordées, par Georges Malbrunot, dans (son blog sur) le Figaro, à de pseudo-spécialistes comme Jean-François Legrain, militant de la « normalisation » politique du Hamas, sont le signe patent de cet aveuglement de complaisance en faveur du Jihad anti-israélien, d'abord, anti-occidental, ensuite, a fortiori s’il frappe d’abord et centralement les civils israéliens. La prise de distance du Hamas vis-à-vis de Bachar Al Assad est intervenue comme l’indice d’un virage vers le réalignement du Hamas, comme s’il sortait de l’axe conduit par l’Iran, pour se mettre au service du Qatar, de la Turquie, en s’appuyant sur la « profondeur stratégique » que lui offre le Sinaï égyptien. Ainsi, l’étape suivante aurait dû permettre une réhabilitation du Hamas, par les pouvoirs sunnites, aux yeux de l’Occident, - et ses soutiens dans les médias, formatés par une lecture antisémite de la politique israélienne-, pour l’imposer comme seul « partenaire » indirect d’Israël.


Mais la rupture du Hamas avec Assad découle, d’abord, d’une analyse des coûts et des bénéfices qu’Haniyeh et Meshaal pourraient en tirer. Le groupe islamiste a bien compris que ce geste provoquerait la colère de son seul véritable patron, Téhéran, son principal financeur, formateur et fournisseur d’armes et de nouvelles technologies missilières. Mais, en contrepartie, le fait d’entraîner dans son sillage Ankara, le Caire et Doha créerait automatiquement de nouvelles opportunités pour le redéploiement stratégique de la lutte armée contre Israël, profitable à l’Iran. Ainsi n’y avait-il aucune contradiction, concernant l’allégeance à Téhéran, dans la visite de l’Emir du Qatar, Al-Thani, à Gaza.


  Les largesses qataries sont les bienvenues et tombent à point nommé. Cela permet de financer une guerre, et de prévoir d’exiger d’autres rallonges ultérieures, de la part des Frères arabes, en cas de destruction de locaux et de maisons. Mais, le problème central du Hamas de Gaza, c’est sa dépendance géostratégique à l’égard de l’Egypte, qui est sa seule porte de sortie vers le monde extérieur. Le Sinaï constitue l’autoroute logistique du Hamas, pour l’importation de ses ogives, venues principalement d’Iran, secondairement, de Libye –pour les armes plus légères et mobiles-, depuis la chute de Khadafi, à travers les bons offices du génocidaire El-Béchir du Soudan. Le Hamas accepte les chèques en blanc du potentat qatari, mais son principal souci et d’alimenter la guerre contre Israël, en augmentant graduellement ses capacités militaires. Le type de missiles tirés durant l’opération « Colonne de Nuée » expose les sauts qualitatifs déjà enregistrés par les artificiers et artilleurs du Hamas.


Les stratèges du groupe islamiste ont du mal à comprendre que s’il est bien, originellement, le bras armé palestinien des Frères Musulmans, l’idéologie commune est, parfois, insuffisante à produire directement des avantages marqués sur le plan de la realpolitique et de la géostratégie.

 

En déclenchant un conflit avec Israël, il s’attend, automatiquement, à ce que le nouveau Président égyptien lui ouvre, sans réserve aucune, la voie d’un réapprovisionnement virtuellement inépuisable, en missiles et roquettes de longue portée, provenant d’Iran. Voyant Mohamed Morsi se rendre pour la première fois à Téhéran, lors du sommet des non-alignés, fin août 2012, il y voit la concrétisation de son utopie mortifère contre Israël. Il ne perçoit pas que ces deux pays et d’autres, divergent radicalement sur un certain nombre d’autres problèmes régionaux, dont le sort de la future Syrie. Ensuite, Morsi réagit en tant que nouveau patron d’un grand pays arabe influent, qui souhaite peser, ne pas trop se fâcher avec les monarchies du Golfe, au-delà des présupposés idéologiques anti-israéliens, où le cœur de doctrine des Frères Musulmans joue un rôle-pivot. Le Hamas se perçoit comme l’avant-garde d’un nouvel ordre régional, fondé sur la réconciliation Iran-Egypte. Si Morsi est à Téhéran fin août, alors le Hamas peut aussi s’y rendre à la mi-septembre pour signer un accord de défense mutuelle.


Cependant, rien de tout cela ne s’est concrétisé, à ce stade. Jusqu’à un certain point, le nouveau gouvernement égyptien cherche à rétablir le contrôle sur les groupes salafistes du Sinaï et ne pas se laisser emporter par la « fougue » du Hamas et du Jihad Islamique, plus marqué encore par l’allégeance vis-à-vis de l’Iran. Morsi s’est, à certains moments, montré presque plus « strict » que son prédécesseur dans la neutralisation des tunnels du Sinaï. On a même assisté à une mise en péril des bénéfices tirés de ces trafics, courant septembre, où le Hamas a organisé des manifestations à Gaza contre la politique frontalière de la nouvelle Egypte.


 

Bras armé. Question subsidiaire : de qui? 

 

 Le principal objectif du Hamas, en démultipliant les attaques contre Israël, consistait à mettre un terme au statu-quo ante et à poser de nouvelles conditions au Caire. Dans ce projet, l’Egypte de Morsi aurait dû apporter la profondeur stratégique dont le Hamas a grand besoin pour poursuivre sa guerre d’usure, de la même façon que la Syrie a servi de plaque tournante pour le convoyage des armes létales massives du Hezbollah, jusqu’à ce jour.

   

Pour accomplir ce saut qualitatif (devenir le nouveau Hezbollah sunnite pro-iranien), le Hamas a agi de façon à réécrire les règles du jeu et à les imposer, non seulement à Israël, mais également à son “allié” Morsi. Par l’escalade militaire, il aurait s’agi de « normaliser », non pas le projet "politique" du Hamas, mais son ambition militaire.


C’est pourquoi, en dépit des divergences concernant le régime Assad, le Hamas a, non seulement, maintenu sa relation militaire avec Téhéran, mais il l’a accentuée, en signant un traité d’assistance et de défense mutuelle, lors de visites en Iran et au Liban, pour y rencontrer Hassan Nasrallah. Seulement voilà, hormis quelques pétards mouillés, sous forme de Katiouchas, dont une partie a été saisie par les Forces libanaises, le Hezbollah est trop occupé en Syrie pour prêter l’assistance tant attendue.


Le Hamas n’a fait, par ailleurs, qu’intensifier sa collaboration étroite avec le Soudan, depuis 2008. Ce qui expliquerait les frappes ciblées de véhicules, convois et mêmes d'usines de fabrication de missiles iraniens à Yarmouk, près de Khartoum, qu’on attribue communément à Israël.


Bien que les idiots utiles de la presse française aient perçu que le rapprochement et l’ouverture du Hamas à l’égard des offres financières des pays sunnites était un signe flagrant du gel progressif de ses relations avec Téhéran, c’est l’inverse qui s’est développé, de 2008 à 2012, nonobstant le conflit syrien. L’Iran est désespérément à la recherche d’un débouché direct dans le conflit palestino-israélien et prêt à quelques compromis, voire, si ce but était atteint, au sacrifice de son allié à Damas, contre un rapprochement avec des Islamistes sunnites, qui partageraient les mêmes objectifs, depuis le Golan ou depuis le Caire et le Sinaï. Ce que les observateurs superficiels ont pris pour un changement de camp et la migration vers celui des ennemis de l’Iran, n’était, en fait, qu’une tentative de rétablir un équilibre menacé par les évènements syriens.

 

Le Hamas comprend très bien que Téhéran a toujours besoin de lui, puisqu’il contrôle Gaza, soit la moitié au moins de la Cause palestinienne et son volet le plus agressif envers l’Occident et Israël. Tant que la relation militaire entre eux perdure, peu importe le sort d’Assad, voire l’affaiblissement de la position nationale du Hezbollah au Liban, puisque, jusqu’à un certain point, le Hamas peut s’y substituer. Nasrallah l’a confirmé dans de récents discours, rappelant « que malgré les différences –de perception du conflit syrien- l’alliance militaire entre l’Iran, le Hezbollah et Gaza, demeurait intangible ». Les objectifs « symboliques » pris pour cibles à coups de Fajr-5 et de nouveaux Qassam M-75, explosant au-dessus de Tel-Aviv et Jérusalem, démontrent même que le Hamas serait plus « légitime » à s’en prendre à ces villes centrales que le Hezbollah, à qui on reprocherait de créer les conditions d’un affrontement direct, entre Israël et le Liban prétendument « indépendant » et entraîné, malgré lui, dans le conflit. D’ailleurs, les Palestiniens de Gaza se sont mis à singer les cris de « d.ivine victoire » du Hezbollah, en 2006. C’est oublier, un peu vite, que, depuis 6 ans, le groupe chi’ite libanais n’a pas osé tirer un seul missile contre Israël, ni ne s’est jamais plus joint aux Gazaouïs pour marquer sa solidarité, pas plus en 2009, qu’en 2012… C'est aussi pourquoi, la menace restant localisée à Gaza, Israël peut encore se permettre de concéder un accord de trêve provisoire, sans péril majeur en la demeure. 


 Ces ambitions de régionalisation militaro-terroriste du Hamas ont principalement achoppé sur sa mauvaise lecture de la stratégie israélienne et sur ses erreurs ou sur-anticipations quant aux réactions attendues de la nouvelle Egypte de Morsi. Les Islamistes de Gaza ont interprété les mises en garde égyptiennes contre toute action militaire israélienne à Gaza, en octobre dernier, comme une couverture politique, aux yeux de l’Amérique et de l’Occident. Les terroristes du Hamas ont voulu croire que, par crainte de faire imploser ce qui reste de traité de paix avec l’Egypte, Israël ne se risquerait pas à lancer une opération de grande envergure, qu’elle soit aérienne et navale ou matérialisée par une mobilisation de 75 000 soldats. Même si ceux-ci sont retournés à la maison, beaucoup étant déçus de ne pas « finir le travail », leur regroupement aux portes de Gaza signale que la fois prochaine sera la bonne. Et d’abord, parce que les élections internes seront, sans doute, passées ou que la légitimité pour intervenir serait acquise, en cas de perturbation de ce scrutin par le Hamas. Netanyahou, ou quelque Premier ministre que ce soit, ne pourra que dire à Obama et Morsi que la pression de la rue et de l'armée est trop forte et que son gouvernement sautera s’il n’accomplit pas la mission pour laquelle il est élu : protéger ses citoyens. Pour Obama et Morsi, les règles du jeu sont donc établies clairement : c’est leur dernière chance d’éviter un conflit majeur dans la région, ou même, de sauver le Hamas malgré lui.


 Le groupe islamiste pensait qu’au bout du compte, il deviendrait le fer de lance de la « résistance » contre Israël, bénéficiant d’un soutien presque inconditionnel de la rue égyptienne et de son administration. On a vu quelques entrefilets de manifestants pro-Hamas au Caire, mais surtout des troubles internes contre le nouveau régime autoritaire.

 

Qui plus est, il escomptait exploiter la réélection d’Obama pour provoquer un creusement du fossé légendaire entre celui-ci et Netanyahou, le chef de la Maison Blanche imposant officiellement la « retenue » à Israël et l’aidant ainsi à marquer des points par la multiplication des coups contre les civils du Sud et du Centre de l'Etat hébreu. D’autant plus que la Maison Blanche peut craindre l’effritement de sa relation particulière avec le nouveau pouvoir égyptien. Mais c’était sans compter sur la vénalité de Morsi, qui a besoin du Département d’Etat, de son argent et surtout pas que le Congrès se retourne contre lui en suspendant l’aide américaine. Obama n'a fait, officiellement, que rappeler le droit légitime d'Israël d'exercer la défense de ses citoyens. 

 

En d’autres termes, le Hamas a outrepassé les modifications apportées à la géopolitique régionale et s’est bercé de ses propres illusions idéologiques. Le résultat apparaît plutôt assez lamentable pour le groupe islamiste palestinien. Il a voulu croire qu’en déclenchant cette guerre, il obtiendrait une plus grande marge de manœuvre, de la part de l’Egypte, et par ce biais, qu’il pourrait bluffer à sa guise la diplomatie internationale. Ce conflit aurait dû renforcer sa position et lui assurer des gains substantiels. Le seul résultat est d’avoir marginalisé un peu plus Mahmoud Abbas, au secours duquel vole le Quai d’Orsay de Fabius… La tentative de relance d'une "troisième Intifada", en lisière de Gaza et en Judée-Samarie apparaît comme un substitut aux armes, susceptible d'entraîner une adhésion plus massive de la "rue arabe" et de la retourner autant contre Israël que contre l'Autorité Palestinienne, déjà moribonde. 
 

A ce jour, le Hamas est retourné au statu-quo ante, en ayant enregistré des pertes stratégiques importantes. Son chef militaire et agent de liaison de l’Iran au sein de la « cause palestinienne », Ahmed Jabari a été éliminé, en gage d’avertissement à son successeur, Marwan Issa. On peut estimer raisonnablement que son stock de missiles iranien a subi une réduction d’au moins 50%, l’approvisionnement devenant plus épineux : toutes les forces en présence, les Etats-Unis et leurs alliés, l’Egypte s’obligeant, si elle veut demeurer souveraine, à devenir plus scrupuleux envers les trafics et leurs ressources externes, comme la Libye et l’Iran. Quand on compte continuer à s’approvisionner, mieux vaut le faire discrètement, pas en tirant des Fajr-5 contre une capitale. Non seulement les règles d’engagement avec Israël n’ont pas été sensiblement altérées, mais la valeur stratégique du Hamas, aux yeux de l’Iran, en cas de frappe israélienne contre ses installations nucléaires, a perdu de sa consistance : en quelques jours de guerre, Gaza serait réduite au silence et ses missiles, de toutes les façons, globalement interceptés par le Dôme de Fer, qu’Obama s’engage à développer un peu plus en nombre et en qualité. L'ambassadeur Oren le rappelle ainsi : lors de la crise des missiles à Cuba, les USA ne s'en sont pas pris à Cuba, mais bien adressé à l'URSS. Aujourd'hui, les Etats-Unis et Israël s'adressent à l'Iran, pas à Gaza.


 
En voulant imposer ses conditions à Morsi, le Hamas a commis un crime de lèse-majesté : il a oublié qu’il dérivait de ce mouvement des Frères Musulmans, qui lui impose ses conditions et non l’inverse. Morsi, voulant rester maître à bord et manifestant des penchants certains à l'autocratie, n'en resserrera qu'un peu plus son gant de velours sur ses amis du Hamas... 


En commettant cette nouvelle erreur cruciale, le pari manqué du Hamas risque de déboucher sur son pire cauchemar : au lieu de parvenir à manœuvrer en faveur d’une aide iranienne accrue et d’élargir sa propre marge de manœuvre, dans le Sinaï, il s’est, un peu plus, mis en posture de devoir plier aux conditions fixées par l’Egypte, sans véritables contreparties, qu'un sursis lui évitant d'être renversé. La trêve n'a, d'ailleurs, pas été discutée directement entre Morsi et Israël, mais à travers Mohammed Shehata, ancien officier du renseignement sous Moubarak, maintenu en place par le nouveau pouvoir, parce qu'il dispose encore de l'oreille des Israéliens. C'est le seul moyen, pour l'Egypte de Morsi, de demeurer l'intermédiaire régional, rôle que la Turquie a perdu, depuis le Mavi Marmara et que le Qatar n'est pas prêt d'obtenir... 

  This chart shows which parties talked with one another during diplomatic negotiations to resolve the Israeli/Hamas conflict.

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:19

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Faut-il redouter le vide créé par l’affaissement du Hamas à Gaza ?

Par Marc Brzustowski.

 

L’opération « Pilier de Défense », lancée mercredi 14 novembre, avec la mort en direct, au coin d’une rue de Gaza-City, du stratège et planificateur des opérations du Hamas, a stupéfait l’ennemi par son caractère de « choc et de stupeur ». Ahmed Jabari mis hors d’état de nuire, ce sont environ 200 sites de lancement de roquettes, dont les plus perfectionnées, de provenance iranienne, Fajr 3 et 5, qui sont devenus des crevasses brûlantes, sous les pieds des terroristes des deux principaux groupes islamistes de Gaza : le Jihad Islamique et le Hamas.

 

Proférant des menaces appelant à « l’ouverture des portes de l’enfer » pour anéantir Israël, les porte-parole de ces mouvements terroristes ne sont pas parvenus, près de 24h après leurs déclarations, à concrétiser leurs fantasmes. Néanmoins, une première ogive s'est abattue dans un terrain vague de Rishon Letzion, point le plus au nord de l'offensive missilière du Hamas, jusqu'à présent. Tel Aviv est donc, clairement visé, à moyen terme.  Il est probable que les principaux chefs des diverses branches armées ont suivi le conseil de l’Etat-Major israélien : à cette heure, ils ont rejoint des caches souterraines, déguisés en femmes, la burqah étant très tendance dans ces milieux virils, qui prétendent « aimer la mort comme les Israéliens aiment la vie ».

 

On a dû, malheureusement, déplorer la mort de trois Israéliens, à Kiryat Malachi. Ces victimes n’ont pas eu le loisir de rejoindre un abri sécurisé, pour la raison que cette ville d’implantation paupérisée n’en dispose pas en nombre suffisant. C’est un manquement grave au projet sioniste : en même temps qu’il neutralise les zones de lancement et les missiles tirés contre les villes principales, grâce à Dôme de Fer, il doit apporter un bouclier sans faille à l’ensemble de la population du Sud, sous les bombes depuis au moins 2001, et, plus particulièrement, depuis le retrait de Gaza, ordonné par Sharon, en 2005.

 

תינוקת שנפצעה בקריית מלאכי, הבוקר (צילום: גדעון רחמים)

Jeune enfant recueilli par les sauveteurs, après les tirs meurtriers contre Kiryat Malachi. 

 

La plupart des commentateurs se sont félicités de la détermination de l’actuel gouvernement et de son Etat-Major. Ils ont relevé l’efficacité, qui n'est pas sans précédent, des coups portés aux cibles stratégiques à répétition, qu’ont dû subir les groupes terroristes. On pourrait y voir un premier effet notable de la fusion des principaux corps des forces spéciales israéliennes au sein du "Corps d'Action en Profondeur", capables de frapper des cibles lointaines (comme à Khartoum, par exemple) aussi bien que de tracer et désigner des cibles mouvantes en périphérie immédiate d'Israël (comme à Gaza). [http://lessakele.over-blog.fr/article-israel-pourrait-faire-fusionner-ses-unites-speciales-pour-les-missions-exterieures-92857252.html ]. Il a, spécialement, été créé à partir des premiers constats concernant le "Printemps Arabe", en vue de prévenir les crises qu'il ne manquerait pas de susciter. Cette fois, nous y sommes. Les insurrections libyennes, tunisiennes, égyptiennes... sont surtout parvenues à faire du Sinaï le supermarché mondial du trafic d'armes multiples qui y pullulent : SA 7 (Strella), tiré, début octobre contre un hélicoptère de Tsahal, et Sam 7 russes, doublement du stock de Fajr iraniens pour le Hamas et consorts, missiles anti-tanks Kornet russes, -utilisé contre la Jeep de Tsahal, quand quatre soldats ont été blessés, le 10 novembre dernier-.

 

D’autres soulèvent des questions légitimes sur l’opportunité de cette opération, au moment où le Hamas est sérieusement concurrencé, dans l’exercice d’un leadership, par le Jihad Islamique, succursale de l’Iran. Son rival islamiste a pris faits et causes pour la révolution syrienne, contre l’Axe irano-syrien ; l’autorité du Hamas est également contestée par les Salafistes, qui puisent leurs ressources délétères par les tunnels débouchant du Sinaï. L'armée égyptienne reconnaît que des missiles ont été tirés, mercredi, depuis la ville de Rafah, du côté égyptien de la frontière. 

 

En arrière-fond, l’évaluation porte sur les conséquences du « Printemps Arabe » : au moment où les tirs de barrages se déclenchaient à Gaza, des obus perdus atterrissaient plus régulièrement du côté israélien du plateau du Golan, sans qu’on en identifie toujours la provenance : armée syrienne réprimant les rebelles présents à Quneitra ou groupes jihadistes prenant position dans le flanc d’Israël, pour un second round, après l’éviction souhaitée et probable, un jour ou l’autre, de Bachar al Assad ? Aujourd'hui même, un soldat de Tsahal, en poste sur le Golan, a reçu une balle "perdue". Par chance, son gilet pare-balles a esquivé le tir et lui a évité d'être sérieusement blessé.

 

L’autre point important se joue sur la ligne de tensions entre Le Caire et Jérusalem, depuis l’avènement des Frères Musulmans en Egypte, vitrine légale du Jihadisme de type Hamas. Mohamed Morsi a pleuré la mort de son ami et protégé Jabari en retirant son ambassadeur à Tel Aviv. Consternés par la passivité et l’absence de solidarité de la part de la rue cairote, les Frères Musulmans ont dû organiser prestement des manifestations encadrées, comme aux bon vieux temps staliniens des Pol Pot, Kim Jung Il et autres dictateurs rouges hypnotiseurs de foules.

 

Bien entendu, on n’a pas manqué de souligner le danger de rupture des Accords de Paix Sadate-Begin de 1979, de la part de la dictature islamiste d’Egypte. Déjà elle souhaite détruire les pyramides de Keops comme structures impies et idolâtres, lorsqu’elles font partie du patrimoine antique et constituent un poumon touristique pour l’ économie branlante mise à mal par les sbires de Morsi.

 

Mais, Israël, a, depuis longtemps (captivité en Babylonie) appris à lire le message sur le mur. Parallèlement au danger nucléaire iranien, se profile une prise en étau, au nord comme au sud, de la part de forces terroristes soutenues par des régimes sunnites prétendument révolutionnaires.

 

Depuis l’hiver 2011, le gouvernement de Jérusalem est resté sur ses gardes, méfiant à l’égard de ces soi-disant « vents nouveaux », censés balayer les dictatures arabes, pour les remplacer par des pouvoirs radicaux, jouant à « plus islamiste que moi tu meurs ». Mahmoud Abbas, malgré ses tentatives diplomatiques les poches vides et frisant le grotesque à la tribune de l’ONU, est en perte de vitesse, - lui-même menacé d’être, un jour, renvoyé aux utilités de l’histoire -. Le Hamas est désigné, à la fois, par le Caire et Doha, capitale du Qatar, comme la prunelle de l’islamisme triomphant, arrachée au front du cyclope iranien. Cette posture de verrouillage de la Cause Palestinienne lui permet de toucher les subsides des deux côtés : il empoche les 400 millions de $ de l’Emir al-Thani, d’une part, est considéré comme le bras armé des Frères Musulmans du Caire et d’Ankara, et donc, comme un possible « partenaire diplomatique », une fois relooké, par Washington ou Bruxelles. Mais, le Hamas n’a pas, pour autant, cessé de se fournir à Téhéran, en matière de missiles. Sa liberté d'action est plus grande que jamais. 

 

Les images satellites de missiles Fajr 3 et 5 prises par les drones israéliens, puis les frappes successives contre ces entrepôts à Gaza, la récente opération aérienne contre l’usine de missiles Shahab iraniens à Yarmouk, près de Khartoum au Soudan, le 24 octobre, racontent en filigrane le double-jeu permanent et l’alliance de circonstance que continue de représenter le Hamas, pour chacun des parrains de la guerre contre Israël.

 

Tout se passe comme si Sunnites et Chi’ites se disputent bien à couteaux tirés en Syrie, mais qu’une sorte de pacte trans- partisan s’applique à la Péninsule du Sinaï et à la Bande de Gaza : les uns apportent les sacs d’or et le vernis diplomatique nécessaire à leurrer ces grands enfants d’Américains et d’Européens ; les autres, bien qu’ils fustigent les premiers, lorsqu’il s’agit de la conquête du pouvoir à Damas, ne renâclent jamais à faire convoyer leurs dernières trouvailles technologiques vers Gaza, par l’entremise des bons offices de VRP locaux, comme le bon génocidaire El-Béchir de Khartoum, qu’aucun commando venu de La Haye ne songerait à kidnapper pour le faire comparaître devant la CPI. Le nouveau chef remplaçant Jabari, Marwan Issa, conduisait la délégation du Hamas, venue à la mi- septembre dernier, signer un pacte de défense mutuelle, à Téhéran et Beyrouth. Ce retour dans le giron des Mollahs marquait aussi l'arrêt de mort politique du Hamas, à plus ou moins brève échéance.

 

Voici donc qui sont les bonnes fées du Hamas. Obama n’a jamais rien fait qui puisse contrarier un Frère Musulman dans les couloirs du Département d’Etat. François Hollande brade les entreprises françaises aux fonds souverains venus du Qatar et de Libye, le sourire aux lèvres et la rose pleine d'épines à la main. Si, demain, les exigences des Emirs se manifestent en dividendes diplomatiques, il sera bien temps de s’en inquiéter.

 

Le Hamas représente la posture politique-limite avec laquelle Israël ne transigera jamais. Le fait qu’il soit à peu près armé comme l’était le Hezbollah il y a quelques années et qu’une surenchère l’oppose aux autres groupes, dont le Jihad Islamique, est un plus, utile à son profil de bouledogue régional près à toutes les extrémités. Il a organisé, sur la base de pratiques mafieuses, un vrai commerce parallèle qui rapporte, chaque mois, à ce souteneur du Jihad, 25% de son budget, grâce aux trafics divers tirés des tunnels. Il est donc enclin à inviter tous les postulants et prétendants de la planète Verte.

 

Si Gaza reste une écharde à vif dans le talon d’Israël, tenant sa région sud en otage depuis bien trop longtemps, d’autres fronts peuvent, graduellement, compléter cet encerclement, dans des temps dangereusement rapprochés : soit par le Golan, le Sud-Liban, le Sinaï sans foi ni loi et concédé aux Islamistes de toute engeance par le pouvoir faible et tendancieux du Caire…

 

Israël n’a pas d’autre choix que de ne pas attendre la fin des « Printemps » en série pour tirer toutes les anticipations et conséquences de cette situation. Comme le verrou de Damas, dans l’axe irano-syrien sera brisé, un jour ou l’autre, il faut faire sauter la clique d’Haniyeh, qui s’oppose à tout processus évolutif par la suite. Il est indispensable que Tsahal rétablisse sa dissuasion effective face à tout challenger présent ou futur et démontre qu’on n’attrape pas les mouches avec le miel du prétendu « Islamisme modéré ».

 

Le risque est, bien sûr, qu’une fois le Hamas sérieusement décapité, des groupes opportunistes appartenant aux différentes versions du Jihad prennent le dessus à Gaza et poursuivent le travail de sape bien entamé par les affiliés du Caire, d’Ankara et de Doha. Mais, stratégiquement, les désordres internes, ou la concurrence entre ces groupes, ne concernent pas Jérusalem. Ils doivent, d’ores et déjà, savoir et sentir sur leur échine que, quoi qu’ils tentent, ils seront rattrapés et subiront le même sort que leurs prédécesseurs et que la guerre contre la terreur ne tergiverse pas. C’est le choix du long chemin vers l’édification des conditions raisonnables de paix qui est en jeu, contre les raccourcis permissifs et suicidaires dans lesquels se compromettent trop de chancelleries venues d’Occident. 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:20

 

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caricature Yarmouk massacre (Copier)

L’ennemi de mon ennemi à Damas

 

Par Marc Brzustowski.

 

Deux scènes de guerre du conflit syrien attirent l’attention des observateurs israéliens, ces derniers jours :


- Plusieurs incidents ont éclaté sur le Plateau du Golan. Début novembre, trois tanks syriens ont fait incursion dans la zone démilitarisée sous contrôle international. Le 5, une jeep du Commandement du Bataillon de reconnaissance Golani a essuyé des tirs provenant d’un kilomètre à la ronde, près de la frontière. Si personne n’a été blessé, le véhicule a subi des dégâts. Ces échanges de feu ont eu lieu lors de la prise de la ville de Quneitra par les rebelles. Heyl Ha’avir, la force aérienne de Tsahal a, alors, effectué plusieurs survols de dissuasion, après avoir observé un ballet d’avions et d’hélicoptères syriens qui se préparaient à venir en aide aux forces terrestres défaites par les insurgés. Le 8, trois obus de mortier atterrissaient sur le périmètre du moshav Eloni Abashan.

 

- Sentant l’écho des batailles se resserrer autour de la capitale, le camp Palestinien de Yarmouk, à 8 kms de Damas, s’est embrasé, déclenchant des échauffourées fratricides entre pro- et anti-Assad. Le camp loge quelques 148 500 « réfugiés » et leurs descendants de droit divin, par la main invisible, mais providentielle de l’UNRWA.

 

- D’un côté, le FPLP-CG d’Ahmed Jibril est appuyé par les tirs d’artillerie des forces du régime. Son travail de maton consiste à maintenir « la cause palestinienne » dans l’escarcelle d’Assad comme justification de la « résistance » (Muqawama) contre Israël et de tous les massacres qui en découleraient pour préserver ce « joyau » de l’axe irano-syrien.

 

- De l’autre, les groupes rebelles sont parvenus à créer un embryon de groupe palestinien favorable à l’insurrection : Lioua Al Assifah (La Brigade Tempête). Leur premier objectif est moins de faire tomber Assad que de percer le mur de défense de la « Cause », érigé par Jibril et ses sbires au sein du camp. Au moins dix nervis du FPLP se sont fait trucider par leurs frères palestiniens, le 7 novembre. A ce stade, il y a peu d’éléments qui permettraient de dire que les combattants du Hamas soient réellement engagés dans ces combats des rues syriennes. Par manœuvre d’intimidation, Assad a définitivement fermé les anciens locaux de la mouvance islamiste dans la Capitale. Cette mesure, encore en suspens il y a peu, intervient quelques jours à peine après la visite de l’Emir Al-Thani du Qatar à Gaza et la remise d’un magnifique chèque 400 millions de $ au profit de la centrale terroriste. Inutile de préciser que le Qatar est le parrain des insurgés syriens, avec l’Arabie Saoudite et la Turquie.


 

Ce qui est en jeu, c’est la fracture qui s’accentue au sein de la « Cause ». Les parrains favorables aux Frères Musulmans ou tentant de les garder sous leur férule, retournent à leur profit ce qui subsiste « d’unité palestinienne ». Le Hezbollah, sur-actif pour sauver le soldat Assad, et l’Iran, jouant son va-tout dans ce bain de sang, font les frais de ce détournement, réponse de la bergère terroriste au berger totalitaire.


L’attentisme des Occidentaux, Administration Obama en tête, résulte autant du veto sino-russe au Conseil de Sécurité que des incertitudes multiples, concernant l’identification des véritables dirigeants rebelles, capables d’organiser une transition quelconque. Ce, malgré l’impatience de la Ligue Arabe, qui prévoit la chute d’Assad avant le printemps prochain, date également évaluée par les services de renseignement américains. Les Saoudiens, notamment, le Qatar et la Turquie n’hésitent pas à armer des groupes interlopes étrangers sortis de la mouvance al Qaeda et des réseaux salafistes. Or, les Russes, en particulier, ne tiennent pas du tout à l’extension de ces groupes, à partir de la Syrie vers le Caucase, le Daghestan et la Tchétchénie. En contre-point du veto, des pourparlers intenses agitent les couloirs de Washington et Moscou, en vue d’une transition, qui soit, atténuerait la chute du régime, soit permettrait de conserver le contrôle relatif des évènements, par la promotion d’un Conseil National à peu près fréquentable, en tout cas pas uniquement composé de Frères Musulmans et d’Islamistes radicaux.

 

 

Le lynchage de l’Ambassadeur Chris Stevens et de plusieurs de ses adjoints intervient comme un avertissement dans ce tableau. Le consulat de Benghazi était la devanture d’une officine de la CIA, qui organisait la régulation des filières d’armement libyen (Sam-7, etc.) à l’intention des rebelles de Syrie, sous les auspices de la Turquie. C’est pourquoi il est devenu une cible de choix pour des émeutiers manipulés par les réseaux salafistes proches d’Al Qaeda, un 11 septembre, de façon à lever toute équivoque sur l’origine et les buts de cette opération parfaitement planifiée. Déjà aveugle sur l’identité des meneurs de la révolte syrienne, Washington avance un peu plus à tâtons, sans perspective pour les lendemains de gueule de bois à Damas.

 

 

La chute d’Assad serait un revers cinglant pour Téhéran et cet horizon s’inscrit dans le grand jeu des « négociations » autour de son programme nucléaire. Si Netanyahou centre, avec raison, ses interventions sur la scène mondiale autour de la menace iranienne, la suite des évènements à Damas, et donc Tripoli et Beyrouth au Liban est de première importance, dans cette configuration générale. D’une part, la poursuite du conflit chi’ite-sunnite donne toutes les apparences d’un siphon où s’engouffrent graduellement les forces en présence des deux côtés. Des Gardiens de la Révolution, des chefs du Hezbollah y trouvent épisodiquement la mort. On peut y voir le remake d’une guerre civile irakienne, où le retrait américain a dégagé le terrain en faveur des forces Al Qods iraniennes. Dans un deuxième temps, l’âpre résistance que leur offrent les rebelles syriens court-circuite toute « d.ivine victoire » dont essaieraient de tirer parti les Ayatollahs et qui devront en boire le calice amer jusqu’à la lie. En deuxième lecture, le retrait américain ou son prétendu « reflux » donne tous les signes d’une politique de la « terre brûlée » dans laquelle le Général Qassem Souleimani, chef des Pasdaran s’est laissé aspirer. Les commanditaires damascènes du Jihad anti-américain et protecteurs d’Al Qaeda en Syrie font partie des victimes, véritables arroseurs-arrosés de ce retournement cruel du mauvais sort. A terme, c’est l’équilibre instable des pouvoirs à Bagdad, jusqu’à présent, aux mains des Chi’ites, qui est en jeu. S’il s’agissait d’un « boulevard » menant au plateau du Golan, pour les troupes des Gardiens de la Révolution, secondés par le Hezbollah, il devient, en réalité, un champ de mines qui se change progressivement en cimetière des éléphants de l’axe irano-syrien.


 

 

Cependant, la perspective du remplacement de l’axe iranien par une domination islamiste sunnite sur la même région, sous l’égide des Frères Musulmans plébiscités par les pouvoirs dictatoriaux ou familles royales saoudiennes et qataries et les renseignements turcs, tous variablement hostiles à Israël, ne change, pour ainsi dire, pas grand-chose à la donne de départ. Les Etats-Unis et l’Europe ont dépensé des centaines de millions de $, en Egypte et ailleurs, dans l’édification de structures porteuses des valeurs compatibles avec celles de l’Occident, avec les tristes résultats que l’on sait au Caire, Tunis et Tripoli.


Israël, s’il a proposé ses services humanitaires pour venir en aide aux réfugiés syriens, qui l’ont automatiquement refusée, ne peut guère aller plus loin que de réaliser le bilan sanglant et les conséquences géopolitiques majeures pour « l’axe » : elles se traduisent par sa déroute foncière en termes de perte d’influence et un affaiblissement stratégique régional. Même après une transition et une sécurité relative rétablie, la guerre se poursuivra pour neutraliser les réserves d’armes chimiques d’Assad ou contre des groupuscules d’Al Qaeda prenant position sur le Golan. Il n’en reste pas moins que l’instrumentalisation résiduelle de la « Cause Palestinienne » et son apparition au grand jour comme prétexte à la poursuite de la lutte contre l’établissement juif dans la région devraient faire l’objet d’un travail de clarification, à toutes fins utiles, de la part des instituts de communication de l’Etat hébreu.


 

Les mouvances kurdes ont été stratèges pour éviter tout embourbement de leur cause et sa manipulation par l’un ou l’autre des belligérants effectifs. Certains de leurs représentants intègrent le Conseil National en exil, pendant que les troupes syriennes se sont désengagées des zones du Kurdistan syrien pour se concentrer sur la lutte contre les Sunnites. Ainsi, le drapeau kurde flotte sur des villes et la région de Qamishli, à la frontière turco-syrienne. Quelle que soit l’issue du conflit, ils négocieront chèrement leur autonomie, déjà partiellement acquise sur le terrain, alors que la Balkanisation confessionnelle s’empare de diverses zones constituant l’actuelle carte de la Syrie. La percée d’un couloir kurde au Levant devrait produire un appel d’air favorisant des alliances avec Israël dans des régions d’influences diversement hostiles (Turquie, Iran). A ce jeu, les Kurdes, traditionnellement divisés, conservent, néanmoins, quelques atouts géostratégiques en vue de la reconstitution de leur unité. Ce que les Palestiniens s’avèrent incapables de préserver… 

...

 

Révolution symbolique pour les Kurdes de Syrie: ils vont pouvoir apprendre leur langue à l’école. En attendant que les programmes scolaires soient modifiés, des cours du soir sont déjà proposés dans cette école de Derik qui accueille des dizaines d’élèves enthousiastes. (Boris Mabillard)

 

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 15:41

 

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Seules la certitude d’une frappe et l’aide à une opposition crédible auront raison de la bombe islamiste iranienne.

 

Par Marc Brzustowski. 

 

Image accompagnant la nouvelle

 

On a assisté, cette semaine, à un regain de manifestations en plein coeur du Bazaar de Téhéran, alimenté par une nouvelle dépréciation de la monnaie face au dollar, qui frise les 40.000 rials pour un billet vert. Ce plongeon vertigineux indique que les Mollahs ont probablement dépensé une bonne partie de leurs réserves,- estimées, il y a un an, à 80 milliards de $ par le FMI-. Ils sont réticents à en lâcher plus, ou ne peuvent plus avoir accès à l’argent investi à l’étranger, qui leur permettrait, peut-être, d’être en mesure de limiter la chute. Le coût de la vie, l’accès aux denrées de base et au logement, deviennent insupportables, y compris et surtout, pour les classes moyennes qui vivent à Téhéran, dont les marchands et échangeurs de devises étrangères et d’or, qui se font le signe avant-coureur de ce nouveau mouvement de protestation.


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Bassiji.

Version voltigeurs à moto. 

 

Cela dit, comme en juin 2009, il est à craindre que les milices des Bassiji reprennent rapidement le contrôle. D’autre part, l’Iran continue d’exporter, par des voies détournées, entre 1, 2 et 1, 5 million de barils de pétrole/jour, reflétant les failles criantes dans le train de sanctions et la solidarité internationale aléatoire sur ce sujet. Plus que l’étau financier global instauré par les Etats-Unis et l’Europe, ce sont les maladresses gouvernementales, sous Ahmadinedjad, en particulier, en matière de réponses fiscales et monétaires, qui sont les causes majeures d’une situation qui empire. Parmi les slogans criés dans les rues de la capitale, on relève des mises en cause de l’incompétence de ce régime et une exigence : « Sortez de Syrie ! Pensez à nous ! ».

 

La crise syrienne engendre l’un des marasmes les plus retentissants pour l’élite des Gardiens de la Révolution. On sait, et les Iraniens les mieux informés, malgré la poigne de fer de la censure, se doutent que Téhéran a déjà engagé, en vain, 10 milliards de $ pour la survie de Bachar. Cette politique agressive et meurtrière, loin de se limiter à Damas, consiste à nourrir des filières terroristes à travers tout le Moyen-Orient, en étau autour d’Israël, mais aussi, des régimes sunnites du Golfe (Bahrein, Yémen, Irak). Le Hezbollah, le Jihad Islamique et, malgré les divergences, le Hamas, restent l’avant-garde de la terreur qu’inspire la Révolution islamique. Or, le chef des Forces al Qods, Qassem Souleimani s’est personnellement engagé à retourner la situation au profit du régime syrien. A cette heure, il est incapable de remplir les conditions probantes de son contrat. La guerre interne syrienne représente, à elle seule, le défi central pour l’Iran [comme le rappelle Dan Meridor, dans un entretien au Figaro : «La chute d'el-Assad sera un coup énorme pour l'Iran»] : l’exportation de la guerre asymétrique vers les pays limitrophes, dont Damas est l’échangeur régional, est le gage de survie du régime à Téhéran, avec le bonus de l’armement nucléaire. Une raison simple à cela, l’armée conventionnelle, dont l’équipement est dépassé, serait incapable, à elle seule, de protéger le territoire iranien d’un conflit se déroulant sur son propre terrain.


 

Forces Al Qods.

 

Quand le cœur est touché, le bras armé fléchit : le Hezbollah lui-même perd toute immunité relative au Liban et à la frontière syrienne : le véhicule de son chef des opérations en Syrie, Ali Hussein Nassif, avec plusieurs de ses hommes, a été pulvérisé par une de ces bombes improvisées dissimulées sur le bord d’une route, près de Homs. On se souvient, pourtant, que le mouvement chi’ite avait le secret de ces engins explosifs improvisés, avant le retrait israélien du Sud-Liban, puis en Irak et en Afghanistan, contre les forces américaines et de l’OTAN.

 

Moins de deux jours plus tard, c’est l’un des entrepôts d’armes et d’explosifs de la plaine de la Bekaa, près de Baalbek, à Nabichit, qui a explosé en chaîne, provoquant l’effondrement d’un immeuble en construction, qui appartenait à un milicien chi’ite, Jaafar Ali Moussaoui. Celui-ci a été tué sur le coup, avec 8 autres individus, dont la plupart, liés à la milice du Hezbollah, et 7 blessés, dont 4 ouvriers syriens. Le gang de Nasrallah s’est empressé d’encercler les lieux, de dissuader les services officiels d’enquêter et de déclarer qu’il s’agissait d’obus israéliens datant de la guerre de 2006 qui auraient été chauffés à blanc par la chaleur de l’été indien. Or l’immeuble était en chantier et il est rare qu’on érige des constructions sur des sites avérés pour enfermer des vestiges de guerre prêts à sauter. Cette zone à risques proche de la frontière syrienne sert de plaque tournante pour le convoyage et la redistribution dans tout le pays, des armes iraniennes venues de Syrie. C’est donc, vraisemblablement, un centre nerveux du surarmement du Hezbollah qui a sauté, ce jour-là.

 

Autre revers de taille : chaque année, Ahmadinedjad se servait de la tribune de l’ONU pour menacer Israël de le rayer de la carte. Cette année, c’est lui qui peut faire une croix sur de nombreux documentaires filmés dans les sanctuaires nucléaires, missiliers et les bases des Pasdaran, car son caméraman personnel s’est enfui demander asile à la CIA, avec caméra, pellicules et bagages !

 

Ironie du sort, puni par où il a péché, c’est à la loterie de la guerre asymétrique que l’axe Iran-Syrie-Hezbollah paie, actuellement, le tribut le plus lourd. Damas n’a eu de cesse d’accuser un complot étranger, fomenté par l’Occident et Israël, pour expliquer sa déstabilisation interne. Assad et Rami Makhlouf, le financier d’al Qaeda en Irak, juraient de mettre la région à feu et à sang à la moindre velléité d’intervention extérieure. Mais, lorsque la Turquie réplique aux chutes d’obus contre son propre territoire, en tirant sans discontinuer sur les postes militaires frontaliers de Syrie, faisant plusieurs morts, l’armée du régime, épaulée par la milice libanaise et le grand frère Souleimani d’Iran, rentre la tête dans les épaules et présente platement ses excuses en jurant, mais un peu tard, que cela ne se reproduira pas… Drôle de tigre de papier que cette alliance de la « résistance », qui flanche au moindre coup de semonce. Non, elle préfère continuer de massacrer en interne, avec la bénédiction-veto du Conseil de Sécurité, focalisée sur sa propre survie, que de défier une armée régionale suréquipée par l’OTAN. Mais, c’est aussi un bon test, pour qui s’interroge sur les conséquences régionales, en cas de frappe israélienne, ou autre, contre les installations nucléaires iraniennes. D’aucun, de Robert Gates à Kissinger sur le retour, les décrit comme terribles, voire apocalyptiques. Mais, c’est aussi, parce que Téhéran espère en ce grand soir pour poser en victime de l’agression sioniste et retourner de son côté, certains régimes ou rues arabes, qu’il est de première importance d’éviter le conflit frontal avec une puissance comme Ankara.

 

Erdogan, de son côté, s’est vu signifier depuis longtemps, le refus de l’Administration Obama de s’engager ouvertement en Syrie, autrement qu’à travers un transfert au compte-gouttes d’armes relativement légères et de Stingers, utiles dans la défense anti-aérienne des rebelles contre le régime. Un hélicoptère et un MIG 21 syriens ont été abattus, ce 5/10. Les Turcs devraient se contenter de quelques bombardements nourris, comme pour creuser une zone de sécurité d’une dizaine de kms, entre les frontières, pouvant incidemment servir de couloir de transit pour son contrôle relatif sur certaines unités de l’Armée Syrienne Libre. S'aventurer au-delà de tirs de sommation risquerait d'entraîner Ankara dans la gestion d'une guerre civile, -comme les Etats-Unis en Irak- à laquelle ses propres frontières pourraient aussi devenir progressivement plus perméables. Le danger de contamination autonomiste kurde ou jihadiste viendrait fragiliser la république islamique turque.  

 

L’autre volet du test est moins porteur d’optimisme, pour qui rêverait de renversement du régime iranien, grâce aux forces conjuguées des sanctions et de l’aide à une éventuelle rébellion crédible en Iran : Damas, bon gré mal gré, tient depuis 18 mois, face à l’insurrection et la pression internationale. Les services de renseignements américains lui donnent une capacité de survivre, au bas mot, jusqu'au prochain printemps 2013, dans l'état actuel des forces. Si même Téhéran finissait par payer le prix fort pour son soutien au tyran damascène, quel laps de temps doit-on envisager, avant que les forces conjuguées du Hezbollah au Liban, de l’armée du Mahdi à Bagdad et des Gardiens de la Révolution dans toute la région, commencent à céder un terrain significatif, au point que le régime soit, réellement, en péril ?


Vraisemblablement des années, qu’on peut chiffrer de 5 à 10 fois plus que son homologue syrien. Le temps de stocker une première dizaine et plus, d'armes nucléaires, pour sanctuariser le régime et effrayer quiconque s'y risquerait. Hormis des révoltes épisodiques et quelques groupes armés kurdes ou baloutches, les missions d’espionnage réalisées par l’OMPI - depuis peu déclassé de la liste des groupes terroristes, par les Etats-Unis- et d'autres dissidents, il n’existe, actuellement, pas d’unité parmi les opposants iraniens. Pas plus que n’en donne à voir la révolte syrienne, après bientôt deux ans de combats sur le terrain et de conciliabules dans les capitales étrangères, dont Istanbul. Le Jihad peut alors s'infiltrer et jouer son propre va-tout. Qui parle de "chaos régional" après une frappe contre les installations nucléaires de l'Iran feint d'ignorer qu'il bat déjà son plein et que les conflits en cours sont inflammables, susceptibles d'embraser n'importe quelle frontière alentour...

 

La chute d’Assad représenterait une hypothèque de premier ordre de toute la stratégie iranienne d’exportation des conflits, depuis 1979. Rien ne dit qu’elle serait suffisante à faire refluer la globalité de la menace iranienne pour la contenir. Au contraire, ne pouvant plus se fier à son voisin et allié, Téhéran devrait surinvestir dans ses deux gages de survie : la combinaison de la guerre asymétrique, par ses autres couloirs terroristes et de l’utilisation de moyens atomiques, y compris comme les bombes sales ou l’arsenal d’armes chimiques transféré de Syrie, pour poursuivre l’avancée de ses ambitions régionales.

 

Face à une Amérique en eaux stagnantes menant une politique de reflux au Moyen-Orient, le régime iranien a encore de beaux jours, aussi sanglants que sinistres, devant lui. A force de reculer face à ce danger permanent, il faudra bien, un jour, prendre les moyens nécessaires pour surpasser son niveau de menaces et lui fixer la ligne rouge à ne pas dépasser… 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:41

 

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Retour à Ground Zero : Obama n’a voulu ni voir ni entendre que l’Islamisme a déclaré la guerre à l’Amérique.


Par Marc Brzustowski.

 

Le mandat de Barack H. Obama a vraiment débuté par le discours du Caire, en 2009, appelant à un « Nouveau Commencement » dans les relations entre les Etats-Unis et l’Islam. Ce fut, en effet, un « nouveau départ » sur des chapeaux de roues, avec la démultiplication de réponses à son message de paix, selon le langage codé de la Oumma, par la chute en dominos de la plupart des régimes autoritaires. Un certain nombre, comme en Egypte, avait aussi, pour principal inconvénient de demeurer des alliés stratégiques de Washington. Qu’importe, le « plan » marchait et la Maison Blanche jubilait.

 

Puis, il y eut ces mille et une manœuvres afin de ligaturer les mains dans le dos au gouvernement israélien, cette détestation sans bornes envers Binyamin Netanyahou, ces appels à geler la construction dans les implantations. Mais, bien plus dangereux, s’annonçaient ces annulations ou reports d’exercices militaires conjoints, ces petites phrases programmées à ne pas être « complice » d’une frappe israélienne contre les installations nucléaires iraniennes, ce refus catégorique d'émettre la moindre "ligne rouge", dans le développement de la Bombe. Obama a une telle Bibiphobie qu’il considère, désormais le Premier ministre d’Israël, en tant que l’allié direct de son rival Mitt Romney et, par conséquent, l’ennemi à vaincre, bien plus que les Ayatollahs d’Iran, avec lesquels il ne cesse de proférer « qu’il reste du temps pour la négociation ».

 

Barack Obama se faisait une idée encore assez confortable de sa campagne présidentielle, démarrée la semaine passée, lors de la convention démocrate. La cérémonie donnait lieu à une série de « couacs » et d'omissions, comme de Jérusalem parmi les alliés. En humiliant le gouvernement d’Israël et en préférant se pavaner sur des plateaux-télé, où séduire l’électorat féminin américain et les minorités, que d’accorder, ne serait-ce que quelques minutes à son homologue israélien sur les grands problèmes existentiels du moment, sa réélection dans un fauteuil semblait pointer au bout du chemin. Plutôt que l’Israélien, la Maison Blanche s’apprête aussi à recevoir en grandes pompes l’intriguant Mohamed Morsi, passé maître es-double-jeu et potentiel allié stratégique de Téhéran, après lui avoir, il y a moins d’une semaine, accordé une rallonge d’1 milliard de $, utiles à chasser les drapeaux noirs d’Al Qaeda de la façade diplomatique, au Caire...

 

Le Président US n’a eu de cesse de répéter que l’image globale de l’Amérique était bien meilleure, dans le monde arabe, depuis 2009, alors qu’il se contentait de prendre le pied inverse de son prédécesseur, GW Bush, le honni.


 99c4041caa13e2191a0f6a7067004c54-420x280 (Copier)

Les remerciements de la "rue égyptienne" pour une rallonge d'1 milliard de $. 


Les évènements du 11 septembre 2012 ramènent l’équipe de campagne Obama à la dure réalité. Rien n’a changé, en dépit de son slogan présidentiel. Au contraire, c’est là où l’Amérique, selon l’Administration, avait reconquis son prestige d’antan, en intervenant pour soutenir des insurgés, derrière la France et la Grande-Bretagne, à Benghazi, que le pire retournement s’est produit. Prenant prétexte d’un film de série B,- dont l’auteur l’ayant écrit en prison, Nakoula Basseley [d'où "Sam Bacile"] Nakoula, un truand d’origine copte égyptienne, demande la protection de la police- les Islamistes se sont lancés comme les barbares qu’ils n’ont jamais cessé d’être, contre l’Ambassadeur Christopher Stevens, trois des membres de son équipe et deux Navy Seals, arrivés à leur secours.


Les "remerciements" de la rue libyenne, pour la protection des "rebelles" par les missiles Tomahawks d'Uncle Barack contre les hélicos de Kadhafi. 

 

Disposant de renseignements clairement envoyés par des agents, au sein même des "services" libyens, ils ont bombardé les bâtiments à coup de mortier, ce qui est, en soi, en acte de guerre. Les assaillants ont ensuite encerclé le véhicule qui s’enfuyait vers un abri sûr, abattu ses occupants à bout portant, traîné le corps de l’ambassadeur pour une cérémonie macabre, l’agitant comme un trophée. C’est la tragédie la plus grave pour l’autorité des Etats-Unis dans le monde depuis le 11 septembre 2001. L’attentat était sûrement prémédité, sur ordre du haut-commandement d’al Qaeda, suite à l’élimination ciblée, en juin, du second de la mouvance, Abou Yahia Al Libi (le Libyen). Mais, ce qu’il faut, désormais, comprendre, c’est que le méga- terrorisme, fer de lance des islamistes, dispose d’une moelleuse couverture que le Président américain lui a tissée, semaines après semaines, en favorisant l’émergence des Frères Musulmans, au détriment des pouvoirs traditionnels encore en lice, notamment en Egypte voisine. Même Vladimir Poutine, qu'Obama pensait bien doubler en matière de "popularité", ne voit plus, dans l'agitation américaine pro-"révolutionnaire" que la source du chaos qui lui revient en boomerang...


 Le nouveau Président d’Egypte, Muhammed Morsi (Copier)

Mohamed Morsi, alias Double-Face, le "Messie démocratique" de la Nouvelle-Egypte, selon la doctrine en usage à la Maison Blanche. 

 

Au Caire, le drapeau noir d’al Qaeda se substitue à la bannière étoilée, au-dessus de la représentation diplomatique américaine. Un sondage réalisé par l’Institut Pew, démontre qu’en Egypte, partant d’un faible soutien de 27% favorables à l’Amérique, en 2009, celui-ci s’est affaissé à moins de 19%, en 2012. En Jordanie, le score est encore plus ridicule, passant de moitié moins, de 25 à 12%. Mais, pour être concret et marquer sa confiance dans les alliés musulmans, Obama a prôné le retrait des forces de l’OTAN en 2014, en Afghanistan. Désormais, les Taliban savent que le temps joue en leur faveur et 74% des Pakistanais considèrent les USA comme leur « ennemi ».

 

En 1979, « Dhimmi » Carter pensait qu’en lâchant le Shah, modernisateur, malgré les critiques de sa poigne de fer, il s’attirerait l’empathie « révolutionnaire » des Islamistes chi’ites : ils sont à la veille de l’obtention de la bombe nucléaire, et son successeur dans l’âme, Obama n’en finit pas de cogner sur le premier menacé, Israël. En 2009, année de « regain de prestige américain », selon Obama, celui-ci a refusé de tendre la main aux protestataires contre les élections truquées par les Mollahs et Pasdaran, bien qu’il ait courtisé outrageusement les Frères Musulmans dans tout le Moyen-Orient, par la suite.

 

De même, laissant les Syriens se battre contre le régime dictatorial d’Assad, il offre une porte de sortie qu’il croit « honorable » au Hezbollah et à l’Iran, à Damas. Mais, c’est oublier que les plus fanatiques des Islamistes se rassemblent peu à peu pour combattre cette dictature d’obédience chi’ite, et occuper le vide d’un Occident spectateur vitupérant de toute son impuissance. Des milices chrétiennes et arméniennes défendent leurs quartiers, aux côtés de l'armée syrienne, contre les Jihadistes d'Alep. Quoi qu'il en soit, après l'exemple libyen, la moindre velléité d'intervention en Syrie, pour "rétablir le bien", est plus que compromise et au-delà... 

 

Les troubles du 11 septembre 2012 ont tout d’un remake, où la politique d’apaisement envers ses ennemis a servi de tremplin aux plus radicaux, tout en instituant des vitrines légales à tendance islamiste prononcée dans la plupart des capitales du Moyen-Orient.

 

Barack Hussein Obama a, malgré ses démentis et ses certitudes ancrées, été balayé par le vent de l’histoire qu’il a contribué à faire monter, depuis le désert de sa politique moyen-orientale. Elle tourne, à moins d’un mois et demi du scrutin, aux Etats-Unis, au plus complet et profond fiasco, aussi bien en matière de régulation des marchés, dont dépend le redémarrage économique, qu’en politique étrangère. Il était réputé détenir un avantage pratique dans ce domaine, face à son rival. Tout démontre qu’il laisse son grand pays face à une vague de fond qui n’a fait que s’approfondir et s’étendre.

 

Obama n’a jamais compris que tout a commencé dans des grottes des montagens afghanes, avec seulement quelques cutters dans un avion de ligne, et que le modèle américain est, de loin, celui qui attise le plus la haine des Fondamentalistes Islamistes, parce que capable de détourner les foules vers l’aspiration à l’individualisme, à la modernisation des mœurs et l'accès par l'effort aux biens courants. Israël apparaît, à leurs yeux, comme une insolente réussite, doublée d'un réel défi théologico-stratégique, là où, à part la destruction, il n’ont jamais rien développé. Il a voulu la paix dans l’honneur, il laisse à ses successeurs, ou si les Américains sont vraiment inconscients, se prépare un second mandat dans la guerre et le déshonneur… En effet, le Directeur du Renseignement National, Anthony Cordesman  pense que, désormais, les conditions sont réunies pour une redite des mêmes ingrédients qui ont conduit au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale : des années de négociations interminables et de menaces, où, jamais, ces menaces n'ont été prises au sérieux, jusqu'au moment où elles sont devenues plus que réelles....

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:52

 

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Syrie-Egypte : Jihad Global contre Parrains et Prétendants au Qalifat

 

Par Marc Brzustowski.

 

L’attentat, le 18 juillet 2012, contre l’Etat-Major syrien réuni autour d’Assef Chawakte, beau-frère de Bachar al Assad, a entraîné dans la mort 4 des principaux chefs de la sécurité syrienne, dont cet homme-clé du dispositif de répression. Il constitue, sans aucun doute, l’un des revers les plus cinglants pour le régime de Damas, jusqu’à présent.

 

Ce coup fatal a, d'abord été attribué à des infiltrés de l’Armée Syrienne Libre, mais cette version est remise en cause. Selon des observateurs attentifs du terrorisme, américain, comme Thomas Joscelyn et israélien, comme Mordekhaï Kedar, cette élimination en bande organisée pourrait bien être un coup d’un groupe islamiste, selon le second, et, pourquoi pas, (sous l’influence) d’éléments d’al Qaeda en Irak, ayant traversé la frontière pour faire de la Syrie leur nouveau champ de bataille, selon le premier (http://www.longwarjournal.org/archives/2012/07/slain_syrian_officia.php).


 

Assef Chawkate (Copier)

Assef Chawkate, longtemps considéré comme "l'homme le plus puissant de Syrie"... jusqu'au 18/07 dernier.

 

L’expert US rappelle que, quel qu’ait été le modus operandi et ses auteurs réels, il s’agit là d’un remarquable retour de boomerang. A plusieurs reprises, le Général David Petraeus, responsable du Surge en Irak, et actuel chef de la CIA, avait exhorté le régime syrien à renoncer à son hébergement du réseau d’Abu Ghadyiah, lieutenant d’Abu Musab al Zarqawi, puis, d’Abu Ayyub al Masri, son remplaçant, également éliminé. Ghadyiah était responsable de la plupart des carnages en Irak, depuis la chute de Saddam Hussein. L’Amérique avait alors envoyé un avertissement sévère à la Syrie, en lançant un raid de commandos héliportés à l’intérieur même du territoire syrien, de l’autre côté de la frontière avec l’Irak, en octobre 2008, contre le bastion terroriste.

 

Un câble de Petraeus, daté du 26 décembre 2008, accusait la Syrie de jouer à un jeu dangereux, faisant semblant de se tenir à des accords sécuritaires régionaux, mais en facilitant, de fait, la pénétration d’al Qaeda en Irak et de l’axe chi’ite pro-iranien, au Liban, à Gaza, en Judée-Samarie et partout ailleurs. Il pointait du doigt le dictateur syrien et son beau-frère, Chawakte, alors chef des services de renseignements militaires. Le Commandant en chef américain avait acheminé son message de mise en garde, via les services du Président libanais, Michel Souleiman et ceux du Directeur des renseignements jordaniens, sans succès. Plusieurs tentatives avortées de cet acabit ont fait dire à Petraeus, à l’époque, que « tôt ou tard, ces « combattants étrangers » d’Al Qaeda courant, après leurs attentats, se refugier en Syrie, finiraient par se retourner contre leurs hôtes ». Il faisait aussi directement allusion au double-jeu mené par l’ISI pakistanaise finançant et croyant contrôler al Qaeda contre les Russes, puis les Occidentaux et les Indiens, mais, plus tard, victime de retournements d’alliance. La nébuleuse prenait possession des zones tribales ou agissait directement contre l’Etat d’Islamabad, depuis Karachi, la Mosquée Rouge ou ailleurs.

 

Aujourd’hui, Al Qaeda se mêle du combat d’autres mouvements insurgés en Syrie, et il s’est retourné contre le régime syrien, au point d’appuyer des groupes qui ont exécuté son ancien parrain et référent Assef Chawkate. Celui-ci était désigné, par le Département d’Etat, comme le commanditaire et coordinateur syrien du Hezbollah, du FPLP-Commandement Général d’Ahmed Jibril, du Hamas et du Jihad Islamique palestinien. Il était le grand inspirateur de cette alliance a priori contre-nature entre des groupes d’obédience chi’ite et sunnite, du moment que la cible à éliminer ou tenter d’atteindre reste Israël. Le modèle opératoire est, bien évidemment, celui du monstre enfanté qui dévore son père nourricier. Et ce, de toute évidence, sans que sa proie la plus en vue, Israël, n’ait le moins du monde à se salir les mains pour que quiconque joue avec le feu se brûle définitivement. La morale de l’histoire est qu’Al Qaeda ne roule que pour son propre compte, en surfant sur les retournements géopolitiques régionaux et qu'il se nourrit du chaos qu'on lui demande de répandre. Bien mal en prendrait à tout état qui, comme la Syrie ou l’Iran en Afghanistan et ailleurs, pensent manipuler cette arme à double-tranchant contre leurs ennemis congénitaux.

 

Aussitôt ce drame survenu au sommet de la hiérarchie syrienne, la réplique ne s’est pas faite attendre. Apparemment sans se laisser démonter, les forces d’Assad reprenaient, d’abord, les quartiers de Damas menacés par la rébellion, puis, plus récemment, « purgeaient » Salaheddine, le bastion de l’insurrection à Alep, depuis début juillet, à coups d’armes à suppression thermobarique.

Type d'armes thermobariques utilisées par l'armée syrienne. Egalement en possession du Hezbollah (saisies lors de la Guerre du Liban II, 2006)

 

Au même moment, le gratin iranien se déplaçait aussi bien à Beyrouth, en la personne de Jalili, auprès de Nasrallah, qu’en Turquie pour émettre des sommations d’usage : elles réaffirment partout l’implication officielle de Téhéran auprès de son allié et sa volonté de détourner le conflit civil en guerre du Hezbollah et de la Syrie contre Israël. Comme Chawkate, le haut du pavé iranien mouille sa chemise depuis plus de 30 ans, pour dépêcher des groupes terroristes à la traque de cibles israéliennes partout dans le monde. Sauf qu’il n’est plus maître de tout le terrain en Syrie, ni de certains de ses anciens employés non-chi’ites. Les Ayatollahs sont les premiers commanditaires internationaux et planificateurs du terrorisme, y compris des groupes comme le Jihad Islamique, qui lui reste fidèle, à Gaza. Mais, à force de se pencher au balcon damascène et d’avoir pignon sur rue à Beyrouth, un jour ou l’autre, ils pourraient bien aussi subir le contrecoup de la prédiction de Petraeus. Récemment, l’Armée Syrienne Libre a affirmé détenir 48 Gardiens de la Révolution iranienne en otages, et que des centaines de cadavres de combattants du Hezbollah libanais tués à Alep, Homs ou Hama, étaient enterrés en toute discrétion dans la plaine de la Beka’a, après rapatriement, pour couvrir toute évaluation de l’effort et des pertes en vies humaines que lui coûte son implication aux côtés d’Assad.

 

Il est, également, possible que la tentative d’infiltration, dimanche dernier, à la frontière israélienne du Sinaï, soit, en fait, une manipulation, par des éléments pro-iraniens –comme le Jihad Islamique- de quelques têtes brûlées Salafistes, issues des tribus bédouines. Un groupe de Jihadistes en fourgons blindés, dérobés à l’armée égyptienne ont, d’abord, massacré 17 soldats de la Nouvelle Egypte, avant de réaliser un baroud de moins de 15 minutes du côté israélien de la barrière et de se faire pulvériser, comme fétus de paille, par Heyl Ha'avir. La tentative paraît claire : lancer des Bédouins salafistes contre la base de l’unité de reconnaissance bédouine de Tsahal et déclencher une guerre tribale d’un côté et de l’autre de la frontière. En fait, ce ne sont pas des Israéliens qui ont eu à en faire les frais, mais bien des soldats égyptiens sur la défensive. Une armée qui est directement sous la supervision d’un pouvoir islamiste, totalement dévoué à lever l’hypothèque du traité de paix avec Israël, dans le registre idéologique, tout au moins. Elle se retrouve à devoir compter sur les renseignements et le feu vert de l’Etat honni. Elle a dû exiger de son allié et bras armé, le Hamas, qu’il expulse trois membres de « l’Armée de l’Islam », un groupe jihadiste infiltré à Gaza, dont Mumtaz Durmush, son chef, mais aussi 3 membres de la Branche Ez-El-Din al Qassam, la branche armée du Hamas, après avoir encerclé Rafah, pilonné des tunnels et bloqué tout passage du terminal vers l’Egypte : un comble. Le Hamas n’a, depuis lors, de cesse d’implorer du Caire qu’il rouvre les accès et laisse le commerce des tunnels vaquer à ses occupations, jurant, mais un peu tard, pouvoir rétablir l’ordre qui lui échappe, à cause de plus islamistes que lui. D.ieu, décidément, hait les tièdes... 

 

Stratégiquement, politiquement, ce contre-sens, au lieu de précipiter la rupture des liens avec Israël, produit, au moins, dans un premier temps, un resserrement de ces relations indésirables pour assurer un minimum de sécurité égyptienne dans le Sinaï. La mort de 17 militaires marque profondément les esprits et attise la haine, d’abord, contre ces Salafistes, avant de provoquer quelques manifestations démagogiques exigeant la suspension irrationnelle des accords ou des accusations conspirationnistes de manipulation du « Mossad », dans la veine des contes à dormir debout qui nourrissent l’imaginaire moyen-oriental.

 

A cela s’ajoute la bride laissée sur le cou au PKK, que la Syrie souhaiterait bien utiliser contre Ankara, en abandonnant le contrôle du Kurdistan syrien à divers groupes de la mouvance indépendantiste kurde. Or, ceux-ci n’ont qu’un intérêt mal compris à se lancer dans trop d’opérations antiturques, alors qu’ils bénéficient d’une certaine autonomie, dans l’attente d’un dénouement des combats entre Sunnites et Alaouites syriens. D’autre part, le Kurdistan irakien, sous l’égide de Massoud Marzani, parvient à passer des accords minimaux avec Ankara, sur le gaz et le pétrole, jusqu’à faire accepter, sous cape, par la Turquie, de contourner le veto de Bagdad, dans les arrangements que passe directement la capitale du Kurdistan, Idbil, avec certaines compagnies pétrolières américaines et françaises (dont Total), du moment que les affaires tournent, autant pour Ankara que le Kurdistan. Si Nouri al-Maliki reste inféodé à Téhéran, qui contrôle peu ou prou Bagdad par son entremise, il n’en va pas de même avec Barzani, idéologiquement plus proche des Américains, et, malheureusement pour Téhéran, de Jérusalem.

 

Si bien que l’Iran, qui appuie Assad de toutes ses forces, se trouve, aujourd’hui, en conflit frontalier et diplomatique, avec, au moins, un autre pays chi’ite, l’Azerbaïdjan, allié d'Israël. Que devient donc la signification exacte du concept "d'Arc chi'ite", à cette notable exception près? Et il se trouve, déjà, en délicatesse avec le Kurdistan irakien, donc virtuellement, avec ses frères syriens, qui peuvent envisager comme très réaliste le contrôle relatif d’un couloir stratégique offrant une certaine continuité territoriale kurde. Le territoire obtenu, du fait de la vacance alaouite, ne serait plus disponible pour servir « d’autoroute » à l’acheminement d’armes et de renforts iraniens vers le Hezbollah libanais. Les Pershmergas ont, déjà, prêté leurs bons et loyaux services à l'armée US, lors de l'invasion d'Irak 2003. Un bien vaut mieux que deux tu l'auras.

 

Si les Kurdes jouent finement cette « partition », cela pourrait constituer une nouvelle « épine dans le pied d’argile » de l’Iran, au profit d’alliés potentiels d’Israël et des Etats-Unis, lors d’un nouveau retour de flammes à l’envoyeur… Il leur suffirait de privilégier, au moins provisoirement, la carte politique d'une autonomie grandissante et d'une reconnaissance progressive par les grandes puissances, plutôt que de porter trop de coups à la Turquie, empêtrée dans l'actualité syrienne immédiate. Après tout, Mahmoud Abbas ne s'expose t-il pas régulièrement devant l'ONU pour faire reconnaître un Etat non-viable économiquement et politiquement déjà failli... ? Cette leçon ne vaudrait-elle pas un Kurdistan? Au moins, que l'échec global palestinien serve à quelque chose, historiquement... 


La République Islamique est, à ce jour, le pire ennemi du monde arabe, alimentant le massacre de plus de 21.000 Syriens. A force de croire que le terrorisme est son meilleur bouclier contre une attaque de ses installations nucléaires, Téhéran pourrait bien, un jour, mesurer toute l’ampleur de son désarroi, la tête du serpent se retournant contre… elle-même. 

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 14:05

 

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Le compte-à-rebours de l’après Assad a commencé par la décapitation de son Etat-Major

 

Par Marc Brzustowski

 

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Le bon vieux temps de la parade des Généraux...

 

Israël veille et pleure les dépouilles des 5 touristes nationaux assassinés avec leur guide bulgare, à l’aéroport de Burgas, par l’Islamikaze finno-algérien Mehdi Mohamed Ghezali, sous-traitant de l’Iran et du Hezbollah, sans doute introduit via la Turquie, avec deux ou trois comparses qui ont quitté le pays aussitôt. Le coup porté à l’infaillibilité des renseignements extérieurs de l’Etat Hébreu est lourd, émotionnellement et sur le plan tactique, puisque ces services, avec la coopération des polices alliées, étaient parvenus, jusqu’à ce jour, à déjouer plus de vingt attentats, de gravité variable, contre des intérêts diplomatiques et sécuritaires, sur toute la planète, au cours des derniers mois (depuis mai 2011).

 

C’est le premier attentat sous influence irano-libanaise qui atteint ses cibles juives et israéliennes, depuis l’élimination d’Imad Moughniyeh, le 12 février 2008, en plein Damas. Depuis, aussi, les mystérieuses disparitions d'une brochette d’agents de liaison syriens, entre l’Iran et le Hezbollah, ainsi qu’au moins 4 experts nucléaires iraniens, d'explosions énigmatiques sur des bases de missiles Shahab III et Sejil, imputées par les Mollahs à Israël. Ce n'est, malheureusement, mais sans doute pas, le dernier, puisque les vieilles tactiques du Hezbollah des années 80 semblent remises à l'ordre du jour, à mesure qu'Assad s'enfonce vers la débâcle. 

 

Premier constat : on ne peut compter sur une sécurité étanche à plus de 90%, ni sur les frontières, jusque-là préservées, du Sinaï avec l’Egypte, demain, du Golan avec la Syrie ; et cette tâche inlassable se complique, dès qu’un groupe de citoyens israéliens s’évade quelques temps à l’étranger, y compris vers des pays amis comme la Bulgarie, la Grèce, la Roumanie et ainsi de suite. Le fait d'être Israélien ou/et Juif reste universellement dangereux, de Toulouse à Nicosie, Bogota, Sofia, Johannesburg... à cause du projet génocidaire de groupes islamistes de tout acabit, qui agit comme un contrat mafieux, trop souvent relayé, sous une forme édulcorante, par les organes de presse occidentaux.

 

Seconde observation : si des ressortissants libanais et iraniens suspects ont facilement pu être cernés par les dispositifs, à Tbillissi, Bakou, New Dehli, Bangkok, San Carlos de Bariloche, à Chypre, etc., la veille n’est peut-être pas aussi systématique, concernant des profils plus « atypiques », comme celui de Mehdi Ghezali, Jihadiste européen d’origine maghrébine. On pourra lui trouver quelques traits communs avec un Mohamed Mehra, par exemple, bien que leurs missions et théâtres d’opération soient bien différents. Ce dernier s’était donné pour tâche de frapper son pays d’accueil, tandis que le caractère directement anti-israélien est plus marquant chez son homologue mandaté par Nasrallah. Par contre, tous deux ont un passé signalisé aux services occidentaux, français dans un cas, ayant séjourné à Guantanamo Bay pour le second. L’un a visiblement agi seul en exploitant tous les outils de sa formation en "couteau-suisse" taliban, tandis que l’autre bénéficiait d’une couverture, de faux papiers américains, de 3kg de TNT et donc d’une logistique terroriste plus classique, légère, mais redoutable : le groupe chi'ite libanais et ses commanditaires ont testé leurs limites, au cours des mois passés et opté pour des cibles d'envergure apparemment "de moindre importance", mais laissant entrevoir des failles exploitables. Il faudra plusieurs mois à Israël pour en recenser les principales et trouver des parades afin d'empêcher que le pire se reproduise ailleurs, dans des conditions offrant une ouverture quelconque aux tueurs de masse affiliés à Téhéran : hors de l'Etat Hébreu, ou à partir de Gaza, voire de cellules dormantes parmi des Arabes Israéliens. Mais l'Etat juif et ses alliés ont-ils les moyens et le personnel humain pour sécuriser totalement les milliers de sites juifs, synagogues, boucheries casher, ou terminaux d'aéroports touristiques secondaires, à travers le monde? Peut-on mettre le Mossad derrière chaque kippa? Les pays amis accepteront-ils la présence d'hommes de la sécurité armés à bord d'avions de passagers ou à leur descente, jusqu'à l'hôtel? Les Européens et Américians sont-ils déterminés et prêts à condamner tout antisémitisme comme un acte terroriste potentiel ou encore non-porté à terme? Voilà bien où Merah et Ghezali se rejoignent dans leurs conclusions opératoires... 

 

Troisième point : L’Iran et le Hezbollah frappent à l'aveugle des civils innocents sans lien avec l’appareil politique, sécuritaire d’Israël, tandis qu’ils subissent, de toutes parts, des pertes stratégiques, parmi des relais de premier ordre, au sein de leurs organes terroristes, nucléaires, voire jusqu’à la moitié d’un Etat-Major syrien, le même jour que l’attentat contre le bus à Burgas.

 

Bien sûr, Israël n’est vraisemblablement pas impliqué dans l’élimination d’un seul coup, du chef du Renseignement syrien et beau-frère d’Assad, Assef Chawakte, l’homme le plus redouté de Syrie, de son Ministre de la Défense, Daoud Rahja, du chef de la cellule de crise visant à mâter la révolte, Hassan Turkmani, du chef du Conseil National de Sécurité, Hicham Bakhtiar, qui vient de décéder de ses blessures, selon la radio du Hezbollah, Al-Manar. Mais, tant sur le plan idéologique que stratégique, l’axe irano-syrien, qui prétend s’être constitué pour incarner « la résistance » à « l’entité sioniste » tient son principal ennemi, Israël, pour le fer de lance de tous les coups qu’il subit et signent son probable effondrement à moyen terme. C'est aussi une façon de faire en sorte que Jérusalem affecte ses ressources secrètes à protéger ses arrières et ressortissants, plutôt que de mettre toutes ses énergies à détruire, maille par maille, le programme nucléaire iranien.

 

La simple logique mathématique, basée sur les « qualités » des hommes rayés de la carte régionale, annonce la chute imminente, encore reportée de quelques jours, voire semaines, du régime-charnière de Bachar al Assad. Les alliés russes et chinois de Damas et Téhéran vont encore tenter de gagner du temps au Conseil de Sécurité. Mais, sur le terrain, il est cerné et les espaces de fuite se referment un à un. La diversité de toutes les forces qui concourent à l’anéantissement du régime laisse place à bien des scénarii sur l’après-Assad qui se profile d’heure en heure. Les insurgés de l’armée syrienne libre bénéficient de l’appui en sous-main de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie. Ils ont, d’ores et déjà, renversé le jeu régional, s’il s’avère qu’ils contrôlent les régions et postes-frontaliers avec la Turquie et l’Irak, sûrement la région de Deraa, proche de la Jordanie et plusieurs quartiers centraux et périphériques de la capitale, Damas.

 

Les Gardiens de la Révolution iranienne et le Hezbollah sont sur- actifs depuis les prémices de la répression et tenteront tout, d’une part pour minimiser les dégâts occasionnés par cette descente aux enfers programmée pour l’avenir de « l’Axe », d’autre part, pour entraîner leurs ennemis les plus en vue dans le chaos qui les menace. Ce qui reste de coordination entre eux veille déjà à organiser un cordon sécuritaire permettant de conserver des poches de territoire alaouite et des couloirs pour maintenir le contrôle sur les armes de destruction massive d’Assad. Ils pourraient vouloir les réacheminer vers le Liban ou en distribuer à des groupes d’Al Qaeda cherchant à se pré- positionner dans le pays, à la faveur de la nuit confessionnelle et politique, où « tous les chats sont gris ». Il est probable que certains de ces désesperados du Jihad sans frontières aient déjà pris pied sur le plateau du Golan, prêts à détourner l’attention et la lutte contre Assad en combat contre Israël. Ainsi, des groupes fondamentalistes se sont infiltrés dans des camps palestiniens, comme Yarmouk, pour y recruter de nouveaux combattants-suicide pour le "Grand Califat".

 

Le Hezbollah dispose d’une relative profondeur stratégique en Irak, où ses associés chi’ites anti-occidentaux des milices du Mahdi peuvent l'aider à garder la main dans la débâcle généralisée. Le fameux "arsenal d'Assad" est, probablement, complété par celui, "mystérieusement disparu" d'Irak, sous Saddam Hussein, qui aurait transféré ses ADM vers le "pays-frère" baathiste, avant l'invasion US de mars 2003. Cette "légende urbaine", que beaucoup de détracteurs de l'Amérique ont cherché à tourner en dérision, préoccupe toujours les services de la CIA. James Clapper, actuel chef de la Sécurité Nationale, et alors responsable de l'agence du renseignement aérospatial américain, tenait déjà cette version pour véridique, à l'époque, sur la foi d'images satellites et de divers recoupements humains et terrestres. Paula De Sutter, chargée, par le Secrétariat d'Etat, des questions de non-prolifération, avoue qu'il s'agit-là, du "Joker" dans ce jeu de hasard de l'après-Assad. 

 

Si le prestige idéologique et politique de « l’Axe » subit un revers d’une ampleur sans précédent, qui menace les fruits de trente ans de dur labeur du Sud-Liban jusqu’à Bagdad, Bassorah, Kerbala et Nadjaf, lui restera longtemps sa principale ressource : sa force de nuisance, soit ses missiles Fajr, Zelzal, Scud-D, dotés ou non d’ogives chimiques et biologiques. Mais aussi, ses filières internationales qu'il se montre, dans la "réussite" de Burgas ou les autres échecs de par le monde, capable d'actionner encore et encore, jusqu'au dernier maillon, non-identifié, toujours en activité.


Sur le plan militaire dit « conventionnel », même disposant de tout l’arsenal gracieusement mis à sa disposition par la Russie, l’Iran, la Chine ou d’autres encore, ainsi que du renfort de tous les instants de la milice chi’ite libanaise, des conseils iraniens, l’armée syrienne n’aura pas su, au prix d’une quinzaine de milliers de morts, mettre un terme à une insurrection civile armée. Si « Axe » il y eut, il sera donc, a fortiori, incapable, avec ou sans les restes de l’armée du tyran syrien, de mobiliser un semblant d’organisation militaire suffisant pour affronter « à armes égales », des puissances comme Israël, la Turquie, ni même l’Arabie Saoudite, la Jordanie et leurs alliés du Golfe.

 

La porte de sortie, pour Téhéran, Nasrallah et les derniers généraux fidèles de Damas, reste, par contre, grande ouverte pour réactiver toutes les cellules terroristes dormantes, ayant mis des années à cultiver leurs germes dévorants, à travers toute la région et jusque sur les continents éloignés d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie.

 

Avec la chute anticipée d’Assad, il faut s’attendre à une nouvelle internationalisation des nuisances terroristes, lorsque s’écroule l'un des piliers du modèle étato-dictatorial édifié par les stratèges de l’Axe au Moyen-Orient levantin. L’influence iranienne sur Bagdad, Beyrouth, les réseaux interlopes d’Al Qaeda, dans le Golfe, autour d’Israël (à Gaza, dans le Sinaï, notamment, dans l’attente de prendre pied sur le Golan), l'Afghanistan ou le Soudan, reste suffisante pour créer des zones-tampons stratégiques, comme autant de foyers éruptifs, et défendre son projet apocalyptique par toute une gamme de moyens hautement létaux, avec ou sans états intermédiaires pour lui servir de relais.

 

Pour Israël, la guerre de l’ombre, à travers ou au-delà des insurrections en cours va donc être, dans l’immédiat, de tous les instants pour contenir la dangerosité de ces armes de destruction massive qui menacent de circuler à grande échelle et des ingénieurs ou commanditaires qui poussent à leur utilisation contre Jérusalem. Hezbollah, Iran, Chi’ites irakiens, bahreinis seront, certes, considérablement gênés par la perte de leur verrou stratégique et contraints de passer d’une emprise hégémonique à la défensive autour de leurs centres nerveux. Les pressions économiques, confessionnelles conduiront la « Révolution Islamique » à un certain confinement agressif, mais d’autant plus susceptible d’opter pour des aventures de type suicidaire et bunkérisé, en usant de filiales plus difficiles à répertorier.

 

Les vainqueurs de la nouvelle « Guerre Froide » par procuration sunno-chi’ite au Moyen-Orient ne pourront donc repousser indéfiniment la mission devant à jamais « trancher la tête du serpent » nucléaire iranien et ses scories bactériologiques à travers toute la région. Ce programme potentiellement meurtrier est, en effet, comme le dernier SAS de respiration ou le "second souffle" atomique de ce régime islamo-révolutionnaire.

 

Mais cette tâche régionale n’incombe, en particulier à Israël, que parce qu’il reste « l’ennemi désigné », alors que le nombre d’adversaires réels de l’empire panchi’ite ne cesse de s'affirmer et de croître. Ce pourrait aussi être une des voies de la dissuasion, à l’égard de toute force montante, d’obédience, cette fois, sunnite, qui serait tentée de ne pas lire l'avertissement sur le mur et choisirait de prendre le même chemin, dans l'unique objectif de regrouper ses forces d'agression contre l'Etat juif, par manque d'autre projet politique stimulant que l'hégémonie (des Frères Musulmans) et le génocide (du Hamas, Hezbollah et consorts)… 

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A tous nos chers lecteurs.

 

Ne vous est-il jamais venu à l'esprit d'en savoir un peu plus sur le titre de ce blog ?

Puisque nous nous sommes aujourd'hui habillés de bleu, il conviendrait de rentrer plus a fond dans l'explication du mot lessakel.

En fait Lessakel n'est que la façon française de dire le mot léhasskil.

L'hébreu est une langue qui fonctionne en déclinant des racines.

Racines, bilitères, trilitères et quadrilitères.

La majorité d'entre elle sont trilitères.

Aussi Si Gad a souhaité appeler son site Lessakel, c'est parce qu'il souhaitait rendre hommage à l'intelligence.

Celle qui nous est demandée chaque jour.

La racine de l'intelligence est sé'hel שכל qui signifie l'intelligence pure.

De cette racine découlent plusieurs mots

Sé'hel > intelligence, esprit, raison, bon sens, prudence, mais aussi croiser

Léhasskil > Etre intelligent, cultivé, déjouer les pièges

Sé'hli > intelligent, mental, spirituel

Léhistakel > agir prudemment, être retenu et raisonnable, chercher à comprendre

Si'hloute > appréhension et compréhension

Haskala >  Instruction, culture, éducation

Lessa'hlen > rationaliser, intellectualiser

Heschkel > moralité

Si'htanout > rationalisme

Si'hloul > Amélioration, perfectionnement

 

Gageons que ce site puisse nous apporter quelques lumières.

Aschkel pour Lessakel.

 

 

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